Tremblement de Basse
Bomb The Bass - Clear

Nom d'emprunt du producteur londonien Tim Simenon (peut-être un cousin groovy de Georges "Maigret" Simenon), Bomb The Bass a marqué le début des années quatre vingt dix de quelques singles ravageurs comme "Beat Dis".

Premier single de son troisième album (sans doute le meilleur), "Bug Powder Dust" est un mélange électro hip-hop du meilleur gout, porté de bout en bout par une hypnotique boucle de basse, composée originellement par le bassiste américain de Jazz Alphonso Johnson (précision pour les fans de Weather Report)..

Bomb the Bass feat. Juystin Warfield - "Bug Powder Dust" tiré de "Clear" (1994, Island)

Nat King Mix
Nat King Cole - Re Generations

Né en 1919, Nathaniel Adams Coles fut un des 5 survivants, arrivé à l'âge adulte, d'une famille de 13 enfants, les choses n'étaient donc pas évidentes au départ... Un père pasteur et une mère responsable de la chorale sauront pourtant nourrir l'éducation musicale du petit Nat, le reste appartient à l'histoire, Nathaniel est devenu Nat King Cole...

Mort en 1965, Nat n'en finit pas de hanter les partitions. On se souviendra de sa fille Nathalie Cole, présente sur l'album, qui en 1995 obtenait un Grammy Award pour un album en duo virtuel avec son père et même un clip, magie du montage...

C'est maintenant la nouvelle génération qui rend hommage au grand crooner. Exercice périlleux, on ne compte plus les artistes aux "Tribute" mièvres et remix lénifiants... Il y en a pour tous les gouts sur cet album mais au détour des saveurs il en est certaines qui restent.

Nat King Cole - "Re:Generations" (2009, Capitol)

"Hit That Jive Jack (Souldiggaz Mix)"

"Day In - Day Out (Cut Chemist Mix)"

Le Plastix c'est Fantastix
Xploding Plastix - Treat Me Mean, I Need the Reputation

Xploding Plastix est un duo électro Norvégien, mais qui n'habite pas à coté de Röyksopp. Pas de synthé-pop scandinave au parfum sucré ici: on est la pour sérieusement s'éclater, à grandes lampées de "Borg" (non, il ne s'agit pas ici de l'ancienne gloire suédoise du tennis, cheveux longs et petit short blanc).

Le bien nommé "Treat Me Mean, I Need the Reputation" est extrait de leur premier album, orienté electro-jazz. Un son basse fidélité d'une simplicité efficace et un peu bordélique, un peu à l'instar des Anglais de Go Team.

En bref, un disque idéal au cas ou vous devriez faire danser un troupeau de rennes.

Xploding Plastix - "Treat Me Mean, I Need the Reputation" tiré de "Amateur Girlfriends Go Proskirt Agents" (2001, Beatservice)

Snatch Gagnant
musique Snatch

Pour son second set, Guy Ritchie, l’ex de Madonna, nous sort en 2000 Snatch, truculent polar anglais s’il en est. L’homme s’était fait connaitre deux ans plus tôt avec « Arnaques, Crimes et Botanique ». Dans la même veine, Snatch dépeint une galerie de portraits relevés, une brochette de gueules tordues et bras cassés, plongés dans un sac d’embrouilles autour d’un fabuleux diamant.

Une œuvre jubilatoire décrivant les destins croisés de truands, petits et grands, killer et looser. On y croise un gitan boxeur maitre es arnaque, des tueurs déjantés et un trio de blacks orfèvres de la maladresse. Le cinéaste réussira même à s’entourer de pointures comme Benicio Del Torro ou Brad Pitt… Sur une réalisation nerveuse, en phase avec la psychologie de cette faune, Guy Ritchie nous sort une BO de gros calibre.

Un choix éclectique, du râle groovy de l’étranglé au son tonitruant de l’AK47, les morceaux illustrent à merveille l’ambiance à couteaux tirés de ce panier de crabes londoniens. Beaucoup de noms, si ce n’est connus, au moins pointus. On s’arrêtera sur le « Diamond » de Klint, jazz électro incisif qui sert de générique tranchant pour poser le décor et on finira avec The Specials et leur méconnu et excellent « Ghost Town », parfaite illustration de notre trio de blacks pieds-nickelés qui se croit permis de jouer dans la cour des grands.

Snatch - Bande Originale du Film (2000, Universal Soundtracks)

Klint "Diamond"

The Specials "Ghost Town"

La Caravane du Swing
Caravane Palace

"Quand la Caravane Palace, le public danse" ai-je pu lire d’eux… Une maxime que je fais mienne ! Et je suis bon public sur ce coup là, car il faut bien reconnaître qu’il semble impossible de contenir les tapotements de doigts et les battements de pieds à l’écoute de ce disque.

Improbable Django Reinhardt s’adonnant, sous acide, à l’électro-musette. Une musique qui tente quelque chose comme le grand écart entre le jazz manouche, le swing et les sons électro. On notera toute la souplesse de ce collectif de musiciens qui pratique la contorsion des genres avec grand talent. Une acrobatie entre instruments acoustiques et samples donnant des figures autant rythmées que mélodiques.

Une des meilleures récoltes de cette rentrée, un fruit au jazz goûteux et au groove juteux. Ce disque sera le plus efficace des cocktails multi-vitaminé, vous préservant l’hiver venu de tout risque de vous gripper le groove.

La prescription est à renouveler autant que de besoin.

Caravan Palace - "Caravan Palace" (2008, Café de la Danse-Wagram)

"Dragons"

"Ended with the Night"

"Susy"

"Sofa"

Nous 3
An Ordinary Day In An Unusual Place
Le premier album des Us3 "Hand on the Torch" avait été une sensationnel: un des premiers albums à reconstruire des standards du Jazz (une commande Blue Note) et qui restera comme l'un des grands classiques du mouvement Acid Jazz (on est en 1993).

