Concerto en Vuvuzela
Vuvuzela Concerto

Quelle semaine intéressante !

Je reviens d'un séjour au Portugal, pays que je ne connaissais pas, la tête pleine de l'accueil chaleureux des locaux. J'ai eu l'occasion de mixer dans un vieille ferme au milieu de l'Alentejano, à l'occasion de la superbe fête que nous ont offert mes amis Ali et Fabien.

Cependant, même au fond de la cambrousse portugaise, le psychodrame de l'EDF animait les discussions autour d'un "bacalau" aussi succulent que déraisonnablement chargé en cholestérol.

De retour au pays, j'ai trouvé le climat de lynchage qui règne en France véritablement détestable. A écouter les médias, Domenech est un mélange entre l'antéchrist et les charlots, alliage subtil de l'esprit du mal et de l'incompétence. Les joueurs quant à eux ne sont qu'une bande de racailles des cités, symboles de la déliquescence française.
Et en plus il y a plein de noirs et ils se tapent des putes.

Il n'y avait qu'à écouter ce pseudo-penseur de Finkelkraut déclarer « Nous avons la preuve effarante que l'équipe de France n'est pas une équipe, c'est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (…)". Dire que philosophie vient du grec "L'amour de la sagesse", on en est loin avec cet intellectuel de gauche intermittent...

Je pense avoir eu rarement l'occasion d'entendre autant de conneries ces derniers pour un constat finalement assez simple: un mauvaise équipe de foot dirigée par un entraîneur incompétent, et une fédé d'amateurs. On a eu le droit au grand cirque allant de la secrétaire d'état aux café des sports, l'insupportable Rama Yade (500 euros la nuit d'hôtel madame Michu, rendez vous compte !), en passant par Jean-Pierre Escalettes, notre brave président de la FFF s'accrochant à son poste avec l'énergie du désespoir (la cantoche de la fédé est vraiment trop bonne).

Depuis ca flingue à tout va: il y a ceux qui ont activement participé à la ré-élection de Domenech en 2008 (Aimé Jacquet, Gérard Houiller, Noël "J'aime la bretagne" le Graët) et qui depuis ont retourné leur veste plus vite que leur ombre. D'autres comme Roselyne Bachelot qui, surfant sur l'incroyable succès de sa campagne de vaccination contre le virus tueur de la grippe A, nous a parlé de "joueurs en larmes" puis de "petits caïds".

N'oublions pas notre vénéré président qui a immédiatement convoqué Thierry Henry à son retour de vacances: il est vrai que les changements nécessaires à l'équipe de France de foot nécessitent immédiatement une intervention au plus haut niveau. Il faut bien faire diversion afin de faire oublier un temps l'impopularité du gouvernement... Quant aux médias, ils iront jusqu'à aller interviewer la mère de Domenech. On touche le fond mais faut bien vendre...

Pis que la piètre prestation d'une équipe surcotée, gonflée par ses égos et livrée à elle-même par des dirigeants complétement dépassés, ce lynchage généralisé est pathétique: après tout il ne s'agit que de 11 bonhommes en short qui essaient de pousser un ballon entre des poteaux. Garder un peu la tête froide éviterait ce triste déballage, autant malsain que ridicule.

Finalement je vais peut-être me mettre à regarder le curling à la télé...

Sunny!
Bobby Hebb - Sunny

Pouvait-il en être autrement à un moment où le mercure monte à mesure que s’effeuillent les filles… Ou plutôt l’inverse, quoi que… D’autant que « Sunny » de Bobby Hebb est un de mes morceaux fétiches.

Le nom de l’artiste n’a pas connu la gloire de son chef-d’œuvre, un immense succès qui vaudra à Bobby de faire une tournée avec les Beatles. Le morceau sera repris maintes fois, le nom de Hebb se diluant un peu plus à chaque fois. Le temps passant, comble de l’ironie, c’est la version de Boney M qui reste peut-être une des plus connues du public…

Le disco à paillettes triomphant d’une soul au cuir fatigué et tombant ? Certes non ! Bobby Hebb au zénith de son talent nous montre qu’il n’a rien à craindre d’une bande de figurant en jupette et bijoux, son astre irradie d’une vraie chaleur estivale, bien loin des séances d’UV du producteur allemand Frank Farian, derrière Boney M (rien à voir avec les jupettes).

