Le Mystère des Voies Bulgares
Kottarashky - Opa Hey

On connaissait la Bulgarie pour ses fameux yaourts brassés et pour être la terre natale de Sylvie Vartan… Pas de quoi exciter la communauté des grooveurs… Voilà pourtant un artiste qui devrait vous faire changer d’avis, une chronique qui devrait révolutionner votre vision de la géo-politique musicale de l’Europe de l’Est !

Kottarashky possède une sacrée collection de disques, et à l’occasion il ne dédaigne pas promener son micro dans les caves de Sofia et les campagnes bulgares. Des artères urbaines aux sentiers ruraux, les voies bulgares parcourent des paysages sonores entre flore jazz et faune électro. Une nature artificielle qui ne perd rien de sa sève gipsy.

Le sampling est une pratique parfois, ou souvent, décriée. Superposition de son il n’est qu’un vulgaire copier-coller, espoir déchu des sans talents. Mais avec Kottarashky, touche après touche, le sample confine à l’impressionnisme sonore.

Si les voies du Sampleur sont impénétrables, nous enseignent les Saintes Partitions, cette voix bulgare prêche haut et fort un groove contagieux…

Kottarashky « Opa Hey ! » (2009, Asphalt Tango Records)

"Chetiri"

"Opa Hey"

"I want you to sleep"

UM Podcast #30 : El Freeman - Renacimiento
El Freeman Renacimiento

El Freeman a toujours plusieurs arcs à ses cordes, enfin je veux dire le contraire. Après nous avoirabreuvé de substances musicales psychotropes lors de son dernier podcast, le voici maintenant qui nous ramène un mix de Tech/House plutôt minimalist dont les montées d'acide ne dépareillent finalement pas trop avec son précédent mix.

Un beau set pour vous accompagner pendant les folles nuit du week-end et qui fera fuir à coup sur votre belle-mère dimanche midi.

El Freeman - "Renacimiento"
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Tracklisting:

01 - Hypnotic Duo - Twilight
02 - Fergie - Breakout
03 - Smaltown Collective - Gruen wandler ( Lopazz remix )
04 - Mark Brown & Mihalis Safras - Jelle
05 - Alessio Mereu & Attimo Vicente - Siberia
06 - Johnny Dj - Reforced 2010 ( second version mix )
07 - Slam - Positive education ( Fergie remix )
08 - Reset Robot - Softie
09 - Adler & Lonna - Restless
10 - Kevin Gorman - Insomnia
11 - Mauro Picotto - Contaminato ( Meganite mix )
12 - Agoria - Sky is clear
13 - Reset Robot & Christian Smith - Elixir ( Gary Beck remix )

La Soif Du Groove
Mancini - Touch of Evil

En 1958 le sulfureux Orson Welles réalise « Touch Of Evil », sorti en France sous le nom de « La Soif Du Mal ». On lui doit l’une des plus somptueuses embrouilles médiatiques pour avoir fait croire en 1938 à une partie de l’Amérique que leur pays était envahi par les martiens… Le génie de sa mise en scène aura transformé une simple diffusion radiophonique de « La Guerre des Mondes » en pur moment d’hystérie collective, obligeant les autorités, jusqu’à la Maison Blanche, à publier des démentis…

L’homme exhale donc un parfum de génie et de soufre. Une ambiance qui sied à cette histoire de flic véreux (joué par Orson Welles) essayant d’éliminer son collègue mexicain (Charlton Heston) qui l’a démasqué.

Pour donner une texture musicale à ce polar sous l’implacable soleil du sud, Henry Mancini nous livre une partition aux influences très latines. Welles souhaitait une BO en totale harmonie avec le film, une musique vivante s’adaptant au contexte, ambiance d’orchestre, son de radio, juke-boxe, une approche très novatrice pour l’époque. Entre mambo fiévreux et ambiance de bar, Mancini nous compose une partition qui nous enivre plus sûrement qu’une tequila frelatée d’un tripot mexicain malfamé.

Si ce n’est la soif du mal, on pourrait donc craindre un mal de crâne.
Erreur, même frelaté, Mancini ne sert que des grands millésimes !

Henri Mancini « Touch Of Evil » (1958, Challenge Records)

"Touch Of Evil"

"Borderline Montuna"

"Tana's Theme"

Contemplation Au Silicium

La prouesse est tout d'abord technique car ce film a été réalisé entièrement en 3D. Un travail titanesque de modélisation et de textures.

Au delà de l'aspect technologique c'est aussi un superbe film très contemplatif. Une réfléxion sur l'architecture et son intégration dans notre monde, un point de vue ou l'humain n'est qu'observateur. Et puis la musique n'est pas en reste...

