Vibrations Haïtiennes
Melissa Laveaux - Camphor and copper

Quand la terre n’y gronde pas on peut entendre vibrer le cœur musical de ce pays. Un confettis territorial, mais une partition ample qui déborde sa géographie. Des ondes qui sont parfois venues jusqu’aux oreilles d’Ultramagnétique, le chanteur Beethovas Obas ou encore Wycleef Jean, originaires de ce pays.

Elle était dans mes coups de cœur, en attente que mes mots fussent dignes de se poser sur sa musique. Mais désormais, plus que jamais elle fait battre mon cœur. Née au Canada de parents haïtiens ayant fui la dictature, Mélissa Laveaux a sorti en 2008 son premier album. Une œuvre métissée, aux langues anglaises, françaises et créoles, entre compositions originales et reprises (Elliott Smith, Eartha Kitt).

Elle a appelé son album « Camphor & Copper », le camphre et le cuivre, deux éléments aux vertus bénéfiques ou maléfiques selon le dosage… On peut lire dans le livret de son album :
« L’ambiguité entre les bienfaits et les dangers de ces deux éléments est leur point commun. Comme l’amour »
Comme les vibrations…
Entre tremblement tellurique et trémolo d’une corde vocale.
Comme les vibrations…

« Haïti chérie, un jour tu te reprendras
Et tes enfants, ceux morts, ceux vivants,
cesseront de t’arracher le cœur de la terre »
(Haïti Interlude - Mélissa Laveaux)

Mélissa Laveaux « Camphor & Copper » (2008, No Format !)

"My Boat"

"Scissors"

"Interlude Haïti"

Vibration à l’Unisson
Kangaba

Ce disque est le fruit de l’union du jazzman David Neerman joueur de vibraphone et de Lansiné Kouyaté africain orfèvre du balafon (l’ancêtre africain, en bois, du vibraphone). Ces deux là se sont bien trouvés, nul doute qu’ils ont perçu l’un l’autre les bonnes vibes de leur karma musical.

Frappé au métal ou au bois, les vibrations forgent et sculptent un son personnel marqué par les influences de la culture mandingue (ethnie ouest-africaine) et une touche d’impro jazzy. L’album est d‘ailleurs sorti sur le petit label No Format, un nom comme un slogan, ce n’est pas une raison sociale mais un manifeste musical ; l’ouverture et l’intégrité artistique comme business-plan…

Cet album ne révolutionnera peut-être pas la musique, il offrira cependant quelques plages de rencontre entre le vibraphone et le balafon. Une onde lancée par dessus les eaux comme un pont entre nord et sud. Juste de quoi énerver Brice, ministre de l’identité nationale qui rêve de rapatrier tous les balafons égarés sous le soleil mandingue…

Kouyaté & Neerman – Kangaba (2008, No Format)

"Djanfa Magni"

"Touma"