Duel #6 - David Bowie vs Peter Gabriel
David Bowie vs Peter Gabriel

A ma droite, le Thin White Duke, l'homme qui a inventé le glam-rock britannique et qui porte le nom d'une marque de couteau: David Robert Jones aka David Bowie. "Heroes" reste l'un de ses classiques, un chef d'oeuvre post-rock composé avec Brian Eno, en 1977, à l'époque ou Bowie était dans son époque berlinoise.

A ma gauche, un des grands expérimentateurs de la pop, ancien chanteur de Genesis et fondateur du grand label de world music "Real World": Peter Gabriel. Après 8 ans d'absence, le Gab nous sort un nouvel album solo, ne contenant que des reprises. Un choix intéressant et de bon goût au niveau des titres puisqu'en dehors du Bowie, on retrouve Radiohead, Elbow ou encore Bon Iver. Un gros travail d'orchestration qui plaira aux aficionados des cordes.

La version de Gabriel est sûrement moins évidente que le standard de Bowie mais sa progression dramatique est digne de la finale de "Nouvelle Star".

Alors le "Sledgehammer" ou "Ziggy Stardust" ? A vous de choisir !

David Bowie - "Heroes" tiré de "Heroes" (1977, RCA Records)

Peter Gabriel "Heroes" tiré de "Scratch My Back" (2010, Real World)

Duel #1 - GaltMcDermot vs Brian Auger
Ultramagnetique Duel 1

A ma gauche Galt McDermot, compositeur de la célèbre comédie musicale "Hair" immortalisée sur pellicule par Milos Forman en 1979. Une œuvre ayant fait scandale à l'époque, tirant à boulet rouge sur la guerre du Vietnam et dont les acteurs finissaient nus sur scène. La première représentation française révélera d'ailleurs Julien Clerc, qui rencontrera sur scène une jeune France Gall pas encore épilée.

A ma droite la reprise de Brian Auger, spécialiste du Hammond et grand vulgarisateur du jazz, au sens noble du terme, pendant les années 60. Une carrière riche, qui a atteint son sommet lors de ses collaborations avec la grande chanteuse Julie Driscoll (qui officie sur ce morceau).

Le tout constitue notre premier duel de versions.
Amis ultramagnétiqueurs, faites votre choix !

Galt McDermot - "Flesh Failures (Let the Sunshine In)" tiré de "Hair" (1979, RCA)

Brian Auger & Julie Driscoll "Flesh Failures (Let the Sunshine In)" tiré de "Get Auger-nized!: The Anthology" (2004, Castle Music)

Le Duc du Big Band
Duke Ellington - The Far East Suite

Son élégance lui vaudra le surnom de « Duke », une noblesse musicale qui sied à ce grand nom du jazz. Les armoiries de son duché sont fournies, on lui doit une grande influence dans le jazz et quelques standards, dont le fameux Caravan.

En 1966, après quelques tournées au moyen et extrême orient, il enregistre « The Far East Suite » sorte de carnet de voyage musical écrit a posteriori. Une oeuvre sans teinte orientaliste, pour faire exotique, facilité indigne d’un Duke. Si la partition est sans confrontation réelle avec les sons entendus ou les musiciens rencontrés, c’est que les influences du maître passe par une écriture jazzy très personnelle.

A écouter notamment le « Blue Pepper » petit bijoux de cuivres rutilants au swing poivré.

Duke Ellington - "The Far East Suite" (1966, RCA)

"Bluebird Of Delhi"


"Blue Pepper"

Le Roi de la Timbale
Tito Puente - Top Percussion

El Rey Del Timbal, ainsi était surnommé Tito Puente, percussionniste orfèvre, salsero endiablé et figure de proue des musiques latines. Un nom dont la seule énonciation suffisait à vous faire tendre la peau des timbales dans l’attente de la fureur du maestro...

Une carrière professionnelle commencée à 13 ans, les premiers disques sortis dans les 40’s, il deviendra même le « roi du mambo » devant Perez Prado ! Un titre qui n’est pas usurpé pour qui connaît le spectre musical de Tito, du mambo à la Salsa en passant par le latin jazz, ce qui lui permettra de pousser le son avec des gens comme Miles Davis ou Dizzy Gillepsie…

Tito devient lui même une référence pour tous les percussionnistes, son orchestre est une école qui verra passer les plus grands noms, Ray Baretto,  Mongo Santamaria… C’est avec ce dernier qu’il enregistre en 1957 l’album « Top Percussion ». Mongo, fut initié à Cuba aux rythmes sacrés africains par son grand-père, un authentique esclave noir déporté d’Afrique, un héritage qu’il partage avec Tito lors de ces sessions en studio. Un album qui alterne les rythmiques cubaines traditionnelles et quelques influences plus modernes.

