Oui Oui Ouis
Yeah Yeah Yeahs - Heads Will Roll

Le remix de A-Trak nous la joue néo-rétro sur cette resucée des rockeux "Yeah Yeah Yeahs", originaires de Brooklyn.

Des synthés à la Technotronic qui fleurent bon les années 80 et une production simple et nerveuse qui rendent ce single des plus efficaces...

A noter tout de même la présence de Norbert sur la pochette, le chargé de clientèle de mon agence de la Banque Populaire, alors que je m'apprêtais à lui demander une autorisation de découvert.

Yeah Yeah Yeahs - "Heads Will Roll (A-Trak Remix)" tiré de "EP Heads Will Roll" (2009, Universal)

Faut Pousser le Son
Henri Guedon - Early Latin and Boogaloo

Henri Guédon, percussionniste martiniquais, était bien plus, auteur, compositeur, chanteur, il était aussi peintre et sculpteur. Un touche à tout de génie qui s’attaquera aux différents répertoires latino pour écrire sa propre partition, comme en témoigne cette excellente compilation.

Dans les 80’s il part à New-York enregistrer le morceau « Faut pas pousser » avec la crème des salseros de la grosse pomme. « Faut pas pousser c’est haut mon gars » nous chante-t-il certainement impressionné par la verticalité architecturale. Un vertige qui ne manque pas de nous gagner à l’écoute de cette superbe salsa, en français qui plus est, une rareté.

Et puis c’est toujours ça de gagner sur les quotas de diffusion de musique francophone, je viens de vous éviter un Sardou aujourd’hui…

Alors comme ça faut pas pousser ? On aurait tort de se gêner pour pousser le son mais prenez garde à ne pas transformer votre dance-floor en Armaguédon…

Henri Guédon -“Early Latin and Boogaloo recordings by the Drum Master” (2004, Comet Records)

"Guarija Contestacion"

"Shinga Swing"

"Faut Pas Pousser"

Abraham Ou La Voie Du Groove
Abraham Inc - Tweet Tweet

David Krakauer, clarinettiste new-yorkais, revisite de sa partition jazz le répertoire klezmer, cette musique des juifs ashkénazes d’Europe. Dans cette relecture du patrimoine du vieux continent, ses gammes auront fini par croiser les éruptives notes de Socalled. Lui aussi a redécouvert cet héritage musical juif, mais sa relecture a la plume du hip-hop et l’encre électro.

Après quelques collaborations nos deux compères se sont retrouvés pour cet album entre racine de la tradition et bourgeons de la modernité. On a soigné les cuivre pour qu’ils rutilent de groove funk, en faisant appel à Fred Wesley, ex trombone et directeur musical de James Brown.

Abraham, prophète fondateur du peuple juif est de retour sous le nom d’Abraham Inc, et il mène son peuple vers la terre promise du groove. Dans les saintes écritures, Dieu ordonna à Abraham de sacrifier son fils Isaac, et quand il fut certain de sa soumission, un ange retint son bras. Dans la partition d’Abraham Inc, on ne sacrifie rien à la musique et le démon du groove finit par vous posséder…

Abraham Inc. « Tweet Tweet » (2009, Table Pounding Records)

"Tweet Tweet"

"Moskowitz Remix"

"It's Not The Same"

Les Joies de l'Alpinisme
School of Seven Bells - Alpinisms

Nouveaux venus sur la scène indie-pop new-yorkaise, les School of Seven Bells sont un trio composé de deux sœurs jumelles chanteuses et de Benjamin curtis, jeune musicien qui ne sait jamais laquelle est en train de lui parler.

Le résultat est une électro-pop de bon goût, dont l'athmosphère me rappelle un peu celle de "The Avalanches": planante et électrique.

