Bien Mal Acquis Ne Profite Jamais
Batucada - The Sound Of The Favelas

Notre distingué chroniqueur LRC avait poussé le risque jusqu’à suivre le déplorable match de qualification France-Eire dans un petit pub au centre de l’Irlande… « Jeu de Main, Jeu de Vilains » s’était-il écrié sur ce blog, ayant réussi à échapper de peu à une mise en bière irlandaise, noyé dans un fût de Guinness…

Reprise des cours de morale, deuxième leçon : « Bien mal acquis, ne profite jamais » un enseignement à méditer dans la solitude du voyage retour… Est-il besoin d’en rajouter après la participation des Bleus à ce mondial ? On ne savait plus si l’on suivait un événement sportif, un mauvais feuilleton ou une émission de télé-réalité…

Alors pourquoi un tel échec ? Je ne m’essayerais pas aux fumeuses supputations des 60 millions d’entraîneurs que compte la France, ni mêmes aux hasardeuses relectures du traité de Clausevitz « De La Guerre » par des journalistes prêts à faire d'une pauvre pelouse de foot un Waterloo!

Non, posons-nous la question autrement : pourquoi les brésiliens ont-ils déjà gagné 5 fois cette coupe ?
Au Brésil, depuis sa plus tendre enfance, on baigne dans la batucada. Une nervosité rythmique qui vous forge un jeu de jambes qui, lui, n’est pas vilain…

Illustration avec cette très belle compilation « Batucada - The Sound Of The Favelas » de Mr Bongo et notamment le morceau « Otao E Eu » de Nicos Jaritz, sublime et subtile mélange de batucada et musique capoeira.

Morceau garanti sans vuvuzela...

« Batucada The Sound Of The Favelas » (1996, Mr Bongo)

Nicos Jaritz - "Otao E Eu"

Duel #6 - David Bowie vs Peter Gabriel
David Bowie vs Peter Gabriel

A ma droite, le Thin White Duke, l'homme qui a inventé le glam-rock britannique et qui porte le nom d'une marque de couteau: David Robert Jones aka David Bowie. "Heroes" reste l'un de ses classiques, un chef d'oeuvre post-rock composé avec Brian Eno, en 1977, à l'époque ou Bowie était dans son époque berlinoise.

A ma gauche, un des grands expérimentateurs de la pop, ancien chanteur de Genesis et fondateur du grand label de world music "Real World": Peter Gabriel. Après 8 ans d'absence, le Gab nous sort un nouvel album solo, ne contenant que des reprises. Un choix intéressant et de bon goût au niveau des titres puisqu'en dehors du Bowie, on retrouve Radiohead, Elbow ou encore Bon Iver. Un gros travail d'orchestration qui plaira aux aficionados des cordes.

La version de Gabriel est sûrement moins évidente que le standard de Bowie mais sa progression dramatique est digne de la finale de "Nouvelle Star".

Alors le "Sledgehammer" ou "Ziggy Stardust" ? A vous de choisir !

David Bowie - "Heroes" tiré de "Heroes" (1977, RCA Records)

Peter Gabriel "Heroes" tiré de "Scratch My Back" (2010, Real World)

Le Petit Prince
Pantha du Prince - Black Noise

DJ et Producteur allemand vivant entre Berlin et Paris (d'où son nom de scène à la française), Hendrik Weber alias Pantha du Prince publie ici son troisième album sur le très branché label Dial basé à Hambourg.

"Black noise" fait référence à certaines fréquences infra-basses, imperceptibles à l'oreille humaine, comme celles produites par un tremblement de terre. C'est donc dans les alpes, sur le lieu ou un village fut enseveli lors d'un glissement de terrain, que notre ami princier s'enferma pendant plusieurs mois pour trouver l'inspiration afin de produire son album.

Cloches d'églises disparues, vents électroniques et nappes phréatiques synthétiques: le paysage que nous propose Pantha du Prince est à la fois serein et toujours oblique, à l'image de sa pochette bucolique qui déconcertera plus d'un amateur de techno. Une électro organique et sereine qui me semble prometteuse, ou synthés et sons naturels convergent.

Finalement, cet album devrait être considéré comme l'œuvre fondatrice de la véritable tecktonik....

Pantha du Prince - "Black Noise" (2010, Dial)

"Es Schneit"

"The Splendour"

"Abglanz"

L'Apparat Binaire
Apparat - Walls

Apparat est le pseudo de Sascha Ring, DJ et producteur Berlinois. Une production très épurée qui se distingue de la plupart de ses collègues de par l'utilisation d'instruments acoustiques (en particulier les cordes) qui sont alors "remixés" dans les compositions. Apparat est aussi le co-fondateur du label minimal Shitkatapult que l'on traduira élégamment par "catapulte à merde", titre qui aurait pu également convenir à l'intégrale des mémoires de Charles Pasqua.