Il ne manque pourtant pas de versions intéressantes comme l’instrumental de Georges Benson ou le jazzy James Brown, même l’acteur Robert Mitchum s’y est essayé, non sans succès. Je ne manque pas de candidats pour les duels…

Bobby Hebb « Sunny » (1966, Polygram Records)
Bien Mal Acquis Ne Profite Jamais
Batucada - The Sound Of The Favelas

Notre distingué chroniqueur LRC avait poussé le risque jusqu’à suivre le déplorable match de qualification France-Eire dans un petit pub au centre de l’Irlande… « Jeu de Main, Jeu de Vilains » s’était-il écrié sur ce blog, ayant réussi à échapper de peu à une mise en bière irlandaise, noyé dans un fût de Guinness…

Reprise des cours de morale, deuxième leçon : « Bien mal acquis, ne profite jamais » un enseignement à méditer dans la solitude du voyage retour… Est-il besoin d’en rajouter après la participation des Bleus à ce mondial ? On ne savait plus si l’on suivait un événement sportif, un mauvais feuilleton ou une émission de télé-réalité…

Alors pourquoi un tel échec ? Je ne m’essayerais pas aux fumeuses supputations des 60 millions d’entraîneurs que compte la France, ni mêmes aux hasardeuses relectures du traité de Clausevitz « De La Guerre » par des journalistes prêts à faire d'une pauvre pelouse de foot un Waterloo!

Non, posons-nous la question autrement : pourquoi les brésiliens ont-ils déjà gagné 5 fois cette coupe ?
Au Brésil, depuis sa plus tendre enfance, on baigne dans la batucada. Une nervosité rythmique qui vous forge un jeu de jambes qui, lui, n’est pas vilain…

Illustration avec cette très belle compilation « Batucada - The Sound Of The Favelas » de Mr Bongo et notamment le morceau « Otao E Eu » de Nicos Jaritz, sublime et subtile mélange de batucada et musique capoeira.

Morceau garanti sans vuvuzela...

« Batucada The Sound Of The Favelas » (1996, Mr Bongo)

Nicos Jaritz - "Otao E Eu"

Retour d'Acide
London Street Beats

A l'occasion de la fête de la musique, retour sur un moment de jeunesse, ivresse du dancefloor, sous montée d’acid jazz. Les soirées s’achevaient dans un éthylisme échevelé au romantisme inachevé. Qu’importe, le corps repu de danses et de substances, on finissait dans le lit de Morphée…

Fin des années 80, l’acid jazz anglais déversait son corrosif groove sur les ondes, Gilles Peterson créait son label Acid Jazz Records, une page se tournait…

Etait-il meilleur guide que ce label pour souffler la poussière des archives ? D’autant que le « Right On Roy » de Introspective Funk Collective ou le « Jesse » de Mother Earth ne sont pas le genre à prendre la poussière!

London Street Beats « 1988-2009 : 21 years of Acid Jazz Records » (2009, Acid Jazz Records)

Introspective Funk Collective "Right On Roy"

Mother Earth " Jesse" (Lynch Mob beats edit)

La Dernière Tentation Danoise
trentemoeller - into the great wide yonder

On croirait voir un détail de l’éruption du Eyjafjöll, l’indicible volcan islandais… Il n’en est rien, pourtant le dernier album de Trentemoller ne démériterait pas son qualificatif d’éruptif, là il manque juste un « / » dans le « o » pour vous donner toute la dimension danoise de ce musicien déjà chroniqué ici.

Si l’artiste s’est fait connaître pour ses remix et ses titres dancefloor, l’approche est assez différente sur son second album. L’électro est là, mais teintée d’influence cinématographique, de folk, de blues. Et cela sans jamais se départir d’une touche de mélancolie à vous attendrir le plus rude des vikings.

De cette glace mélancolique aux reflets électro minimaliste, agissant tel un prisme, s’offre la spectrographie musicale d’un grand album.

