Le Magma de Magnus
Magnus Lindgren - Batucada Jazz

Tout occupé à surveiller le ciel et ses nuages de cendres charriés du volcan finlandais Eyjafjöll, l’éruption de la scène jazz suédoise nous échapperait presque.

Il y avait bien sûr la chanteuse Lisa Edkal, le genre de fille à vous réveiller quelques volcans éteints, mais sous la neige suédoise brûlent d’autres feux. Après Oddjob et son « Clint » voici Magnus Lindgren et son « Batucada Jazz », encore une histoire de viking aux rêves trop ensoleillés.

Si le jazz et la bossa nova s’entremêlent jusqu’à l’inceste, les relations avec la batucada sont plus rares, le plaisir n’en étant que plus appréciable. Magnus reste très suédois dans ses préliminaires, on attaque jazz et c’est dans le final que l’on sent monter en lui le magma de « Batucada Jazz ». L’approche se faisant parfois plus sauvage quand il revêt sa peau d’ « Alligator » ou, quand il se lance dans une « Djungledance ».

Magnus Lindgren « Batucada Jazz » (2010, ENJA Records)

"Batucada Jazz"

"Alligator"

"Djungledance"

Bien Mal Acquis Ne Profite Jamais
Batucada - The Sound Of The Favelas

Notre distingué chroniqueur LRC avait poussé le risque jusqu’à suivre le déplorable match de qualification France-Eire dans un petit pub au centre de l’Irlande… « Jeu de Main, Jeu de Vilains » s’était-il écrié sur ce blog, ayant réussi à échapper de peu à une mise en bière irlandaise, noyé dans un fût de Guinness…

Reprise des cours de morale, deuxième leçon : « Bien mal acquis, ne profite jamais » un enseignement à méditer dans la solitude du voyage retour… Est-il besoin d’en rajouter après la participation des Bleus à ce mondial ? On ne savait plus si l’on suivait un événement sportif, un mauvais feuilleton ou une émission de télé-réalité…

Alors pourquoi un tel échec ? Je ne m’essayerais pas aux fumeuses supputations des 60 millions d’entraîneurs que compte la France, ni mêmes aux hasardeuses relectures du traité de Clausevitz « De La Guerre » par des journalistes prêts à faire d'une pauvre pelouse de foot un Waterloo!

Non, posons-nous la question autrement : pourquoi les brésiliens ont-ils déjà gagné 5 fois cette coupe ?
Au Brésil, depuis sa plus tendre enfance, on baigne dans la batucada. Une nervosité rythmique qui vous forge un jeu de jambes qui, lui, n’est pas vilain…

Illustration avec cette très belle compilation « Batucada - The Sound Of The Favelas » de Mr Bongo et notamment le morceau « Otao E Eu » de Nicos Jaritz, sublime et subtile mélange de batucada et musique capoeira.

Morceau garanti sans vuvuzela...

« Batucada The Sound Of The Favelas » (1996, Mr Bongo)

Nicos Jaritz - "Otao E Eu"

Braziu Bebel
Georges Delerue - L'homme De Rio

La chanteuse brésilienne Bebel Gilberto mériterait sa chronique, son heure viendra… Mais il s’agit ici de notre Bebel national, Belmondo dans l’homme de Rio de Philippe de Broca. Un de ces grands films d’aventure, ce n’est plus Tintin, ce n’est pas encore Indiana Jones mais c’est un peu des deux.

La course haletante d’Adrien (Bebel), jusqu’au Brésil pour sauver Agnès (Françoise d’Orléac), est aussi la quête d’un fabuleux trésor. De Broca illustre ces aventures de quelques scènes mythiques, le vol de la statuette au musée de l’Homme (on pense à Hergé et l’Oreille Cassée…) la voiture rose à étoiles vertes, la course poursuite dans une Brasilia, capitale fantomatique en construction…

Le grand Georges Delerue, qualificatif tout juste suffisant pour cet homme aux deux Oscars et trois Césars, venait d’achever un de ces chef-d’œuvres, la BO du Mépris de Godard. De la Nouvelle Vague aux films populaires, la palette du maestro est riche.

C’est ainsi qu’il compose à cette occasion une magnifique BO parcourant le répertoire brésilien. Depuis l’incontournable «batucada », entre fièvre et ferveur de la rue, jusqu’au superbe « chant des pêcheurs » (une reprise) en passant par le « bowling brésilien », partition enjouée de Tontons Flingueurs en villégiature à Rio…

Georges Delerue « L’Homme de Rio » (Le Brésil Au Cinéma) (1963/2009, Emarcy/Universal)

"Batucada Générique"

"Chant Des Pêcheurs"

"Bowling Brésilien"

"Chorando Sim"

Grand Cru Bordelais
BNX - Mondo Globo

TOFM n’est pas le seul à agiter la cuve bordelaise de son électro millésimée. BNX, autre DJ bordelais, nous propose un breuvage au tanin des plus toniques.

