Les Soldats du Roots
The Gladiators - Proverbial Reggae 

Cet album est sans aucun doute au reggae ce que "Les lacs du Connemara" est à la discographie de Michel Sardou: un de ces sommets majestueux qui jalonnent la grande chaîne musicale.

Trio dirigé par le songwriter Albert Griffiths, The Gladiators signe son deuxième opus et deuxième coup de maître avec ce bien nommé "Proverbial Reggae". Paru sur le label Virgin en 1976, à un moment ou le succès international de Saint Bob Marley à ouvert bien des portes aux groupes jamaïcains, cet album restera un diamant éternel dans la grande histoire du reggae.

A la fois puissant (présence du monstre Sly Dunbar à la batterie) et mélodique, soulignant les superbes harmonies vocales qui auraient pu naître sur les bords de la Mersey, cet album est tout simplement indispensable à tous les amateurs de Reggae roots.

En prime un version inédite et introuvable du classique "Dreadlocks The TIme is Now", digitalisée depuis une vieille cassette de mon ami Sylvano. Vous nous pardonnerez donc le son quelque peu "dégradé analogique"...

The Gladiators - "Proverbial Reggae" (1976, Virgin)

"Dreadlocks the Time is Now"

"Stick a Bush"

"We'll Find The Blessing"

"Dreadlocks The Time Is Now (Alternate Vano Version)"

L’ Agapanthe Berbère
Hindi Zahra - Handmade

Cette petite fait grand bruit, toute juste fredonne-t-elle et déjà l’écho suffit-il à faire vibrer le gotha musical… Le succès drape parfois de trop frêles épaules dont la plume finit par ployer sous les ors de la consécration… Mais elle a le port altier de ceux qui ont pour seule noblesse le talent.

Elégante Hindi
Belle agapanthe du sud
Aux Berbères agapes
Fut-il plus galante berceuse

Ni folk ni jazz et pourtant mi-folk mi-jazz, son univers est un dédale sans murs où l’on se cherche dans les influences pour se retrouver dans les mélodies.

Hindi Zahra « Handmade » (2009, Oursoul Records/Blue Note)

"Beautiful Tango"

"Oursoul"

"Imik Si Mik"

"Stand Up"

De Chair Et De Sang
Barbatuques - Corpo Do Som

Lorsque le corps se fait voix, on se retrouve avec plusieurs bouches. Ce célèbre proverbe belge se trouve ici merveilleusement mis en application par le jeune groupe brésilien Barbatuques.

Claquements de doigts, battements de mains, tapes sur la poitrine sont la pour nous rappeler que le corps humain est le premier instrument de musique. Ces techniques primales de production musicales sont aussi pédagogiques le groupe ayant participé à de nombreux ateliers au Brésil mais aussi en Europe sur leur méthode musicale de groove organique.

Bientôt en concert avec Bobby Mc Ferrin ?

Barbatuques - "Barbapapa Groove" tiré de "Corpo Do Som" (2003, MCD)

UM Podcast #29 : Juanito - French Touch Connection
French Touch Connection Podcast

Rien à voir avec la nouvelle génération de dj en vogue, et pourtant, eux aussi ont contribué à l’aura musicale hexagonale…

Si cela a la saveur des années soixante et soixante-dix, le patchouli prend vite un goût de Tabasco… La sélection ressemble à une de ces partitions perforées pour orgue de barbarie, perforée à coup d’AK47… Voilà pour la musique, pour les paroles on retrouve la gouaille d’un Audiard, une ponctuation à coup de silencieux, l’accent tonique étant mis sur le Beretta…

Un florilège de BO françaises
Des noms connus, aux morceaux oubliés
Des films mythiques, aux navets mystiques
Cela fleure bon la poudre et l’alcool frelaté…

De la schnouf dans le groove!
Du rififi dans le mix!

