Billets pour la catégorie Downtempo/Trip-Hop

La Dernière Tentation Danoise
trentemoeller - into the great wide yonder

On croirait voir un détail de l’éruption du Eyjafjöll, l’indicible volcan islandais… Il n’en est rien, pourtant le dernier album de Trentemoller ne démériterait pas son qualificatif d’éruptif, là il manque juste un « / » dans le « o » pour vous donner toute la dimension danoise de ce musicien déjà chroniqué ici.

Si l’artiste s’est fait connaître pour ses remix et ses titres dancefloor, l’approche est assez différente sur son second album. L’électro est là, mais teintée d’influence cinématographique, de folk, de blues. Et cela sans jamais se départir d’une touche de mélancolie à vous attendrir le plus rude des vikings.

De cette glace mélancolique aux reflets électro minimaliste, agissant tel un prisme, s’offre la spectrographie musicale d’un grand album.

Trentemoller « Into The Great Wide Yonder » (2010, In My Room)

"The Mash And The Fury"

"Even Though You're With Another Girl"

"Neverglade"

Quelques Secondes de Bonheur
neneh cherry - man

En 1994 Neneh Cherry, rencontrait Youssou N’Dour pour enregistrer le morceau « Seven Seconds ». Magnifique rencontre de deux artistes, deux voix aux univers différents, des contrastes dans une magnifique harmonie.

Neneh Cherry est une musicienne d’origine suédoise baignant dans une ambiance musicale, son beau-père n’est autre que le trompettiste de jazz Don Cherry, son frère et sa sœur chantent aussi… Elle a évolué dans la mouvance trip hop, participé au projet Gorillaz et continue actuellement avec Cirkus.

Mais cette rencontre avec le musicien sénégalais restera de celles qui comptent. Le morceau doit beaucoup à l’apport de la voix de Youssou N’Dour, et son timbre merveilleusement ensoleillé.

Neneh Cherry and Youssou N'Dour "Seven Seconds" tiré de « Man » (1996, Circa Records)

Saint Lazare
Damian Lazarus - Smoke the Monster Out

Ancien journaliste musical, DJ, puis fondateur du label City Rockers et désormais musicien: le CV du londonien Damian Lazarus est plutôt chargé.

A titre personnel j'ai découvert cet opus grâce au dernier podcast de TOFM avec son introduction éthérée. "Smoke the Monster Out" est le premier album de Lazarus et un passage plus que réussi pour un artiste surtout connu pour ses DJ sets de techno et électro minimales.

Mélange de pop, house, électro le tout lié par une production impeccable de clarté, c'est sans doute l'un de mes albums préférés de 2009. A écouter à l'aube en descente ou en fin d'après midi, pour la montée, suivant vos capacités physiques. Un cadeau de noël qui prouvera une bonne fois pour toute à votre frère à quel point vous avez bon goût.

Damian Lazarus - "Smoke the Monster Out" (2009, Get Physical)

"Lullabies"

"Spinnin"

"After Rave Delight"

Land Of Talk
J'ai d'abord aimé la vidéo, sublime, poétique, réalisée par le duo de créateurs WeWereMonkeys. La vidéo étant HD je vous conseille d'ailleurs de visionner en plein écran ce petit bijou (icône à coté du sigle Viméo). Mais la musique n'est pas mal non plus...

Land of Talk - "It's Okay" tiré de "Some are Lakes" (2008, One Little Indian)

Du Bon Bonobo
Bonobo

Veuillez me pardonner tout d'abord pour ce titre absolument stupide mais vu que cela fait cinq minutes que je cherche vainement une accroche pour cette chronique, tout en regardant mon écran avec des yeux vides de poisson rouge, je me dis qu'il faudrait que j'avance un peu...

