Billets pour la catégorie Groove

La Réserve De Groove Fédéral
fort Knox 5 - The New Gold Standard

Ce quator talentueux de producteurs et remixeurs a déja sorti nombre d'EPs mais un seul album, "Radio Free DC" paru en 2007. Fort Knox est un collectif basé à Washington DC, tout comme Thievery Corporation, avec qui ils collaborent régulièrement, l'un des membres de Fort Knox étant d'ailleurs signé sous le nom de "Thunderball" sur le label ESL.

Egalement propriétaires d'un label indépendant, Fort Knox Recordings, réputé pour ses productions electro-funky de bon goût, le collectif a sorti une première compilation "The New Gold Standard" en 2006. Il fut suivi d'une séquelle qui est sortie il y a quelques semaines.

Ma carte de crédit ayant l'âme parfois trop généreuse je n'ai pas encore pu acheter cette deuxième compil aussi je me contenterai de présenter le premier opus qui comblera les fans du genre. Du hip-hop à la funk en passant par les plongées downtempo, les Fort Knox ont toujours été éclectiques et c'est ce pour cela qu'on les aime. Des productions de qualité, souvent teintées de psychédélisme et toujours fournies avec un groove implacable qui ravira le DJ qui est en vous.

The Fort Knox Five - "The New Gold Standard" (2006, Fort Knox Recordings)

"Kool it Man"

"Salvador Diaspora" (FK5 Remix Feat Carlos Scorpiao)

"Shine"

Astéroïde Danois
the asteroids galaxy tour - fruit

L’univers musical danois m’est peu connu, on le fantasme volontiers peuplé de rudes vikings hirsutes au rock taillé à la hache et de chanteuses à la pop neurasthénique sous perfusion de philosophie kierkegaardienne…

Ce « Fruit » danois n’en fut que plus savoureux. On croque donc de cette galaxie aux multiples systèmes soniques, gravitant autour de Mette Lindberg et Lars Iversen. Le chant de Mette n’est pas sans rappeler parfois, une autre comète, les B-52's. Les compositions de Lars se cherchent elles du coté de la constellation Motown, la reprise « Inner city blues » de Marvin Gaye concluant cet album.

Je les avais découverts en 2009 lors d’une session à « One Shot Not », l’excellente, mais trop rarissime, émission live de Manu Katché sur Arte. J’attendais donc ce « Fruit » danois, et l’automne venu il tomba…

Loin d’être une terre aride au soleil glacé, les lointaines terres de Kierkegaard font preuve d’une rhétorique jouissive et groovy. On souhaite à cette comète d’accomplir sa révolution, et si son ellipse la mène vers les étoiles, qu’elle ne tarde pas trop à revenir vers l’orbite de la planète ultramagnétique…

The Asteroids Galaxy Tour « Fruit » (2009, Small Giants)

"The Golden Age"

"Around The Bend"

"The Sun Ain't Shining No More"

Alice Au Pays Des Remix
Alice Russell - Pot Of Gold Remix

Cette petite a éclot sur les terres fertiles du label Tru Thoughts, s’en étonnera t-on seulement, la belle plante a déjà son terroir musical pour CV. Ex chanteuse de Quantic Soul Orchestra, elle a depuis pris son envol en solo, créant même son propre label Little Poppet. Sa belle voix soul, lui offre le coffre pour porter la bonne parole du groove au-delà de son Angleterre natale.

Cet album de remix, signés de quelques plumes des platines (Mr Scruff, DJ Vadim, Shawn Lee, Llorca…), sonne comme une consécration. L’occasion de découvrir quelques travaux de remix aux pétillantes acoustiques électroniques.

