Hot Reggae
Byron Lee

Un reggae qui se distingue de la masse avec sa flûte traversière légèrement décalée et son groove impeccable. Il faut dire que les Dragonnaires ont été les musiciens qui ont joué derrière nombre de grands artistes jamaïcains comme Ken Boothe ou les Maytals. Tel notre intrépide secrétaire d'état Yves Jégo, le groupe sillonnera les caraïbes pendant de longues années, mais devra s'arrêter de par une hausse subite des prix de l'essence.

Le leader du groupe, Byron Lee (qui apparaît dans le James Bond contre Dr No pour la petite histoire) terminera sa carrière non comme revendeur de coke mais comme producteur de soca, qui est pour ceux qui ne connaissent pas une musique pour se muscler les fesses. D'où cette superbe pochette, qui certes ne provient pas de l'album dont est tiré le morceau ici présenté mais qui a l'avantage de détendre la tension artérielle.

Byron s'est éteint paisiblement l'année dernière par une belle aube de novembre, dans sa grande maison de Kingston surplombant la mer, entouré de ses petits-enfants et de Jean-Luc Delarue.

Byron Lee & The Dragonaires - "Hot Reggae" tiré de "200% Dynamite" (2001, Soul Jazz Records)

Neuf
Nine Livez

Tout d'abord je tiens à préciser aux lecteurs les plus sensibles qu'il ne s'agit pas de la photo du directeur général de la BNP ou du Crédit Lyonnais alors qu'ils venaient de renoncer à leur bonus annuel de 2 millions d'euros. Vous pouvez donc continuer sans crainte à emprunter aux banques des liquidités qu'elles vous prêteront à un taux bien supérieur que celui qu'elles ont obtenu avec l'argent de vos impôts.
Il s'agit en fait de la pochette du premier album de Nine, une photo de l'artiste prise après qu'il ait été réveillé à 8 heures du matin par son conseiller de la Caisse d'épargne.

Nine est un rappeur de NYC qui n'a sorti que peu d'albums (trois en quinze ans d'activité) mais qui a acquit une notoriété certaine avec son premier single "Whutcha Want". Le garçon possède une voix extraordinairement rauque, sans doutes dues à ses origines Jamaicaines: peut-être un lointain cousin de Shaggy ?

En tout cas ce style sied parfaitement à ce titre bien caractéristique de la cote est, minimaliste et puissant, bien loin du "fun" souvent injecté dans le rap de l'école californienne.

Nine - "Whutcha Want ?" tiré de "Nine Livez" (1995, Profile Records)

Vanessa Do Brazil
Vanessa Da Mata - Sim

Rien à voir avec notre Vanessa Paradis. Mais cette petite brésilienne pourrait bien vous donner un goût de paradis si vous croquiez son fruit musical. Vanessa Da Mata est une des chanteuses en vogue de la scène brésilienne, on lui doit une collaboration avec Black Uhuru, et un dernier album sorti en 2007.

Elle y chante en duo avec Ben Harper le magnifique « Boa Sorte ». Mais les bonnes fréquentations de Vanessa ne s’arrêtent pas là, on y croise aussi Joao Donato ou encore Sly Dunbar et Robbie Shakespeare, la meilleure paire rythmique jamaïcaine qui puisse être. Avec de tels parrainages les portes du succès international se sont ouvertes, l’album sortant en France en 2008.

Spéciale dédicace à Tonio des Batignoles qui m’a fait découvrir ce petit fruit brésilien dans lequel j’ai planté mes crocs. Ce fruit là n’est pas défendu, on le recommande, il ne vous chassera pas du paradis, tout juste chassera-t-il vos idées noires…

Vanessa Da Mata - "Sim" (2007, Sony/Discograph)

"Boa Sorte (Good Luck)"

"Baú"

Mad Lads
Studio One Groups

Un titre tout en harmonies vocales et d'une simplicité rare. Le groupe, à ne pas confondre avec le combo Soul du même nom, n'enregistra que 3 titres avec l'écurie Studio One mais ce "You will never know" mérite bien le détour.

The Mad Lads "You Will Never Know" (1969, Studio One/Soul Jazz Records)

Uniques
The Uniques

Un groupe qui ne réalisa finalement qu'un seul album mais qui eut une influence certaine sur les autres. Les justement nommés Uniques, surtout renommés pour leur tube "Watch this Sound", reprise de Stephen Stills (ex-mari de Véronique "Rien que de l'eau" Samson).

J'aime plus particulièrement ce morceau, au tempo soutenu et aux forts accents dub. Deux contraires qui cohabitent ici harmonieusement.

The Uniques - "Queen Majesty" (1969, Trojan)

Easy Ska
Ska Dancers

Un vieux Ska des familles, de la famille Studio One pour être plus précis. L'un de ces rares morceau de Ska ou le rythme soutenu est contrebalancé par une mélodie plutôt triste, d'une beauté trés pop.

Andy and Joey - "You're Wondering Now" (1964, Studio One)

Bangarang
Bangarang
Un classique Jamaicain, maintes fois reprit, jamais égalé. Bangarang possède ce gimmick hypnotique qui réconciliera les fans de Reggae, de Ska et de Jazz tout en restant parfaitement compatible avec le dancefloor.
En argot Jamaïcain Bangarang veut dire "chaos", "bordel".
Une hymne à donc recommander comme générique du prochain congrès du PS.

Stranger Cole & Lester Sterling - "Bangarang" tiré de "Stranger Cole - The Best of 1962-1972" (2004, Trojan)

Dulcemania
Trojan Tighten up
Peu de temps pour travailler sur mon texte aujourd'hui, j'essaierai de me rattraper avec cet excellent morceau de ska vintage, tiré des inévitables coffrets Trojan. Bon WE a tous.