Un des piliers de la vague downtempo (Zero 7, Boards of Canada, Trentemøller, De Phazz entre autres) installée depuis maintenant quelques années, Bonobo a sorti depuis trois albums chez les Londoniens de Ninja Tunes, après un petit écart chez les voisins de Tru-Thoughts. Sa dernière production est un EP de remixes dont nous vous présentons ici le plus intéressant, ce qui n'est pas bien difficile vu qu'il n'y a que deux titres.

Restructuré par les New-Yorkais de Mice Parade, "Recurring" est un de ces morceaux en forme de vague organique et électrique: violoncelle et larsen se regardent droit dans les yeux. On se laisse emporter autant que l'on écoute.
Un bref instant automnal qui hésite entre noirceur et derniers rayons lumineux.

Bonobo - "Recurring (Mice Parade Remix)" tiré de "Between The Lines/Recurring Remixes" (2009, Ninja Tunes)

Rouge
Mogwai - Zidane - Un Portrait du 21ème Siècle

Je me suis enfin décidé à regarder en DVD "Zidane - Un portrait du XXIème siècle" hier soir. Il faut dire que le titre ronflant me faisait un peu peur malgré l'attirance pour le concept. Le film dure le temps d'un match et 17 caméras ne quittent jamais notre demi-dieu donneur-de-coup-de-boule national.

L'expérience visuelle est assez fascinante et plaira probablement autant, sinon plus, à ceux qui n'apprécient guère le foot qu'aux aficionados du ballon rond.
Le son tout d'abord est extraordinaire: on entend véritablement le match plus qu'on ne le voit. Tacles, respirations, broncha du public madrilène. On se détache assez vite d'un quelconque intérêt pour le match vu qu'il n'y a quasiment aucun plan large montrant une action de jeu. On s'immerge dans une sorte de transe que certains définiront comme un ennui profond et d'autres, comme moi, comme une plongée dans des jeux du cirque sous acide.

La musique de Mogwai, groupe écossais qui a toujours eu une propension aux envolées de larsen, est un élément primordial du film. Un bande son tout en apesanteur et qui ne vient jamais prendre le pas sur les images.

Zidane est le plus souvent seul, sans ballon, suivant le déroulement du jeu du regard. Ses yeux hésitent toujours entre la détermination du combattant et la lueur triste d'un homme rendu seul par le regard de tout un stade.

Sang, sueur, synthés, solitude et carton rouge à la 80ème minute: les envolées de Mogwai sont les parfaites représentations du plus individualiste des sports collectifs.
Finalement le titre n'était pas si prétentieux.

Mogwai - "Zidane - Un Portrait du 21ème Siècle" (2006, Wall of sound)

"It Would Have Happened Anyway"

"Wake Up and Go Berserk"

UM Podcast #14: LRC - Sleepless
Ultramagnetique Podcast - Lionel Regis-Constant - Sleepless

Souvent les nuits sont plus belles que les jours. Entre Luke Vibert et Radiohead, un set au groove langoureux.

LRC - "Sleepless"
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Tracklisting:

01 - Intro
02 - Luke Vibert - Slipped Disc
03 - Funki Porcini - Purrfect
04 - Nightmares on Wax - Les Nuits
05 - Count Basic - Gotta Jazz
06 - Jon Kennedy - Sounds Dreamy
07 - Beautiful People - If 60's Were 90's
08 - The Young Lovers - You Make Me Dizzy
09 - Roudoudou - Peace and Tranquility to Earth
10 - Depth Charge - Harley Davidson
11 - Sia - Breathe Me
12 - I Monster - Heaven
13 - Colleen - The Happy Sea
14 - DJ Food -Dark Lady
15 - TM Juke - Bee's On Mars
16 - Radiohead - Faust's Harp
17 - Cliff Martinez - Is That What Everybody Else Was

Whatever Lola Wants
Gainsbourg Remixed

Le duo Chateau Flight (composé de Gil-R, DJ qui officiait sur Radio Nova et de I-Cube, connu pour ses prods House) nous offre ici une relecture électro-dub du classique de l'époque reggae du grand Serge.
Puissant et hypnotique.

