Vibrations Haïtiennes
Melissa Laveaux - Camphor and copper

Quand la terre n’y gronde pas on peut entendre vibrer le cœur musical de ce pays. Un confettis territorial, mais une partition ample qui déborde sa géographie. Des ondes qui sont parfois venues jusqu’aux oreilles d’Ultramagnétique, le chanteur Beethovas Obas ou encore Wycleef Jean, originaires de ce pays.

Elle était dans mes coups de cœur, en attente que mes mots fussent dignes de se poser sur sa musique. Mais désormais, plus que jamais elle fait battre mon cœur. Née au Canada de parents haïtiens ayant fui la dictature, Mélissa Laveaux a sorti en 2008 son premier album. Une œuvre métissée, aux langues anglaises, françaises et créoles, entre compositions originales et reprises (Elliott Smith, Eartha Kitt).

Elle a appelé son album « Camphor & Copper », le camphre et le cuivre, deux éléments aux vertus bénéfiques ou maléfiques selon le dosage… On peut lire dans le livret de son album :
« L’ambiguité entre les bienfaits et les dangers de ces deux éléments est leur point commun. Comme l’amour »
Comme les vibrations…
Entre tremblement tellurique et trémolo d’une corde vocale.
Comme les vibrations…

« Haïti chérie, un jour tu te reprendras
Et tes enfants, ceux morts, ceux vivants,
cesseront de t’arracher le cœur de la terre »
(Haïti Interlude - Mélissa Laveaux)

Mélissa Laveaux « Camphor & Copper » (2008, No Format !)

"My Boat"

"Scissors"

"Interlude Haïti"

Le Beethoven Haïtien
Beethova Obas

Ce Beethov là ne fait pas dans la symphonie teutonne mais plutôt dans la mélodie créole. Une nonchalance musicale et ensoleillée assumée par l’artiste haïtien Beethova Obas dans son album « Pa Prese » (prends ton temps), sorti en 1996 .

Une légèreté qui contraste avec l’histoire mouvementée et sanglante de cette île longtemps sous la coupe des Duvalier dictateurs de père en fils, les fameux « Papa Doc » et « Bébé Doc ». Des « .doc » produits d’un logiciel de traitement de pensée aux redoutables fonctions « couper » et « suppr » qu’appliquaient méthodiquement les funestes tontons macoutes, milices chargées des basses oeuvres…

On comprend d’autant mieux l’esprit de ce « pa prese » sorti après cette sombre période, une volonté de jouir de la vie et de prendre le temps d’apprécier et de faire les choses. Dans la même veine une reprise du couleur café de Gainsbourg.

Si sous le ciel haïtien le soleil ne brille toujours pas pour tous, Beethovas Obas lui rayonne d’une musique tout en carpe diem créole.

Beethova Obas - "Pa Prese" (1996, Déclic/BMG)

"Pa Prese"

"Couleur Café"

"Lavi Yon Flè"