Ray Baretto
Je passe rapidement sur la présentation de l'artiste. D'ailleurs je ne suis pas certain d'être véritablement compétent pour la faire.
Rapidement donc ... Ray Baretto joueur de congas disparu en 2006 après une carrière de plus de 50 ans au service d'un style jazz/salsa. D'abord en apprentissage avec ses maîtres : Basie, Parker, Gillespie ( et tant d'autres, excusez du peu ) - et puis seul maître à bord d'une succession vertigineuse de formations différentes. Pour de plus amples informations c'est par là.

Pas le mieux placé pour en parler vous dis-je, parce ce que si le genre n'est pas désagréable à mes oreilles, je suis bien loin d'être pointu sur le sujet et sa musique n'a pas sur ma petite personne la même force de frappe que les volutes délirantes d'un Coltrane.

En l'occurence, ce qui m'a interpellé à l'écoute de ce concert, c'est cette soudaine digression sociologique alors qu'il s'apprête à envoyer une 213 567 eme version du "Summertime" de Monsieur Gershwin.*

En anglais dans le texte, je vous laisse écouter....

Ray Baretto "Summertime (Guajira)" tiré de "My Summertime" (1995 - Owl)

En fac similé ça donne

"I think that the Guajira and the Blues have a strong common bond. They're both the result of working people : those who cut sugarcane in Cuba or Puerto Rico or who picked cotton in the south of the United States. Music after all, reflects the people and it's the most beautiful when it comes from the people."

Il fallait oser cette sortie profonde sur la primauté de la culture POPULAIRE en plein concert ! On attendait Ray Baretto et c'est Edgar Morin qui la ramène.

Bon alors ... sortez les stylos

Sujet : Culture populaire contre culture bourgeoise.

z'avez 3 heures, vous laisserez une marge de cinq carreaux.

A noter que - pour une fois - c'est lui qui chante alors qu'il déléguait le plus souvent cette noble tache aux différents chanteurs/chanteuses de ses formations successives. A l'écoute on comprendra aisément qu'il ait cédé la place, parce que bon ... il chantait un peu comme mon chat le vieux Ray.

Pour finir, et comme il n'y a pas de mal à se faire du bien, je vous livre l'incontournable version originale. Il n'est pas raisonnable de rester plus d'un mois sans l'écouter.

Ella Fitzgerald & Louis Amstrong "Summertime" tiré de "Porgy and Bess" (1958 - Verve)

* Exerçant l'exécrable sous-profession de prof de math vous aurez la décence de ne pas me contester l'exactitude de ce décompte.