Drumbago & The Dynamites - "Dulcemania" tiré de "Tighten Up vol.1" (2002, Trojan)

Ne Surtout pas Faire de la Moto aprés avoir Fumé
Big Youth - Ride Like Lightning: Best Of 1972-1976
De la grande vague de Djs Jamaicains des années 70, Big Youth est l'un de mes préféré. Sérieusement ravagé au niveau THC. Enfin quand je dis DJ c'est au sens Jamaicain du terme: un chanteur qui toaste par dessus des instrumentaux, généralement les faces B des productions de Coxsone ou Prince Buster. Lee Scratch Perry introduira son épice personnel dans cet exercice en introduisant moult effets sonores et surtout en travaillant sur des basses de plus en plus...basses. Pour simplifier a l'extrême, on dira que le dub était né.
Big Youth sera un maitre de ce genre, qui par son dépouillement extrême influencera non seulement toute la production Jamaicaine a venir mais aussi une partie de la musique électronique des années 90 et particulièrement la Jungle. A défaut d'aimer l'un de ces styles, on se contentera, afin d'apprécier au mieux ce titre, d'être soit même le plus depouillé possible.

Big Youth - "S90 Skank" from "Ride Like Lightning: Best Of 1972-1976" (2002, Trojan)

We are Rockers
film Rockers
Un des plus gros succès de Reggae Roots, "Satta Massagana" composé par les Abyssininans en 1969, a été repris par un nombre incalculable de musiciens. Ma version préférée est celle des Abyssinians eux-mêmes, utilisée pour le générique du film "Rockers".

La scène est tournée dans les montagnes, ou se sont réfugiés beaucoup de Rastas, que le gouvernement de l'époque persécute comme des fauteurs de trouble. Percus lancinantes, harmonies vocales et longueur de cheveux d'une intensité religieuse: on est dans l'ambiance.

The Abyssinians - "Satta Massagana" tiré de "Rockers" (1980, Island)

Sorti en 78, "Rockers" est un film Jamaicain sans grand intérêt scénaristique (un mec cherche sa moto volée) mais fascinant à bien des égards. Tout d'abord un style cinématographique près des gens, le film était d'ailleurs un documentaire à l'origine, qui nous plonge dans le Kingston des pauvres, le monde des petits commerces, des musiciens, des flics et des voleurs.

Sorte de Ken Loach au soleil pendant la grève des scénaristes, le réalisateur s'attarde sur la musique mais sans omettre de porter un regard critique sur la situation du pays. Les flics sont aussi véreux que les gangsters tandis que le gouvernement ne fait rien.
Il faut dire qu'a l'époque la situation économique était explosive, la récession des années 70 rendant l'inégalité entre la population et une haute bourgeoisie coloniale trés riche insupportable. Le pouvoir laissa ainsi les gangs s'installer à Kingston, trop heureux que les pauvres s'égorgent entre eux.

The Maytones - "Money Worries" tiré de "Rockers"

L'intérêt majeur de cette oeuvre culte est cependant d'avoir pour invités le gratin de la scène Reggae de l'époque. La liste des "guest-star" est impressionante: Junior Marvin, Burning Spear, The Heptones, Gregory Isaacs, Lee Scratch Perry...
Il ne manque bien sur que Tonton David, malheureusement trop jeune à l'époque, pour avoir toute la fine fleur, enfin la fine herbe, du Reggae Roots 70's.
Certaines scènes resteront des classiques, comme celle ou Burning Spear chante a capella un vibrant "Jah No Dead" sur une plage isolée par la nuit.
Une collection de perles Reggae, la plupart inédites, qui constituent une anthologie nécessaire du genre. Puis qu'il faut choisir, je n'ai jamais voulu résister à la basse sombre et à la voix déchirante de Junior Byles sur le sublime "Fade Away". Le cri des plus démunis contre le paquet fiscal.

Un fim indispensable pour tous les amateurs de Reggae avec du sens.

Junior Byles - "Fade Away" tiré de "Rockers"

Cool
Certes Carol Cool cela fait nom de marque de clopes au menthol. Mais c'est aussi une chanteuse Jamaicaine, qui délivre l'air de rien une reprise reggae tout aussi sexy que son original, le hit gay post-Motown de Diana Ross.
Carole, nom difficile à porter mais merveilleuse intreprète qui nous offre un vrai classique. Un morceau qui fait partie des rares prétendants à celui de "meilleur que l'original". A l'instar de Jean Sarkozy.
Une ballade tropicale spécialement dédicacée à la bourgeonnante scène Reggae-Dub de Neuilly.

Carol Cool - "Upside Down" tiré de "Hustle!" (2004, Soul Jazz)

Althea & Donna
Althea and Donna
Si ce duo Jamaicain sont des prétendantes légitimes au titre de divas du Dancehall, c'est surtout par la grâce de leur classique "Uptown Top Ranking", qui sera numéro 1 dans les charts Anglais en 78 (voir coupe de cheveux).

Au dela de ce titre imparable, toujours d'actualité dans les sound-systems de bon goût, d'autres bijoux cachés ne souffrent pas de la comparaison. Il en va ainsi de ce superbe "Down Town Thing", qui s'il emploie quelque peu la recette du succès du tube précédent, constitue tout de même un plat à lui tout seul.

Althea & Donna - "Down Town Thing" tiré de "Joe Gibbs Productions" (2003, Soul Jazz Records)