King des Tubes
king tubby - the man and his music

Osbourne Ruddock, alias King Tubby, fut un des principaux producteurs jamaïcains de reggae et un des créateur du dub. Au départ ingénieur du son, il a pu mettre sa maîtrise de la technique au service de sa créativité. D’abord technique, n’hésitant pas à bricoler le matériel qu’il achetait, créant quelques innovations permettant une nouvelle approche du son (réverbération, écho…). Il concevra d’ailleurs tous les circuits du Black Art Studio de Lee Scratch Perry autre grand musicien et producteur jamaîcain…

Une créativité artistique aussi, quand on connaît toutes ses productions personnelles et le gotha de musiciens passés par son studio. On venait s’y défoncer à coup de basse, planer sous les effets soniques de ce dealer de bonnes vibes.

Il a fait partie de ces quelques noms, Lee Scratch Perry, Coxonne Dod… qui ont fait le son du reggae. Mais pas seulement, en même temps qu’ils conjugaient l’alphabet musical jamaïcain au futur, ils étaient, sans le savoir, pionniers de toutes les musiques électro. Une filiation assumée par la mouvance électro qui se délecte des sons dub.

Un parcours musical retracé sur cette compilation « The Man And His Music » égrainant quelques productions de King Tubby des années 70.

King Tubby « The Man And His Music » (2010, Consart SA – Vibrations)

Bongo Herman and Bingy Bunny "Hark Of The Covenant"

Welton Irie "Give Jah The Glory"

Glen Brown and King Tubby "The Collie Man"

Duel #7 - Randy's All Stars vs Big Horns B
Randy's All Stars vs Big Horns B

Une des plus connues BO de série, un modèle du genre, Lalo Schifrin à la baguette… Tout est donc là pour que l’on assiste à un match de grands, on boxe chez les poids lourds même si les candidats sont moins connus que l’illustre compositeur de Mission Impossible. Leurs versions ont le mérite de changer des reprises big-band assez classiques

A ma droite, pesant lourd de dreads, il fallait bien tout un collectif de musiciens jamaïcains du Randy’s Studio à Kingston pour relever cette mission impossible.

A ma gauche, Big Horns B, challenger peu connu et découvert sur une compilation du label Mr Bongo, une référence à vous faire monter sur le ring pour un remix jazz & groove.

Entre le jeu de jambe jamaïcain et l’upercut londonien, à vous de choisir…

Randy’s All Stars « Mission Impossible » tiré de « Randy’s 17 North Parade » (1997, Pressure Sounds)

Big Horns B « Mission Impossible » tiré de « A Night At The Jazz Rooms » (2007, Mr Bongo Records)

La Skaravan Passe
Skaravan

Neveu du guitariste légendaire de reggae Ernest Ranglin, le contrebassiste anglais Gary Crosby est un habitué du circuit des clubs de Jazz Londoniens.

D'où son idée de combiner son amour de la musique préférée des improvisateurs avec ses racines jamaïcaines. C'est sur ce concept qu'est né "Jazz Jamaica", orchestre n'hésitant pas à piocher parmi l'immense vivier des jeunes talents des scènes reggae et jazz pour produire une musique de fusion que ne renierait sûrement pas l'oncle Ernest, lui aussi un amoureux des envolées jazzy.

Skaravan est le premier album des "Jazz Jamaica"; Un album festif et groovy à l'image de ce "Don Cosmic", morceau fiévreux en hommage au grand tromboniste et fondateur des Skatalites, Don Drummond.

Jazz Jamaica - "Skaravan" (1993, Hannibal)

"Don Cosmic"

"Barbados"

Harmonies On Da Beach

Quasiment inconnus en dehors de leur Jamaïque natale, le trio reggae "The Overtakers" n'est pourtant pas issu de la dernière pluie. Né en 1950, Ruben Brooks le compositeur du groupe a passé sa jeunesse à Kingston avec tous les grands de l'époque: Bob, Jimmy Cliff, Lee Perry, Gérard Lenorman. On ne pourrait rêver de meilleure éducation musicale.

Merci d'ailleurs à Haroldo pour m'avoir indiqué cette perle, filmée non pas au club Mickey de la Baule-les-Pins mais sur une plage de Kingston, avec les moyens du bord (le caméraman avait les yeux rouges). Et puis, quelle musique !

