BO de Bobo’s
Willie Bobo - Bobomotion

Né dans le Spanish-Harlem, ce terroir aux luxuriantes musiques des jungles urbaines, le petit Willie Correa aura donc terreau fertile pour s’épanouir.

Le petit n’étant pas une mauvaise graine, il commencera par taper les percussions pour Perez Prado avant de croiser la route de Mongo Santamaria et d’intégrer l’orchestre de Tito Puente. Printemps des prestigieuses influences, le temps qu’éclose celui qui deviendra Willie Bobo.

Viendra alors une moisson d’albums dans les 60’s sur le label Verve qui le sortira de l’ombre tutélaire de ses mentors pour les feux de la rampe. Précurseur dans le boogaloo, ce perfectionniste ambitionnait de fusionner les styles, particulièrement les sons latins et le jazz. L’éclat de son album "Bobmotion" suffit à démontrer le grand alchimiste du son qu’il était.

L’artiste a tiré sa révérence en 1983 mais la lignée est fertile, on retrouve son fils, percussionniste lui aussi, dans le groupe de rap Cypress Hill… Autre temps, autres musiques…

Bonus du jour : un remix de Willie Bobo sorti sur l’excellent Verve Remixed vol 4, déjà chroniqué en ces lieux.

Willie Bobo « Bobomotion » (1967, Verve)

"Evil Ways"

"Night Walk"

"Evil Ways" (Karriem Riggins Remix)

Latino Con Soul
Mongo Santamaria -Soul Bag

Percussioniste de légende, Mongo Santamaria a été plus que d'autres membres de la grande confrérie afro-latine, influencé par la Soul et le Rythm & Blues (tendance Atlantic ou Stax plutôt que Motown). Il deviendra d'ailleurs l'un des parrains du boogaloo, mouvement New-Yorkais de fusion afro-latin-soul, ancêtre de la Salsa qui naîtra quelques années plus tard.

Cet amour de la musique noire au sens le plus large transpire dans cet album de reprises en forme d'hommages. Un excellent "Respect" au piano jazzy, puis le classique de Wilson Pickett "In the Midnight Hour" suivi d'un morceau moins connu, le "Groovin' " des Rascals (à ne pas confondre avec le groupe anglais homonyme) a l'accent plus léger. Le reste de l'album est d'ailleurs tout aussi irrésistible.

Un disque tout entier dédié aux aficionados de la pop sauce conga et des vieux parquets de danse lustrés à la sueur.
Sans aucun doute l'un de maîtres latins que je préfère, pour son talent de créateur de groove autant que la constante ouverture d'esprit à d'autres musiques qu'il montrera tout au long de son immense carrière.

Mongo Santamaría - "Soul Bag" (1968, Columbia)

"Respect"

"In the Midnight Hour"

"Groovin'"

Le Roi de la Timbale
Tito Puente - Top Percussion

El Rey Del Timbal, ainsi était surnommé Tito Puente, percussionniste orfèvre, salsero endiablé et figure de proue des musiques latines. Un nom dont la seule énonciation suffisait à vous faire tendre la peau des timbales dans l’attente de la fureur du maestro...

Une carrière professionnelle commencée à 13 ans, les premiers disques sortis dans les 40’s, il deviendra même le « roi du mambo » devant Perez Prado ! Un titre qui n’est pas usurpé pour qui connaît le spectre musical de Tito, du mambo à la Salsa en passant par le latin jazz, ce qui lui permettra de pousser le son avec des gens comme Miles Davis ou Dizzy Gillepsie…

Tito devient lui même une référence pour tous les percussionnistes, son orchestre est une école qui verra passer les plus grands noms, Ray Baretto,  Mongo Santamaria… C’est avec ce dernier qu’il enregistre en 1957 l’album « Top Percussion ». Mongo, fut initié à Cuba aux rythmes sacrés africains par son grand-père, un authentique esclave noir déporté d’Afrique, un héritage qu’il partage avec Tito lors de ces sessions en studio. Un album qui alterne les rythmiques cubaines traditionnelles et quelques influences plus modernes.

C’est le cas de Ti Mon Bo qui, pour un morceau enregistré en 1957, ne lasse pas de m’étonner par la modernité du son. Autour d’une ligne de basse, autant immuable qu’hypnotique, qui donne sa respiration et son groove au morceau, les musiciens construisent un triptyque rythmique. Bongos, congas et timbales composent les uns les autres autant qu’ils s‘imposent dans des solos.

Un morceau qui renvoi le percussionniste amateur que je fus à l’abyssale profondeur de son insignifiance…

Tito Puente- "Ti Mon Bo" tiré de "Top Percussion" (1958, RCA)

Je dis Yeh Yeh !
Three Sounds
Un des inombrables trios Piano parus sur la scène Jazz à la fin des années 50, The Three Sounds ont des goûts éclectiques.

La preuve en est avec cette version de "Yeh Yeh", composition de Mongo Santamaria qui a été reprise plus de fois que Brigitte Lahaie, notablement par Georgie Fame.

The Three Sounds - "Yeh Yeh" tiré de "The Blue Note Years" (1962, Blue Note)