La Fable du Trou

Un court métrage intéressant produit par l'office national du film du Canada. Notez bien que l'histoire du trou ne se déroule pas en Belgique.

Land Of Talk
J'ai d'abord aimé la vidéo, sublime, poétique, réalisée par le duo de créateurs WeWereMonkeys. La vidéo étant HD je vous conseille d'ailleurs de visionner en plein écran ce petit bijou (icône à coté du sigle Viméo). Mais la musique n'est pas mal non plus...

Land of Talk - "It's Okay" tiré de "Some are Lakes" (2008, One Little Indian)

My House In Canada
Luke Wan - The Wish

Un excellent morceau de House, révélé au monde par sa présence sur le numéro 25 de la série électro à succès "Global Underground", mixé par son compatriote Deep Dish . "The Wish "est tout en progression: riff de guitare presque jazzy, voix posée et un beat assez minimaliste, marque de fabrique de la house "moderne".

Un jeune DJ/producteur canadien intéressant, qui publie désormais ses oeuvres sous son véritable nom, celui que lui a donné sa maman: Luke Fair.

On attend cependant l'album de confirmation.

Luke Wan - "The Wish (Original Mix)" (2004, Shinichi)

Le Brâme du Caribou
Caribou - The Milk of Human Kindness

Natif de Londres (Ontario), Caribou est le pseudonyme de Daniel Snaith, musicien et compositeur canadien. Ayant un clair penchant pour les mélodies obliques et les ambiances psychédéliques, l'album de Caribou est un objet envoûtant à découvrir. Un foutoir finalement assez bien maîtrisé et qui possède le charme unique des grands espaces sonores.

J'aime le single "Bees", plutôt psyché-pop avec une pointe d'électro. Une musique qui plaira sans doute à ceux qui, lorsqu'ils étaient en culottes courtes, préféraient leur chambre en bordel.

Caribou - "Bees" tiré de "The Milk of Human Kindness" (2009, The Leaf Label)

Elémentaire mon cher Watson
Patrick Watson - Close To Paradise

Sherlock Holmes n’aurait pas mis longtemps à découvrir que derrière ce nom se cache un quatuor très talentueux de musiciens créé à Montréal qui a pris le nom de son chanteur compositeur. Un pianiste classique qui cite volontiers Debussy ou Satie mais qui a aussi beaucoup écouté les grands groupes rock pop des 70’s (on pensera notamment à Pink Floyd parfois).

Sur ce 2° album sorti en 2006, le quatuor s’étoffe de quelques cordes et vocales. Formation idéale pour une œuvre pop folk teintée d’un psychédélisme seventies et d’un soupçon d’électro. Amon Tobin, dj brésilien et montréalais au son autant pointu qu’exigeant, mixe d’ailleurs certains des morceaux.

Elémentaire ce Watson ? Je dirais plutôt évident, évident par le talent quand on écoute ces mélodies et orchestrations. Si « Close to Paradise » témoigne d’un évangile musical tout en ferveur, pas sûr que les hosties soient juste sans levure…

Patrick Watson - "Close To Paradise" (2006, Secret City Records/V2 Records)

"Daydreamer"

"Giver"

"Mr. Tom"

Le Manifeste de l’Afrobeat
SoulJazz Orchestra - Manifesto

Depuis la mort en 1997 de Fela Anikulapo Kuti, ils sont nombreux à prétendre reprendre le flambeau de l’afrobeat, la famille Kuti en tête, on a d’abord le premiers fils, Femi Kuti, suivi de Seun Kuti, le dernier… Oui l’Afrique est une grande famille, surtout chez Fela.

Mais loin du Nigeria, berceau de l’afrobeat et de la lignée Kuti, on s’intéressera aux lointains cousins canadiens d’Ottawa. La filiation peut sembler géographiquement osée mais c’est oublier que Fela, lui même, s’est inspiré en son temps du jazz et de la soul. Le son est migrateur et les musiciens d’infatigables voyageurs.

On pourrait croire que sous de si nordiques latitudes, la chaleur du groove de la jungle nigérienne soit chose inconnue. Attendez d’écouter le Manifesto de SoulJazz Orchestra pour vous convaincre du contraire. On retrouve des rythmiques entêtantes et des riffs de cuivres dont l’excellence du son à la Fela pourraient inciter les plus procéduriers des juristes à demander un test génétique post mortem de paternité…

Un manifeste qui impose ces disciples d’Ottawa comme une terre féconde de l’afrobeat, avec sa petite touche de groove d’érable… Un petit sirop à prendre à la première sinistrose.

The Soul Jazz Orchestra - "Manifesto" (2008, Do Right Music)

"Parasite"

"Interested Benevolence"

Un Musicien Avery en Vaut Deux
 CR Avery
Schizophrène musical autant qu’homme orchestre CR Avery vaut le détour. Il est canadien et il souffle un drôle de blizzard sous son crâne. Cet homme là est un poète joueur d’harmonica, un human « beat box » slameur… De quoi s’égarer dans les steppes de cet univers musical, pourtant l’artiste ne perd pas le nord, tissant de ses différents talents une œuvre harmonieuse.