A commencer par le bien nommé « Ultrabossa », en fallait-il plus pour être chroniqué sur ce site ? Sur une pépite de vieux groove espagnol franquiste de Jordi Sabates, s’insinue une batucada, qui de ses sortilèges électroniques, peu à peu dévore le morceau jusqu’à le posséder, auditeurs compris…

8mn15 sous hypnose brazilo-électro, on ressort de là étourdit de Bossa Bardot, épuisé de samba enfiévrée, électrocuté de beat…

Et pour celui qui viendra, toute panthère du groove qui se respecte aura reconnu, en introduction, la flute du serpent Kaa

BNX Mondo Globo « Top Timing! » (1998, Fantômas Records)

"BNX "Ultra Bossa"

"Andre Popp "Pour Celui Qui Viendra" (BNX remix)

Rio vs CIO
Pele & Sergio Mendes

Si tu vas à Rio
N’oublie pas de monter là-haut
Sur la plus haute marche du podium
Là où se trouve l’or

Les cariocas organiseront donc les JO en 2016, après le mundial de footcheball en 2014. L’occasion de revenir sur le rôle de Pelé, carte maîtresse du jeu brésilien. Un VIP redoutable VRP, tant est grande sa notoriété, au-delà des considérations géopolitiques qui ont prévalu au choix du continent sud-américain.

Pelé, comme d’autre s’est aussi essayé à la musique, un choix risqué. Dribbler avec une balle ne garantit pas de savoir jongler avec les notes. Mais le foot et la samba étant les deux mamelles nourricières de la culture brésilienne, on est moins inquiet.

Pelé, produit par Sergio Mendes, nous interprète une composition personnelle « Meu Mundo E Uma Bola » (mon monde est une balle) tout naturellement… S’il est certainement meilleur dribbleur que chanteur, sa composition et sa prestation restent plutôt sympathiques.

Dans le même registre sportif on peut s’écouter le « Copa Do Mundo » standard anonyme repris par Vinicius De Moraes sur son fameux live à Buenos Aires. Une valeur sûre, dommage que le morceau ne soit pas plus long. On finira avec une petite batucada mélangeant, musique, sons de tribunes et un hallucinant commentaire radiophonique d’un but de… Pelé, à tout seigneur tout honneur.

Si tu vas à Rio
N’oublie pas de monter le son plus haut

Pelé produced & arranged by Sergio Mendes (1977, Atlantic Recording Corporation)
"Meu Mundo E Uma Bola"

Vinicius De Moraes "Live In Buenos Aeres" (1970, Radoszynski Producciones/Random Records)
"Copa Do Mundo"

Grupo Batuque « Samba De Futebol » (1998, Far Out Recordings)
"Torcido Do Flamengo"

OSS 117 vs 007
Michel Magne OSS 117

Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, est de retour! Sous les traits de Jean Dujardin, l'espion des 60's est ressuscité. Oublié, passé de mode, cet agent secret était la réponse française au James Bond. Grandeur Gaullienne oblige, la République Française se devait d'avoir un matricule à la hauteur des 007, fut-il espion américain, la DST n'ayant pas l'aura de la CIA... Ce sera OSS 117, étrange et fortuite rime en sept...

Le succès restera très franco-français mais donnera lieu à une série de films tirés des romans de Jean Brochet. Auteur au succès populaire de son vivant mais dont la postérité estompe l'écriture dans le grand livre de la littérature, on lui doit pourtant quelques oeuvres majeures comme "Banco à Bangkok", "Moche Coup à Moscou" ou encore "Furia à Bahia"...

Evidemment le style "franchouillard" d'OSS n'a pas su s'imposer face au flegme so british d'un 007. Les films ont pris la poussière des archives et ne sont d'ailleurs jamais rediffusés... Reste quelques BO sauvées par Stéphane Lerouge, érudit du genre, qui s'est mis en tête de sauver le patrimoine hexagonal des musiques de films en les rééditant sur le label Emarcy.

Michel Magne, compositeur des "Tontons Flingueurs", signera la plupart des partitions des OSS. On retrouve dans "Hubert Rit Jaune" le thème ully-gully (une danse très en vogue dans les 60's), utilisé par ailleurs dans les Tontons Flingueurs, mais c'est là une autre chronique. On y trouve aussi quelques morceaux intéressants tirés de la BO "Furia à Bahia", étrange écho au "Rio ne répond plus" dernièrement sorti...

En prime un remix de Roudoudou, "tribute" à OSS !