Alex Roman - "The Third and the Seventh". Musique de Jennifer Athena Galatis

Le Dub de Prêtre Jean
Tommy T - The Prester John Sessions

Au moyen âge était un royaume mythique brillant de ses richesses et de la bonté de son roi connu sous le nom de Prêtre Jean (Prester John). En ces temps obscurs, où les cartes étaient plus mythiques que géographiques, une certaine confusion régnait sur la localisation de son royaume. D’aucuns le situaient en Inde, quand d’autres le voyaient au Moyen-Orient ou encore en Ethiopie…

Cette contrée, autant lointaine que fascinante, enflamma l’imaginaire moyenâgeux, ses fleuves charriaient des trésors, on y trouverait la fontaine de jouvence et même les jardins de l’Eden… Plus prosaïquement les royaumes européens espéraient trouver un allié chrétien pour prendre en tenaille les musulmans… De ce royaume, nul n’en trouva trace mais il suscita nombre d’expéditions qui permirent de mieux tracer la carte du monde.

Voilà qui clos le petit cours d’histoire-géo, on peut passer au solfège…

De cette mystique géographique et historique, Tommy T en a tiré un évangile personnel, saintes écritures de partitions mêlant les genres. En sa paroisse viennent communier la tradition éthiopienne, le mysticisme enfumé du dub et la ferveur du funk…

Le tout sorti sur le label Easy Star, petite chapelle à l’acoustique plaisante où aiment à se rendre en pèlerinage vos pieux ultra chroniqueurs…

Tommy T « The Prester John Sessions » (2009, Easy Star Records)

"The Call"

"Oromo Dub"

"Tribute To A King"

La Réserve De Groove Fédéral
fort Knox 5 - The New Gold Standard

Ce quator talentueux de producteurs et remixeurs a déja sorti nombre d'EPs mais un seul album, "Radio Free DC" paru en 2007. Fort Knox est un collectif basé à Washington DC, tout comme Thievery Corporation, avec qui ils collaborent régulièrement, l'un des membres de Fort Knox étant d'ailleurs signé sous le nom de "Thunderball" sur le label ESL.

Egalement propriétaires d'un label indépendant, Fort Knox Recordings, réputé pour ses productions electro-funky de bon goût, le collectif a sorti une première compilation "The New Gold Standard" en 2006. Il fut suivi d'une séquelle qui est sortie il y a quelques semaines.

Ma carte de crédit ayant l'âme parfois trop généreuse je n'ai pas encore pu acheter cette deuxième compil aussi je me contenterai de présenter le premier opus qui comblera les fans du genre. Du hip-hop à la funk en passant par les plongées downtempo, les Fort Knox ont toujours été éclectiques et c'est ce pour cela qu'on les aime. Des productions de qualité, souvent teintées de psychédélisme et toujours fournies avec un groove implacable qui ravira le DJ qui est en vous.

The Fort Knox Five - "The New Gold Standard" (2006, Fort Knox Recordings)

"Kool it Man"

"Salvador Diaspora" (FK5 Remix Feat Carlos Scorpiao)

"Shine"

Astéroïde Danois
the asteroids galaxy tour - fruit

L’univers musical danois m’est peu connu, on le fantasme volontiers peuplé de rudes vikings hirsutes au rock taillé à la hache et de chanteuses à la pop neurasthénique sous perfusion de philosophie kierkegaardienne…

Ce « Fruit » danois n’en fut que plus savoureux. On croque donc de cette galaxie aux multiples systèmes soniques, gravitant autour de Mette Lindberg et Lars Iversen. Le chant de Mette n’est pas sans rappeler parfois, une autre comète, les B-52's. Les compositions de Lars se cherchent elles du coté de la constellation Motown, la reprise « Inner city blues » de Marvin Gaye concluant cet album.

Je les avais découverts en 2009 lors d’une session à « One Shot Not », l’excellente, mais trop rarissime, émission live de Manu Katché sur Arte. J’attendais donc ce « Fruit » danois, et l’automne venu il tomba…

Loin d’être une terre aride au soleil glacé, les lointaines terres de Kierkegaard font preuve d’une rhétorique jouissive et groovy. On souhaite à cette comète d’accomplir sa révolution, et si son ellipse la mène vers les étoiles, qu’elle ne tarde pas trop à revenir vers l’orbite de la planète ultramagnétique…

The Asteroids Galaxy Tour « Fruit » (2009, Small Giants)

"The Golden Age"

"Around The Bend"

"The Sun Ain't Shining No More"

La Fable du Trou

Un court métrage intéressant produit par l'office national du film du Canada. Notez bien que l'histoire du trou ne se déroule pas en Belgique.

