Au Pays du Mambo Levant
Mambossa

Au pays du soleil levant il y a longtemps que les mélomanes regardent vers le vinyle couchant des terres de l'ouest. On connaît leur goût pour le jazz, on méconnaît leurs affinités latines. Le Brésil est pourtant de longue date une terre d'immigration pour les japonais, elle est même la plus grande communauté implantée loin du saké natal.

Mambossa, pur produit nippon, a donc de solides références culturelles pour s'attaquer, non sans sucés, au répertoire latino entre compositions et reprises. Derrière un son easy listening autant en vogue chez le cadre dépressif que le yakusa esthète, on retrouve un collectif de musiciens capable de sortir un son groovy comme une descarga sortie du Spanish Harlem des 70's.

"Maramoor" est un somptueux latin jazz qui suinte d'effluves de havane cubain et de saké...

Mambossa - "Mambossa" (1995, Bomba Recordings)

"Maramoo"

"Mambossa"

Le testament de Mario
944 Colombus
Rien à voir avec le célèbre jeu numérique et son plombier. S’il fait dans le cuivre notre Mario est plutôt big band que tuyauterie, et c’est un maître du genre.
Venu de La Havane porter la bonne parole du jazz afro-cubain sur les terres yankees, ce précurseur autant musicien qu’arrangeur croisera la route des plus grands de Aretha à Dizzy.

En 1993, se sachant malade, Mario enregistre deux mois avant sa mort cet album testament pourtant étonnant de vitalité. Il y prêche un son puissant, aux cuivres rutilants brisant le mur du son tels les trompettes de Jéricho. Il sait mener la danse le Mario et son orchestration fait rugir ce mambo d’un feulement jazzy aux arrangements très soignés.

Cet homme aura écrit son oraison funéraire comme on écrit un hymne à la vie, un héritage autant à méditer qu’à partager.

Mario Bauzà - "Cubauzà" tiré de "944 Colombus" (1993, Messidor)