Alice n’attend plus après son lapin blanc toujours en retard et lorgnant sa montre à gourmette. Certes l’affichage numérique a remplacé les aiguilles et le tic-tac s’est fait beat. Qu’importe, son heure est venue…

Alice Russell « Pot Of Gold Remixes » (2009, Little Poppet)

"All Alone Mocean" (Worker Remix)

"Got The Hunger" (Ticklah Remix)

"Lights Went Out" (LJM Remix)

Tru Thoughts Ou La Décade Du Groove
Tru Thoughts - 10th anniversary

On vit une époque où nos enceintes et nos oreilles souffrent d’artistes fatigués de la partition, de chanteurs ayant perdus leur muse dans le dédale du succès médiatique et d'innocentes se voyant déjà en haut de l’affiche pour être passer au petit (très petit) écran…

En ces temps de pénombre du talent, il est bon de poser pied dans un oasis ensoleillé de groove. Le label Tru Thoughts est une terre, un terroir, qu’aiment à gagner les chroniqueurs d’Ultramagnétique: Flevans, Quantic Soul Orchestra, Bamboos

Alors que les majors ont largement dépassé l’âge de la maturité pour sombrer dans celui de la sénilité musicale, frappé d’un Alzheimer du bon son, il convient de saluer l’insolente vivacité d’un des derniers rejetons de la famille des labels.

Tru Thoughts fête donc ses 10 ans d’existence et les pédiatres du groove sont rassurés. L’enfant connaît une belle croissance et se révèle être très doué…

Tout anniversaire qui se respecte a son gâteau ! L’équipe du label étant des gens de goût, on a donc droit à une belle compilation retraçant les styles et les artistes qui ont fait ce label. Pour les gourmands, on recommande la version au logo doré (et non argenté), une série limitée et numérotée avec un 3° cd en prime. Un bel objet, bien ouvragé, avec son livret et le tout pour un prix très groovy.

C’est donc bien volontiers qu’on les souffle, avec Tru Thoughts, ces10 ans. On leur souhaite quelques décades de plus, mais surtout de garder cet esprit de jeunesse !

Tru Thoughts « 10th Anniversary » (2009, Tru Thoughts)

Kylie Auldist "No Use"

Quantic and Nikodemus "Mi Swing Es Tropical"

Natural Self "The Rising"

Ibère Groove
spanish-groove

N’espérez pas hiberner cet hiver pour cause de grippe, l’ibère s’annonce chaud ! Le vaccin est là, prêt à être administré par voie acoustique. Une injection suffit, mais l’hypocondriaque du beat peut en prendre à volonté !

Une petite compilation venue nous rappeler, qu’au-delà des Pyrénées, le fuego espagnol ne se limite pas au flamenco. Sous une fin de régime franquiste, de plus en plus contesté dans les années 70, se développait une scène undergroud. Entre influence et confluence des Amériques, du nord au sud, de la soul à la bossa, une nouvelle génération de musiciens transgressaient autant les frontières que les interdits.

La grippe espagnole, en son temps, avait fait plus de 30 millions de morts… Ce groove espagnol est tout aussi contagieux et c’est tout le mal qu’on nous souhaite.

Spanish Grooves (2001, Nuevos Medios)

Augusto Alguero "Bocaccio Soul"

C Stif "Trompeta Loca"

Jordi Sabates "Ocells Del Mes Enlla Part III"

Kid Cudi
Crookers and Kid Cudi - Day n nite

Un titre assez irrésistible, mélange d'électro, de RNB et de House. L'original tourne pas mal à la radio (je précise vu que je ne l'écoute presque jamais) mais je trouve ce remix assez réussi.

Le tout à l'haleine fraiche, fleure le (bon) commercial et s'écoutera sans prétention mais avec un résultat assez jouissif.

Crookers & Kid Cudi - "Day 'N' Nite (Radio Edit)" (2009)

Revolution Cubaine
Revolution

Non il ne s'agit pas d'un enregistrement inédit d'un Che Guevara en crooner salsero. Ni même d'un discours de Fidel Castro remixé par la fine fleur des DJ, aucun d'entre eux ne pouvant tenir la distance face à un Fidel réputé pour ses discours fleuves de plusieurs heures, enfin du temps de sa superbe...

Vous échapperez donc à la réforme agraire en mambo collectiviste ou encore à la salsa trotskiste des masses prolétariennes laborieuses... On a pour seul livre rouge quelques partitions de ce collectif de jeunes musiciens cubains autour de producteurs anglo-saxons, hérésie capitaliste qui donne tout son piment à ce joyeux kolkhoze...