C’est le cas de Ti Mon Bo qui, pour un morceau enregistré en 1957, ne lasse pas de m’étonner par la modernité du son. Autour d’une ligne de basse, autant immuable qu’hypnotique, qui donne sa respiration et son groove au morceau, les musiciens construisent un triptyque rythmique. Bongos, congas et timbales composent les uns les autres autant qu’ils s‘imposent dans des solos.

Un morceau qui renvoi le percussionniste amateur que je fus à l’abyssale profondeur de son insignifiance…

Tito Puente- "Ti Mon Bo" tiré de "Top Percussion" (1958, RCA)

The Party ou la Relecture Indienne de la Théorie du Chaos
The Party
On prend les mêmes et on recommence… En 1968, cinq ans après « La Panthère Rose », Blake Edwards fait à nouveau appel à Peter Sellers et au musicien Henry Mancini pour son film « The Party ». Un film que j’ai revu pour la nième fois ce week-end, une œuvre des plus burlesques, avare de dialogue, qui tire son comique des situations et du jeu d’acteur désopilant d’un très grand Peter Sellers.

Il y campe Hrundi Bakshi un acteur indien confondant de maladresse. Mis au banc d’Hollywood pour avoir, par mégarde, fait exploser le décor d’un tournage juste avant la séquence finale, il est suite à un quiproquo invité à une soirée huppée organisée par le producteur dont il vient de ruiner le film… Notre Hrundi Bakshi est la parfaite illustration de la théorie du chaos sauce curry. Les battements d’ailes de ce papillon bolywoodien suffiront à faire basculer la délicate harmonie de cette soirée guindée jusqu’à la scène finale, apothéose chaotique, où l’on retrouve dans une maison pleine de mousse des jeunes pacifistes, un ballet russe et un éléphant…

Henry Mancini compose une BO aux intonations jazzy et mélodieuses posant le décor de cette soirée huppée, comme un clin d’œil discret l’orchestre de la soirée joue même un des thèmes de « La Panthère Rose »… Une petite partition du bonheur bourgeois que vient bousculer le thème principal aux sonorités sixties et psyché.

Henry Mancini - "The Party" (1968, RCA/BMG)

"The Party (vocal)"

La Bat-Compil de toute Chauve-Souris qui se Respecte
Batman
Si la nuit tous les chats sont gris, la chauves-souris s’habille de noir, surtout quand elle s’appelle Batman. A tous ceux qui cultivent une secrète vocation de défenseur de la veuve et de l’orphelin, vêtu d’un latex noir seyant, cette musique est à télécharger dans votre bat-pod.

Une BO à l’image de la première série Batman diffusée dans les 60’s, un esprit très BD. Ecrit par Neal Hefti, on retrouve le seul, l’unique, le véritable générique. Adulé de générations en générations par des chauves-souris reconnaissantes à un Batman de les avoir extirpées de leur image de bêtes diaboliques pour en faire des vengeurs masqués populaires.

Le compositeur ne s’est pas contenté de décliner le même thème, il en a aussi créé de nombreux autres, comme en témoigne cette compilation qui devrait réjouir tous les Bat-Boys et autres oiseaux de nuit.

Un générique qui est un modèle du genre, un peu à l’image des James Bond. Un thème dont l’excellence vaut évidence, la musique colle aussi sûrement au personnage que le latex au héros.

Neal Hefti - "Batman Theme" tiré de "Batman Theme" (1966, RCA)

Neal Hefti - "Mother Gotham" tiré de "Batman Theme" (1966, RCA)

Sweet Jane
Sweet Jane
Sans doute la plus fascinante version de "Sweet Jane", meilleure encore que l'originale du Velvet Underground. Et puis les canadiens de Cowboy Junkies ont une bien belle chanteuse !
Le morceau est devenu connu grace à sa présence sur l'excellente bande originale du film "Natural Born Killers" d'Oliver Stone.

Cowboy Junkies - "Sweet Jane" tiré de "The Trinity Session" - (1988, RCA)

Musique de Déliquants
Delinquent Habits
Une bombe hip-hop de 96, concoctée par le duo de L.A Delinquent Habits.

C'est un morceau que je joue à quasi tous mes set de DJ de par son aspect à la fois mélodieux et dur. Si vous vous lassez de tous ces morceaux de hip-hop qui se ressemblent, peut-être trouverez vous ici votre salut.

Cuivres Mariachis et flow implacable, impossible de résister à ces déliquants.

Delinquent Habits - "Tres Delinquentes" tiré de "Tres Delinquentes" (1996, RCA)