School of Seven Bells - "Alpinisms" (2008, Ghostly International)

"Half Asleep"

"Face To Face On High Places"

Arapica Corsé
Mos Def - The Ecstatic

Beau retour musical pour cet artiste qui se cherche entre acteur et rappeur. Le musicien s’est fait connaître avec quelques belles collaborations (De La Soul…) et son premier album « Black On Both Sides » sorti en 1999. L’acteur lui enchaîne les rôles dans des séries ou films, pas tous connus mais on notera ses collaborations avec Spike Lee ou Michel Gondry.

Son « ecstatic » est un heureux cocktail entre le whisky du bronx et un meilleur arabica, entre hip-hop façon old school et influence arabisante, des sons recherchés pour un beat groovy. S’il hésite entre le vinyle et la pellicule, le son pourrait bien l’emporter sur l’image… L’impression se confirme écoute après écoute, gorgée après gorgée, l’arôme de l’arabica est là, avec son arrière-goût de macadam pour seul terroir.

Entre expresso serré et allongé à l'américaine, la torréfaction musicale est optimale, évitant la tachycardie d’un mauvais rap et le breuvage d’une partition insipide.

Mos Def « The Ecstatic » (2009, Cooperative Music)

"Auditorium"

"History"

"The Embassy"

"Twilite Speedball"

Street Art

Combo: une superbe animation, fruit de la collaboration du New-Yorkais David Ellis et du graffiteur italien Blu. Une œuvre filmée sur une période de 10 jours, le tout réduit à 8 minutes d'extase visuelle.
Lorque les artistes rêvent de la rue, nous descendons tous sur les pavés.

Blu et David Ellis - "Combo"

Latino Con Soul
Mongo Santamaria -Soul Bag

Percussioniste de légende, Mongo Santamaria a été plus que d'autres membres de la grande confrérie afro-latine, influencé par la Soul et le Rythm & Blues (tendance Atlantic ou Stax plutôt que Motown). Il deviendra d'ailleurs l'un des parrains du boogaloo, mouvement New-Yorkais de fusion afro-latin-soul, ancêtre de la Salsa qui naîtra quelques années plus tard.

Cet amour de la musique noire au sens le plus large transpire dans cet album de reprises en forme d'hommages. Un excellent "Respect" au piano jazzy, puis le classique de Wilson Pickett "In the Midnight Hour" suivi d'un morceau moins connu, le "Groovin' " des Rascals (à ne pas confondre avec le groupe anglais homonyme) a l'accent plus léger. Le reste de l'album est d'ailleurs tout aussi irrésistible.

Un disque tout entier dédié aux aficionados de la pop sauce conga et des vieux parquets de danse lustrés à la sueur.
Sans aucun doute l'un de maîtres latins que je préfère, pour son talent de créateur de groove autant que la constante ouverture d'esprit à d'autres musiques qu'il montrera tout au long de son immense carrière.

Mongo Santamaría - "Soul Bag" (1968, Columbia)

"Respect"

"In the Midnight Hour"

"Groovin'"

Les Joies de l'Ukulele

Jake Shimabukuro joue du Ukulélé. Chacun ses problèmes me direz vous.

Cet instrument hawaïen a été souvent employé par les comiques américains, pour son aspect un peu "jouet". Mais laissé entre de bonnes mains, il se révèle à nos oreilles.

Et les mains de Jake, ici filmé a central park interprètant "While My Guitar Gently Weeps" de George Harrison (paru sur le double blanc des Beatles), sont incontestablement celles d'un grand musicien...

Jake Shimabukuro - "While My Guitar Gently Weeps"

American Bossa
Mosquitos - Boombox

Trio basé à New-York, Mosquitos est d'abord le fruit des amours du guitariste Chris Root et de la chanteuse de Rio Juju Stulbach, qui se rencontrent dans un studio du lower east side. Les tourtereaux sont bientôt rejoint par le clavier de Jon Marshall Smith, lui aussi originaire de la grosse pomme.

