Travaux d'Hercule
Aaron Neville - Hercules

Membre d'une des plus célèbre fratrie de l'histoire de la musique, les Neville Brothers, Aaron est sans doute le frangin qui a connu la carrière solo la plus intéressante.

En 1972 sort ce "Hercules", sorte d'objet soul-funk non identifié (OSFNI). Une voix sublime, une rythmique tout en contretemps. Un tempo chaloupé qui invite à l'indolence.

Les Neville Brothers étant un des piliers de la scène musicale de la Nouvelle-Orléans, il faut sans doute donner encore une fois crédit à cette ville, ravagée par un ouragan et maintenant menacée par les négligences de BP: la-bas on groove différemment qu'ailleurs.

Aaron Neville - "Hercules" (1972, Capitol)

La Prescription du Docteur
Doctor John
Dr John est un peu un cas a part sur la scene blues/funk de la Nouvelle Orleans. Plus amateur que ses confrères du son psychédélique dominant la pop américaine a la fin des années 60, il infuse un peu de LSD dans le Jack Daniels. Fils spirituel d'une icône Jazz de la scène locale, feu Professor Longhair, Malcolm Rebennack de son vrai nom a cependant largement mérité son titre de Docteur es Groove.
Toujours habillé comme un jeune daltonien, ce chanteur compositeur maintenant légendaire fait partie de cette espèce d'oiseau rare: un américain excentrique.

Dr John - "Cant Git Enuff" tiré de "Jazz and Grove vol.1" (1994, Nova)

Boogie Children
Un exemple intéressant du blues psychédélique 60's américain, "Boogie Children" est une plainte électrique qui nous secoue les prises. Une perle cachée pour un musicien qui n'est connu que pour le morceau "Judy in Disguise" et qui disparaitra du devant de la scène immédiatement après ce succès.
Un peu comme Carlos, surtout réputé que pour son tube planétaire "Big Bisous" et pour le fait de vider la piscine à Barclay quand il fait la bombe. Mais n'attaquons pas les morts. Même les gros.
Un blues envouté, plein de fantomes électriques. Après tout c'est normal: John Fred est de la Nouvelle-Orléans, époque pré-tornade.

John Fred and his Playboy Band - "Boogie Children" tiré de "Permanently Stated" (1968, Atlantic)

Il Jouait du piano "Maybe" debout
Huey Piano Smith
En dehors de sa musique, ce qui me fascine chez Huey "Piano" Smith c'est son nom. Nombre de musiciens américains semblent ainsi porter une appellation supplémentaire, entre le prénom et les armoiries de famille. Si seulement en France on pouvait avoir des Serge "Napoléon" Lama, des Vincent "Rasoir Bic" Delerm ou encore un Johnny "T'aurais-du-rester-en-Suisse" Halliday. On y verrait plus clair.
Faut voir qu'il font tout en grand en Amérique, on ne doit donc pas s'étonner des noms à rallonge. En France on a Gilbert Montagné, ils ont Stevie Wonder. On a les aveugles que l'on mérite.

Il faut quand même que je parle de Huey "Piano" Smith. Musicien surdoué, il explorera tous les styles pour finir par le genre ultime puisqu'il deviendra témoin de Jehovah en fin de carrière. Heureusement, ce morceau de 1956 est extrait de sa période lucide et nous offre le côté le plus sauvage de ce musicien, au moment où le Rock est inventé par des noirs dissidents du blues. Avant de se faire piller par Elvis et consorts.
Un titre sur le fil, avec des craquements à la fin pour bien prouver que je me suis emmerdé à encoder mes vinyls.

Huey "Piano" Smith - "Little Liza Jane" tiré de "Saturday Night Fish Fry" (2004, Soul Jazz Records)