Serge Gainsbourg - "Lola Rastaquouère (Chateau Flight Remix)" (2003, Mercury/Versatile)

Melancolie Urbaine
Maxinquaye

Les craquements de bruit blanc et les échos lointains de la circulation qui ouvrent "Untrue" sont une invitation à un incroyable voyage urbain au sud de Londres.
Mélant des éléments de 2-step, de house vocale, et de rythmiques sourdes, l'album est chef d'œuvre de dub électronique. Des paysages sonores qui évoquent l'amour et la trahison, conté par des personnages ambivalents  Une musique glaciale et partagée.

Burial a créé une sublime texture synthétique, originale et émotionnelle dans sa simplicité.  L'artiste a voulu garder son anonymat jusqu'à ce que sa nomination au dernier Prix Mercury le force à se révéler: Will Bevan habite Londres et son talent est aussi grand que sa modestie.

Tout le monde devrait acheter cet album. Simplement parfait pour accompagner une nuit d'hiver, au début d'une année sombre.

Burial - "Untrue" (2007, Hyperdub)

"Archangel"

"Endorphin"

"Dog Shelter"

"Raver"

Maitre Zen
Susumu Yokota

Mal de crane ? Nous avons ce qu'il vous faut !

Un classique de l'ambient, par l'un de ses maitres, le Japonais Susumu Yokota. Organique et profond.

Susumu Yokota - "Sakura" (2004, Leaf)

"Saku"

"Gekkoh"

Poésie Urbaine
David Holmes - Let's Get Killed

Une grosse claque en 1997 avec la sortie de ce sublime album, coincé entre la vague Big-Beat-Fatboy Slim de l'époque et l'école Trip-Hop de Bristol.
David Holmes, DJ venant de Belfast, sort à cette époque son deuxième opus et ce qui sera sans doute son chef d'oeuvre. Ce "Let's Get Killed" enregistré à New-York, où les morceaux sont entrecoupés d'enregistrements de la rue, est un tableau dont le penchant naturel est à une torpeur toute sensuelle.

L'album est surtout construit à partir de samples sans pour autant sonner comme de vulgaires remixes. Ainsi le très trippant Rodney Yates, est basé sur le morceau "MSP" de Chico Hamilton tandis que le superbe "Don't Die Just Yet" est tiré du "Cargo Culte" de Serge Gainsbourg.
Le bonhomme a donc d'excellents goûts. J'ai d'ailleurs été un témoin privilégié d'un de ses DJ sets en 2000, à la Queens University de Belfast, où le bonhomme partagait l'affiche avec le roi du bombardement sonique, le toujours impressionant Carl Cox.

David Holmes continuera d'ailleurs de belle manière sa carrière, tout d'abord avec son groupe "Free Association" puis en signant quelques belles BO pour Hollywood ("Ocean's 11", "Code 46")

Un album noir, envoutant et Indispensable.

David Holmes - "Let's Get Killed" (1997, Go Beat !)

"Rodney Yates"

"Don't Die Just Yet"

"My Mate Paul"

Le Retour de Trique
Knowle West Boy
Après 5 années d ‘absence, on retrouve sur son nouvel album toute la noirceur de Tricky. Une ambiance qui vous enveloppe d’un latex musical comme une seconde peau frémissante à l’idée des coups de triques rédemptrices. Et le fouet acoustique de Maître Tricky claque le vinyle en de beaux sillons.

Ouvert aux influences et fidèle aux premiers son du trip hop, l’album offre sa palette de couleur tout en noirceur. Du groove extatique au trip hop mystique, l’opus se fait hostie. Ainsi fut rompu le vinyle, partagé entre tous, une communion qui rassure le croyant et conquiert le novice

Evidemment dans la liturgie de Tricky on est plus dans l’ébriété acoustique que la piété catholique, qu’importe ce vin de messe on le boit jusqu’à la lie…

Tricky - "Knowle West Boy" (2008, Domino Recordings)

"Puppy Toy"

"Past Mistake"