Une voix presque hantée, assez terrifiante, qui m'a rebuté à la première écoute. Et puis j'ai été totalement hypnotisé par ce single robotique du groupe indie américain "Parenthetical Girls", combo qui nous vient de Portland.
Et puis quel meilleur titre que ce "Thank God It's Not Christmas" après cette orgie calorique que fut les fêtes ?
Une electro-pop simple mais sombrement efficace qui saura vous prendre par la main pour vous accompagner vers la pièce interdite au fond du couloir.
Vivement le prochain noël.
Parenthetical Girls - "Thank God It's Not Christmas" tiré de "The Christmas Creep" (2009, Slender Means Society)
Tout commence avec un film. Paru il y a quelques années, le documentaire "Dig!" retraçait depuis leurs humbles débuts deux petits groupes qui allaient devenir grands en prenant néanmoins des directions opposées: le Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols. L'intérêt majeur du doc est d'avoir été tourné sur une longue période (presque 10 ans). A leur débuts les Dandy Warhols et le Brian Jonestown font presque tout ensemble. Issus de Portland (comme Elliott Smith) les deux groupes s'apprécient, font des concerts en commun, tandis que leurs deux leaders, respectivement Courtney Taylor et Anton Newcombe sont des frères musicaux.
Devenus chacun des espoirs du renouveau Rock US, la bifurcation se situe au moment ou les Dandy Warhols sont signés par une major alors que le Brian Jonestown Massacre, et surtout Anton, refusant tout compromis avec les forces diaboliques du show business, préfèrent saborder le concert où assistent plusieurs représentants de major venus éventuellement les signer (une des séquence forte du film).
Le documentaire connaitra un franc succès et permettra au Brian Jonestown de se faire connaitre alors que les Dandy Warhols connaissent déja la célébrité. Alors que Courtney est le narrateur du film, rapidement on se prend à préférer le Brian Jonestown Massacre (je vais les appeler BJM à partir de maintenant pour faire plus sobre). Auto-destruction, alcool, drogues, bagarres: rock'n roll quoi. Sans doute l'attrait du musicien maudit, incompris et possédé. Depuis le succès de Dig, les concerts du BJM se remplissent de fans qui sont là moitié pour la musique (quand même) et puis aussi un peu pour voir comment les choses vont tourner.
Il faut dire que musicalement les BJM et leur leader Anton Newcombe, aussi talentueux qu'a l'égo surdipensionné et au caractère insupportable, laissaient présager le meilleur. Ci-dessous deux extraits de l'excellente compile "Tepid Peppermint Wonderland" qui résument bien leur début: le trés psychédélique "Anemone" suivi d'un titre joliment classique "Oh Lord".
The Brian Jonestown Massacre - "Anemone"
The Brian Jonestown Massacre - "Oh Lord"
Je suis donc allé voir le groupe en concert l'année dernière a l'Elysée-Montmartre ou pour seul scandale ce cher Anton nous a déblatéré que Paris avait une circulation à chier pour finir le show tout seul assis à jouer avec ses pédales d'effets. Moyen mais on est prêt à pardonner.
Rebelote la semaine dernière: le BJM passait au Bataclan. J'y suis donc allé afin de rejoindre un ami, animateur de la section pop de SFR, en espérant une séance de rattrapage.
Première surprise, retour de Joel Gion (au premier plan sur la photo), bien connu de ceux qui ont vu le film, sorte d'équivalent de Bez des Happy Mondays.
Et puis c'est le début du "concert de trois-quart": Anton décide de jouer sur le côté plutôt que de prendre la place de leader au centre, en tournant à moitié le dos à la salle. En suit une prestation trés moyenne du groupe. Le plus irritant étant sans doute les interminables pauses entre chaque chanson. Sans doute les musiciens du groupes sont syndiqués et ont droit à une pause règlementaire...
En sortant du concert j'ai rencontré par hasard (et pas rasé comme dirais Gainsbourg) deux membres du groupe local (par rapport à mon immeuble) de la Yox Machine, accompagné d'une amie qui en était à son troisième (et dernier ?) concert du BJM. La déception était relativement présente pour tous les fans du groupe... Personellement je n'y retournerai pas. Dommage.
Le Brian Jonestown Massacre avait le potentiel pour être un grand groupe de rock. On était prêt à pardonner toutes les frasques de leur leader. A condition de respecter le public venu assister à leurs concerts.
