Ce quator talentueux de producteurs et remixeurs a déja sorti nombre d'EPs mais un seul album, "Radio Free DC" paru en 2007. Fort Knox est un collectif basé à Washington DC, tout comme Thievery Corporation, avec qui ils collaborent régulièrement, l'un des membres de Fort Knox étant d'ailleurs signé sous le nom de "Thunderball" sur le label ESL.
Egalement propriétaires d'un label indépendant, Fort Knox Recordings, réputé pour ses productions electro-funky de bon goût, le collectif a sorti une première compilation "The New Gold Standard" en 2006. Il fut suivi d'une séquelle qui est sortie il y a quelques semaines.
Ma carte de crédit ayant l'âme parfois trop généreuse je n'ai pas encore pu acheter cette deuxième compil aussi je me contenterai de présenter le premier opus qui comblera les fans du genre. Du hip-hop à la funk en passant par les plongées downtempo, les Fort Knox ont toujours été éclectiques et c'est ce pour cela qu'on les aime. Des productions de qualité, souvent teintées de psychédélisme et toujours fournies avec un groove implacable qui ravira le DJ qui est en vous.
The Fort Knox Five - "The New Gold Standard" (2006, Fort Knox Recordings)
"Kool it Man"
"Salvador Diaspora" (FK5 Remix Feat Carlos Scorpiao)
Un superbe podcast de notre ami El Freeman en forme d'hommage à la musique psychédélique originelle, époque 67-70. Guitares en vrilles, chœurs ivres et forte attirance pour les solos décalés: rien ne vous sera épargné.
Les aficionados retrouveront sans peine tous leurs classiques (Doors, Floyd, Can, Jefferson Airplane) mais aussi quelques invités surprises comme Mayblitz, The Duke of Stratosphear ou le très beau "Le Prince en Otage" de Polnareff que je ne connaissais pas et qui est maintenant mon morceau préféré de celui qui à l'époque faisait scandale en montrant ses fesses.
J'ai toujours aimé le son psyché-rock, avant qu'il ne soit mal digéré par les musiciens prog-rock du milieu des années 70 (King Crimson, Yes...). Ce délicieux podcast vous replongera dans La musique d'un temps ou les buvards faisaient rire et ou les chemises
à fleurs n'étaient pas réservées à ceux qui ne savent pas s'habiller.
01 - Pink Floyd - Pow R. Toch H
02 - The Electric Prunes - Kyrie Eleison Mardi Gras
03 - The Beatles - Within You, Without You
04 - Michel Polnareff - Le Prince en Otage
05 - Jefferson Airplane - White Rabbit
06 - Mayblitz - Snakes and Ladders
07 - The Velvet Underground - I Can't Stand It
08 - Yes - We Have Heaven
09 - Serge Gainsbourg - Lunatic Asylum
10 - The Rolling Stones - 2000 Light Years From Home
11 - John Mayall - Medicine Man
12 - Led Zeppelin - No Quarter
13 - Deep Purple - Shield
14 - Aphrodite's Child - All The Seats Were Occupied
15 - Jimi Hendrix - Hey Baby
16 - Can - Spoon
17 - The Doors - Spanish Caravan
18 - Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son
19 - Cream - Sunshine Of Your Love
20 - The Duke of Stratosphear - 25 O'Clock
21 - Up in Smoke - Cheech and Chong's Acid
Natif de Londres (Ontario), Caribou est le pseudonyme de Daniel Snaith, musicien et compositeur canadien. Ayant un clair penchant pour les mélodies obliques et les ambiances psychédéliques, l'album de Caribou est un objet envoûtant à découvrir. Un foutoir finalement assez bien maîtrisé et qui possède le charme unique des grands espaces sonores.
J'aime le single "Bees", plutôt psyché-pop avec une pointe d'électro. Une musique qui plaira sans doute à ceux qui, lorsqu'ils étaient en culottes courtes, préféraient leur chambre en bordel.
Caribou - "Bees" tiré de "The Milk of Human Kindness" (2009, The Leaf Label)
J'ai découvert ce morceau grâce à l'excellent remix qu'en a fait David Holmes dans son album "Let's Get Killed". Un morceau langoureux et hypnotique qui m'a fait immédiatement chavirer, tout comme la poitrine de Scarlett Johansson.
