Billets pour la catégorie Soul/Funk

UM Podcast #28: Dave "Jahbuzzz" Barry - Rock and Soul Party
Dave Barry - Rock and Soul Party Podcast - Ultramagnetique

Soul Sisters, Soul Brothers, enfin un podcast pour vous ! Pour le bal de la nouvelle année, ce podcast de Dave "Jahbuzzz" Barry est un superbe voyage au cœur du meilleur de la soul, funk et rythm'n blues des années 50 et 60.

Grand collectioneur de vinyls de soul et de reggae devant l'éternel, Dave nous vient de Galway à l'ouest de l'Irlande. J'ai eu la chance de partager les platines avec lui lors d'une belle fête il y a quelques mois, c'est donc un plaisir pour moi de vous proposer ce mix pointu et groovy.

Si vous voulez plus de son de notre ami Dave, vous pouvez aller jeter un oeil sur son site: jahbuzzz.podomatic.com

Give me more Soul !

Dave "Jahbuzzz" Barry - "Rock and Soul Party"
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Tracklisting:

01 - Little Bitty Pretty One - Thurston Harris (Aladin)
02 - Saturday Night Fish Fry - Louis Jordan (MCA)
03 - Jump For Joy - Big Joe Turner (Atlantic)
04 - The Walk - Jimmy McCrackin (Chess)
05 - I Need Somebody - Little Milton (Checker)
06 - The Train - Ray Charles (ABC)
07 - Keep On Loving Me Baby - Otis Rush (Cobra)
08 - You be Mine - Howlin' Wolf (Chess)
09 - Got My Mojo Workin' - Jimmy Smith (Verve)
10 - Comin' Home Baby - Kal Winding Orch (Verve)
11 - Deep Sea Ball - Clyde McPhatter (Atlantic)
12 - Trouble Trouble - Clarence Henry (Argo)
13 - Love Bug - The Clovers (Atlantic)
14 - She Knocks Me Out - Harold Burrage (Vivid)
15 - Surfin' Bird - The Trashmen (Garrett)
16 - Aint Got No Home - Clarence 'Frogman' Henry (Argo)
17 - Good Golly Miss Molly - The Valiants (Keen)
18 - I Like It Like That - Chris Kenner (Chevron)
19 - Its All Over Now - The C and C Boys (Duke)

L'age de Glace
Soulshaker 6

Certes le grand froid à ses mérites: il conserve les viandes et fait plaisir aux actionnaire d'EDF. Cependant, lorsque je commence à me transformer en glace au whisky géante, je songe sérieusement à émigrer au Québec: en effet j'adore les caribous et Robert Charlebois.

C'est de la chaleur que je vous propose ici avec cette bombe nu-soul de Laura Vane, un vrai dancefloor-killer avec ses cuivres rutilants et refrain à chanter sous la douche (froide). Le tout est paru sur le dernier volume des souvent excellentes compilations "Soulshaker", produites par nos amis transalpins du label "Record Kicks".

Je vous quitte, il faut que j'aille nourrir mon caribou.

Laura Vane And The Vipertones - "Did it Anyway" tiré de "Soulshaker vol.7" (2009, Record Kicks)

L'ABC du Remix
Michael Jackson - The Remix Suite

Michael s’en est allé mais sa musique reste. Et il eut été étonnant qu’elle n’inspira pas quelques appétits commerciaux… On a donc jamais vu autant de cd de Michael depuis sa disparition, rééditions, best of, anthology en sont la farandole aux tintements sonnants et trébuchants.

L’époque étant au remix, culte de la jeunesse et de la modernité oblige, le mythique label Mowtown a donc convié quelques producteurs en vue du hip-hop et de la soul à reprendre le catalogue de Michael et des Jackons Five. Si tout ne m’a pas convaincu, le projet tient la route et quelques remix tiennent leurs promesses, notamment le « ABC » de Salaam Remi en étonnante version reggae.

Ultime lifting post-mortem de celui qui se voulu blanc sans jamais réussir à se départir de sa part d’ombre…

Michael Jackson « The Remix Suite » (2009, Universal-Mowtown)

Michael Jackson "ABC" (Salaam Remi Remix)

Michael Jackson "Maria You Were The Only One" (Emile Haynie Remix)

Groove Scolaire
School Me!