Juanito - "French Touch Connection"
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Tracklisting:

01 - Dernier domicile connu - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)
02 - Je n’avais qu’un seul mot à lui dire - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Anna, 1966)
03 - Route de nuit - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
04 - Adieu l’ami - François De Roubaix (Adieu l’Ami, 1969)
05 - Ne nous fâchons pas - Bernard Gérard (Ne Nous Fâchons Pas, 1965)
06 - Joe - Michel Magne (De La Part Des Copains, 1970)
07 - Le crocodile porte-clé - Bernard Gérard (Des Vacances En Or, 1970)
08 - Olivier - Francis Lai (La Leçon Particulière, 1968)
09 - Cadavres en série - Serge Gainsbourg (Le Pacha, 1968)
10 - Les cadences infernales - Vladimir Cosma (La Zizanie, 1978)
11 - Yacht - François De Roubaix (L’homme Orchestre, 1970)
12 - Tamouré - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
13 - Chewing-gum attack - Vladimir Cosma (Rabbi Jacob, 1973)
14 - Youkoun-Koun - Georges Delerue (Le Corniaud, 1965)
15 - La scoumoune - François De Roubaix (La Scoumoune, 1972)
16 - Play Dirty - Michel Legrand (Enfants de Salauds, 1968)
17 - Flirt à Cocody - Michel Magne (Le Gentleman De Cocody, 1963)
18 - Générique - Michel Magne (Mélodie En Sous-sols, 1963)
19 - La dame dans l’auto - Michel Legrand (The Lady in a Car with Glasses and a Gun, 1970)
20 - Cine Qua Pop - Michel Magne (Tout Le Monde Il Est Beau, Tout Le Monde Il Est Gentil, 1970)
21 - Nues dans l’eau - Georges Garvarentz (Sapho, 1970)
22 - Pop Mod - Claude Bolling (Le Magnifique, 1973)
23 - Soirée Jerk chez les Dumonceau - Michel Legrand (Tendre Voyou, 1966)
24 - Haschisch Party - Georges Garvarentz (Un Beau Monstre, 1970)
25 - Danger - Serge Gainsbourg et Jea-Claude Vannier (Cannabis, 1970)
26 - New Délires Again - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Manon 70, 1968)
27 - Largo - Bach, Michel Magne et les Swingles Singers (Galia, 1965)
28 - Dernier domicile connu (autre version) - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)

Duel #4 - Scarlett Johansson vs Tom Waits
Tom Waits vs Scarlett Johansson

Une reprise contre la version originale. Un combat inégal ? Non, car ces interprétations sont bien différentes.

Honneur aux dames avec tout d'abord Scarlett Johansson, plutôt bonne actrice, et surtout très bonne. Les lectrices me pardonneront cette petite digression due à un excès momentané de testostérone. Le concours ne se déroulera donc pas au niveau plastique...

La miss était donc plus qu'attendue au tournant lorsqu'elle sort son premier disque "Anywhere I lay My Head". Les mauvaises langues durent se taire devant cet album de reprises de... Tom Waits, impeccablement produit et plein de guests de bon goût (Bowie entre autres).

Quant à Tom Waits, je ne l'ai découvert véritablement qu'il y a quelques années, lorsque je suis véritablement tombé amoureux de son premier album "Closing Time".  Mais celui-ci mérite une future chronique...

Alors la belle et la bête ? Non, seulement deux artistes qui ont le talent de bien faire ce que l'on n'attends pas d'eux.

Scarlett Johansson - "Anywhere I lay My Head" tiré de "Anywhere I lay My Head" (2008, Rhino)

Tom Waits "Anywhere I lay My Head" tiré de "Rain Dogs" (1985, Island)

Un Petit Dèj Bien Trash
Propellerheads Extended Plays EP

J’ai découvert un jour ce morceau à travers un clip, on y voyait un sosie de Presley sur-vitaminé prenant son petit dèj dans un rythme déjanté ! Depuis ce jour je ne regarde plus mes corn flakes du même œil…

C’est bien connu pour faciliter le transit musical rien ne vaut les céréales au son… Et dans le genre gros son je vous recommande la marque Propellerheads, un duo qui s’est fait connaître à la fin des 90’s pour sa reprise de « On Her Majesty’s Secret Service » et une collaboration avec Shirley Bassey.