Compagnon de route de Duke Ellington, Lionel Hampton, Count Basie ou Dexter Gordon (s'il vous plait) la batterie de Chico a accompagné les plus grands du jazz. L'album "The Gamut" fait la belle part aux percussions, à la flute et au son psychédélique en général. Il montre l'ouverture d'esprit d'un musicien qui ne se limitera pas à un son traditionnel du jazz mais sera fermement du côté des explorateurs du genre. Notre compère est d'ailleurs toujours actif et a sorti un EP l'année dernière alors qu'il va sur ses 87 ans...
Quant à ce "MSP" je ne sais toujours pas, une fois n'est pas coutume, si je préfère la version originale du batteur californien à celle du producteur irlandais, chacune ayant son charme.
Chico Hamilton - "MSP" tiré de "The Gamut" (1968, Solid State)
C'était du temps ou l'on faisait avec amour des compilations sur des K7 avec une belle pochette découpée dans un magazine. De cette époque ou l'on avait tout à découvrir musicalement, je me souviens vivement de ce morceau qui m'a frappé de plein fouet telle une gifle sonore: "Mother Sky" de Can.
Can est un groupe allemand qui n'a jamais voulu respecter les formats rocks, "Mother Sky" commence donc avec un solo de guitare pour se poser par la suite sur un groove de basse hypnotique, un chant aérien par le japonais Damo Suzuki, alors nouveau membre du groupe. Rare sont les morceaux expérimentaux qui procurent autant de sensations émotionelles.
Un groupe aujourd'hui culte et qui a inspiré des artistes aussi divers que Radiohead, The Fall ou PIL et dont on peut retracer la carrière à travers l'excellent double best of paru récemment ("Can Remastered").
Stéreolab ou l’art du bon dosage de la molécule acoustique. Ce groupe, créé au début des 90’s autour d’un duo franco-britannique, Laetitia Sadier et Tim Gane, reste cependant d’une notoriété discrète. L’alchimie musicale est là mais le précipité médiatique ne s’est point fait.
Le prix d’une intégrité musicale pour Stéréolab qui n’hésite pas, sous l’influence de sa chanteuse et compositrice française, à utiliser la langue de Molière. Un choix osé sur les terres de Shakespeare, un choix à contre courant de nombre de chanteurs hexagonaux… Le groupe, qui s’est étoffé depuis, en est pourtant à son 9° album et jouit d’une bonne renommée sur la scène pop underground londonienne et américaine.
Sortie cette rentrée, ce « Chemical Chords », est un accord chimique du meilleur précipité. Un fond de pop, une mesure de soul, un soupçon de BO et voilà l’éprouvette qui s’agite d’un groove oxydé aux acides. La potion n’est pas amère, c’est un filtre d’amour…
Tout commence avec un film. Paru il y a quelques années, le documentaire "Dig!" retraçait depuis leurs humbles débuts deux petits groupes qui allaient devenir grands en prenant néanmoins des directions opposées: le Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols. L'intérêt majeur du doc est d'avoir été tourné sur une longue période (presque 10 ans). A leur débuts les Dandy Warhols et le Brian Jonestown font presque tout ensemble. Issus de Portland (comme Elliott Smith) les deux groupes s'apprécient, font des concerts en commun, tandis que leurs deux leaders, respectivement Courtney Taylor et Anton Newcombe sont des frères musicaux.
Devenus chacun des espoirs du renouveau Rock US, la bifurcation se situe au moment ou les Dandy Warhols sont signés par une major alors que le Brian Jonestown Massacre, et surtout Anton, refusant tout compromis avec les forces diaboliques du show business, préfèrent saborder le concert où assistent plusieurs représentants de major venus éventuellement les signer (une des séquence forte du film).
Le documentaire connaitra un franc succès et permettra au Brian Jonestown de se faire connaitre alors que les Dandy Warhols connaissent déja la célébrité. Alors que Courtney est le narrateur du film, rapidement on se prend à préférer le Brian Jonestown Massacre (je vais les appeler BJM à partir de maintenant pour faire plus sobre). Auto-destruction, alcool, drogues, bagarres: rock'n roll quoi. Sans doute l'attrait du musicien maudit, incompris et possédé. Depuis le succès de Dig, les concerts du BJM se remplissent de fans qui sont là moitié pour la musique (quand même) et puis aussi un peu pour voir comment les choses vont tourner.