J'aime particulièrement le titre "Useless Information", électro minimale bien caractéristique du son émanant de la capitale de nos voisins teutons: élégant et sombre.

Apparat - "Walls" (2008, Shitkatapult)

"Useless Information"

"Fractales, Pt. I"

"Fractales, Pt. II"

Yonder

Une superbe animation par l'artiste berlinoise Emilia Forstreuter. Un monde sous-marin et onirique qui emportera le capitaine Nemo qui sommeille en vous.

"Yonder" par Emilia Forstreuter

David Live In Berlin

Si un instant de musique est bien associé à la chute du mur de Berlin, c'est sans doute ce concert improvisé du grand Rostropovitch, célébrant de son violoncelle l'espoir d'une nouvelle ère.

Cependant les vrais mélomanes n'ont pas oublié la prestation mirifique de David Hasselhoff.
Dieu vivant en Allemagne de par sa coupe de cheveux, "The Hoff" a lui aussi marqué cette période historique de son empreinte de géant.

La preuve avec son concert berlinois, donné le 31 décembre 89, dans lequel notre maître nageur à Malibu revêt un superbe blouson électrique du plus bel effet avant de pousser la chansonnette devant un public teuton tétanisé par tant de talent.

Quelle époque !

David Hasselhoff - "I've Been Looking For Freedom"

Absent du Bureau

Berlin le week-end dernier, Cambridge dans quelques heures, je suis décidément la personne la plus jet-set de mon immeuble. Toujours dans un avion et entre deux hôtesses. Remarque cela vaut mieux que l'inverse (précision pour ma femme).

Avant de vous quitter pour le pays du pudding, voila une excellente vidéo suggérée par le président de notre immense fan-club vénézuélien, le bien nommé Haroldo Rastaman.

Manu Chao en grande forme, accompagné par Amazigh Kateb (de Gnawa diffusion) et le chanteur de reggae ivoirien Tiken Jah Fakoly. Un énergétique live diffusé lors de Taratata, plutôt bonne émission de musique lorsqu'ils n'invitent pas Liane Foly.

Bon WE à tous.

Manu Chao, Amazigh Kateb et Tiken Jah Fakoly - "Politics Kills"

UM Podcast #12: Fringe Player - World On A Wire
Ultramagnetique Podcast - Fringe Player - A Year of Union

Premier Podcast pour Ultramagnetique de Fringe Player, DJ qui nous vient de New-York, habite Dublin et auteur de quelques chroniques sur ce site... Une escapade électronique toute en sensibilité, ponctuée d'extraits de la série "The Wire" de HBO dont nous reparlerons ultérieurement. Le superbe “Berlin Calling” en introduction, le mix monte en intensité avant de revenir vers des eaux plus calmes avec "Summer on Mars" et le "Self Love" déja chroniqué ici.

Les connaisseurs reconnaitront également quelques fameux remixeurs comme le toujours excellent Joris Voorn ou encore le duo Pig & Dan. En conclusion, une superbe reconstruction du "House of God" dont l'original de 1990 est un classique de la deep house de Chicago.

Fringe Player - "World On A Wire"
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Tracklisting:

01 - Sascha Funke - Mango (Special Berlin Calling Edit)
02 - Paul Kalkbrenner - Aaron (Original Mix)
03 - Trentemoller - Miss You (Pascal F.E.O.S. Edit)
04 - Transform - Transformation (Tobi Neumann & Matthew Styles' Analog Memory Remix)
05 - Chic Miniature - Escandalo (Original Mix)
06 - Butch - Amelie (Original Mix)
07 - Popof - Summer On Mars (Original Mix)
08 - Guy J - Self Love (Original Mix)
09 - Silicone Soul - The Pulse (Mlle Caro & Franck Garcia Remix)
10 - Robert Babicz - Dark Flower (Joris Voorn Magnolia Mix)
11 - John Dahlback - World Of Love (Pig & Dan Remix)
12 - D.H.S. - House Of God (Martin Landsky Remix)

L’antidote à la Sauerkraut
Die Fantastischen Vier

Vous vous en souviendrez peut-être, nous vous avions récemment envoyés vous balader du côté de la Volga et de New Russia. Nous restons toujours en Europe (quoi que discutable pour la Russie, c’est ça ?), mais un peu plus proche de nous, chez nos voisins allemands. Ca tombe drôlement bien vous allez me dire parce que les Allemands, hein, c’est les champions de Noël, les décorations, les petits gâteaux, le Weihnachtsmann et tout.

