SNCF - C'est Possible
Keith and Tex - Stop That Train
Alors que Francis Joyon a battu le record de la traversée du globe à la voile, je semble être bien parti pour battre tous les records de lenteur. Après un superbe Paris - Dublin en avion qui m'a pris 9 heures, j'ai aussitôt enchainé sur un bien meilleur Paris - Genève de 12 heures.
Cet exploit a occulté mes performances à ski du week-end, pourtant la vision de 100 kilos lancés à pleine vitesse sur une piste verglacée avait de quoi perturber le plus impassible des montagnards.

De retour vers Paris, nous venions de quitter la gare de Macon lorsqu'un ENORME "bang", suivi d'un plus modeste "boum" à éclaté sur le toit du TGV. Tout le monde s'est regardé, plutôt inquiet vu l'intensité du bruit.
Aussitôt le train se mit à ralentir, il mettra quand même 3 kilomètres pour s'arrêter totalement. Les rumeurs les plus folles parcourent le couloir central afin d'expliquer ce choc: Al-Qaida, un suicide, un pétomane à la retraite, François Hollande balançant Ségolène du haut d'un pont. Ce n'est que deux heures plus tard, que la vérité, à peine moins angoissante éclate. Apparement un caténaire s'est détaché (!!!) avant de percuter le train, déclenchant d'énormes arcs électriques et un arrachage des poteaux sur 300 mètres (je cite le controleur, un peu en état de choc).
Nous sommes donc restés trois heures dans le noir complet, avant qu'un TGV en état de marche n'arrive dans l'autre sens et que les pompiers nous fassent descendre sur la voie et reprendre notre voyage vers la ville lumière.
Malgré mes 5 minutes passées sur Google à essayer de trouver une trace de cet incident, je n'ai pu trouver la moindre info. Sans doute un complot judéo-maçonnique, voire macon-nique afin d'empêcher votre reporter de l'extrême de regarder la Star Academy sur TF1 à 18h15.
Beaucoup d'émotions, une rame de TGV de retour au SAV d'Alsthom, un ballet de gyrophares en rase campagne mais pas de victimes: c'est bien le principal.

Ma transition est donc toute trouvée avec ce classique Reggae, qui me rappelera que si la vie ne tient parfois qu'à un fil, les caténaires du TGV ne tiennent pas à beaucoup plus...

Keith and Tex - "Stop that Train" tiré de "Stop That Train" (1970, Dynamic Sound)

Inspirations pour un Lundi
Trojan Club Reggae
The Pioneers connaitront une carrière mouvementée, quelques succès dans les charts UK, accompagnés de changements de personnel jusqu'au décès de leur producteur, le légendaire Leslie Kong.
Ce titre représente bien leur style de Reggae basé sur les harmonies vocales, trés populaire au début des années 70 et qui sera un genre trés écouté par les skinheads Anglais, avant que ce mouvement tourne partiellement en déliquescence néo-fachiste.

Ce que j'aime avant tout, c'est l'intro cuivrée de ce morceau, qui annonce une tonalité funky, et le bref "break vocal", tout en graves, à la sauce "Temptations".
A noter l'excellente qualité de cette compil Trojan. Si tous les volumes ne sont pas d'une qualité irréprochable, celui-ci ravira les fans de Reggae qui réusissent à se lever du canapé pour atteindre la piste de danse.

The Pioneers - "I Need Your Sweet Inspirations" tiré de "Trojan Club Reggae" (2002, Trojan)

Namibia
Studio One Scorcher
Un gros Dub gras comme de la skunk, mais d'un ton presque léger avec ses cuivres. Une pure production Studio One.

Liberation Group - "Namibia" tiré de "Studio One Scorcher" (2002, Soul Jazz)

La Fine Lame du Ragga
Kylie 2 Harts
Eek A Mouse est un vieux routier du Rub-A-Dub, il a roulé sa bosse, et probablement quelques splifs, dans tous les sounds systems.
Plus étonnante est sa filiation avec les mousquetaires… Sortait-il d’une soirée déguisée avant d’enchaîner une session en studio ? Venait-il d’hériter, d’une vieille tante éloignée, de l’intégrale d’Alexandre Dumas ? Ou plus simplement un jeu de mot avec son nom de cette facétieuse souris ?

Avec sa voix haut perchée l’homme transperce et transporte le danseur de son toast au phrasé puissant. Bien qu’intitulé Anarexol, un nom qui rappelle plus les antidépresseurs de l’industrie pharmaceutique que les faubourg de Kingston, le morceau devrait vous procurer un big smile et une démarche chaloupée, effets secondaires tout à fait désirables…

« A la fin de l’envoi je touche ! » s’exclamait Cyrano. Pour sûr, notre fine lame jamaïcaine a lui aussi sa botte secrète pour faire mouche.

Eek a Mouse - "Anarexol" tiré de "Mouseketeer" (1990, Shanachie)

Prince, Ne Jettez pas la Pierre
Prince Buster - King of Ska
Une version intéressante du standard easy-listening de Doris Day "Perhaps, Perhaps, Perhaps" curieusement rebaptisée "Don't Throw Stones".
Sans doute une facétie princière...

