Amicalement
Freebidou - Amicalement Votre

Amicalement vôtre... Une série britannique des années 70 restée culte mettant en scène un couple de riches oisifs épris de justice: l'homme d'affaire new-yorkais Danny Wilde et le noble anglais Lord Sinclair.

La série, appelée "The Persuaders" de l'autre côté de la Manche est restée célèbre grâce à ses répliques ciselées, son humour très british mais surtout pour son générique, composé par un John Barry en grande forme.

Le trio parisien néo-musette Freebidou nous offre ici une revisite de ce thème, ou nos deux compères prendraient l'apéro dans un rade du 18ème arrondissement. Avec un whisky écossais sans aucun doute.

Freebidou - "Amicalement Vôtre" tiré de "Après l'orage" (2008, Chant du Monde)

Le Petit Prince
Pantha du Prince - Black Noise

DJ et Producteur allemand vivant entre Berlin et Paris (d'où son nom de scène à la française), Hendrik Weber alias Pantha du Prince publie ici son troisième album sur le très branché label Dial basé à Hambourg.

"Black noise" fait référence à certaines fréquences infra-basses, imperceptibles à l'oreille humaine, comme celles produites par un tremblement de terre. C'est donc dans les alpes, sur le lieu ou un village fut enseveli lors d'un glissement de terrain, que notre ami princier s'enferma pendant plusieurs mois pour trouver l'inspiration afin de produire son album.

Cloches d'églises disparues, vents électroniques et nappes phréatiques synthétiques: le paysage que nous propose Pantha du Prince est à la fois serein et toujours oblique, à l'image de sa pochette bucolique qui déconcertera plus d'un amateur de techno. Une électro organique et sereine qui me semble prometteuse, ou synthés et sons naturels convergent.

Finalement, cet album devrait être considéré comme l'œuvre fondatrice de la véritable tecktonik....

Pantha du Prince - "Black Noise" (2010, Dial)

"Es Schneit"

"The Splendour"

"Abglanz"

Essence de Dub
Dubphonic - Relight

Rallumer le feu, c’est l’exercice de pyromane auquel se livre ce trio parisien, Dubphonic, sur son album « Relight ». Sur les fagots du trip-hop, coule l’essence du dub. Que viennent quelques étincelles électroniques et la chose s’enflamme mieux qu’un napalm musical.

Ce trio, au sein du quel on retrouve entre autre Alexis Mauri (aka Alexkid), s’est fait connaître avec quelques remix (Richard Dorfmeister, Linval Thompson) avant le succès de leur premier album. Ce deuxième opus, électro-dub aux ambiances plus trip-hop, consacre un talent hautement inflammable.

Si le bilan carbone de l’album nous est inconnu, il y a suffisamment d’énergie pour carboniser tout tympan qui se respecte. Mais du feu lent du dub, de ceux qui vous consument lentement mais sûrement…

Dubphonic « Relight » (2009, Taktic Music)

"The Only Girl On Earth" Featuring Liset Alea"

"Ricky Balboa" Featuring Mau

Retour de Phase
Ol1v D-phase

J'aime ce morceau de techno presque minimale de notre ami Ol1v, qui mine de rien possède un son très moderne pour une production de 1998. Le morceau est extrait d'un live éxécuté dans une free-party à Marly-le-Roi (Yvelines) avec une boite à rythme, 2 claviers/sampleurs et pas d'ordinateur (chose qui n'existe plus trop de nos jours).

Si vous aimez le son, vous injecter une dose supplémentaire sur le myspace de D-Phase ou sur celui plus généraliste d'Ol1v ici

D-phase - "D-phase-E132" (1998)
 

En cadeau bonux une vidéo toujours envoyée par notre artiste numérique de Malakoff avec un live du DJ Edison, visiblement effectué avec l'aide d'un monome (probablement accompagné d'Ableton Live). Pour les néophytes, je précise que le Monome est un contrôleur midi qui permet de piloter un séquenceur et donc de pouvoir remixer selon son inspiration des boucles ou des synthés virtuels. Belle machine mais personellement je pense que mon prochain achat sera une APC40... Vous m'excuserez si je m'excite tout seul... Mais foin des considérations techniques sans aucun doute ennuyeuses: le résultat est superbe.