Dans l'esprit du "Welcome to the Party" des Har You Percussion Group, on retrouve sur cette compilation, un ensemble de morceaux enregistrés par divers orchestres et chorales de collégiens ou étudiants.

Ecoutant ces élèves je ne peux m'empêcher de me revoir au cours d'éducation musicale au collège... Pourquoi ne suis-je donc pas empreint d'un doux sentiment nostalgique? Etait-ce à cause de ce vieux xylophone déglingué sur lequel on m'imposait des musiques laissant l'encéphalogramme de ma curiosité aussi plat que l'électrogramme du PS? Oui, ce doit être cela, il faut dire qu'il y a de quoi décourager les meilleures volontés. Le xylophone, pas le PS...

Quittons donc ce choeur européen à la cacophonie atone pour nous embarquer vers ces chorales groovy d'outre-atlantique. Le déplacement ne se fait pas seulement en longitude, on gagne en latitude, la chaleur du groove se faisant sentir. On sent bien que la chorale vient plutôt d'Harlem que du fin fond du Dakota.

On aimerait voir cela en France, seulement les cuivres ça risque de sonner sous les portiques des écoles et au téméraire qui oserait la flûte traversière, c'est la garde à vue pour port d'arme de première catégorie...

School Me! Volume One 1968-1975 (2009, STA - Stage Band Research)

S.M Dorsey High School Jazz Workshop "Frankenstein"

The Orrville High School Jazz Band "Rock Bass Fishin"

Sacramento Senior High "Aquarius/Let The Sun Shine In/Outro"

Reprises
Bob and Earl

Ceux qui sont nés au début des années soixante dix se souviendront sans doute de la reprise de ce standard par David Bowie (alors dans son époque costard blanc) et Mick Jagger (qui n'avait pas encore couché avec Carla Bruni).

Je préfère de loin la version originale, au tempo plus chaloupé. Les B-Boys reconnaitront immédiatement les premières secondes, samplées par House of Pain pour leur grand tube celtico-hip-hop devant l'éternel: "Jump Around".

Quant à Bob & Earl, ce sera leur seul succès, mais il restera gravé sur les tables de la Soul.

Bob & Earl - "Harlem Shuffle" (1963, Marc Records)

House of Pain "Jump Around" (1992, Rhino)

Soul Sisters
Erma Franklin

Dans la famille Franklin je voudrais la sœur ainée. Premier rejeton du révérend baptiste CL Franklin, Erma a effectué son apprentissage musical sur les bancs d'église, dans les chœurs gospels de papa avant de devenir chanteuse professionnelle. Évidemment lorsque l'on est la sœur ainée d'Aretha Franklin, il ne doit pas être facile de trouver sa place...

Bien que bien moins connue que la reine de la soul, Erma connaitra cependant le succès global avec le standard "Piece of My Heart", qui reste un classique devant l'éternel.

Autre titre, la reprise de "Light My fire" est presque un exercice de style tant ce morceau des Doors a été couvert par d'innombrables artistes. Pour les amateurs, cette version fait partie de l'excellent album "Super Soul Sister" du légendaire label Brunswick Records, aujourd'hui réédité par les Italiens de chez Vampisoul.

L'histoire de "Son of a Preacher Man" est intéressante car ce morceau fut composé à l'origine pour Aretha qui le refusa. Il fut finalement chanté par Dusty Springfield qui en fera un le succès que l'on sait. Ayant entendu l'interprétation de la chanteuse Anglaise, Aretha changera finalement d'avis et enregistrera ce classique mais trop tard: la variante de Springfield reste encore la référence.
La version de sa sœur connaitre des ventes mitigées, Erma Franklin enregistra alors sa propre interprétation qui à mon humble avis est largement à niveau...

Histoire de famille, la dynastie des sœurs Franklin (la petite dernière Carolyn ayant également connu une carrière honorable) est largement aussi fascinante que celle de Johnny Halliday et de son fils David.

En tout cas, ça devait swinger lorsque les sisters poussaient la chansonette pendant le repas de thanksgiving...

