Les Soldats du Roots
The Gladiators - Proverbial Reggae 

Cet album est sans aucun doute au reggae ce que "Les lacs du Connemara" est à la discographie de Michel Sardou: un de ces sommets majestueux qui jalonnent la grande chaîne musicale.

Trio dirigé par le songwriter Albert Griffiths, The Gladiators signe son deuxième opus et deuxième coup de maître avec ce bien nommé "Proverbial Reggae". Paru sur le label Virgin en 1976, à un moment ou le succès international de Saint Bob Marley à ouvert bien des portes aux groupes jamaïcains, cet album restera un diamant éternel dans la grande histoire du reggae.

A la fois puissant (présence du monstre Sly Dunbar à la batterie) et mélodique, soulignant les superbes harmonies vocales qui auraient pu naître sur les bords de la Mersey, cet album est tout simplement indispensable à tous les amateurs de Reggae roots.

En prime un version inédite et introuvable du classique "Dreadlocks The TIme is Now", digitalisée depuis une vieille cassette de mon ami Sylvano. Vous nous pardonnerez donc le son quelque peu "dégradé analogique"...

The Gladiators - "Proverbial Reggae" (1976, Virgin)

"Dreadlocks the Time is Now"

"Stick a Bush"

"We'll Find The Blessing"

"Dreadlocks The Time Is Now (Alternate Vano Version)"

Ernest and Friends
Ernest Ranglin - Below The Bassline

Cette chronique aurait pu également appartenir a la catégorie reggae vu la longueur du CV du guitariste jamaïcain Ernest Ranglin dans ce domaine.

Guitariste virtuose, il fut un des pionniers du Ska, époquedorée ou il fit ses gammes avec le pianiste Monty Alexander. Pendant les années 60 le petit Ernest devint l'un des piliers de l'équipe de musiciens jouant pour le label Studio One, et collabora également avec Lee Scratch Perry ou encore Prince Buster. Pour la petite histoire, Ranglin composa également la plupart des "morceaux locaux" de la bande originale du premier James Bond, Dr No, bien que seuls les interprètes furent crédités (Byron Lee & The Dragonnaires).

Monument de la musique jamaïcaine Ernest Ranglin était cependant, et avant tout, un amoureux du Jazz. Il développera son art à Londres et enregistra de nombreux albums du genre tout au long de sa carrière.

"Below The Bassline" voit ici les influences de son île natale revenir au galop. Avec le batteur Idris Muhammad et surtout l'excellent bassiste Ira Coleman, cet album voit la fusion de deux genres majeurs de la musique se faire dans une douceur toute tropicale.

Ernest Ranglin - "Below The Bassline" (1996, Island)

"Bourbon Street Skank" (1996, Island)

"Surfin'"

Goodbye 2009
Keith Moon Party

Et bonjour 2010 !

Nous vous souhaitons à tous une excellente nouvelle année. Merci à tous ceux qui ont participé à ce blog cette année et l'ont rendu plus vivant: maria, TOFM, spellchecker, Divine Orchestra, Biohazard Boy, miss Velvet, DJ Kalice, Drago, Flecca, Groovy Lady, El Freeman, Ahmad Kawas, Fringe Player, Harold, Ramatussi... et tous les autres !

Bonne fiesta et a très bientôt !!!

Juanito & LRC

Michigan and Smiley - "Rub a Dub Style" (1968, Studio One)

Moise ou la Rédemption Jamaïcaine
Children Of Jah

En son temps Marcus Garvey, mythique syndicaliste américain et précurseur du panafricanisme, enjoignait l'homme noir à regarder vers l'Ethiopie. Le négus Ailé Sélassié y régnait en roi s'opposant au diktat de l'homme blanc. L'ancêtre de Berlusconi pour être plus précis, en un temps où l’Ethiopie était sous la botte italienne...

