Astéroïde Danois
the asteroids galaxy tour - fruit

L’univers musical danois m’est peu connu, on le fantasme volontiers peuplé de rudes vikings hirsutes au rock taillé à la hache et de chanteuses à la pop neurasthénique sous perfusion de philosophie kierkegaardienne…

Ce « Fruit » danois n’en fut que plus savoureux. On croque donc de cette galaxie aux multiples systèmes soniques, gravitant autour de Mette Lindberg et Lars Iversen. Le chant de Mette n’est pas sans rappeler parfois, une autre comète, les B-52's. Les compositions de Lars se cherchent elles du coté de la constellation Motown, la reprise « Inner city blues » de Marvin Gaye concluant cet album.

Je les avais découverts en 2009 lors d’une session à « One Shot Not », l’excellente, mais trop rarissime, émission live de Manu Katché sur Arte. J’attendais donc ce « Fruit » danois, et l’automne venu il tomba…

Loin d’être une terre aride au soleil glacé, les lointaines terres de Kierkegaard font preuve d’une rhétorique jouissive et groovy. On souhaite à cette comète d’accomplir sa révolution, et si son ellipse la mène vers les étoiles, qu’elle ne tarde pas trop à revenir vers l’orbite de la planète ultramagnétique…

The Asteroids Galaxy Tour « Fruit » (2009, Small Giants)

"The Golden Age"

"Around The Bend"

"The Sun Ain't Shining No More"

La Fable du Trou

Un court métrage intéressant produit par l'office national du film du Canada. Notez bien que l'histoire du trou ne se déroule pas en Belgique.

Le Big Bang de Jullien
Big Julien - Riviera Sound n°1

Trompettiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, l’homme ne manque pas de souffle… Il en a soufflé quelques notes et arrangé bien des partitions avec les plus grands, de Charles Trenet à John Lennon en passant par Count Basie ou Quincy Jones…

Ivan Jullien fera les beaux jours de la scène jazz française dans les années 60 et 70. Son album « Riviera Sound n°1 » est d’ailleurs un gotha des pointures de l’époque, le compositeur pianiste Michel Colombier, l’organiste Eddy Louiss, le pianiste Maurice Vander…

Ce Big Band est une machinerie parfaitement huilée, aux cuivres rutilants et au groove incendiaire. Un jazz aux accents de BO et aux intonations psychédéliques, la partition décrypte une musique, fiévreuse et nerveuse.

Big Jullien à le cœur gros et l’hémoglobine joyeuse autant que généreuse. Un sang gorgé de cuivre plutôt que de fer dans une voluptueuse tachycardie.

Big Juillien & His All Star « Riviera Sound N°1 » (1970, Sonorama Records)

"Crescendo"

"Pace"

Fanfarlo
Fanfarlo - Reservoir

Gros coup de cœur pour ce groupe anglais (avec chanteur suédois) basé à Londres. J'ai entendu un morceau chez un petit disquaire parisien et suis sorti illico avec la galette.

J'ai eu la mauvaise idée de lire quelques chroniques sur internet. On y parle d'influences d'Arcade Fire, d'un chanteur dont la voix rappelle celle de David Byrne, d'arrangements de cuivres à la Beirut. Du coup, comme je suis d'accord avec toutes ces descriptions, je n'ai plus rien à dire.

Une pop très orchestrée comme je l'aime: le velours des cordes et l'électricité des guitares. Et puis on ne peut qu'applaudir une groupe qui a eu le courage d'auto-produire entièrement leur album et se passer entièrement des majors...

Fanfarlo - "Reservoir" (2009, auto-produit)

"Drowning Men"

"I'm A Pilot"

"Finish Line"

Le Son de Sing Sing
Eddie Palmieri - Live at Sing Sing

Un son plus affûté qu’une guillotine
Un morceau plus fatal qu’une injection létale
Un truc qui prend à la gorge mieux qu’un nœud coulant
Et pourtant un groove qui est un souffle de liberté

En 1972 le pianiste salsero, Eddie Palmieri, accompagné du groupe Harlem River Drive, enregistrait un live qui resterait mythique. Dans une de ces enceintes à l’ambiance chaude et surchauffée, la prison de Sing Sing…

Une très ancienne prison de l’Etat de New-York située sur les rives de l’Hudson, elle fut longtemps considérée comme un établissement modèle avec ses uniformes rayés et ses châtiments corporels… Ah la tradition, il n’y a que ça de vrai…

Il semble que par la suite cette tradition se soit quelque peu perdue au profit d’une évasion vers la musique. Viendront, y enflammer la scène locale, des épris de justice comme BB King, Joan Baez ou Bruce Springteen… De sérieux matricules… Une tradition américaine, que l’on pense à certains lives de Johnny Cash dans d’autres prisons, l’homme en noir quand il jouait à l’ombre…

Eddie Palmieri à Sing Sing c’est un peu La Mano Negra à Fleury Mérogis, NTM à la Santé, une hérésie carcérale que ne saurait même imaginer une administration pénitentiaire enfermée dans ses certitudes…

Eddie Palmieri & Harlem River Drive « Recorded Live At Sing Sing » (1972, Fania Records)

"Somebody's Son"

"Muñeca"

Les Soldats du Roots
The Gladiators - Proverbial Reggae 

Cet album est sans aucun doute au reggae ce que "Les lacs du Connemara" est à la discographie de Michel Sardou: un de ces sommets majestueux qui jalonnent la grande chaîne musicale.