On est à la croisée des chemins du blues, de la folk et du hip-hop, carrefour improbable de la musique que nous fait découvrir CR Avery. On ne saurait trop se féliciter d’être ainsi désorienté par cette musique qui vous affole la boussole du groove comme elle vous réjouit les sens.

CR Avery - "Magic Hour Sailor Songs" (2008, Cornflakes Zoo/Bongo Beat Records)

"Hell of a Hotel of Harm"

"Down at the Cafe"

Futur Antérieur
Leonard Cohen The Future
Pour etre honnête je ne suis pas président du fan club de Leonard Cohen. Cela est du sans doute à une overdose de "Suzanne" pendant mon enfance, joué jusqu'à l'épuisement par une fille au pair Allemande en charge de mes culottes courtes et de mon approvisionnement en Nutella.
Il aura fallu l'écoute de l'album "The Future" paru en 1992, pour me faire définitivement changer d'avis. Tout comme Bob Dylan, Leonard électrifie ses compos sur le tard et le changement lui sied à ravir.
Toujours cette voix rauque, un piano électrique tout en rondeur, des choeurs gospéliens et puis un violoncelle qui joue à cache cache. Il n'en faudra pas plus pour me transformer en fanatique de ce morceau.

Ce titre sera popularisé par Oliver Stone qui l'utilisera pour le générique de fin de son "Natural Born Killers". Je joins un extrait des paroles, poésie élégante et provocatrice dont le propos est malheureusement plus que jamais à l'ordre du jour.

Give me back my broken night
my mirrored room, my secret life
it's lonely here,
there's no one left to torture
Give me absolute control
over every living soul
And lie beside me, baby,
that's an order!
Give me crack and anal sex
Take the only tree that's left
and stuff it up the hole
in your culture
Give me back the Berlin wall
give me Stalin and St Paul
I've seen the future, brother:
it is murder.

Leonard Cohen - "The Future" tiré de "The Future" (1992, Sony)

Yiddish Hip-Hop
so called

Une histoire comme je les aime. Au départ un jeune canadien d’origine juive Josh Doglin, élevé au son contemporain du hip-hop, loin des traditions musicales juives qu’il méconnaît, il devient même un dj réputé dans le milieu du rap. Puis un jour c’est la découverte par hasard, dans un bac de disques soldés de l’Armé du Salut, d’un vieux vinyle de musique juive, qui n’attire son regard qu’avec le seul design de la pochette…

Il achète et ce sera la révélation, la découverte de racines musicales insoupçonnées. Une vocation est née, ce sera le yddish hip-hop, un nom aussi : Socalled ! Désormais connu pour sa collection de plus de 3000 vinyles de musique juive, ce qui force le respect du chroniqueur que je suis, il a effectivement de quoi échantillonner quelques samples. Mais cela ne le coupe pas pour autant des musiciens, l’album a été enregistré dans une dizaine de studios avec de très nombreuses collaborations.

Socalled et ses comparses, le poste ou plutôt le ghettoblaster sur l’épaule, tracent la route traversant les terres des brass band klezmer (musique juive d’Europe centrale) aux cités du rap, écrivant une géographie musicale escarpée qui n’est cependant pas exempt de quelques oasis mélodiques, à écouter le superbe « Slaughter on 10th Avenue visdei » .

A l’images de la diaspora, on est dans l’univers du voyage. Un voyage sans but si ce n’est la route en elle même comme une ouverture sur l’autre et ses musiques. Un métissages des plus réussi qui devrait vous inviter à pousser le son de votre ghettoblaster !

Socalled - "Ghettoblaster" (2007, Label Bleu)

01- "Ghettoblaster Intro"
02 - "Let’s Get Wet"
03 - "You are Never Alone"
04 - "Slaughter on 10th Avenue visdei"
05 - "Ich Bin a Border by Mayn Vayb"
06 - "(Rock the) Belz"
07 - "Rece Cica"
08 - "Slaughter Interlude"
09 - "Heart Attack Feeling"
10 - "Baleboste"
11 - "Bikel Family Nign"
12 - "Let’s Get Wet (louder remix)"

Pour en finir avec 2007
Avant de définitivement tourner la page des 12 mois qui viennent de s’écouler, arrêtons-nous quelques instants sur la mauvaise nouvelle musicale qui est venue troubler nos traditionnelles ripailles de fin d’année.

Non, je ne parle pas de l’internement de Britney ; mais de la disparition de l’une des dernières légendes vivantes du jazz : Oscar Peterson à définitivement refermé son clavier ce 23 décembre dernier.

Considéré comme l’un des meilleurs virtuoses du piano – Lalo Schifrin, grand fan devant l’éternel, le situe à la rencontre de la lignée des grands pianistes romantiques comme Chopin ou Liszt et de la tradition jazz afro-américaine - mais Oscar Peterson était aussi un grand bonhomme qui s’engagea aux coté de Martin Luther King avant de créer chez lui au Canada une école de musique pour jeunes virtuoses défavorisés.