La rencontre ne fut pourtant pas évidente, les producteurs Zack Winfield et Ado Yoshizaki invitèrent nombre de musiciens à leur projet lors d'une rencontre, qui verra la plupart d'entre eux repartir... Quelle quantité de rhum fallut-il pour en convaincre quelques-uns? L'épaisse fumée du havane couvre le secret de ces négociations...

Affaire fut faite et l'enregistrement eu lieu au mythique studio EGREM à cuba, Ce "Revolution" ouvre ses portes aux sons de l'électro et du hip-hop. Norman Cook aka Fatboy Slim, en écrit, avec le talent qu'on lui connaît, Shelter le premier chapitre.

The Revolution - "Revolution" (2009, Rapster Records)

"Shelter"

"Guantanamero"

Brighton Connection
Flevans - Make New Friends

Originaire de Brighton, Flevans est un DJ et instrumentaliste de talent qui s'est fait remarquer par le souvent excellent label Tru-Thoughts (patrie de l'omnipotent Quantic dont nous avons souvent parlé dans ces pages).

Son premier album est un pur produit de l'art du collage et utilise presque exclusivement samples, extraits de films et autres boucles sonores. Le résultat est étonnamment spontané.

Produit à partir d'un vieux 4 pistes et d'un sampleur antédiluvien, Flevans va à l'essentiel: la recherche du groove.
Des parfums de drum and bass, des teintes de funk 70's: rien que du bon dans ce cocktail.

Flevans - "Make New Friends" (2004, Tru-Thoughts)

"Small Room Syndrome"

"Begin Again"

"Dumb Ballad"

Freddy s'envoie en l'air
Freddy McQuinn - Exile on Brick Lane

On doit a Freddy McQuinn, dj parisien exilé à Londres, quelques prestigieuses collaborations avec des artistes comme Kezhia Jones ou M ainsi que quelques autres noms. Il était normal qu'après ces premiers faits d'armes, Freddy ait eu envie de voler de ses propres ailes. Avec "Exile on Brick Lane" il prend enfin son envol, pas de crash au décollage, juste quelques scratch au mixage...

On survole les terres de la pop, du jazz et du funk avec le commandant McQuinn aux platines. C'est certes son premier album solo mais on sent que l'homme a quelques heures de vol en studios. Le voyage est donc plutôt agréable, sans trous d'air ou couacs, de toute façon ce Paris-Londres ne passe pas par Rio.

Pour son premier vol solo notre commandant McQuinn démontre que son titre n'est pas usurpé. Des ambiances crooner jazzy ou bien pop et aériennes, on plane dans une atmosphère à la sérénité groovy.

Freddy McQuinn - "Exile on Brick Lane" (2009, Tumba Republic Records)

"Sixteen Pints"

"Sex Obsession"

"Chasing Rainbows"

Visions sous Mescal
Quetzal - Vision

Le Quetzal est un oiseau des latitudes tropicales aux plumes éclatantes, Mayas et Aztèques le vénéraient comme sacré. Ne survivant pas en cage, il symbolise la liberté, peut-être Prévert utilisait-il une plume de quetzal pour écrire comment peindre un oiseau en cage...

Sous les plumes de ce "Quetzal" on retrouve un certain A.Rolando, inconnu mais visiblement pas le genre à se laisser enfermer dans une cage. Cet oiseau là aime les grands espaces, aux temps chauds on le voit survoler les terres du hip-hop et de la soul. L'hiver venu, la migration est aux sons latins.

Voyage initiatique qui verra la route du Quetzal croiser celle du Mescal, dieu éthylique du panthéon mexicain... Cette fameuse bouteille avec son vers au fond que le courageux, ou l'inconscient, avalera à ses risques et périls...