Plus connu pour son tube devant l'éternel "Al Capone" ainsi que le "Oh Carolina" (signé sous le nom de Folkes Brothers et repris 40 ans plus tard par Shaggy), Prince Buster sera simultanément musicien, producteur et gérant d'un magasin de disques.
Le monsieur sait tout faire. Jamaican Style.

Prince Buster - "Don't Throw Stones" tiré de "King of Ska" (2002, Prince Buster)

Alcapone et le Syndicat du Reggae
Denis Alcapone Forever Version
Il est des noms plus lourds à porter que d’autres, Alcapone dans le genre on a connu plus discret…
A Juliette Gréco à qui l’on demandait si c’était son vrai nom, celle ci répondait qu’elle ne se serait jamais permise d’abuser d’un si célèbre patronyme et qu’elle n’était pas Chantal Goya...
Le tacle se pratique aussi en dehors des pelouses.

Mais revenons à nos moutons jamaïcains. Denis Alcapone n’a que faire de tels états d ‘âme, il faut dire qu’il fut longtemps une sacré gâchette au service du mythique label Studio One. L’homme fait mouche avec ses bastos jamaïcaines calibrées rub-a-dud dans la lignée d’autres fines gâchettes comme Dilinger ou U Roy.
Quand Mr Denis dégaine, ça saigne sur le dance-floor.

Allez en prime une petite bizarrerie, une reprise du thème du film "Midnight Cowboy ", un reggae moins saignant mais à point…

Denis Alcapone - "Run, Run" tiré de "Forever Version" (2007, Studio One)

Denis Alcapone - "Midnight Version" tiré de "Forever Version" (2007, Studio One)

Recherche Rastas Désepérément
Heads High
Il est souvent difficle de dénicher la perle dans les productions ragga récentes.
Trop de beats MPC identitques, trop de samples de vieux singles Studio 1. Manque de spiritualité aussi.
Certains tchatcheurs Jamaicains ne véhiculent qu'un message de thunes, de jolies pépés alignées au bord de la piscine et de haine des homosexuels. On est bien loin de l'esprit des Rastafari...

Si le sieur Vegas n'est pas un émule du Dalaï-Lama, en tout cas niveau rythme, il délivre ici un classique qui fera danser même les unijambistes.
Beat ternaire minimaliste, synthés vieille école et bien sur un flow qui emporte tout sur son passage.

Ce morceau est à écouter avec plein de filles.
Au bord d'une piscine.

Mr Vegas - "Heads High" tiré de "Heads High" (1999, Island)

Melting Pot Architectural
Heart It Races
Comme son nom ne l'indique pas, ce groupe de musiciens déjantés ne vient pas de Finlande mais du pays des kangourous (le nom du band vient d'un pur hasard de collage de journaux).
Et lorsque le DJ Jamaïcain Rupture décide de remodeler tout ce beau monde à la sauce steel drums cela nous donne ce petit morceau tout plein de soleil, qui me fait oublier un court instant cette saison des Moussons dans laquelle nous sommes actuellement plongés.

Enfin il paraît que sur scène, si vous avez l'occasion de les voir, nos joyeux drilles adorent mouiller eux aussi leur chemise...

Architecture in Helsinki - "Heart It Races" (2007 - Polyvinyl Records)

Tropical Elvis
Ken Boothe
Plus connu pour son standard reggae devant Jah L'éternel, "Everything I Own" (repris 20 ans plus tard par Boy George), Ken Boothe est le crooner qui fais mal au coeur des filles.
Il se retrouve particulièrement à l'aise sur cette reprise de Bill Withers: chaloupements vocaux et rythmique au son trés "Studio One". Jackie Mitoo devait trainer pas loin du clavier.
En fait, Ken, t'aurais du faire de la soul à Detroit.

Ken Boothe - "Ain't no Sunshine" tiré de "Darker than Blue" (2001, Blood and Fire)

Junior Byles - "Curly Locks"
Junior Byles - Curly Locks
Quelle joie que de récupérer son cerveau (mon deuxième organe préféré) après son début de quasi-madérisation, due à une absorption excessive de Bourgueil tourangeau et de Tequila mexicaine.
Je vous propose donc aujourd'hui un décollage en douceur. Un baume au coeur pour oublier qu'il reste une semaine de travail en compagnie de collègues de travail moins intelligents et mieux payés que vous.

"Curly Locks" n'a certes aucune chance de lutter contre l'envahissante torpeur digestive post-dejeuner. Par contre il s'agit d'un des plus beaux reggae que je connaisse, produit par Lee Perry en 1974 au sommet de son stock de ganja. J'irai même jusqu'à le conseiller à ceux qui n'aiment pas le genre. Imaginez vous que c'est Serge Lama défoncé qui chante en anglais, et vous éviterez l'a-priori culturel.

Junior Byles est aussi le chanteur du classique "Fade way" publié sur l'excellente bande originale du film "Rockers". Sa spécialité est le "sufferers style", genre roots politiquement revendicatif, cherchant à sortir le pauvre et le rasta de leur ghetto au sein de la société jamaicaine (il souffrira d'ailleurs tellement que Junior a connu de nombreux séjours en établissement psychiatrique pour dépression).

Curly Locks est donc une longue et douce plainte. Un amour contrarié par le méchant papa de la fiancée, qui n'aime visiblement pas les dreadlocks.
Parfait pour un lundi.

Junior Byles - "Curly Locks" tiré de "Curly Locks" (1997 - Heartbeat)