L'homme noir attend toujours son Moïse, son lion conquérant des versets bibliques, qu'aiment à rappeler les chanteurs aux yeux rougis d'un rastafarisme enfumé. Lui faudra t-il regarder vers le soleil crépusculaire de l’astre jamaicain? Peut-être…

On ira pourtant pas qualifier les Shantells d’enfants de choeurs, après un seul album le groupe se sépare en 1979 suite à l’arrestation de plusieurs de ses membres pour trafic de drogue. Le leader, ou dealer, du groupe se fera descendre par la police lors d’un cambriolage… On a connu meilleur dossier pour la canonisation.

Reste Lopez Walker et son “Send an Other Moise”, relecture embrumée des évangiles. Oui, le Nazaréen portait des dreads!

Lopez Walker « Children of Jah : the Shantells & Friends 77-79 » (1999, Blood and Fire)

"Send Another Moses"

UM Podcast #22: Juanito - Babylon By Dub
Ultramagnetique Podcast - Juanito - Babylon by Dub

Amis de la glisse, bonsoir !

C'est à une invitation à planer en toute légalité pendant plus d'une heure que je vous convie, avec le deuxième podcast de mon estimé confrère et ami, le druide sonique MC Juanito.

Du classique (LKJ, Burning Spear), de l'ancien (les toujours excellents Dub Specialists de chez Studio One) mais aussi de l'inattendu avec le réjouissant mashup de l'inépuisable Shantel. Un véritable éventail de la richesse du son Dub, dont le maitre restera sans doute un vieux sorcier nommé Lee Perry.

Une faiblesse personnelle bien pardonnable pour le fantastique "Abyssinean Dub", des malheureusement inconnus Blue Asia, qui vous transportera dans un monde meilleur.

Juanito - "Babylon By Dub"
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Tracklisting:

01 – Alania – Jah Jah is Comming (DS Special Edit)
02 – Aswad – Mosman Skank
03 – Prince Far I & The Arabs – Long Life
04 – Dub Specialists – Running Dub
05 – Linton Kwesi Johnson – Reality Dub
06 – Burning Spear – All Over
07 – Djigui – Ladilikan (vocal & dub mix)
08 – Femi Kuti – Eregele (Seven Dub mix)
09 – Loop Guru – Aphrodite’s Shoe
10 – Beats International – The Invasion of the Estate Agents
11 – Rona Hartner & Dj Click vs Shantel – Inele Inel de Aur (Bucovina dub)
12 - Dub Specialists – Live in Harmony
13 – U Roy & François Kervorkian – Rootsman
14 – Rockers Hi-Fi – Transmission Central
15 – Echo Pilot – Madcircus Dub
16 - Blue Asia – Abyssinean Dub
17 - Manusound – I Have a Dream
18 – Molécule - Daims

Shaft in Kingston
Cedric Brooks

Un des piliers du label Studio One, Cedric "Im" Brooks posera son sax sur un nombre innombrable de titres de ska au cours des années soixante et soixante-dix. Ici en écoute, une reprise du célèbre théme de Shaft d'Isaac Hayes avec cette inimitable touche Jamaicaine qui ravira sans doute à la fois les afficionados de funk et de culture hydroponique.

Cedric "Im" Brooks - "Shaft" tiré de "Studio One Funk" (2004, Soul Jazz)

Dancehall Mixte
Lady G

Un véritable classique du Dancehall, ce "Legal Rights" voit s'affronter dans un duel musical le grand Deejay Jamaicain Papa San et sa féline collègue Lady G.

Comme lors de la plupart des affrontements masculins/féminins, c'est madame qui clôt l'argument, grâce à sa voix puissante et chaloupée. Et puis cela nous change des toasters machos avec pendentif et gourmette en or...

Papa San and Lady G - "Legal Rights" (1989, Westbury)

L'Or Du Derrick
Derrick Morgan - Moon Hop

Paru en 69, "Moon Hop" est l'un des plus grands succès de ce géant du ska. Un artiste qui reste encore le seul à avoir placé 7 titres simultanément en tête des charts Jamaicaines.
Ce morceau sera d'ailleurs très populaire aussi en Angleterre, ou il fut un hymne habituel des premiers clubs skinheads.

Une rythmique de fer et une voix funk digne des Maytals font de ce titre, presque quarante ans plus tard, un cri toujours aussi irrésistible.