Inspirée par le son roots, la musique des Overtakers est authentique, loin des ragga boys homophobes qui sévissent dans les charts locaux, et mériterait un succès en dehors de leurs bases. J'aime particulièrement les harmonies vocales de Ruth Brooks, la femme de Ruben, qui me rappelle celles des Gladiators.

Lorsque le Ruben est en Ruth leur chant s'envole.

The Overtakers - Pampanella beat that soundbwoy

Les Soldats du Roots
The Gladiators - Proverbial Reggae 

Cet album est sans aucun doute au reggae ce que "Les lacs du Connemara" est à la discographie de Michel Sardou: un de ces sommets majestueux qui jalonnent la grande chaîne musicale.

Trio dirigé par le songwriter Albert Griffiths, The Gladiators signe son deuxième opus et deuxième coup de maître avec ce bien nommé "Proverbial Reggae". Paru sur le label Virgin en 1976, à un moment ou le succès international de Saint Bob Marley à ouvert bien des portes aux groupes jamaïcains, cet album restera un diamant éternel dans la grande histoire du reggae.

A la fois puissant (présence du monstre Sly Dunbar à la batterie) et mélodique, soulignant les superbes harmonies vocales qui auraient pu naître sur les bords de la Mersey, cet album est tout simplement indispensable à tous les amateurs de Reggae roots.

En prime un version inédite et introuvable du classique "Dreadlocks The TIme is Now", digitalisée depuis une vieille cassette de mon ami Sylvano. Vous nous pardonnerez donc le son quelque peu "dégradé analogique"...

The Gladiators - "Proverbial Reggae" (1976, Virgin)

"Dreadlocks the Time is Now"

"Stick a Bush"

"We'll Find The Blessing"

"Dreadlocks The Time Is Now (Alternate Vano Version)"

Ernest and Friends
Ernest Ranglin - Below The Bassline

Cette chronique aurait pu également appartenir a la catégorie reggae vu la longueur du CV du guitariste jamaïcain Ernest Ranglin dans ce domaine.

Guitariste virtuose, il fut un des pionniers du Ska, époquedorée ou il fit ses gammes avec le pianiste Monty Alexander. Pendant les années 60 le petit Ernest devint l'un des piliers de l'équipe de musiciens jouant pour le label Studio One, et collabora également avec Lee Scratch Perry ou encore Prince Buster. Pour la petite histoire, Ranglin composa également la plupart des "morceaux locaux" de la bande originale du premier James Bond, Dr No, bien que seuls les interprètes furent crédités (Byron Lee & The Dragonnaires).

Monument de la musique jamaïcaine Ernest Ranglin était cependant, et avant tout, un amoureux du Jazz. Il développera son art à Londres et enregistra de nombreux albums du genre tout au long de sa carrière.

"Below The Bassline" voit ici les influences de son île natale revenir au galop. Avec le batteur Idris Muhammad et surtout l'excellent bassiste Ira Coleman, cet album voit la fusion de deux genres majeurs de la musique se faire dans une douceur toute tropicale.

Ernest Ranglin - "Below The Bassline" (1996, Island)

"Bourbon Street Skank" (1996, Island)

"Surfin'"

Goodbye 2009
Keith Moon Party

Et bonjour 2010 !

Nous vous souhaitons à tous une excellente nouvelle année. Merci à tous ceux qui ont participé à ce blog cette année et l'ont rendu plus vivant: maria, TOFM, spellchecker, Divine Orchestra, Biohazard Boy, miss Velvet, DJ Kalice, Drago, Flecca, Groovy Lady, El Freeman, Ahmad Kawas, Fringe Player, Harold, Ramatussi... et tous les autres !

Bonne fiesta et a très bientôt !!!

Juanito & LRC

Michigan and Smiley - "Rub a Dub Style" (1968, Studio One)

Moise ou la Rédemption Jamaïcaine
Children Of Jah

En son temps Marcus Garvey, mythique syndicaliste américain et précurseur du panafricanisme, enjoignait l'homme noir à regarder vers l'Ethiopie. Le négus Ailé Sélassié y régnait en roi s'opposant au diktat de l'homme blanc. L'ancêtre de Berlusconi pour être plus précis, en un temps où l’Ethiopie était sous la botte italienne...