Il faut dire que musicalement les BJM et leur leader Anton Newcombe, aussi talentueux qu'a l'égo surdipensionné et au caractère insupportable, laissaient présager le meilleur. Ci-dessous deux extraits de l'excellente compile "Tepid Peppermint Wonderland" qui résument bien leur début: le trés psychédélique "Anemone" suivi d'un titre joliment classique "Oh Lord".
The Brian Jonestown Massacre - "Anemone"
The Brian Jonestown Massacre - "Oh Lord"
Je suis donc allé voir le groupe en concert l'année dernière a l'Elysée-Montmartre ou pour seul scandale ce cher Anton nous a déblatéré que Paris avait une circulation à chier pour finir le show tout seul assis à jouer avec ses pédales d'effets. Moyen mais on est prêt à pardonner.
Rebelote la semaine dernière: le BJM passait au Bataclan. J'y suis donc allé afin de rejoindre un ami, animateur de la section pop de SFR, en espérant une séance de rattrapage.
Première surprise, retour de Joel Gion (au premier plan sur la photo), bien connu de ceux qui ont vu le film, sorte d'équivalent de Bez des Happy Mondays.
Et puis c'est le début du "concert de trois-quart": Anton décide de jouer sur le côté plutôt que de prendre la place de leader au centre, en tournant à moitié le dos à la salle. En suit une prestation trés moyenne du groupe. Le plus irritant étant sans doute les interminables pauses entre chaque chanson. Sans doute les musiciens du groupes sont syndiqués et ont droit à une pause règlementaire...
En sortant du concert j'ai rencontré par hasard (et pas rasé comme dirais Gainsbourg) deux membres du groupe local (par rapport à mon immeuble) de la Yox Machine, accompagné d'une amie qui en était à son troisième (et dernier ?) concert du BJM. La déception était relativement présente pour tous les fans du groupe... Personellement je n'y retournerai pas. Dommage.
Le Brian Jonestown Massacre avait le potentiel pour être un grand groupe de rock. On était prêt à pardonner toutes les frasques de leur leader. A condition de respecter le public venu assister à leurs concerts.
Peut-être que Dig aura finalement occulté le fait que malgré leur aspect légèrement plus sage, les Dandy Warhols est un groupe musicalement plus intéressant. Le chaos est-il nécessaire à l'énergie créarice ou est-ce la maitrise de ce même chaos qui fait ressortir le meilleur de nous même ? Vous avez quatre heures, à vos stylos. Pour nous faire mentir, on finira sur un titre issu du dernier album du BJM paru il y a deux mois: un groupe définitivement à écouter si vous ne les connaissez pas. Et définitivement à éviter en concert.
The Brian Jonestown Massacre - "Who Fucking Pissed On My Well?" tiré de "My Bloody Underground" (2008, Cargo Records)
Nasser Bouzida, un nom à vendre des merguez hallal rue de la goutte d’or à Paris ou à prononcer des discours enflammés devant l’ONU. Un nom qui cache pourtant un artiste très doué, multi instrumentiste que l’on retrouve derrière «The Bongolian».
Un album fait maison qui témoigne du savoir faire du musicien. Des influences latines très percussions, bongo oblige, jusqu’aux sons plus jazz-soul, l’album retranscrit ces inspirations. Un son à l’ancienne qu’aucun sample ne vient pourtant conforter, l’artiste enregistrant lui même tous les instruments parfois aidé de quelques collaborations.
Ce percussionniste sait faire claquer ses bongos et insuffler du rythme à son œuvre. Ce n’est pas à coup de discours enflammés mais avec son groove incendiaire que ce Nasser là devrait se faire un nom…
The Bongolian - "Outer Bongolia" (2007, Blow Up Records)
On prend les mêmes et on recommence… En 1968, cinq ans après « La Panthère Rose », Blake Edwards fait à nouveau appel à Peter Sellers et au musicien Henry Mancini pour son film « The Party ». Un film que j’ai revu pour la nième fois ce week-end, une œuvre des plus burlesques, avare de dialogue, qui tire son comique des situations et du jeu d’acteur désopilant d’un très grand Peter Sellers.