Derrick Morgan - "Moon Hop" (1969, Trojan)

Hot Reggae
Byron Lee

Un reggae qui se distingue de la masse avec sa flûte traversière légèrement décalée et son groove impeccable. Il faut dire que les Dragonnaires ont été les musiciens qui ont joué derrière nombre de grands artistes jamaïcains comme Ken Boothe ou les Maytals. Tel notre intrépide secrétaire d'état Yves Jégo, le groupe sillonnera les caraïbes pendant de longues années, mais devra s'arrêter de par une hausse subite des prix de l'essence.

Le leader du groupe, Byron Lee (qui apparaît dans le James Bond contre Dr No pour la petite histoire) terminera sa carrière non comme revendeur de coke mais comme producteur de soca, qui est pour ceux qui ne connaissent pas une musique pour se muscler les fesses. D'où cette superbe pochette, qui certes ne provient pas de l'album dont est tiré le morceau ici présenté mais qui a l'avantage de détendre la tension artérielle.

Byron s'est éteint paisiblement l'année dernière par une belle aube de novembre, dans sa grande maison de Kingston surplombant la mer, entouré de ses petits-enfants et de Jean-Luc Delarue.

Byron Lee & The Dragonaires - "Hot Reggae" tiré de "200% Dynamite" (2001, Soul Jazz Records)

Neuf
Nine Livez

Tout d'abord je tiens à préciser aux lecteurs les plus sensibles qu'il ne s'agit pas de la photo du directeur général de la BNP ou du Crédit Lyonnais alors qu'ils venaient de renoncer à leur bonus annuel de 2 millions d'euros. Vous pouvez donc continuer sans crainte à emprunter aux banques des liquidités qu'elles vous prêteront à un taux bien supérieur que celui qu'elles ont obtenu avec l'argent de vos impôts.
Il s'agit en fait de la pochette du premier album de Nine, une photo de l'artiste prise après qu'il ait été réveillé à 8 heures du matin par son conseiller de la Caisse d'épargne.

Nine est un rappeur de NYC qui n'a sorti que peu d'albums (trois en quinze ans d'activité) mais qui a acquit une notoriété certaine avec son premier single "Whutcha Want". Le garçon possède une voix extraordinairement rauque, sans doutes dues à ses origines Jamaicaines: peut-être un lointain cousin de Shaggy ?

En tout cas ce style sied parfaitement à ce titre bien caractéristique de la cote est, minimaliste et puissant, bien loin du "fun" souvent injecté dans le rap de l'école californienne.

Nine - "Whutcha Want ?" tiré de "Nine Livez" (1995, Profile Records)

Vanessa Do Brazil
Vanessa Da Mata - Sim

Rien à voir avec notre Vanessa Paradis. Mais cette petite brésilienne pourrait bien vous donner un goût de paradis si vous croquiez son fruit musical. Vanessa Da Mata est une des chanteuses en vogue de la scène brésilienne, on lui doit une collaboration avec Black Uhuru, et un dernier album sorti en 2007.

Elle y chante en duo avec Ben Harper le magnifique « Boa Sorte ». Mais les bonnes fréquentations de Vanessa ne s’arrêtent pas là, on y croise aussi Joao Donato ou encore Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, la meilleure paire rythmique jamaïcaine qui puisse être. Avec de tels parrainages les portes du succès international se sont ouvertes, l’album sortant en France en 2008.

Spéciale dédicace à Tonio des Batignoles qui m’a fait découvrir ce petit fruit brésilien dans lequel j’ai planté mes crocs. Ce fruit là n’est pas défendu, on le recommande, il ne vous chassera pas du paradis, tout juste chassera-t-il vos idées noires…

Vanessa Da Mata - "Sim" (2007, Sony/Discograph)

"Boa Sorte (Good Luck)"

"Baú"

Mad Lads
Studio One Groups

Un titre tout en harmonies vocales et d'une simplicité rare. Le groupe, à ne pas confondre avec le combo Soul du même nom, n'enregistra que 3 titres avec l'écurie Studio One mais ce "You will never know" mérite bien le détour.

The Mad Lads "You Will Never Know" (1969, Studio One/Soul Jazz Records)