L'homme noir attend toujours son Moïse, son lion conquérant des versets bibliques, qu'aiment à rappeler les chanteurs aux yeux rougis d'un rastafarisme enfumé. Lui faudra t-il regarder vers le soleil crépusculaire de l’astre jamaicain? Peut-être…

On ira pourtant pas qualifier les Shantells d’enfants de choeurs, après un seul album le groupe se sépare en 1979 suite à l’arrestation de plusieurs de ses membres pour trafic de drogue. Le leader, ou dealer, du groupe se fera descendre par la police lors d’un cambriolage… On a connu meilleur dossier pour la canonisation.

Reste Lopez Walker et son “Send an Other Moise”, relecture embrumée des évangiles. Oui, le Nazaréen portait des dreads!

Lopez Walker « Children of Jah : the Shantells & Friends 77-79 » (1999, Blood and Fire)

"Send Another Moses"

UM Podcast #22: Juanito - Babylon By Dub
Ultramagnetique Podcast - Juanito - Babylon by Dub

Amis de la glisse, bonsoir !

C'est à une invitation à planer en toute légalité pendant plus d'une heure que je vous convie, avec le deuxième podcast de mon estimé confrère et ami, le druide sonique MC Juanito.

Du classique (LKJ, Burning Spear), de l'ancien (les toujours excellents Dub Specialists de chez Studio One) mais aussi de l'inattendu avec le réjouissant mashup de l'inépuisable Shantel. Un véritable éventail de la richesse du son Dub, dont le maitre restera sans doute un vieux sorcier nommé Lee Perry.

Une faiblesse personnelle bien pardonnable pour le fantastique "Abyssinean Dub", des malheureusement inconnus Blue Asia, qui vous transportera dans un monde meilleur.

Juanito - "Babylon By Dub"
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Tracklisting:

01 – Alania – Jah Jah is Comming (DS Special Edit)
02 – Aswad – Mosman Skank
03 – Prince Far I & The Arabs – Long Life
04 – Dub Specialists – Running Dub
05 – Linton Kwesi Johnson – Reality Dub
06 – Burning Spear – All Over
07 – Djigui – Ladilikan (vocal & dub mix)
08 – Femi Kuti – Eregele (Seven Dub mix)
09 – Loop Guru – Aphrodite’s Shoe
10 – Beats International – The Invasion of the Estate Agents
11 – Rona Hartner & Dj Click vs Shantel – Inele Inel de Aur (Bucovina dub)
12 - Dub Specialists – Live in Harmony
13 – U Roy & François Kervorkian – Rootsman
14 – Rockers Hi-Fi – Transmission Central
15 – Echo Pilot – Madcircus Dub
16 - Blue Asia – Abyssinean Dub
17 - Manusound – I Have a Dream
18 – Molécule - Daims

Shaft in Kingston
Cedric Brooks

Un des piliers du label Studio One, Cedric "Im" Brooks posera son sax sur un nombre innombrable de titres de ska au cours des années soixante et soixante-dix. Ici en écoute, une reprise du célèbre théme de Shaft d'Isaac Hayes avec cette inimitable touche Jamaicaine qui ravira sans doute à la fois les afficionados de funk et de culture hydroponique.

Cedric "Im" Brooks - "Shaft" tiré de "Studio One Funk" (2004, Soul Jazz)

Dancehall Mixte
Lady G

Un véritable classique du Dancehall, ce "Legal Rights" voit s'affronter dans un duel musical le grand Deejay Jamaicain Papa San et sa féline collègue Lady G.

Comme lors de la plupart des affrontements masculins/féminins, c'est madame qui clôt l'argument, grâce à sa voix puissante et chaloupée. Et puis cela nous change des toasters machos avec pendentif et gourmette en or...

Papa San and Lady G - "Legal Rights" (1989, Westbury)

L'Or Du Derrick
Derrick Morgan - Moon Hop

Paru en 69, "Moon Hop" est l'un des plus grands succès de ce géant du ska. Un artiste qui reste encore le seul à avoir placé 7 titres simultanément en tête des charts Jamaicaines.
Ce morceau sera d'ailleurs très populaire aussi en Angleterre, ou il fut un hymne habituel des premiers clubs skinheads.

Une rythmique de fer et une voix funk digne des Maytals font de ce titre, presque quarante ans plus tard, un cri toujours aussi irrésistible.

Derrick Morgan - "Moon Hop" (1969, Trojan)