Il y campe Hrundi Bakshi un acteur indien confondant de maladresse. Mis au banc d’Hollywood pour avoir, par mégarde, fait exploser le décor d’un tournage juste avant la séquence finale, il est suite à un quiproquo invité à une soirée huppée organisée par le producteur dont il vient de ruiner le film… Notre Hrundi Bakshi est la parfaite illustration de la théorie du chaos sauce curry. Les battements d’ailes de ce papillon bolywoodien suffiront à faire basculer la délicate harmonie de cette soirée guindée jusqu’à la scène finale, apothéose chaotique, où l’on retrouve dans une maison pleine de mousse des jeunes pacifistes, un ballet russe et un éléphant…
Henry Mancini compose une BO aux intonations jazzy et mélodieuses posant le décor de cette soirée huppée, comme un clin d’œil discret l’orchestre de la soirée joue même un des thèmes de « La Panthère Rose »… Une petite partition du bonheur bourgeois que vient bousculer le thème principal aux sonorités sixties et psyché.
Un exemple intéressant du blues psychédélique 60's américain, "Boogie Children" est une plainte électrique qui nous secoue les prises. Une perle cachée pour un musicien qui n'est connu que pour le morceau "Judy in Disguise" et qui disparaitra du devant de la scène immédiatement après ce succès. Un peu comme Carlos, surtout réputé que pour son tube planétaire "Big Bisous" et pour le fait de vider la piscine à Barclay quand il fait la bombe. Mais n'attaquons pas les morts. Même les gros.
Un blues envouté, plein de fantomes électriques. Après tout c'est normal: John Fred est de la Nouvelle-Orléans, époque pré-tornade.
John Fred and his Playboy Band - "Boogie Children" tiré de "Permanently Stated" (1968, Atlantic)
Vous ne connaissez pas Minnie Riperton ? Bon il est vrai qu’avec un nom qui semble prédestiné au second rôle dans un dessin-animé de Mickey-Mouse, cela n’aide pas. A l’écoute des morceaux proposés, voilà pourtant une chanteuse que vous n’êtes pas prêt d’oublier.
Talent précoce, cette jeune fille en fleur se fait repérer avec sa voix de diva. Elle intègre le groupe Rotary Connection avant d’être remarquée par Stevie Wonder qui la prend pour choriste. Il produira même un de ses albums, la petite graine de groove sait se choisir de solides tuteur.
Elle a la beauté éphémère du papillon, une voix qui a pris son envol émerveillant nos tympans pour finalement disparaître très jeune. Fauchée dans la fleur de l’âge à 31 ans elle laisse derrière elle quelques albums et certains morceaux fabuleux devenus des standards.
Le destin brisé d’une petite fleur dont le parfum de groove continue pourtant d’enivrer l’âme d’une soul mélodieuse et nostalgique.
Au départ, Cocorosie un duo plutôt folk-pop, assez psyché, créé en 2003 autour des 2 sœurs: Bianca "Coco" et Sierra "Rosie" Casady. Cet album, 3ème opus du groupe américano-canadien, est l’occasion d’une ouverture sur d’autres influences.
Pas de doute l’ouverture et le métissage sont au rendez-vous, à tel point que l’on a du mal à qualifier le résultat, notamment sur une des sélections en écoute: Japan. On croirait des hobbits, tout droit sortis d’un univers à la Tolkien, s’essayant au Dub après avoir dégusté une omelette aux amanites tue-mouche accompagnée d’elixir elfique…
Enigmatique composition de ce duo de malicieuses sorcières, à l’image de l’album, autant torturé que mélodique. La sœur Bianca fut élevée dans la tradition des indiens Anasazi par sa mère et son beau-père « Aigle du Ruisseau Guérisseur », ceci expliquant peut-être cela… On feindra à peine la surprise en apprenant que l’album a été enregistré en Islande avec le producteur de Bjork…
Parfait pour le tea-time en relisant « Alice au Pays des Merveilles », vous prendrez juste soin de remplacer la bergamote par le peyotl dans votre thé…
CocoRosie - "The Adventures of Ghosthorse and Stillborn" (2007, Touch and Go Records)