Boombox est extrait de leur premier album éponyme, enregistré dans un appartement de la mégalopole brésilienne et fini chez les yankees. Un production donc assez minimaliste, une guitare acoustique, une pointe de boite à rythmes et bien sur la voix aérienne de Juju.

Une musique simple et évidente comme les plus belles rencontres amoureuses.

Mosquitos - "Boombox" tiré de "Mosquitos" (2003, Bar/None Records)

Passage de Témoin

J'avais déjà posté un extrait de l'album "Time for a Witness" des Feelies ici mais comme le groupe n'est que rarement apparu sur scène je n'ai pu m'empêcher de vous proposer ce live de "Doin' it Again" diffusé sur un plateau télé (image pourrie, son correct).

Sans doute l'un des plus grands albums de rock-indé du début des années 90, "Time for a Witness" ne connaîtra jamais le succès qu'il eut mérité. Groupe Punk ayant tourné légèrement new-wave, les New-Yorkais Feelies créèrent ce son léger et saturé alors que le reste du pays battait au son de la côte ouest, de la vague grunge venu de Seattle.

Mais le groupe ne se contenta pas seulement d'égrener les perles pop. Sous le faux air joyeux de l'évidence mélodique se cache toujours une nostalgie et une gravité palpable, un peu comme à la réunion du bureau politique du PS au lendemain des élections européennes.
Ainsi "Find a way" est un bel exemple de l'étendue de leur registre, un titre sombre mais planant, aux reflets psychédéliques.

Novateur, cet album précurseur est l'un des annonciateurs d'un son qui prendra son envol de l'autre côté de l'Atlantique une demie décennie pus tard: la brit-pop.

The Feelies - "Time for a Witness" (1991, A&M Records)

"Find a Way"

"Doin' it Again"

Adriaaaaan !
Menahan Street Band - Going the Distance

Paru en 1976, le premier "Rocky" est devenu un classique. Un Stallone alors au début de sa carrière et qui s'identifie totalement à son personnage de "working class hero" et un réalisateur efficacement sobre, John G. Avildsen, qui ne fit plus rien par la suite à part l'ignoble "Karate Kid".
Et puis ce final atypique tout en sang et en sueur auquel ne nous ont ont pas habitué les américains, plutôt adeptes du happy-end. Le succès planétaire du film donnera malheureusement naissance à 5 suites pas vraiment indispensables: Rocky II la revanche, Rocky III contre le chauffeur de l'Agence tous risques, Rocky IV contre le méchant caucasien communiste...

Part intégrale du succès du premier volet, la musique de Bill Conti restera dans les mémoires. Tout le monde se souvient de la scène de la montée des marches du musée de Philadelphie, qui me donna envie pendant 10 minutes de faire du jogging.

C'est donc la belle relecture de l'un des thèmes du film à laquelle je vous invite, interprété par le Menahan Street Band. Ce collectif de Brooklyn est à forte tendance cuivrée et est composé de musiciens qui sont les piliers du label Daptone Records, dont la mission est de continuer à faire vivre la musique Soul dans notre monde qui en manque cruellement.

Adriaaaan !

Menahan Street Band - "Going the Distance" tiré de "Make the Road by Walking" (2008, Daptone/Dunham Records)

Grizzly On The Rocks
Grizzly Bear - Veckatimest

Le plus ronchons des ours, ne devrait pas résister bien longtemps aux suaves effluves de miel de cette galette. Butinant roses folk, orchidées pop et autres fleurs du mal ces abeilles sécrètent un nectar à s'en lécher les griffes.

Ourson, ce grizzly a eu la chance de croiser la piste d'un ours polaire aux banquises peuplées d'imaginaire sonique, une tournée avec Radiohead, cela aide.

L'ourson est bien loin. Grizzly Bear, une griffe, la marque saignante, la pop hémoglobine, le plasma rock en fusion mais le sang joyeux...

Grizzly Bear - "Veckatimest" (2009, Warp Records)

"Southern Point"

"Two Weeks"

"While You Wait For The Others"