Evidemment la suite, l'album "Broadway & 52nd", était trés attendue mais malheureusement n'atteindra pas le niveau du premier. Il faudra un troisième opus, paru 8 ans plus tard, alors que personne n'attendait plus rien d'eux, pour que les US3 nous fournissent à nouveau quelques bombes rap-jazz.
En extrait sans doute le meilleur morceau de l'album, construit sur un sample du classique latin-Jazz "Jive Samba" par Jack Constanzo & Gerry Woo et qui montra le retour en forme du groupe.
Malgré ce come back intéressant, à l'instar de Jackie Quartz, Us3 est retombé depuis dans les vastes limbes musicales.

Us3 - "You Can't Hold Me Down" tiré de "An Ordinary Day In An Unusual Place" (2001, Toshiba)

Le Groove Toujours en Verve
 Verve remixed vol 4
Label Verve ? J’adore… Avec Blue Note il fait partie de ces labels qui ont gravé de leurs sillons les plus belles pages vinyl du jazz. Etats de services des plus honorables qui auront permis à ce mythique label de s’entourer d’une jeune garde électro fébrile à l’idée de remixer un tel catalogue…

Après quelques années de répis, le label sort le 4ème volume de la série « Verve Remixed ». Il convient d’avouer qu’à trop diluer l’encre de son groove, la verve s’amollit et l’écriture s ’estompe... Une figure de style à la quelle n’échappe pas ce 4° opus, bien que la verve ait encore du mordant avec quelques titres aux crocs acérés...

There was a Time de James Brown, California Soul de Marlena Shaw, quelque-uns des standars repris, une relecture comme un hommage aux anciens, la plume numérique trempée dans l’encrier soul du catalogue Verve.

Verve - "Verve remixed, vol 4 " (2008, Verve)

"There Was a Time" - James Brown - Kenny Dope remix

"California Soul" - Marlena Shaw - Diplo/Mad Decent remix

Ondulations Jazzy
 Hybrids
Jack DeJohnette ? Pas trop connu a priori… Il est pourtant considéré comme un des meilleurs batteurs de jazz, l’artiste ayant donné le tempo à des gens comme John Coltrane ou Miles Davis. S’il connaît donc ses classiques il n’en est pas moins ouvert aux sons nouveaux.

Il coproduit avec Ben Surman, sous le nom des Hybrids, cet album de remix de ses propres productions en collaboration avec l’illustre joueur de kora Musa Suso ou encore la chanteuse Marlui Miranda. Une œuvre aux remix équilibrés, pas d’excès numériques, on reste concentré sur les fondamentaux.

Si la musique est hybride, le mélange n’en est pas moins une réussite de fusion entre électro et jazz. Une onde qui devrait vous exciter le point Jazzy de vôtre intimité musicale…

Hybrids - "The Ripple Effect" (2005, Golden Beams Productions)

"Rose Garden"

"Dubwise"

La Panthère Rasta
Pink Panther’s Penthouse Party
La panthère rose fait dans la verdure, notre inspecteur Clouzeau en mission en Jamaïque s’est visiblement égaré dans un champs de chanvre…

Le thème de Henry Mancini est ici non remixé mais colorié par St Germain selon sa propre expression, j’adore d’autant que la palette des couleurs force le trait sur le vert, un vert bien jamaïcain.
Un travail dont les volutes électroniques auront vite fait de vous enfumer les neurones d’un bonheur béat et dubien.

Ecoutez la ronronner notre panthère rasta !

St Germain - "The Pink Panther Theme (colored by)" tiré de "Pink Panther’s Penthouse Party" - (2004, Virgin-EMI)

Ah... La Trompette dans le Jazz
Dimensions Of Sound
On peut avoir un faible pour les rythmes endiablés de la Drum & Bass mais l'on est pas souvent gaté question velours mélodique. Une des notables exception avec les anglais E-Z Rollers qui nous proposent ici non seulement une pochette trés moche mais aussi un écrin numérique jazzy-pop formidable.
Les garçons programment des beats sur la machine pendant que madame nous la joue soft-jazz.
Malheureusement, pas de nouvelle des E-Z Rollers depuis un bon bout de temps.
Madame est passée à la cuisine, Monsieur est au garage ou plus probablement en train de picoler au pub.
Non en fait, renseignement pris auprès de Google, ils travailleraient sur un nouvel album prévu cette année.

E-Z Rollers - "Jazz Talkin'" tiré de "Dimensions Of Sound" (1996, Moving Shadows)

Peter Groove
Sarah Vaughan Peter Gunn
Peu connu, car rarement diffusé en France, la série télévisée Peter Gunn fut un grand succès outre-atlantique, aidé d’un thème rutilant de cuivres nerveux composé par Henri Mancini. Le morceau, remis au goût du jour par Art Of Noise dans les années 80, mérite que l’on revienne sur cette version de 1965 qui a la particularité d’être chantée.

Le compositeur de la panthère rose y croise la piste d’une autre panthère au feulement racé et jazzy en la personne de Sarah Vaughan. Une version ici remixée sur la série des Verve "Remixed". A n’en pas douter, un morceau qui ne manque pas d’une certaine griffe…

Sarah Vaughan - "Peter Gunn" tiré de "Verve Remixed 3" (2005, Verve)

Progressions
Alton Miller

Pour ceux qui pensent que la House est un genre peu complexe comparé à d'autres musiques instrumentales, peut-être que ce morceau tout en subtilité d'Alton Miller vous fera changer d'avis.
Ou au moins vous fera passer un bon moment...

Alton Miller - "Progressions" tiré de "Copa Mundial Muzique" (1998, Guidance Records)