Une petite vidéo du maître datant des années 80 (déjà 60 ans à l’époque…) qui prouve que les BPM élevés ne sont pas réservés aux d’jeuns et aux dance floors tecktoniks (sans vouloir relancer le débat).

Ca va swinguer chez les anges….

The Oscar Peterson Trio - "Live in Berlin" (1985)

2 Platines and a cup of Tea Please
DJ Format
Le jeune B-Boy DJ Format est un producteur anglais avec déja 2 albums, de bonnes cuisses roses et pas mal de singles parus sous plusieurs compils. Il est à la manoeuvre avec les rappeurs canadiens Abdominal et D-Sisive. Un exemple des plus convaincants ici en étalage avec un groove trés funky et cuivré, et un flow imparable.

S'il est vrai que le rap UK a rarement supporté la comparaison avec celui des cousins yankees, DJ Format est une des rares et belles exceptions à la règle.

DJ Format - "Separated At Birth" (feat. Abdominal & D-Sisive)

Mangez des Pommes
Finalement le plus difficile avec les USA c'est de pouvoir y entrer.
Prise d'empreintes digitales obligatoire, photo volée à l'arrivée par la webcam d'un bon officier moustachu de la "Homeland Security". On se sent presque coupable de quelque chose.

Je ne vais pas me plaindre, une semaine de quasi-vacances à New-York: qui ne songerait pas à sauter dans l'avion ? (à part les hotesses et les stewarts d'Air France).
Car à New-York sont en or les pare-chocs, comme le disait Claude "Nougayork".

Avant de poursuivre, je tiens à préciser que je ne vais pas vous gonfler avec mes visites de musée, les restaurants-super-cools et l'inspection minutieuse de l'Apple Store sur la cinquième avenue (par ordre croissant d'intérêt).

NY Apple Store

Comme avec les filles, il convient tout d'abord d'introduire avec les généralités d'usage.
Disons donc que cette ville assomme presque les premiers jours par l'overdose de sensations que l'on y ressent: jusqu'a l'écoeurement pour certains, énergisant pour les autres. Un chaos extrêmement bien organisé.

A chaque visite ses pèlerinages, le mien se situe a "Rock and Soul", disquaire de quartier avec ambiance: des centaines de vinyls et de cd hip-hop-soul-funk-70's. En plus, les clients sont tous noirs ou latinos: ça rajoute à la crédibilité.
Forcément toute cette ferveur musicale, ça démange la carte, il est donc préférable de ne pas rester trop longtemps afin de limiter les dégats financiers.
Cependant la décence ordonne de repartir avec quelques reliques locales, afin de faire marcher le petit commerce. Parmi ces dernières, les deux plus belles sont tout d'abord ce titre de Lyrics Born, trés funky et au flow impacable:

Lyrics Born - "Do That There" tiré de "Later That Day"

Et puis cette perle groove des Canadiens "Breakestra" à la funk léchée, quasiment au pinacle.

Breakestra - "Remember"

Mais le sommet du voyage sera un après-midi ensoleillé à Central Park, à adorer un inespéré été indien: c'est en t-shirt que nous buvons le soleil d'octobre. Je m'attends d'une seconde à l'autre à un concert du Jefferson Airplane. D'ailleurs les autochtones se sont laissé quelque peu aller...

New-York sleep

Alors que nous sommes sur le chemin du retour, des hurlements de dancefloor déchirent soudain l'effet de serre. Je suis en alerte: Juanito serait-il également à New-York ? En tout cas derrière les cris persistants pointe une sono au groove prometteur.
Tel Mike Hammer après son troisième whisky matinal, je décide de mener l'enquête.

Pour se donner une idée, il faudrait vous imaginer une large allée du bois de Boulogne avec en son centre un DJ, 4 enceintes au pourtour et au milieu une cinquantaine de personnes, avec un amplitude d'âge propre à fasciner un statisticien de l'INSEE, en train de danser... en patin à roulettes.
Virevolter serait d'ailleurs une meilleure définition.
Le tout entouré par 3 fois plus de spectateurs, se gigotant sous l'effet d'un sublime set de disco-house, ou house-disco, suivant vos préférences.
Ladies and Gentlemen, puis-je vous présenter la "Central Park Dance Skaters Association".

Ce que j'aime avec les ricains, c'est qu'ils font toujours tout à fond, que ce soit envahir des pays riches en pétrole ou s'amuser comme des gamins. En tout cas c'est sûr, la prochaine fois j'emmène des patins.

Pour finir, quelque chose de complètement différent.

Chacun ses faiblesses, l'une des miennes est ce morceau de Simon & Garfunkel, des petits gars du Queens.
A écouter avant de repartir.

Simon & Garfunkel - "The Only Living Boy in New-York"