Retour Mercredi 1er Septembre
Vacances

Votre blog préféré avec celui de Jackie Sardou est en congé, nous serons de retour le mercredi 1er Septembre avec moult nouveautés: notre première interview vidéo, de nouveaux podcasts et même un nouveau rédac' chef (Ô Juanito !).

En attendant ce futur déluge de groove pour vos belles oreilles nous vous souhaitons à toutes et tous d'excellentes vacances !

King des Tubes
king tubby - the man and his music

Osbourne Ruddock, alias King Tubby, fut un des principaux producteurs jamaïcains de reggae et un des créateur du dub. Au départ ingénieur du son, il a pu mettre sa maîtrise de la technique au service de sa créativité. D’abord technique, n’hésitant pas à bricoler le matériel qu’il achetait, créant quelques innovations permettant une nouvelle approche du son (réverbération, écho…). Il concevra d’ailleurs tous les circuits du Black Art Studio de Lee Scratch Perry autre grand musicien et producteur jamaîcain…

Une créativité artistique aussi, quand on connaît toutes ses productions personnelles et le gotha de musiciens passés par son studio. On venait s’y défoncer à coup de basse, planer sous les effets soniques de ce dealer de bonnes vibes.

Il a fait partie de ces quelques noms, Lee Scratch Perry, Coxonne Dod… qui ont fait le son du reggae. Mais pas seulement, en même temps qu’ils conjugaient l’alphabet musical jamaïcain au futur, ils étaient, sans le savoir, pionniers de toutes les musiques électro. Une filiation assumée par la mouvance électro qui se délecte des sons dub.

Un parcours musical retracé sur cette compilation « The Man And His Music » égrainant quelques productions de King Tubby des années 70.

King Tubby « The Man And His Music » (2010, Consart SA – Vibrations)

Bongo Herman and Bingy Bunny "Hark Of The Covenant"

Welton Irie "Give Jah The Glory"

Glen Brown and King Tubby "The Collie Man"

Le Magma de Magnus
Magnus Lindgren - Batucada Jazz

Tout occupé à surveiller le ciel et ses nuages de cendres charriés du volcan finlandais Eyjafjöll, l’éruption de la scène jazz suédoise nous échapperait presque.

Il y avait bien sûr la chanteuse Lisa Edkal, le genre de fille à vous réveiller quelques volcans éteints, mais sous la neige suédoise brûlent d’autres feux. Après Oddjob et son « Clint » voici Magnus Lindgren et son « Batucada Jazz », encore une histoire de viking aux rêves trop ensoleillés.

Si le jazz et la bossa nova s’entremêlent jusqu’à l’inceste, les relations avec la batucada sont plus rares, le plaisir n’en étant que plus appréciable. Magnus reste très suédois dans ses préliminaires, on attaque jazz et c’est dans le final que l’on sent monter en lui le magma de « Batucada Jazz ». L’approche se faisant parfois plus sauvage quand il revêt sa peau d’ « Alligator » ou, quand il se lance dans une « Djungledance ».

Magnus Lindgren « Batucada Jazz » (2010, ENJA Records)

"Batucada Jazz"

"Alligator"

"Djungledance"

Mikis le Grec
mikis theodorakis - zorbas ballet

Surtout connu pour sa splendide BO de « Zorba le Grec », Mikis Théodorakis est paradoxalement trop connu pour cette œuvre au point d’en être emprisonné, un comble pour cet artiste qui aura passé de nombreuses années enfermé pour ses idéaux de liberté et de justice.

Car Mikis est de la trempe des grands, de ces génies de la musique, à l'égal de Ravi Shankar ou Miles Davis, qui ont traversé la partition du 20° siècle en y écrivant une œuvre indélébile. L’homme vaut autant que sa musique, jeune résistant sous les nazis il n’aura eu de cesse de combattre jusqu’à la dictature des colonels grecs. Un engagement qu’il paiera au prix fort de l’exil et de la prison, avant de finir député au terme de son chemin de croix.