Erma Franklin - "Piece of My Heart"

Erma Franklin - "Light My Fire"

Erma Franklin - "Son of a Preacher Man"

Welcome to the Party
Jazzman Records - Welcome to the Party

Comment refuser une telle invitation? Surtout quand on en connait le signataire, le label Jazzman… Il est des soirées que tout honnête grooveur qui se respecte ne saurait ignorer. Ce petit label londonien nous régale de sa cuvée du patron, des vinyles millésimés, loin des consommations pour touristes aux tympans autant fragiles que faciles.

Sélections rares et pointues, cette compilation aux intonations latines, soul et jazz est un irrésistible chant de sirènes pour marins trop longtemps resté éloigné des terres des dancefloors. Sauf à être, tel Ulysse, attaché au mat de l’indifférence, comment ne pas plonger dans les flots du groove ?

Cette odyssée musicale commence sous les meilleurs auspices, avec un petit tsunami de groove à vous emporter tout un dancefloor jusqu’aux plus solides piliers de bars… Ce « Welcome to the Party » est d’autant plus incroyable qu’il résulte d’un programme social porté par le percussionniste Montego Joe à Harlem dans les sixties.

Personne ne sait ce qu’est devenu ce groupe de jeunes mais quarante ans après, cette chronique témoigne, s’il en était besoin, que ce programme d’insertion par la musique ne fut point une veine dépense de l’argent du contribuable, fut-il yankee…

"Welcome to the Party" (2008, Jazzman Records)

Har-You Percussion Group "Welcome to the Party"

Little Beaver "Do Right Man"

Sheila Wilkerson "Baby You're A Jive Cat"

Le Darth Vador de la Soul
Ike Turner

Un musicien plus connu pour avoir frappé sa compagne que pour sa musique cela vous rappelle quelqu'un ? Non il ne s'agit pas de notre ex-Bertrand Cantat national mais bien d'Ike Turner. Musicien tyrannique, cocaïnomane invétéré, mari abusif: tout aura été dit sur la face sombre de ce compositeur. Et pourtant le coté obscur ne doit pas effacer le génie d'Ike Turner.

En 1951, il compose a l'age de 19 ans "Rocket 88", considéré par certains comme le premier véritable morceau de Rock de l'histoire et l'un des premiers enregistrements comportant une guitare électrique saturée (il s'agirait en fait d'un accident, l'ampli étant cassé mais Ike insistera pour conserver le son).

Ike Turner and the Kings of Rythm

1960. Ike rencontre une jeune femme originaire de Nutbush, une certaine Anna Mae Bullock qui deviendra Mme Tina Turner. L'association de la guitare d'Ike et de la voix rauque de son égérie les propulsera en tête des charts Soul aux US avec des tubes éternels comme "Proud Mary" ou "River Deep Mountain High".

Un autre aspect intéressant de sa carrière est la création du groupe The Kings of Rythm. Créé dans les années 50 avant la venue de Tina, ce combo instrumental, au fort penchant Jazz, sera ressuscité peu avant la mort du bonhomme et produira un superbe album de blues qui lui vaudra son premier grammy.

Si la valeur de la création n'est absolument pas une excuse aux errements de l'artiste, il convient néanmoins de ne pas limiter sa biographie à ses déboires conjugales et son comportement violent. Si un écrivain raciste et antisémite comme Céline a pu écrire un livre aussi beau que "Voyage au bout de la Nuit" c'est sans doute que la création n'est pas morale, mais puise sa force dans les tourments intérieurs. Ombre et lumière...

Pour en revenir à Ike, il décèdera en décembre 2007 des suites d'une overdose de cocaïne à l'age de 75 ans. Rock'n Roll en effet !!!

Ike Turner and the Kings of Rythm - "Camel Walking" (1964)

Ike and Tina Turner - "Sweet Rhode Island Red" (1974, EMI)

Ike and Tina Turner - "Nutbush" (1974, EMI)

La Reine Etta
Etta James - Tell Mama

S'il y a une chanteuse qui pouvait rivaliser avec la reine Aretha Franklin, c'est bien la californienne Etta James. Pilier du célèbre label de Blues et de Soul Chess Records, la diva n'aura pas une eu une vie facile, entre séjours prolongés en institutions psychiatriques ainsi qu'une dépendance à l'héroine qu'elle combattra pendant de longues années.