Oui, bon moi et mon Deutscher passeport sommes d’accord avec vous sur ce point, mais il faudrait quand même songer à sortir de la Sauerkraut cinq minutes.
Commençons en douceur avec les bidouilleurs inclassables (hip hop allemand diront certains) que vous connaitrez surement que sont ces 4 fantastiques. Plus de 20 ans de carrière, des débuts à Stuttgart (moyen glam je vous le concède) pour s’installer à Berlin Kreuzberg (‘ahhhhhhh nous voilà rassurés’). Difficile de résumer leur parcours et leurs sons en une chronique, voici donc une petite introduction musicale outre-rhénane. Vous voyez, point de blousons en cuir ni de gueulante métalleuse donc !

Relax, c’est cool maintenant l’Allemagne.

Die Fantastischen Vier - "Tag Am Meer" tiré de "Die 4. Dimension" (1993, Columbia)

Des Conséquences du Manque de Soleil
The Whitest Boy Alive

Un groupe Berlinois avec un chanteur Norvégien qui fait aussi partie du groupe folk Kings of Convenience: voici "The Whitest Boy Alive". Un combo en manque d'ultraviolet qui produit des perles pop minimalistes au charme certain. Le tout rappelle d'ailleurs un certain "Peter, Bjorn and John": l'école scandinave.
Je suis sur que vous conviendrez que ce "Burning" est un titre hautement addictif avec sa progression à la guitare très groovy, contrepoint d'une composition pop parfaite de simplicité.

The Whitest Boy Alive - "Burning" tiré de "Dreams" (2006, Bubbles)

Futur Antérieur
Leonard Cohen The Future
Pour etre honnête je ne suis pas président du fan club de Leonard Cohen. Cela est du sans doute à une overdose de "Suzanne" pendant mon enfance, joué jusqu'à l'épuisement par une fille au pair Allemande en charge de mes culottes courtes et de mon approvisionnement en Nutella.
Il aura fallu l'écoute de l'album "The Future" paru en 1992, pour me faire définitivement changer d'avis. Tout comme Bob Dylan, Leonard électrifie ses compos sur le tard et le changement lui sied à ravir.
Toujours cette voix rauque, un piano électrique tout en rondeur, des choeurs gospéliens et puis un violoncelle qui joue à cache cache. Il n'en faudra pas plus pour me transformer en fanatique de ce morceau.

Ce titre sera popularisé par Oliver Stone qui l'utilisera pour le générique de fin de son "Natural Born Killers". Je joins un extrait des paroles, poésie élégante et provocatrice dont le propos est malheureusement plus que jamais à l'ordre du jour.

Give me back my broken night
my mirrored room, my secret life
it's lonely here,
there's no one left to torture
Give me absolute control
over every living soul
And lie beside me, baby,
that's an order!
Give me crack and anal sex
Take the only tree that's left
and stuff it up the hole
in your culture
Give me back the Berlin wall
give me Stalin and St Paul
I've seen the future, brother:
it is murder.

Leonard Cohen - "The Future" tiré de "The Future" (1992, Sony)

Pour en finir avec 2007
Avant de définitivement tourner la page des 12 mois qui viennent de s’écouler, arrêtons-nous quelques instants sur la mauvaise nouvelle musicale qui est venue troubler nos traditionnelles ripailles de fin d’année.

Non, je ne parle pas de l’internement de Britney ; mais de la disparition de l’une des dernières légendes vivantes du jazz : Oscar Peterson à définitivement refermé son clavier ce 23 décembre dernier.

Considéré comme l’un des meilleurs virtuoses du piano – Lalo Schifrin, grand fan devant l’éternel, le situe à la rencontre de la lignée des grands pianistes romantiques comme Chopin ou Liszt et de la tradition jazz afro-américaine - mais Oscar Peterson était aussi un grand bonhomme qui s’engagea aux coté de Martin Luther King avant de créer chez lui au Canada une école de musique pour jeunes virtuoses défavorisés.

Une petite vidéo du maître datant des années 80 (déjà 60 ans à l’époque…) qui prouve que les BPM élevés ne sont pas réservés aux d’jeuns et aux dance floors tecktoniks (sans vouloir relancer le débat).

Ca va swinguer chez les anges….

The Oscar Peterson Trio - "Live in Berlin" (1985)