Ses différents exils forcés ou volontaires le mèneront plusieurs fois à Paris, il y fera le conservatoire dans les années 50, développant sa fibre classique. Il y reviendra dans les 70’s en symbole de la résistance, exilé par des militaires contraints à le libérer sous la pression internationale. Pour rester dans la force du symbole, lors de ces concerts en France, il avait souvent pour chauffeur un certain François Mitterrand…

S’il est donc connu du grand public pour cette musique de film et ses thèmes traditionnels grecs, son œuvre classique reste méconnue bien que reconnue des plus fins mélomanes. L’Orchestre Symphonique de Montréal sous la baguette de Charles Dutoit s’attaque, ici, au thème de Zorba réécrit par Mikis pour ce genre d’orchestration. Il y a aussi ce thème « Danse d’amour » quelque chose entre « Pierre et le Loup » et le « Seigneurs des Anneaux »…

La Grèce brûle peut-être son argent dans un feu de paille boursier, le foyer de sa culture continue d’irradier de quelques valeurs sûres…

Mikis Theodorakis « Zorbas Ballet » (2004, Decca Music)

"Zorba"

"Dance D'amour"

Ordre des Francs-Jardiniers
Ancient Free Garderners - Innards Out

Je suis tombé par hasard et pas rasé sur le site de ce groupe de Melbourne inconnu dans nos contrées. J'avoue que c'est tout d'abord leur nom qui m'a intrigué: Ancient Free Gardeners.

Recherche faite, il s'agit d'un société secrète, née en Ecosse au 17ème siècle, et qui s'est depuis relocalisée au cap, en Afrique du sud: une région sans doute plus agréable que la banlieue de Glasgow. Les Ancient Free Gardeners ne semblent cependant pas un groupe philosophique halluciné, complotant pour l'effondrement de la culture occidentale et le retour à la tête de l'équipe de France de Raymond Domenech, mais plutôt de bons artisans de la pop comme je les aime.

La belle voix du chanteur rappelle celle de Kele Okereke, le leader de Bloc Party. Mais leur musique est plus introspective, qualité plutôt rare chez les locaux. Les australiens sont en effet un peuple plutôt jovial mais qui bizarrement semblent perdre le sens de l'humour lorsque l'on effectue des tests nucléaires à coté de chez eux.

Pour revenir à nos moutons australs, j'aime ce mélancolique mais pas déprimant "Innards Out", le fruit de leur premier EP. Un galop d'essai et déja un coup de de maitre.

On attend avec impatience des nouvelles de la loge des francs-jardiniers: sans doute reviendront-ils vers la lumière lors de la découverte de la pierre philosophale...

Ancient Free Gardeners « Innards Out » (2009, Tru Thoughts)

My Name is Bond, Lou Bond
lou bond

La pochette suffit à écarter tout lien de parenté avec James… Sans gadget Lou fait pourtant mouche son groove mélodieux et mélancolique frappe en plein cœur.

Un trésor de soul folk oublié et ressuscité par le label Light In The Attic à qui l’on doit la redécouverte de Alfredo Rodriguez Gage de qualité s’il en était besoin. Mais « Lucky Me » se suffit à lui même, son éclat ne nécessite aucune lumière. Quant aux 11 mn de « To The Establishment », elles valent bien des anthologies soul.

Sorti chez Stax, il semble que l’album, pour de sombres désaccords entre maisons de production, ait été peu diffusé en son temps. Ce magnifique album n’a donc jamais rencontré le public qu’il méritait. Une injustice désormais réparée par ce petit label, œuvre de réhabilitation à laquelle s’associe bien volontiers UM !

Lou Bond « Lou Bond » (1974, Stax – 2010, Light In The Attic Records)

"Lucky Me"

"To the Establishment"

Retour vers le Futur
Future World Funk volume 1

Ceci n'est qu'une parenthèse, mais rappelez-vous de "Retour vers le Futur" ? Ce film à succès des années 80 racontait les aventures d'un garçon voyageant dans le temps à l'aide d'une voiture. A la fin du film, Marty Mc Fly doit partir dans le futur afin de régler les problèmes créés par ses propres enfants, et s'envole donc pour le... 6 juillet 2010. Si vous voyez une DeLorean garée sur le parking en face de chez vous, vous savez donc qui risque d'émerger de l'habitacle.

Si les prédictions futuristiques du second volet de la trilogie sont quelque peu hasardeuses (bagnoles qui volent...) il en est une qui, en 2000, restera un pari gagnant. Russ Jones et DJ Cliffy sont un duo de DJ anglais qui se feront connaître en prenant le pari d'une musique electro-world alors balbutiante. La série des Future World Funk (il en existe 3) reste pour moi l'une des meilleures compilation de "danse globale", alors qu'il s'agit d'un genre parfois risqué.

