Duel #7 - Randy's All Stars vs Big Horns B
Randy's All Stars vs Big Horns B

Une des plus connues BO de série, un modèle du genre, Lalo Schifrin à la baguette… Tout est donc là pour que l’on assiste à un match de grands, on boxe chez les poids lourds même si les candidats sont moins connus que l’illustre compositeur de Mission Impossible. Leurs versions ont le mérite de changer des reprises big-band assez classiques

A ma droite, pesant lourd de dreads, il fallait bien tout un collectif de musiciens jamaïcains du Randy’s Studio à Kingston pour relever cette mission impossible.

A ma gauche, Big Horns B, challenger peu connu et découvert sur une compilation du label Mr Bongo, une référence à vous faire monter sur le ring pour un remix jazz & groove.

Entre le jeu de jambe jamaïcain et l’upercut londonien, à vous de choisir…

Randy’s All Stars « Mission Impossible » tiré de « Randy’s 17 North Parade » (1997, Pressure Sounds)

Big Horns B « Mission Impossible » tiré de « A Night At The Jazz Rooms » (2007, Mr Bongo Records)

Clint, Ennio & Lalo
Oddjob - Clint

Une pochette sobre au design de killer, un quintet de jazz suédois reprenant les BO des films de Clint Eastwood grande époque, il ne m’en fallait pas plus pour dégainer la carte bleue…

Clint, explique Oddjob, fait partie de ces gens qui n’ont pas besoin de nom, leur prénom suffit… « Clint » est un album hommage au grand acteur, réalisateur et compositeur, particulièrement les années 60 et 70, les plus riches du point de vu des BO avec les œuvres d’Ennio Morricone ou Lalo Schifrin pour citer les plus connus.

Ce jazz scandinave, aux airs de banquise que l’on verrait bien en BO d’un bon Ingmar Bergman, s’aventure bien au sud. Le viking vient chauffer un peu le cow-boy solitaire des westerns spaghetti et la faune urbaine de l’inspecteur Harry.

La poudre parle… De celle qui vous chante un requiem, avec ses bouffées d’angoisse musicale et ses partitions pour volcan scandinave. Mais aussi de celle qui vous transporte au royaume d’Asgard béat de psychédélisme et de mélodies.

Un album complexe, mélodieux et torturé, entre banquise aride du jazz et désert gorgé de groove. Un millésime qui se bonifie à chaque écoute, pour une fois Clint accepterait bien quelques glaçons suédois dans son whisky…

Oddjob « Clint » (2010, ACT Music)

"Musical Pocket Watch" (Morricone - For A Few Dollars More)

"Ecstasy Of Gold" (Morricone - The Good, The Bad & The Ugly)

"Magnum Force Theme" (Schifrin - Magnum Force)

Ooh Lalo
The Wiseguys
L’indomptable puma argentin, une des plus fines griffes de la BO, est ici repris par The Wiseguys. Un duo londonien qui connaîtra son heure de gloire avec son désormais classique « Ooh La La », ce dernier utilisant des boucles du « Jim on the Move » de Lalo Schifrin.

The Wiseguys se sort bien de cette mission impossible en choisissant d’abord de reprendre un thème secondaire de la série, évitant la facilité. Ensuite pour nous avoir épargné le simple remix lifting, en nous proposant une vraie bombe de big-beat à méche hip-hop. Un pur napalm pour dancefloor…

The Wiseguys - " The Antidote " (1998, Wall of Sound)

"Ooh La La"

La Mission de Mr Lalo
Mission Impossible
"Bonjour Mr Phelps, votre mission…", cette phrase aura hanté une adolescence baignée de rediffusion de cette mythique série des 60’s, Mission Impossible. Une nostalgie inconsidérée m’aura même poussé à acheter un coffret de la série…

Il faut bien reconnaître que la série a pris un petit coup de vieux, avec ses décors en carton et l’usage de technologies désormais désuètes, cela sent le placard et la naphtaline…

C’est sans compter avec Lalo Schifrin qui offrira à cette série un générique , indémodable et reconnaissable entre tous, mais aussi quelques thèmes secondaires qui valent à eux seuls nombres de génériques, la griffe d'un grand… La BO n’a pas souffert des outrages du temps, on retrouve même un des thèmes, « Jim on the Move » remixé par les Wiseguys dans leur fameux « Ooh La La » …

Lalo schifrin - "Mision Impossible - Anthology " (1994, One Way Records)

"Mission Impossible"

"Jim On The Move"

"Danube Incident"

"The Getaway"

La Griffe d’un Grand
Schifrin Les Félins

Dans la famille des félins, ce puma argentin n’est pas un inconnu pour la communauté d’Ultramagnétique. Après sa période parisienne Lalo Schifrin se fera les griffes sur les tapis jazzy du label Verve et en faisant jouer entre ses pattes, des noms comme Dizzy Gillespie, Stan Getz, Sarah Vaughan, Jimmy Smith…