Trentemoller « Into The Great Wide Yonder » (2010, In My Room)

"The Mash And The Fury"

"Even Though You're With Another Girl"

"Neverglade"

Top Soul
James Brown - Soul On Top

Un des albums classique du parrain de la Funk, récemment ré-édité, ce "Soul on Top" est pour moi le pinacle de la carrière de papa James (avec sans doute le "In the Jungle Groove" chroniqué ici).

James et son saxophoniste fétiche Maceo Parker, prirent sur cet album un soin tout particulier aux arrangements, engageant le jazzman Oliver Nelson afin de traduire leur vision. Ils profitèrent de la présence d'un big band de 18 musiciens pour redonner un nouveau souffle, plus jazz, à certains de leurs déjà classiques comme cette très groovy version de "Papa's Got a Brand New Bag".

Quant à "There was a Time", récemment remixé sur le volume 4 des Verve Remixed, il demeure mon morceau préféré de James Brown: une montée progressive vers un orgasme funk incitant fortement à mordre les rideaux.

James Brown « Soul on Top » (1970, Verve)

"Papa's Got a Brand New Bag (alternate version)"

"There was a Time"

"It's a Man's, Man's, Man's World (alternate version)"

Barrissements Philharmoniques
John Barry - The Concert

Les enregistrements étaient perdus jusqu’à leur redécouverte dans les archives de Universal Japon… Pourtant ce concert de John Barry à la tête du Royal Philharmonic Orchestra au Royal Albert Hall allait marquer la carrière du musicien qui prenait conscience que sa musique était désormais reconnue pour elle même, appréciée sans besoin de la pellicule.

En 1972, succédant à Elmer Bernstein et Henry Mancini, John Barry prenait donc la baguette pour une nouvelle édition de « Filmharmonic », soirée de charité sous l’orchestration d’un compositeur. Le succès sera tel qu'il donnera lieu à l'enregistrement en studio de cet album avec le Royal Philharmonic Orchestra.

Un must absolu pour les amateurs de « B.O.nd », les œuvres majeures en orchestration philharmonique, entre montées de cuivres rutilant de groove et descente de cordes mélodiques. « The James Bond Suite » : 18 minutes où les détonations et les silencieux du Philharmonic perforent les partitions du Maestro…

John Barry « The Concert » (1972-74, Polydor UK)

"The James Bond Suite"

Lodger (Les Autres)

Tout d'abord ce Lodger n'a rien à voir avec Lodger, groupe de brit-pop évoqué ici par notre chroniqueuse de choc Spellchecker. Ce Lodger là nous vient de Finlande.

Le groupe s'est fait connaître au travers de leurs vidéos, entièrement réalisées à l'aide du logiciel Flash, d'habitude utilisé pour créer des logos en flammes sur le web . Deux bels exemples ici avec le "I Love Death" qui siéra aux amateurs d'humour trash ainsi que "Doorsteps" morceau pop  avec un léger accent country qui rappelle un peu Beck.

Lodger "I Love Death" tiré de "Hi-Fi High Lights Down Low" (2008)

Lodger "Doorsteps" tiré de "Hi-Fi High Lights Down Low" (2008)

Duel #7 - Randy's All Stars vs Big Horns B
Randy's All Stars vs Big Horns B

Une des plus connues BO de série, un modèle du genre, Lalo Schifrin à la baguette… Tout est donc là pour que l’on assiste à un match de grands, on boxe chez les poids lourds même si les candidats sont moins connus que l’illustre compositeur de Mission Impossible. Leurs versions ont le mérite de changer des reprises big-band assez classiques

A ma droite, pesant lourd de dreads, il fallait bien tout un collectif de musiciens jamaïcains du Randy’s Studio à Kingston pour relever cette mission impossible.

A ma gauche, Big Horns B, challenger peu connu et découvert sur une compilation du label Mr Bongo, une référence à vous faire monter sur le ring pour un remix jazz & groove.

