
Rien à voir avec cette fameuse verrerie de Baccarat, créé sous Louis XV, si ce n’est cette même excellence dans l’orfèvrerie des belles pièces. Burt Bacharach travaille plus le son que la silice, un matériau dont il extrait de sculpturales formes acoustiques aux courbes mélodiques.
Un compositeur américain que je trouve quelque peu méconnu du grand public, on lui doit pourtant nombre de standards repris par les plus grands. C’est le cas de cette BO qui lui vaudra un Oscar. Butch Cassidy & The Sundance Kid, un western qui réunit Paul Newman, Robert Redford et Katharine Ross.
De ce film, que j’ai vu enfant, je retiens notamment cette scène où Paul Newman promène à bicyclette Katharine Ross, pur moment de romantisme bucolique dans la campagne. Une scène aérienne, toute en légèreté que vient sublimer le « Raindrops Keep Fallin’ On My Head ». Une mélodie qui sécrète cette douce nostalgie des 60’s. Un morceau qui fut un énorme succès au point d’être repris par Sacha Distel, « Toute La Pluie Tombe Sur Moi »…
Mais c’est toute la BO qui baigne dans l’esprit des 60’s, à écouter l’orchestration des chœurs sur « South American Getaway » qui rappelle le travail d’un certain Ennio sur l’utilisation des voix de façon plus musicale que vocale.
La pluie peut bien tomber, sous les chaudes latitudes de la nostalgie, est-il plus doux plaisir ?
Burt Bacharach - "Butch Cassidy and the Sundance Kid" (1969, A&M Records)
"The Sundance Kid""Raindrops Keep Fallin’ on my Head"
"South American Getaway"

Le succès de ce thème est tel qu’il fut à l’origine d’une longue bataille juridique pour en déterminé la paternité. Lors du tournage en 1962 de «Docteur No», premier opus de la série, les producteurs font appel à Monty Norman pour composer le thème, John Barry arrangeur va le reprendre dans une version différente, plus nerveuse, qui donnera le succès que l’on connaît. De là naît l’ambiguïté, il faudra attendre le début des années 2000 avant que la justice anglaise ne tranche définitivement en faveur de M. Norman. Ce qui ne retire rien au talent de J. Barry qui, au delà de ses arrangements, composera tous les autres thèmes forts des opus suivants.
Une musique comme une immersion dans le Milieu, on ressent l’adrénaline de celui qui sort le flingue et on sent perler la goûte de sueur de celui qui va prendre le pruneau… Pour raconter cette histoire de vengeance sicilienne, Henri Verneuil s’entoure d’un trio de fines gâchettes, Jean Gabin, Lino Ventura et Alain Delon… La seule et unique rencontre de ces trois géants, on ose à peine imaginer les soirées après les tournages.