Mais au début des années 60, l’insatiable appétit de notre puma l’amène à se tourner vers d’autres terrain de chasse : le cinéma. Cela tombe bien, le label Verve dépend des studios MGM… Son président le recommandera au producteur français de René Clément. Avec son talent musical et sa maîtrise de la langue de Molière notre petit puma n’aura pas de mal à se faire adopter par le grand cinéaste (on lui doit notamment « Paris brûle-t-il ? » « La Bataille du Rail »…)

On retrouve Alain Delon en proie traquée par les fauves de la mafia, croyant trouver refuge dans une villa, il tombe entre les pattes de panthères dont la très féline Jane Fonda. De cette ambiance de polar psychologique, Lalo compose une de ses premières BO. Au contact de René Clément il apprend beaucoup du cinéma, cette collaboration influencera l’artiste : « Si l’on compare ma carrière cinématographique à une maison, Les Félins en sont les fondations » explique-t-il. Et il est vrai que l’on sent poindre un son que l’on retrouvera dans son immense succès Bullit.

Je dois bien avouer un faible pour ce puma aux compositions racées et au rugissement si mélodieux. Cette partition, plus qu’un coup patte, est une véritable griffe, les premières empreintes d’un félin qui tracera sa route dans la jungle des BO.

Lalo Schifrin - "Les Félins" tiré de "Les Félins" (1964, EMI)

Lalo Schifrin - "Blues pour un Enterrement" tiré de "Les Félins" (1964, EMI)

Pour en finir avec 2007
Avant de définitivement tourner la page des 12 mois qui viennent de s’écouler, arrêtons-nous quelques instants sur la mauvaise nouvelle musicale qui est venue troubler nos traditionnelles ripailles de fin d’année.

Non, je ne parle pas de l’internement de Britney ; mais de la disparition de l’une des dernières légendes vivantes du jazz : Oscar Peterson à définitivement refermé son clavier ce 23 décembre dernier.

Considéré comme l’un des meilleurs virtuoses du piano – Lalo Schifrin, grand fan devant l’éternel, le situe à la rencontre de la lignée des grands pianistes romantiques comme Chopin ou Liszt et de la tradition jazz afro-américaine - mais Oscar Peterson était aussi un grand bonhomme qui s’engagea aux coté de Martin Luther King avant de créer chez lui au Canada une école de musique pour jeunes virtuoses défavorisés.

Une petite vidéo du maître datant des années 80 (déjà 60 ans à l’époque…) qui prouve que les BPM élevés ne sont pas réservés aux d’jeuns et aux dance floors tecktoniks (sans vouloir relancer le débat).

Ca va swinguer chez les anges….

The Oscar Peterson Trio - "Live in Berlin" (1985)

La Bossa du Puma
Piano Strings and Bossa Nova
Si Lalo Schifrin est connu pour certaines BO (Bullitt, la série Mission Impossible…), ces succès ne doivent pas laisser dans l’ombre l’œuvre d’un musicien accompli. Cet argentin part dans les 50’s pour Paris y étudier la musique au Conservatoire, il y croisera la route d’un autre argentin, Astor Piazzolla. Deux graines de génie qui trouveront dans un Paris libéré d’après guerre un terreau musical propice à leur éclosion.

Il faut avouer que depuis l’immigration argentine a beaucoup évoluée, on a pu observer ces derniers temps des « pumas » argentins aux griffes acérées en meute de quinze tous prêts à croquer leur steak de Viande Origine Française, cuisson bleue…

Mais c’est au states, pour en revenir à Lalo, qu’il récoltera les fruits de son talent. D’abord en devenant pianiste et arrangeur pour Dizzy Gillespie et d’autres grands noms, en s’attaquant ensuite à l’univers des musiques de films.

L’homme sait pourtant quitter les boulevards hollywoodien du succès pour explorer des pistes plus intimistes. En témoigne cette réédition de vieux enregistrements des 60’s de bossa où se fait sentir l’influence du pianiste et arrangeur. A écouter, notamment, la version de Maria, hommage de Lalo à un autre grand nom des BO : Leonard Bernstein.

Alors pour oublier les bosses et blessures d’une humiliation rugbystique, rien de tel qu’une bossa de Lalo. Couché le puma ! Pas bouger

Lalo Schifrin - "Piano Strings and Bossa Nova" (2002, Verve)

01- "The Wave"
02- "Insensatez"
03 - "You and Me"
04 - "Lalo’s Bossa Nova"
05 - "Silvia"
06 - "Murmurio"
07 - "Maria"
08 - "Rapaz De Bem"
09 - "Solitude"
10 - "Rio after Dark"
11 - "Time For Love"
12 - "Four Leaf Clover"