Michel Magne - "Bandes originales des films d'André Hunebelle" (1965, Sido Music/Emarcy)

"Rytmos de Amor"

"Furia à Bahia"

"Hubert Rit Jaune"

"OSS 2005" (Roudoudou remix)

Batucada Teutonne
Virada Batucada Hamburg

Quand l’Allemagne rencontre le Brésil, cela donne parfois d’étonnantes réussites. Mais nous ne sommes pas sur les terrains foulés par les équipes nationales de foot, tragique affrontement des orgueils nationaux dont le perdant verra sa fécondité et ses exportations baisser en même temps que ses psychanalystes devenir rentiers…

Loin des pelouses, au Brésil la rue reste le meilleur terrain de jeu, les équipes de batucada (ensemble de percussions brésiliennes) peuvent y faire montre de leur excellence, on y retrouve la construction d’un jeu collectif comme l’affirmation de quelques individualités. Prenant la balle aux brésiliens et prenant tout le monde à contre pied, l’Allemagne nous offre ici d’insoupçonnables ressources dans l’exercice de la batucada.

L’école allemande dans toute sa splendeur, rigueur technique et puissance du collectif, avec cependant une petite touche de folie dans le jeu. J’apprécie tout particulièrement l’apport des cuivres, dans un jeu en rupture avec la tradition des rues cariocas, mais très groovy. Je ne sais pas si la caïpirhina remplacera bientôt la bière, mais cette blonde a un goût de métisse au tempérament de feu…

Virada - "MoSambaZa" tiré de "You Better Do the Samba!" (1996, Weltwunder Records)

Batucada Por Favor
Aquarela bateria Paris

Cela faisait quelque temps que je devais passer voir mon frère jouer avec sa batteria parisiano-brésilienne, objet de culte presque mystérieux du week-end. L'association Pantruche, dont le noble objectif est de ressusciter le feu carnaval de Paris me fournissait l'opportunité idéale en organisant un défilé certes de taille modeste par rapport à celui de Rio, ou même celui de Dunkerque, mais ou allait se produire "Thomito" (Thomas pour l'état civil) et sa bande de batuqueiros. J'essaierai de placer d'ailleurs le maximum de vocabulaire brésilien dans cet article pour faire genre.

poncho rouge

C'est donc empreint d'une curiosité brulante que nous vimes défiler les premiers groupes d'une programmation des plus éclectiques: un char d'une association anti-capitaliste, une fanfare méridionale, une procession de l'association Franco-Chilienne de flute de pan en poncho rouge (l'AFCFPPR).

Certes cette dernière était sans doute la plus climatiquement adaptée, vu le vent glacial qui balayait les rues parisiennes. Mais j'étais venu voir Aquarela, membre du bloco (groupement de batterias) de Paris et maison mère des débauches rythmiques de Thomito. Même ma belle-mère Irlandaise était venu assister aux festivités: c'était dire l'importance de l'évènement.

Notre attente glacée fut enfin récompensée. Toto oeuvrait ce jour là au chocalhos (sorte de petites cymbales maintenus par un cadre en fer) et c'est une samba conquérante qui vint réchauffer la rue Beaubourg. Nous nous sommes coulé derrière le wagon des musiciens et descendu ainsi jusqu'à la place de l'hotel de ville, sorte de version congelée mais toujours dansante du carioca de Rio.

Finalement, la session s'est finie sur la place de la grandeur municipale, en compagnie des "Sambinhos", qui ne sont pas le nouveau joueur Brésilien que le PSG espère signer, mais un autre orchestre brésilien, ceux-là en t-shirt rouge.
J'avoue avoir passé un certain temps à essayer de comprendre comment les 2 leaders communiquaient à coups de sifflet et de gestuelles les changements de rythmes . Si les symboliques animalières étaient discernables au niveau des mains, l'ensemble restera obscur au profane. On observera simplement que le sifflet est décidément un instrument d'autorité.

Pour conclure, une vidéo toujours du groupe mais lors d'une autre représentation. J'avais pris ma caméra mais vu que je suis aussi bon cinéaste que Christine Boutin est ministre, il vaut mieux montrer le travail d'un autre.

Avouons qu'à part le poncho, une lampée de rhum et une bonne dose de Batucada sont le meilleur moyen de faire monter la température au coeur de l'hiver.

Aquarela - "Concert à Coburg" (2006)

Travailler ses Fessiers en Batucada
Batucada Capoeira
La batucada c’est un peu l’aérobic du brésilien, “va chercher bonheur sur le dancefloor » comme dirait Chico.

Nous on a eu Véronique et Davina le matin à la télé, les brésiliens ont la batucada, chacun a la gymnastique qu’il mérite… Là, je ne puis m’empêcher de penser au sort cruel que le destin et les aléas de la géographie nous réservent parfois…
La batucada c’est l’essence rythmique de la samba, le cœur du brésil pris d’une tachycardie jouissive. L’originalité du morceau de Luciano Perrone vient du fait qu’il joue de sa voix pour accompagner toutes les percussions, de l’adrénaline acoustique !

C’est sûr qu’avec Luciano comme prof, j’irai la voir plus souvent la p’tite brune du club municipal de capoiera

Luciano Perrone - "Samba Vocalizado" tiré de "Batucada Capoiera" (1998, Soul Jazz records)