Freddy s'envoie en l'air
Freddy McQuinn - Exile on Brick Lane

On doit a Freddy McQuinn, dj parisien exilé à Londres, quelques prestigieuses collaborations avec des artistes comme Kezhia Jones ou M ainsi que quelques autres noms. Il était normal qu'après ces premiers faits d'armes, Freddy ait eu envie de voler de ses propres ailes. Avec "Exile on Brick Lane" il prend enfin son envol, pas de crash au décollage, juste quelques scratch au mixage...

On survole les terres de la pop, du jazz et du funk avec le commandant McQuinn aux platines. C'est certes son premier album solo mais on sent que l'homme a quelques heures de vol en studios. Le voyage est donc plutôt agréable, sans trous d'air ou couacs, de toute façon ce Paris-Londres ne passe pas par Rio.

Pour son premier vol solo notre commandant McQuinn démontre que son titre n'est pas usurpé. Des ambiances crooner jazzy ou bien pop et aériennes, on plane dans une atmosphère à la sérénité groovy.

Freddy McQuinn - "Exile on Brick Lane" (2009, Tumba Republic Records)

"Sixteen Pints"

"Sex Obsession"

"Chasing Rainbows"

Porto Dantesque
Sporto Kantes Act 1

L'abus d'alcools et de sons est parfois source de méprise, Il était tard, nous étions en soirée et dans la furie du son je crois entendre "un porto dantesque"... Quelque peu surpris par la réponse je reste couac quelques secondes avant de crier par dessus la musique au DJ mon peu d'intérêt pour le porto et de lui redemander quel cd passe. Quand j'entends enfin "Sporto Kantes"...

Il s'agit d'un duo, Benjamin Sportes et Nicolas Kantorovwicz. Ils nous offrent un grand millésime, mais point un Porto. Ils sont français, mais sans terre, sans terroir, ouvert aux influences. Aux vents mauvais des sons électro, dub, rock, ragga et autres, la plume s'agite et noircit quelques belles partitions. Un duo doué, un bricolage d'instruments et samples, bric à braque de sons aux univers richement colorés, déteignant d'un psychédélisme latin avec "Mundo" et son "vous êtes folle, vous devriez vous faire soigner ma petite". Mais la folie sait parfois se parer de ses plus beaux atours.

A mon avis cet "act.1", premier opus de leur trilogie est peut-être leur meilleur. Il est en tout cas devenu un incontournable de cette génération de musiciens français brassant samples et influences dans un joyeux patchwork de sons.

Sporto Kantes - "Act 1" (2001, Catalogue)

"Party"

"Mundo"

"Car Video"

"Buster"

Les Folles Soirées du Vicomte
Soel - Memento

Soel est le nom d'artiste du trompettiste guinéen Pascal Ohsé, compositeur bourlingueur qui a fini par poser ses valises à Paris. Il y rencontrera un autre habitué des pseudonymes en la personne de Ludovic Navarre, plus connu sous le sobriquet jazzy de St Germain.

Ce dernier est donc le producteur de ce premier opus aux teintes soul, funk et jazz.
Des couleurs musicales sans doute ramenées de voyages entre l'Europe et l'Afrique...

Soel - "Le Vicomte" tiré de "Memento" (2003, Warner Jazz)

La Caravane du Swing
Caravane Palace

"Quand la Caravane Palace, le public danse" ai-je pu lire d’eux… Une maxime que je fais mienne ! Et je suis bon public sur ce coup là, car il faut bien reconnaître qu’il semble impossible de contenir les tapotements de doigts et les battements de pieds à l’écoute de ce disque.

Improbable Django Reinhardt s’adonnant, sous acide, à l’électro-musette. Une musique qui tente quelque chose comme le grand écart entre le jazz manouche, le swing et les sons électro. On notera toute la souplesse de ce collectif de musiciens qui pratique la contorsion des genres avec grand talent. Une acrobatie entre instruments acoustiques et samples donnant des figures autant rythmées que mélodiques.

Une des meilleures récoltes de cette rentrée, un fruit au jazz goûteux et au groove juteux. Ce disque sera le plus efficace des cocktails multi-vitaminé, vous préservant l’hiver venu de tout risque de vous gripper le groove.

La prescription est à renouveler autant que de besoin.