Quetzal - "Vision" (2009, Tumba Republic Records)

"She's Spicy"

"On The Road (Feel Pretty Good In Myself)"

"The volume (flying over Brentford road) - interlude"

"Quetzal - When I'll Be Back - Outro Featuring Dy"

Adriaaaaan !
Menahan Street Band - Going the Distance

Paru en 1976, le premier "Rocky" est devenu un classique. Un Stallone alors au début de sa carrière et qui s'identifie totalement à son personnage de "working class hero" et un réalisateur efficacement sobre, John G. Avildsen, qui ne fit plus rien par la suite à part l'ignoble "Karate Kid".
Et puis ce final atypique tout en sang et en sueur auquel ne nous ont ont pas habitué les américains, plutôt adeptes du happy-end. Le succès planétaire du film donnera malheureusement naissance à 5 suites pas vraiment indispensables: Rocky II la revanche, Rocky III contre le chauffeur de l'Agence tous risques, Rocky IV contre le méchant caucasien communiste...

Part intégrale du succès du premier volet, la musique de Bill Conti restera dans les mémoires. Tout le monde se souvient de la scène de la montée des marches du musée de Philadelphie, qui me donna envie pendant 10 minutes de faire du jogging.

C'est donc la belle relecture de l'un des thèmes du film à laquelle je vous invite, interprété par le Menahan Street Band. Ce collectif de Brooklyn est à forte tendance cuivrée et est composé de musiciens qui sont les piliers du label Daptone Records, dont la mission est de continuer à faire vivre la musique Soul dans notre monde qui en manque cruellement.

Adriaaaan !

Menahan Street Band - "Going the Distance" tiré de "Make the Road by Walking" (2008, Daptone/Dunham Records)

Jackson 4
Michael Jackson

L'évènement de la journée est bien évidemment la mort hier soir de Farah Fawcett, l'une des héroïnes de la série "Drôle de Dames". Je voulais d'ailleurs poster un nouveau podcast aujourd'hui mais ce sera pour la semaine prochaine, faute de temps, au vu de l'urgence.

Trêve de plaisanterie douteuse, le roi de la pop est mort, vive le roi ! Lorsque j'étais adolescent, beau et en bonne santé, mes potes branchés écoutaient Joy Division, The Cure ou Bauhaus alors que moi, pauvre grooveur, j'étais bloqué sur Michael Jackson, en proie à tous les sarcasmes. Evidemment ce choix était bien moins "cool" vu le nombre astronomique d'albums de Thriller écoulé à cette période. J'en parle d'ailleurs toujours à mon psy.

J'ai cependant toujours été fasciné par le personnage. Probablement le seul humain a avoir été mondialement célèbre depuis sa petite enfance, il n'aura finalement pas été très étonnant qu'il soit devenu quelque peu bizarre avec l'age. D'où le choix d'une photo un peu ancienne pour illustrer cette nécrologie, du temps ou Michael était encore un peu noir et ressemblait à un habitant de cette planète. On passera sous silence les fâcheuses accusations de pédophilie, vu que l'on n'est pas trop sur si Jacko a été une victime facile pour certains afin de lui soutirer quelques millions de dollars ou alors un star-enfant perdue, jadis maltraitée par un père abusif, et dotée d'une sexualité quelque peu pervertie. Sans doute un peu des deux...

Les amateurs de musique retiendront surtout une bête de scène et un compositeur multi-instrumentiste hors-pair qui aura collaboré avec les plus grands producteurs, au premier rang desquels l'immense Quincy Jones, son père spirituel. "Off the Wall" et "Thriller" seront sans doute ses deux plus grands albums, un mélange de Funk, Soul et Disco avec une touche de Jazz qui accoucheront de multiples classiques et constituent l'un des piliers de la musique noire américaine, donc de la musique tout court.

Michael Jackson n'aura pas produit grand chose d'intéressant dans les dernières années avant sa mort mais la ligne de basse de "Billie Jean" ou l'hymne disco "Don't stop till get enough" resteront gravés à jamais, que l'on n'aime ou pas le chanteur. Et puis 750 millions d'albums vendus, c'est quand même "respect".

Finalement sa mort m'aura touché plus que je ne l'aurai pensé. Autant que la tristesse de voir un grand musicien nous quitter, sans doute suis-je aussi atteint de la nostalgie du temps qui passe...

Michael Jackson - "Don't Stop til get Enough" tiré de "Off the Wall" (1979, Epic Records)