De la D&B roumaine, du rap brésilien ou encore de la salsa japonaise: on n'a guère le temps de s'ennuyer de tant d'exotisme. Le tout est joyeusement remixé par quelques pointures (comme Steve Hillage qui officie sur le superbe "Fever" ou le remix de la Malienne Nahawa Doumbia).

Il n'y a qu'une conclusion: le futur sera mélange.

"Future World Funk vol.1" (2000, Ocho Recordings)

Stereo MC's "Fever (Steve Hillage Remix)"

Manasseh Featuring Knati "Skenga"

Nahawa Doumbia "Yankaw (Bassino Dub Mix)"
Les Treize Visages de Glyn Bush
Biggabush - 13 faces of Lightning Head

Dj connu pour être derrière Rockers Hifi (avec Dj Dick), il est aussi Bigga Bush remixant David Walters, il est enfin Lightning Head et ses 13 faces sur cet album. Ce schizophrène de l’état civil a cependant des états de services élogieux, sa transgression des codes musicaux, sa perversion pour les entremêlements culturels en font un patient passionnant.

Premiers symptômes d’ébola-beat sur « Bokoor Sound Special », le virus de l’afro-beat contamine le sujet. Etat stationnaire du groove, montée de transe tribale. Pensez à arrêter la perfusion de noix de kola.

Le patient semble ailleurs depuis son voyage à Kingston. Sur « Power Of The Great » ondule anormalement du bassin, dégénérescence capillaire en dreads, se prend pour le géant vert du maïs jamaïcain…

Frémissant de groove sur « Sousaphunk », une fièvre de la Nouvelle-Oréans, très contagieuse. Laisser le patient s’épuiser sur le dancefloor…

Bigga Bush Presents « 13 Faces Of Lightning Head » (2008, Lion Head Recordings)

"Bokoor Sound Special"

"Power Of The Great"

"Sousaphunk"

Revisiter ses Classiques
Maxence Cyrin - Novo Piano

Maxence Cyrin suivait le chemin du conservatoire depuis sa plus tendre enfance quant à l’adolescence, sa route croisa la new wave et plus tard celle de l’électro. Adieu donc les queux de pie, seul restera le piano à queue.

Après son « Rhapsodie », reprises d’électro, il s’attaque aux répertoire plus rock électro. A commencer par une superbe version de « Where is my mind » des Pixies, ou de « Lithium » de Nirvana, jusqu’à « Around The World » des Daft Punk. Versions classiques, très belles, mais assez classiques…

Plus étonnante est la version « Dance » de Justice, un thème déstructuré, retravaillé, méconnaissable, une redécouverte…

Maxence Cyrin « Novö Piano » (2009, Kwaidan Records)

"Where Is My Mind"

"DANCE"

"Around the World"

Unplugged
Violent Femmes

Rock, cheveux et guitare électrique ont toujours été intimement liés même si la variable capillaire de cette équation a eu tendance a décroître à partir des années 80. Cependant monter un groupe de rock énervé avec une basse acoustique ? Impensable !

Même Bob s’est rallié à l’ampli dès 1965 au grand dam de ses pairs et de son public attitré ! Et pourtant, ils l’ont fait. Personne ne saura dire, si cela venait d’un goût personnel, de manque de blé pour l’ampli, ou du rouleau de pâtisserie de maman au-dessus de la cave, mais toujours est-il qu’on ne les remerciera jamais assez d’avoir su créer ce son atypique qui n’aura pas connu d’équivalent.

La voix frappadingue de Gordon Gano et les des rythmes endiablés de la guitare sèche donnent une certaine fraîcheur et intemporalité à l’ensemble. A noter pour les amateurs, la reprise du "Do you really want to hurt me" de Culture Club, vu d'un angle évidemment oblique.

Violent Femmes - "Blister in The Sun"

Violent Femmes - "Do You Really Want To Hurt Me"

Violent Femmes - "Country Death Song"
Concerto en Vuvuzela
Vuvuzela Concerto

Quelle semaine intéressante !

Je reviens d'un séjour au Portugal, pays que je ne connaissais pas, la tête pleine de l'accueil chaleureux des locaux. J'ai eu l'occasion de mixer dans un vieille ferme au milieu de l'Alentejano, à l'occasion de la superbe fête que nous ont offert mes amis Ali et Fabien.