Suivez bien les conseils de votre DJ nutritionniste, pour être en forme il faut prendre quelque chose de costaud au réveil. Pas de doute après un pareil morceau vous serez le king ce matin au boulot !

Propellerheads « Propellerheads Extended Play EP » (1998, Wall of Sound - PIAS)

"Crash !"

Descendance
Best of Grant Green

Certains albums apparaissent dans notre vie comme des amants ou de nouveaux amis : ils sont tout de suite évidents, familiers et en même temps neufs.

Ce fut le cas avec le "Hand on the Torch" de US3, mélange de jazz et de hip-hop paru en 1994 et qui fut l'un des symboles du feu mouvement acid-jazz (on cherche toujours l'acide d'ailleurs). Je parcourrai donc le livret de l'album qui, pour une fois, donnait tous les titres des originaux ayant servi de samples.  Le résultat fut l'achat, entre autres, de ce "Sookie Sookie" de Grant Green sur lequel était basé l'un des tubes de US3 : "Tukka Roots Riddim".

Onze minutes de solo presque ininterrompu, des vagues de hammond et une rythmique implacable. Ce morceau fut la révélation pour moi, fils de la génération techno, que le jazz était compatible avec le dancefloor. Quant à Blue Note, ils connurent avec "Hands on The Torch" l'une de leurs plus grosses ventes de tous les temps. Ils peuvent largement remercier Grant Green...

Grant Green - "Sookie Sookie" tiré de "Street Funk and Jazz Grooves" (1970, Blue Note)

La Femme, le Serpent et l’Apartheid
Glenda - Snake Dancer

Voilà une bizarrerie fruit du hasard et de la curiosité de mes recherches. Une BO aux sons afro soul extraite d’un film underground dans l’Afrique du Sud des années 70. Une histoire, basée sur des faits réels, mettant en scène une enseignante devenue danseuse érotique se produisant avec un serpent… Le décalage avec le régime de l’Apartheid ne pouvait qu’attiser ma curiosité. La jeune femme blanche subira, évidemment, les foudres du pouvoir et l’ombre de la censure.

La musique du film n’est pas en reste, parcourant sons africains, influence des BO européennes et soul-funk américaine, la partition est une subversion raciale métissant les genres. La BO, signée Zane Cronje et Charles Segal, a pourtant bien failli être perdue, jusqu’à sa redécouverte au fin fond d’un catalogue allemand… Il eut été dommage de perdre pareil trésor, je ne sais ce que vaut le film, mais la BO vaut le détour.

Il y a plus que le symbole phallique dans ce serpent et cette danseuse, il y a cette femme qui croque la pomme au goût de liberté. Saveur d’espérance, espoir de chasser le reptilien Apartheid de l’Eden Sud-africain… Un de ces pépins plantés dans la terre aride des afrikaners qui finiront par récolter la liberté d’un certain Nelson...

Glenda Snake Dancer (1976, CBS Records)

"The Hustler"

"Get It On With Music"

Essence de Dub
Dubphonic - Relight

Rallumer le feu, c’est l’exercice de pyromane auquel se livre ce trio parisien, Dubphonic, sur son album « Relight ». Sur les fagots du trip-hop, coule l’essence du dub. Que viennent quelques étincelles électroniques et la chose s’enflamme mieux qu’un napalm musical.

Ce trio, au sein du quel on retrouve entre autre Alexis Mauri (aka Alexkid), s’est fait connaître avec quelques remix (Richard Dorfmeister, Linval Thompson) avant le succès de leur premier album. Ce deuxième opus, électro-dub aux ambiances plus trip-hop, consacre un talent hautement inflammable.