Toujours bien vivante et encore bien présente sur le circuit musical, Etta James est donc une survivante. Une voix exceptionnelle, rauque et sexy, puissante mais aussi fragile: tout le paradoxe qui est l'essence même de la Soul.

Etta James "Tell Mama" (1968, Chess Records)

"You Got It"

"Tell Mama"

Le Tomahawk des Mohawks
Mohawks - The Champ

Empruntant leur nom à une des six familles iroquoises, les Mohawks, le leader Alan Hawkshaw n’aurait pas démérité aux yeux des grands chefs Soul Sitting Bull et Groovy Red Cloud. En ces temps lointains où régnaient les tribus de la soul, l’ouest sauvage et le Bronx étaient dominés par le peuples des Mowtown et celui des Stax. Dans les interstices des sillons de ces majors vivaient quelques labels indépendants, jusque dans les méandres groovy de la Tamise…

C’est dans une angleterre post-victorienne et néo-beatlesmania, qui ne connaît encore rien des iroquoises punk, que ces Mohawks sortent en 1968 « The Champ » véritable danse de guerre qui embrasera nombre de dancefloor. Ces perdus des méandres de la soul connaîtront la reconnaissance des générations futures, samplés qu’ils furent par les tribus du rap et du hip hop, De La Soul, DJ Shadow…

Vampi Soul, petit label rusé comme un sioux, n’a pas déterré la hache de guerre mais simplement dépoussiéré le vinyle des ancêtres. La tribu réunie n’attend plus que l’on fasse tourner le calumet de la paix avant de se prendre un tomahawk dans la face…

"C’est un beau jour pour groover."

The Mohawks - "The Champ !" (1968, Puma Supreme/Vampi Soul)

"The Champ"

"Beat Me Till I'm Blue"

Sex , Stax & Soul
Shaft

Ce 10 août une âme s’en est allée, et c’est toute la Soul qui pleure un père. Feu Isaac Hayes fut un sacré personnage, musicien hors pair à qui l’on doit quelques standards soul, il était aussi acteur du petit et du grand écran. On lui doit même une des plus célèbres voix du dessin animé South Park.

Musicien autodidacte, il finit par rejoindre le mythique label Stax pour y collaborer avec Otis Redding. avant de composer des hits comme Hold On ! I'm Comin'et Soul Man pour Sam & Dave. Mais en 1971, la consécration explose avec la BO de Shaft, premier des charts et un oscar!

Excès de succès n’est pas sans exubérances chez un tel personnage, torse nu couvert de chaînes en or lors des concerts, on l’appelait parfois le Black Moses…Un hommage à ses racines d’esclave autant qu’un précurseur du style bling-bling…

La star de la Stax se permettait même de rouler dans une Cadillac en or massif… Un clinquant qui n’a pas manqué d’occasionner une conjonctivite fiscale aux inspecteurs du Trésor américains. Le dit Isaac s’est retrouvé avec une ordonnance des plus sévères qui l’aura asséché jusqu’à la dernière goutte de collyre…

Mais il est bien connu que le Shaft retombe toujours sur ses pattes, le félin rebondira dans les années 80 avec, notamment, ce superbe « Ike’s Rap », reprise du « Ike’s Mood » sorti dans les 70’s, un sample en or pour Portishead et Tricky….

La messe est dite pour Isaac mais l’évangile du Black Moses reste. “In Vynil Veritas
Sex, Stax & Soul
Amen”

Isaac Hayes - "Shaft" (1971, Stax)

"Theme from Shaft"

"Ike's Rap" tiré de "Sampled" (2000, Virgin)

Le Dernier Crooner
Al Green

Amateurs de déhanchements scandaleusement suggestifs sur la piste de danse, ce morceau est fait pour vous. Ou tout du moins il permet de vous entraîner dans la salle de bains.
Un Al Green au sommet de sa forme: petits violons très disco, voix de velours sur cet hymne funk dédié aux plaisirs du coeur et de la chair.

Une carrière exceptionnelle que celle de Al Green, qui chante l'amour depuis les années 60. Sans doute, comme la composition de l'équipe de France, le sujet est-il inépuisable.

Al Green - "Love"