Trio dirigé par le songwriter Albert Griffiths, The Gladiators signe son deuxième opus et deuxième coup de maître avec ce bien nommé "Proverbial Reggae". Paru sur le label Virgin en 1976, à un moment ou le succès international de Saint Bob Marley à ouvert bien des portes aux groupes jamaïcains, cet album restera un diamant éternel dans la grande histoire du reggae.

A la fois puissant (présence du monstre Sly Dunbar à la batterie) et mélodique, soulignant les superbes harmonies vocales qui auraient pu naître sur les bords de la Mersey, cet album est tout simplement indispensable à tous les amateurs de Reggae roots.

En prime un version inédite et introuvable du classique "Dreadlocks The TIme is Now", digitalisée depuis une vieille cassette de mon ami Sylvano. Vous nous pardonnerez donc le son quelque peu "dégradé analogique"...

The Gladiators - "Proverbial Reggae" (1976, Virgin)

"Dreadlocks the Time is Now"

"Stick a Bush"

"We'll Find The Blessing"

"Dreadlocks The Time Is Now (Alternate Vano Version)"

L’ Agapanthe Berbère
Hindi Zahra - Handmade

Cette petite fait grand bruit, toute juste fredonne-t-elle et déjà l’écho suffit-il à faire vibrer le gotha musical… Le succès drape parfois de trop frêles épaules dont la plume finit par ployer sous les ors de la consécration… Mais elle a le port altier de ceux qui ont pour seule noblesse le talent.

Elégante Hindi
Belle agapanthe du sud
Aux Berbères agapes
Fut-il plus galante berceuse

Ni folk ni jazz et pourtant mi-folk mi-jazz, son univers est un dédale sans murs où l’on se cherche dans les influences pour se retrouver dans les mélodies.

Hindi Zahra « Handmade » (2009, Oursoul Records/Blue Note)

"Beautiful Tango"

"Oursoul"

"Imik Si Mik"

"Stand Up"

De Chair Et De Sang
Barbatuques - Corpo Do Som

Lorsque le corps se fait voix, on se retrouve avec plusieurs bouches. Ce célèbre proverbe belge se trouve ici merveilleusement mis en application par le jeune groupe brésilien Barbatuques.

Claquements de doigts, battements de mains, tapes sur la poitrine sont la pour nous rappeler que le corps humain est le premier instrument de musique. Ces techniques primales de production musicales sont aussi pédagogiques le groupe ayant participé à de nombreux ateliers au Brésil mais aussi en Europe sur leur méthode musicale de groove organique.

Bientôt en concert avec Bobby Mc Ferrin ?

Barbatuques - "Barbapapa Groove" tiré de "Corpo Do Som" (2003, MCD)

UM Podcast #29 : Juanito - French Touch Connection
French Touch Connection Podcast

Rien à voir avec la nouvelle génération de dj en vogue, et pourtant, eux aussi ont contribué à l’aura musicale hexagonale…

Si cela a la saveur des années soixante et soixante-dix, le patchouli prend vite un goût de Tabasco… La sélection ressemble à une de ces partitions perforées pour orgue de barbarie, perforée à coup d’AK47… Voilà pour la musique, pour les paroles on retrouve la gouaille d’un Audiard, une ponctuation à coup de silencieux, l’accent tonique étant mis sur le Beretta…

Un florilège de BO françaises
Des noms connus, aux morceaux oubliés
Des films mythiques, aux navets mystiques
Cela fleure bon la poudre et l’alcool frelaté…

De la schnouf dans le groove!
Du rififi dans le mix!

Juanito - "French Touch Connection"
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Tracklisting:

01 - Dernier domicile connu - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)
02 - Je n’avais qu’un seul mot à lui dire - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Anna, 1966)
03 - Route de nuit - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
04 - Adieu l’ami - François De Roubaix (Adieu l’Ami, 1969)
05 - Ne nous fâchons pas - Bernard Gérard (Ne Nous Fâchons Pas, 1965)
06 - Joe - Michel Magne (De La Part Des Copains, 1970)
07 - Le crocodile porte-clé - Bernard Gérard (Des Vacances En Or, 1970)
08 - Olivier - Francis Lai (La Leçon Particulière, 1968)
09 - Cadavres en série - Serge Gainsbourg (Le Pacha, 1968)
10 - Les cadences infernales - Vladimir Cosma (La Zizanie, 1978)
11 - Yacht - François De Roubaix (L’homme Orchestre, 1970)
12 - Tamouré - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
13 - Chewing-gum attack - Vladimir Cosma (Rabbi Jacob, 1973)
14 - Youkoun-Koun - Georges Delerue (Le Corniaud, 1965)
15 - La scoumoune - François De Roubaix (La Scoumoune, 1972)
16 - Play Dirty - Michel Legrand (Enfants de Salauds, 1968)
17 - Flirt à Cocody - Michel Magne (Le Gentleman De Cocody, 1963)
18 - Générique - Michel Magne (Mélodie En Sous-sols, 1963)
19 - La dame dans l’auto - Michel Legrand (The Lady in a Car with Glasses and a Gun, 1970)
20 - Cine Qua Pop - Michel Magne (Tout Le Monde Il Est Beau, Tout Le Monde Il Est Gentil, 1970)
21 - Nues dans l’eau - Georges Garvarentz (Sapho, 1970)
22 - Pop Mod - Claude Bolling (Le Magnifique, 1973)
23 - Soirée Jerk chez les Dumonceau - Michel Legrand (Tendre Voyou, 1966)
24 - Haschisch Party - Georges Garvarentz (Un Beau Monstre, 1970)
25 - Danger - Serge Gainsbourg et Jea-Claude Vannier (Cannabis, 1970)
26 - New Délires Again - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Manon 70, 1968)
27 - Largo - Bach, Michel Magne et les Swingles Singers (Galia, 1965)
28 - Dernier domicile connu (autre version) - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)

Duel #4 - Scarlett Johansson vs Tom Waits
Tom Waits vs Scarlett Johansson

Une reprise contre la version originale. Un combat inégal ? Non, car ces interprétations sont bien différentes.

Honneur aux dames avec tout d'abord Scarlett Johansson, plutôt bonne actrice, et surtout très bonne. Les lectrices me pardonneront cette petite digression due à un excès momentané de testostérone. Le concours ne se déroulera donc pas au niveau plastique...

La miss était donc plus qu'attendue au tournant lorsqu'elle sort son premier disque "Anywhere I lay My Head". Les mauvaises langues durent se taire devant cet album de reprises de... Tom Waits, impeccablement produit et plein de guests de bon goût (Bowie entre autres).

Quant à Tom Waits, je ne l'ai découvert véritablement qu'il y a quelques années, lorsque je suis véritablement tombé amoureux de son premier album "Closing Time".  Mais celui-ci mérite une future chronique...

Alors la belle et la bête ? Non, seulement deux artistes qui ont le talent de bien faire ce que l'on n'attends pas d'eux.

Scarlett Johansson - "Anywhere I lay My Head" tiré de "Anywhere I lay My Head" (2008, Rhino)

Tom Waits "Anywhere I lay My Head" tiré de "Rain Dogs" (1985, Island)

Un Petit Dèj Bien Trash
Propellerheads Extended Plays EP

J’ai découvert un jour ce morceau à travers un clip, on y voyait un sosie de Presley sur-vitaminé prenant son petit dèj dans un rythme déjanté ! Depuis ce jour je ne regarde plus mes corn flakes du même œil…

C’est bien connu pour faciliter le transit musical rien ne vaut les céréales au son… Et dans le genre gros son je vous recommande la marque Propellerheads, un duo qui s’est fait connaître à la fin des 90’s pour sa reprise de « On Her Majesty’s Secret Service » et une collaboration avec Shirley Bassey.

Suivez bien les conseils de votre DJ nutritionniste, pour être en forme il faut prendre quelque chose de costaud au réveil. Pas de doute après un pareil morceau vous serez le king ce matin au boulot !

Propellerheads « Propellerheads Extended Play EP » (1998, Wall of Sound - PIAS)

"Crash !"

Descendance
Best of Grant Green

Certains albums apparaissent dans notre vie comme des amants ou de nouveaux amis : ils sont tout de suite évidents, familiers et en même temps neufs.

Ce fut le cas avec le "Hand on the Torch" de US3, mélange de jazz et de hip-hop paru en 1994 et qui fut l'un des symboles du feu mouvement acid-jazz (on cherche toujours l'acide d'ailleurs). Je parcourrai donc le livret de l'album qui, pour une fois, donnait tous les titres des originaux ayant servi de samples.  Le résultat fut l'achat, entre autres, de ce "Sookie Sookie" de Grant Green sur lequel était basé l'un des tubes de US3 : "Tukka Roots Riddim".

Onze minutes de solo presque ininterrompu, des vagues de hammond et une rythmique implacable. Ce morceau fut la révélation pour moi, fils de la génération techno, que le jazz était compatible avec le dancefloor. Quant à Blue Note, ils connurent avec "Hands on The Torch" l'une de leurs plus grosses ventes de tous les temps. Ils peuvent largement remercier Grant Green...

Grant Green - "Sookie Sookie" tiré de "Street Funk and Jazz Grooves" (1970, Blue Note)