Caravan Palace - "Caravan Palace" (2008, Café de la Danse-Wagram)

"Dragons"

"Ended with the Night"

"Susy"

"Sofa"

Le Rap de la RATP
Java Hawai

Le « Métro » comme ligne conductrice d’une plume trempée à l’encre des stations. Java nous écrit une musette rap au texte qui fleure bon le Bobby Lapointe et le Gainsbourg, quelque chose entre le neuf-trois et les anciennes Halles de Paris.

Quelque chose qui rappelle cette époque où n’existait pas encore les passes électroniques et où le ticket de métro était le meilleur ami de la jeunesse, recyclé qu’il était en volute jamaïcaine… Le Gainsbarre, lui aussi, en aura poinçonné des tickets, jusqu’à en bouffer les lilas par la racine…

Evidemment tout l’à propos du texte ne vaut qu’avec une parfaite maîtrise de la géographie du métro parisien… Aux exclus du cercle des initiés de la RATP, que l’on se rassure, le « Pépète » vous tintera aux oreilles comme une espèce sonnante et dansante… Et à ceux qui préfère le liquide, le « Sex Accordéon et Alcool » rassasiera l’homme du néothylique qui titube en vous…

Java - "Hawaï" (2000, Sony)

"Métro"

"Pépètes"

"Sexe, Accordéon et Alcool"

Le Réveil a Sonné
 Jackson 5

Le Rex Club fêtait au mois de mai ses 20 ans de musiques électroniques. Devenu bien trop pantouflard pour aller traîner mes baskets du côté des Grands Boulevards parisiens, je n'y suis pas allé… Mais le programme des deux semaines de réjouissances m'a ramené quelques années en arrière, un sourire extatique aux lèvres.

Un temple, un grand prêtre, un hymne : toute une époque qui a fait franchir les portes du XXIe siècle à la musique française (et même mondiale). Et, à notre époque sarkoziste post-matrixienne, "Wake up" n'a jamais été un mot d'ordre aussi contemporain.

Laurent Garnier - "Wake Up!" (1993, Fnac Music)

rex club
rex club

Concert de Trois Quart

Tout commence avec un film. Paru il y a quelques années, le documentaire "Dig!" retraçait depuis leurs humbles débuts deux petits groupes qui allaient devenir grands en prenant néanmoins des directions opposées: le Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols. L'intérêt majeur du doc est d'avoir été tourné sur une longue période (presque 10 ans). A leur débuts les Dandy Warhols et le Brian Jonestown font presque tout ensemble. Issus de Portland (comme Elliott Smith) les deux groupes s'apprécient, font des concerts en commun, tandis que leurs deux leaders, respectivement Courtney Taylor et Anton Newcombe sont des frères musicaux.
Devenus chacun des espoirs du renouveau Rock US, la bifurcation se situe au moment ou les Dandy Warhols sont signés par une major alors que le Brian Jonestown Massacre, et surtout Anton, refusant tout compromis avec les forces diaboliques du show business, préfèrent saborder le concert où assistent plusieurs représentants de major venus éventuellement les signer (une des séquence forte du film).

Le documentaire connaitra un franc succès et permettra au Brian Jonestown de se faire connaitre alors que les Dandy Warhols connaissent déja la célébrité. Alors que Courtney est le narrateur du film, rapidement on se prend à préférer le Brian Jonestown Massacre (je vais les appeler BJM à partir de maintenant pour faire plus sobre). Auto-destruction, alcool, drogues, bagarres: rock'n roll quoi. Sans doute l'attrait du musicien maudit, incompris et possédé. Depuis le succès de Dig, les concerts du BJM se remplissent de fans qui sont là moitié pour la musique (quand même) et puis aussi un peu pour voir comment les choses vont tourner.

Il faut dire que musicalement les BJM et leur leader Anton Newcombe, aussi talentueux qu'a l'égo surdipensionné et au caractère insupportable, laissaient présager le meilleur. Ci-dessous deux extraits de l'excellente compile "Tepid Peppermint Wonderland" qui résument bien leur début: le trés psychédélique "Anemone" suivi d'un titre joliment classique "Oh Lord".