Cependant, même au fond de la cambrousse portugaise, le psychodrame de l'EDF animait les discussions autour d'un "bacalau" aussi succulent que déraisonnablement chargé en cholestérol.

De retour au pays, j'ai trouvé le climat de lynchage qui règne en France véritablement détestable. A écouter les médias, Domenech est un mélange entre l'antéchrist et les charlots, alliage subtil de l'esprit du mal et de l'incompétence. Les joueurs quant à eux ne sont qu'une bande de racailles des cités, symboles de la déliquescence française.
Et en plus il y a plein de noirs et ils se tapent des putes.

Il n'y avait qu'à écouter ce pseudo-penseur de Finkelkraut déclarer « Nous avons la preuve effarante que l'équipe de France n'est pas une équipe, c'est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (…)". Dire que philosophie vient du grec "L'amour de la sagesse", on en est loin avec cet intellectuel de gauche intermittent...

Je pense avoir eu rarement l'occasion d'entendre autant de conneries ces derniers pour un constat finalement assez simple: un mauvaise équipe de foot dirigée par un entraîneur incompétent, et une fédé d'amateurs. On a eu le droit au grand cirque allant de la secrétaire d'état aux café des sports, l'insupportable Rama Yade (500 euros la nuit d'hôtel madame Michu, rendez vous compte !), en passant par Jean-Pierre Escalettes, notre brave président de la FFF s'accrochant à son poste avec l'énergie du désespoir (la cantoche de la fédé est vraiment trop bonne).

Depuis ca flingue à tout va: il y a ceux qui ont activement participé à la ré-élection de Domenech en 2008 (Aimé Jacquet, Gérard Houiller, Noël "J'aime la bretagne" le Graët) et qui depuis ont retourné leur veste plus vite que leur ombre. D'autres comme Roselyne Bachelot qui, surfant sur l'incroyable succès de sa campagne de vaccination contre le virus tueur de la grippe A, nous a parlé de "joueurs en larmes" puis de "petits caïds".

N'oublions pas notre vénéré président qui a immédiatement convoqué Thierry Henry à son retour de vacances: il est vrai que les changements nécessaires à l'équipe de France de foot nécessitent immédiatement une intervention au plus haut niveau. Il faut bien faire diversion afin de faire oublier un temps l'impopularité du gouvernement... Quant aux médias, ils iront jusqu'à aller interviewer la mère de Domenech. On touche le fond mais faut bien vendre...

Pis que la piètre prestation d'une équipe surcotée, gonflée par ses égos et livrée à elle-même par des dirigeants complétement dépassés, ce lynchage généralisé est pathétique: après tout il ne s'agit que de 11 bonhommes en short qui essaient de pousser un ballon entre des poteaux. Garder un peu la tête froide éviterait ce triste déballage, autant malsain que ridicule.

Finalement je vais peut-être me mettre à regarder le curling à la télé...

Sunny!
Bobby Hebb - Sunny

Pouvait-il en être autrement à un moment où le mercure monte à mesure que s’effeuillent les filles… Ou plutôt l’inverse, quoi que… D’autant que « Sunny » de Bobby Hebb est un de mes morceaux fétiches.

Le nom de l’artiste n’a pas connu la gloire de son chef-d’œuvre, un immense succès qui vaudra à Bobby de faire une tournée avec les Beatles. Le morceau sera repris maintes fois, le nom de Hebb se diluant un peu plus à chaque fois. Le temps passant, comble de l’ironie, c’est la version de Boney M qui reste peut-être une des plus connues du public…

Le disco à paillettes triomphant d’une soul au cuir fatigué et tombant ? Certes non ! Bobby Hebb au zénith de son talent nous montre qu’il n’a rien à craindre d’une bande de figurant en jupette et bijoux, son astre irradie d’une vraie chaleur estivale, bien loin des séances d’UV du producteur allemand Frank Farian, derrière Boney M (rien à voir avec les jupettes).

Il ne manque pourtant pas de versions intéressantes comme l’instrumental de Georges Benson ou le jazzy James Brown, même l’acteur Robert Mitchum s’y est essayé, non sans succès. Je ne manque pas de candidats pour les duels…

Bobby Hebb « Sunny » (1966, Polygram Records)