Si le bilan carbone de l’album nous est inconnu, il y a suffisamment d’énergie pour carboniser tout tympan qui se respecte. Mais du feu lent du dub, de ceux qui vous consument lentement mais sûrement…

Dubphonic « Relight » (2009, Taktic Music)

"The Only Girl On Earth" Featuring Liset Alea"

"Ricky Balboa" Featuring Mau

Oui Oui Ouis
Yeah Yeah Yeahs - Heads Will Roll

Le remix de A-Trak nous la joue néo-rétro sur cette resucée des rockeux "Yeah Yeah Yeahs", originaires de Brooklyn.

Des synthés à la Technotronic qui fleurent bon les années 80 et une production simple et nerveuse qui rendent ce single des plus efficaces...

A noter tout de même la présence de Norbert sur la pochette, le chargé de clientèle de mon agence de la Banque Populaire, alors que je m'apprêtais à lui demander une autorisation de découvert.

Yeah Yeah Yeahs - "Heads Will Roll (A-Trak Remix)" tiré de "EP Heads Will Roll" (2009, Universal)

L’illustre Inconnu de la Folk
Rodriguez - Cold Fact

Sixto Diaz Rodriguez fait partie de ces énigmes de l’histoire musicale. Comment cet album a-t-il pu manquer son public ? Sa folk matinée de psychédélisme, de blues et soul avait pourtant de quoi séduire ses contemporains en 1970. Il a cependant bien failli passer à la trappe, au rebus des vinyles invendus…

Etonnamment c’est l’Australie et surtout l’Afrique du Sud qui l’ont sauvé de l’oubli. Etrange destin pour ce sixième enfant d’une famille mexicaine installée à Détroit. Rompant avec la culture ouvrière de ses origines, il se lance dans une carrière de songwriter. Suivront deux albums sans succès…

Plus que la fibre artistique, il avait pourtant le talent suffisant pour le succès, si ce n’est la notoriété auprès d’un certain public. Il n’en fut donc rien. Mais ses notes avaient pris leur envol et, par-delà l’Atlantique et le Pacifique, d’autres tympans sauraient en goûter la saveur. On remerciera donc l’hémisphère sud d’avoir entretenu cette petite flamme qui ne demandait qu’à connaître les feux de la rampe.

Sous la cendre du temps, encore chaudes étaient les braises de « Cold Fact », soufflez donc dessus et que fussent la lumière et la chaleur…

Rodriguez « Cold Fact » (2008, Light In The Attic Records)

"Sugar Man"

"Gommorah"

"Hate Street Dialogue"

Retour de Phase
Ol1v D-phase

J'aime ce morceau de techno presque minimale de notre ami Ol1v, qui mine de rien possède un son très moderne pour une production de 1998. Le morceau est extrait d'un live éxécuté dans une free-party à Marly-le-Roi (Yvelines) avec une boite à rythme, 2 claviers/sampleurs et pas d'ordinateur (chose qui n'existe plus trop de nos jours).

Si vous aimez le son, vous injecter une dose supplémentaire sur le myspace de D-Phase ou sur celui plus généraliste d'Ol1v ici

D-phase - "D-phase-E132" (1998)
 

En cadeau bonux une vidéo toujours envoyée par notre artiste numérique de Malakoff avec un live du DJ Edison, visiblement effectué avec l'aide d'un monome (probablement accompagné d'Ableton Live). Pour les néophytes, je précise que le Monome est un contrôleur midi qui permet de piloter un séquenceur et donc de pouvoir remixer selon son inspiration des boucles ou des synthés virtuels. Belle machine mais personellement je pense que mon prochain achat sera une APC40... Vous m'excuserez si je m'excite tout seul... Mais foin des considérations techniques sans aucun doute ennuyeuses: le résultat est superbe.