The Brian Jonestown Massacre - "Anemone"

The Brian Jonestown Massacre - "Oh Lord"

Brian Jonestown Massacre Je suis donc allé voir le groupe en concert l'année dernière a l'Elysée-Montmartre ou pour seul scandale ce cher Anton nous a déblatéré que Paris avait une circulation à chier pour finir le show tout seul assis à jouer avec ses pédales d'effets. Moyen mais on est prêt à pardonner.

Rebelote la semaine dernière: le BJM passait au Bataclan. J'y suis donc allé afin de rejoindre un ami, animateur de la section pop de SFR, en espérant une séance de rattrapage.

Première surprise, retour de Joel Gion (au premier plan sur la photo), bien connu de ceux qui ont vu le film, sorte d'équivalent de Bez des Happy Mondays.
Et puis c'est le début du "concert de trois-quart": Anton décide de jouer sur le côté plutôt que de prendre la place de leader au centre, en tournant à moitié le dos à la salle. En suit une prestation trés moyenne du groupe. Le plus irritant étant sans doute les interminables pauses entre chaque chanson. Sans doute les musiciens du groupes sont syndiqués et ont droit à une pause règlementaire...

En sortant du concert j'ai rencontré par hasard (et pas rasé comme dirais Gainsbourg) deux membres du groupe local (par rapport à mon immeuble) de la Yox Machine, accompagné d'une amie qui en était à son troisième (et dernier ?) concert du BJM. La déception était relativement présente pour tous les fans du groupe... Personellement je n'y retournerai pas. Dommage.
Le Brian Jonestown Massacre avait le potentiel pour être un grand groupe de rock. On était prêt à pardonner toutes les frasques de leur leader. A condition de respecter le public venu assister à leurs concerts.

Peut-être que Dig aura finalement occulté le fait que malgré leur aspect légèrement plus sage, les Dandy Warhols est un groupe musicalement plus intéressant. Le chaos est-il nécessaire à l'énergie créarice ou est-ce la maitrise de ce même chaos qui fait ressortir le meilleur de nous même ? Vous avez quatre heures, à vos stylos.
Pour nous faire mentir, on finira sur un titre issu du dernier album du BJM paru il y a deux mois: un groupe définitivement à écouter si vous ne les connaissez pas.
Et définitivement à éviter en concert.

The Brian Jonestown Massacre - "Who Fucking Pissed On My Well?" tiré de "My Bloody Underground" (2008, Cargo Records)

La Griffe d’un Grand
Schifrin Les Félins

Dans la famille des félins, ce puma argentin n’est pas un inconnu pour la communauté d’Ultramagnétique. Après sa période parisienne Lalo Schifrin se fera les griffes sur les tapis jazzy du label Verve et en faisant jouer entre ses pattes, des noms comme Dizzy Gillespie, Stan Getz, Sarah Vaughan, Jimmy Smith…

Mais au début des années 60, l’insatiable appétit de notre puma l’amène à se tourner vers d’autres terrain de chasse : le cinéma. Cela tombe bien, le label Verve dépend des studios MGM… Son président le recommandera au producteur français de René Clément. Avec son talent musical et sa maîtrise de la langue de Molière notre petit puma n’aura pas de mal à se faire adopter par le grand cinéaste (on lui doit notamment « Paris brûle-t-il ? » « La Bataille du Rail »…)

On retrouve Alain Delon en proie traquée par les fauves de la mafia, croyant trouver refuge dans une villa, il tombe entre les pattes de panthères dont la très féline Jane Fonda. De cette ambiance de polar psychologique, Lalo compose une de ses premières BO. Au contact de René Clément il apprend beaucoup du cinéma, cette collaboration influencera l’artiste : « Si l’on compare ma carrière cinématographique à une maison, Les Félins en sont les fondations » explique-t-il. Et il est vrai que l’on sent poindre un son que l’on retrouvera dans son immense succès Bullit.

Je dois bien avouer un faible pour ce puma aux compositions racées et au rugissement si mélodieux. Cette partition, plus qu’un coup patte, est une véritable griffe, les premières empreintes d’un félin qui tracera sa route dans la jungle des BO.

Lalo Schifrin - "Les Félins" tiré de "Les Félins" (1964, EMI)

Lalo Schifrin - "Blues pour un Enterrement" tiré de "Les Félins" (1964, EMI)