Peut-être que Dig aura finalement occulté le fait que malgré leur aspect légèrement plus sage, les Dandy Warhols est un groupe musicalement plus intéressant. Le chaos est-il nécessaire à l'énergie créarice ou est-ce la maitrise de ce même chaos qui fait ressortir le meilleur de nous même ? Vous avez quatre heures, à vos stylos. Pour nous faire mentir, on finira sur un titre issu du dernier album du BJM paru il y a deux mois: un groupe définitivement à écouter si vous ne les connaissez pas. Et définitivement à éviter en concert.
The Brian Jonestown Massacre - "Who Fucking Pissed On My Well?" tiré de "My Bloody Underground" (2008, Cargo Records)
Entre mon PC en phase terminale (Gomi au secours!) et le nouveau Mac qui vient d'arriver, j'ai eu quelques problèmes techniques récemment. Mais toujours gardons espoir. Les plantages informatiques, c'est un peu comme les pannes sexuelles, on finit toujours par trouver la solution sur internet.
Producteur de hip-hop Américain, natif de l'Oregon (comme Saint Elliott Smith), RJD2 a été souvent mis dans le même sac que d'autres artistes du même acabit
(c'est a dire rappeur américain blanc) comme DJ Shadow. Cependant, a la différence de ses confrères, RJD2 possède un penchant pop évident, qui se confirme d'album en album. Son gout de la mélodie est présent dés son premier album. Ici en extrait de ce dernier (je veux parler du premier en fait) un Ghostwriter au groove implacable, qui sera la bande son idéale a tout ceux qui songent sérieusement a s'acheter un skateboard passé trente ans.
RJD2 - "Ghostwriter" tire de "Deadringer" (2002, Definitive Jux)
Les Dandy Warhols font partie de cette vague récente néo-pop américaine, bobo-yankee, qui tient à ranimer le flambeau des sixties. Une sorte d'antidote aux daubes faussement électriques genre Green Day.
"Thirteen Tales..." est l'album le plus abouti du groupe et atteint le délicat point d'équilibre entre sa tendance à jammer à coup de larsens et son désir de trouver un son plus léché et pop. Le grand écart est toujours une position délicate, surtout lorsque l'on fait de la barre fixe, mais il s'effectue ici d'un balancier gracieux. L'album oscille entre le méga-tube "Bohemian Like You" (martelé par Vodafone en Angleterre), à la balade irrésistible comme "Godless", ici au premier poste d'écoute.
J'aime aussi "Get Off" pour son côté trés bière et d'une bonne humeur irrésistible: finalement un air plus léger qu'il n'en parait.
Mais de loin le meilleur, le sublime "Mohammed" tout en langueurs psychédéliques. D'une sensualité orientale que n'auraient pas renié les Led Zep, période "Kashmir". A écouter l'esprit reposé et les oreilles ouvertes, le paquet d'OCB pas trop loin quand même.
En supplément vidéo, je recommande chaudement le visionnage du fascinant documentaire "Dig", DVD sur la carrière du groupe et de leur "opposition" avec le Brian Jonestown Massacre, bande d'allumés géniaux dont on reparlera plus tard.
Happy, Happy Saturday.
The Dandy Warhols - "Thirteen Tales From Urban Bohemia" (2000, Capitol)
Par ou commencer ? Autant débuter avec le meilleur, le roi de la ballade lacrymale, l'homme aux bracelets de cuir et au coeur blessé: feu Elliott Smith. De son vivant, le compositeur est passé du statut de génie inconnu à celui de star potentielle mais improbable. Cela par la grâce du réalisateur Gus Van Sant, lui aussi originaire de Portland, Oregon, et fan inconditionnel qui décida d'incorporer une vieille chanson d'Elliott "Miss Misery" sur la bande originale de son fim "Good Will Hunting". Ce bijou folk vaudra à Elliott une nomination aux Oscars alors qu'il préfère de loin l'obscurité à la lumière.
Cependant cette renommée permettra au songwriter d'être découvert par les majors. "Speed Trials" est tiré de l'album "either/or", dernier opus de la période indépendante et qui annonce déja le chef d'oeuvre que sera "XO", publié 18 mois plus tard.
Une voix qui semble toujours prête à tomber, un talent naturel pour l'abime, et des mélodies à faire pleurer des cadres du FN: bienvenue chez Elliott Smith
Elliott Smith - "Speed Trials" tiré de "either/or" (1997- Kill Rock Stars)