Entre le jeu de jambe jamaïcain et l’upercut londonien, à vous de choisir…

Randy’s All Stars « Mission Impossible » tiré de « Randy’s 17 North Parade » (1997, Pressure Sounds)

Big Horns B « Mission Impossible » tiré de « A Night At The Jazz Rooms » (2007, Mr Bongo Records)

Quelques Secondes de Bonheur
neneh cherry - man

En 1994 Neneh Cherry, rencontrait Youssou N’Dour pour enregistrer le morceau « Seven Seconds ». Magnifique rencontre de deux artistes, deux voix aux univers différents, des contrastes dans une magnifique harmonie.

Neneh Cherry est une musicienne d’origine suédoise baignant dans une ambiance musicale, son beau-père n’est autre que le trompettiste de jazz Don Cherry, son frère et sa sœur chantent aussi… Elle a évolué dans la mouvance trip hop, participé au projet Gorillaz et continue actuellement avec Cirkus.

Mais cette rencontre avec le musicien sénégalais restera de celles qui comptent. Le morceau doit beaucoup à l’apport de la voix de Youssou N’Dour, et son timbre merveilleusement ensoleillé.

Neneh Cherry and Youssou N'Dour "Seven Seconds" tiré de « Man » (1996, Circa Records)
Clint, Ennio & Lalo
Oddjob - Clint

Une pochette sobre au design de killer, un quintet de jazz suédois reprenant les BO des films de Clint Eastwood grande époque, il ne m’en fallait pas plus pour dégainer la carte bleue…

Clint, explique Oddjob, fait partie de ces gens qui n’ont pas besoin de nom, leur prénom suffit… « Clint » est un album hommage au grand acteur, réalisateur et compositeur, particulièrement les années 60 et 70, les plus riches du point de vu des BO avec les œuvres d’Ennio Morricone ou Lalo Schifrin pour citer les plus connus.

Ce jazz scandinave, aux airs de banquise que l’on verrait bien en BO d’un bon Ingmar Bergman, s’aventure bien au sud. Le viking vient chauffer un peu le cow-boy solitaire des westerns spaghetti et la faune urbaine de l’inspecteur Harry.

La poudre parle… De celle qui vous chante un requiem, avec ses bouffées d’angoisse musicale et ses partitions pour volcan scandinave. Mais aussi de celle qui vous transporte au royaume d’Asgard béat de psychédélisme et de mélodies.

Un album complexe, mélodieux et torturé, entre banquise aride du jazz et désert gorgé de groove. Un millésime qui se bonifie à chaque écoute, pour une fois Clint accepterait bien quelques glaçons suédois dans son whisky…

Oddjob « Clint » (2010, ACT Music)

"Musical Pocket Watch" (Morricone - For A Few Dollars More)

"Ecstasy Of Gold" (Morricone - The Good, The Bad & The Ugly)

"Magnum Force Theme" (Schifrin - Magnum Force)

Funky Curry
Bollywood Funk Experience

Il n'y a pas qu'en occident que la musique de film connut un certain age d'or pendant la période 1965-1970. Ce fut aussi le cas en Inde, et en particulier à Bombay, capitale de l'industrie cinématographique du sous-continent.

Si l'Inde ne produisait pas encore des films à la chaine, de nombreux classiques furent tournés pendant cette période. Alors que les Beatles résidaient à Rishikesh dans le nord de l'Inde, à la recherche d'une sagesse perdue dans nos sociétés matérialistes, beaucoup de compositeurs indiens firent le chemin inverse et ouvrirent leur inspiration à la culture occidentale. La musique à toujours tenu un role prépondérant dans les productions indiennes, à un tel point qu'elle est souvent composée avant le tournage du film: la pellicule est au service du microphone et de la danse.

Cette compilation retrace donc la musique de films de cette époque, et permet de découvrir certains compositeurs, comme le duo Laxmikant-Pyarelal ou encore Rahul Dev Burman, qui sont des icones en Inde (ce dernier a composé plus de 300 BO !).

Un excellent instantané de groove biryani, à recommander pour ceux qui veulent épicer leur discothèque.

« Bollywood Funk Experience » (2010, Nascente)

Laxmikant-Pyarelal "Soul of Bobby" (from Bobby)

Asha Bholse & Mahendra Kapoor "Twinkle Twinkle Little Star" (from Purab Aur Pachhim)

RD Burman "Unknown Incidental Music" (from Teesri Manzil)
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