Le Big Bang de Jullien
Big Julien - Riviera Sound n°1

Trompettiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, l’homme ne manque pas de souffle… Il en a soufflé quelques notes et arrangé bien des partitions avec les plus grands, de Charles Trenet à John Lennon en passant par Count Basie ou Quincy Jones…

Ivan Jullien fera les beaux jours de la scène jazz française dans les années 60 et 70. Son album « Riviera Sound n°1 » est d’ailleurs un gotha des pointures de l’époque, le compositeur pianiste Michel Colombier, l’organiste Eddy Louiss, le pianiste Maurice Vander…

Ce Big Band est une machinerie parfaitement huilée, aux cuivres rutilants et au groove incendiaire. Un jazz aux accents de BO et aux intonations psychédéliques, la partition décrypte une musique, fiévreuse et nerveuse.

Big Jullien à le cœur gros et l’hémoglobine joyeuse autant que généreuse. Un sang gorgé de cuivre plutôt que de fer dans une voluptueuse tachycardie.

Big Juillien & His All Star « Riviera Sound N°1 » (1970, Sonorama Records)

"Crescendo"

"Pace"

Fanfarlo
Fanfarlo - Reservoir

Gros coup de cœur pour ce groupe anglais (avec chanteur suédois) basé à Londres. J'ai entendu un morceau chez un petit disquaire parisien et suis sorti illico avec la galette.

J'ai eu la mauvaise idée de lire quelques chroniques sur internet. On y parle d'influences d'Arcade Fire, d'un chanteur dont la voix rappelle celle de David Byrne, d'arrangements de cuivres à la Beirut. Du coup, comme je suis d'accord avec toutes ces descriptions, je n'ai plus rien à dire.

Une pop très orchestrée comme je l'aime: le velours des cordes et l'électricité des guitares. Et puis on ne peut qu'applaudir une groupe qui a eu le courage d'auto-produire entièrement leur album et se passer entièrement des majors...

Fanfarlo - "Reservoir" (2009, auto-produit)

"Drowning Men"

"I'm A Pilot"

"Finish Line"

Le Son de Sing Sing
Eddie Palmieri - Live at Sing Sing

Un son plus affûté qu’une guillotine
Un morceau plus fatal qu’une injection létale
Un truc qui prend à la gorge mieux qu’un nœud coulant
Et pourtant un groove qui est un souffle de liberté

En 1972 le pianiste salsero, Eddie Palmieri, accompagné du groupe Harlem River Drive, enregistrait un live qui resterait mythique. Dans une de ces enceintes à l’ambiance chaude et surchauffée, la prison de Sing Sing…

Une très ancienne prison de l’Etat de New-York située sur les rives de l’Hudson, elle fut longtemps considérée comme un établissement modèle avec ses uniformes rayés et ses châtiments corporels… Ah la tradition, il n’y a que ça de vrai…

Il semble que par la suite cette tradition se soit quelque peu perdue au profit d’une évasion vers la musique. Viendront, y enflammer la scène locale, des épris de justice comme BB King, Joan Baez ou Bruce Springteen… De sérieux matricules… Une tradition américaine, que l’on pense à certains lives de Johnny Cash dans d’autres prisons, l’homme en noir quand il jouait à l’ombre…

Eddie Palmieri à Sing Sing c’est un peu La Mano Negra à Fleury Mérogis, NTM à la Santé, une hérésie carcérale que ne saurait même imaginer une administration pénitentiaire enfermée dans ses certitudes…

Eddie Palmieri & Harlem River Drive « Recorded Live At Sing Sing » (1972, Fania Records)

"Somebody's Son"

"Muñeca"

Les Soldats du Roots
The Gladiators - Proverbial Reggae 

Cet album est sans aucun doute au reggae ce que "Les lacs du Connemara" est à la discographie de Michel Sardou: un de ces sommets majestueux qui jalonnent la grande chaîne musicale.

Trio dirigé par le songwriter Albert Griffiths, The Gladiators signe son deuxième opus et deuxième coup de maître avec ce bien nommé "Proverbial Reggae". Paru sur le label Virgin en 1976, à un moment ou le succès international de Saint Bob Marley à ouvert bien des portes aux groupes jamaïcains, cet album restera un diamant éternel dans la grande histoire du reggae.

A la fois puissant (présence du monstre Sly Dunbar à la batterie) et mélodique, soulignant les superbes harmonies vocales qui auraient pu naître sur les bords de la Mersey, cet album est tout simplement indispensable à tous les amateurs de Reggae roots.

En prime un version inédite et introuvable du classique "Dreadlocks The TIme is Now", digitalisée depuis une vieille cassette de mon ami Sylvano. Vous nous pardonnerez donc le son quelque peu "dégradé analogique"...

The Gladiators - "Proverbial Reggae" (1976, Virgin)

"Dreadlocks the Time is Now"

"Stick a Bush"

"We'll Find The Blessing"

"Dreadlocks The Time Is Now (Alternate Vano Version)"