Chamallows Groove
Dou-Da-Dou

C’est la rentrée ! On espère que vous n’avez pas trop abusé des substances illicites. Je pensais aux marinades et mojitos, néfastes pour le développement durable de votre bilan sanguin… Pour ce qui est des nourritures spirituelles on espère que nos sélections vous auront permis d’affronter la torpeur des siestes et la chaleur des dancefloor !

C’est reparti pour notre quatrième saison (déjà…) On essayera d’ouvrir, de temps à autre, notre horizon : interview d’artistes, regard sur d’autres arts (notamment la BD, les livres)… Mais sans jamais se départir du groove qui brûle en nous ! On reprend en douceur avec cette compilation aux saveurs de nostalgie et de chamallows.

La chanson française des années 60 et 70 réserve parfois quelques surprises quand elle s’aventurait dans le psyché. « Dou Da Dou : the unlimited french lost catalogue » une compilation dénichée par le plus grand des hasards au fin fond d’une boutique de BD d’occasion…

Une sélection très intéressante entre psyché, groove et kitsch. Des morceaux souvent cultes auprès de certaines faunes musicales, avec même quelques participations prestigieuses, France Gall, Demis Roussos, François de Roubaix… Avec ce dernier, et d’autres, ce sont aussi les musiques de films ou de séries qui sont dépoussiérés.

A commencer par le superbe « Dou Da Dou » de Michèle Richard (actrice et chanteuse canadienne) sur une composition de Henri Salvador pour le film « L’Explosion ». Fondant comme un chamallow !

On poursuit avec Marcel Zanini, clarinettiste et jazzman reconnu, sur une reprise déjanté et humoristique du standard brésilien « Nao vem que nao tem » de Carlos Impérial. Le titre sera à nouveau repris par Brigitte Bardot « Tu veux ou tu veux pas »…

Arrive ensuite Demis Roussos & Stelios Vlavianos sur un morceau qui n’est que la face B du 45 T sorti en 1972, BO de la série « Le Jeune Fabre » suite de la série « Belle et Sébastien ». Un morceau assez étonnant, pour un générique télé d’époque, avec ses lignes de basse et flutte traversière hypnotiques.

« Dou Da Dou : the unlimited french lost catalogue » (2005, Vadim Music)

Michele Richard "Dou Da Dou"

Marcel Zanini "Wana Nene Wana Nana"

Demis Roussos et Stelio Vlavianos "A Travers Montmarte"

Mikis le Grec
mikis theodorakis - zorbas ballet

Surtout connu pour sa splendide BO de « Zorba le Grec », Mikis Théodorakis est paradoxalement trop connu pour cette œuvre au point d’en être emprisonné, un comble pour cet artiste qui aura passé de nombreuses années enfermé pour ses idéaux de liberté et de justice.

Car Mikis est de la trempe des grands, de ces génies de la musique, à l'égal de Ravi Shankar ou Miles Davis, qui ont traversé la partition du 20° siècle en y écrivant une œuvre indélébile. L’homme vaut autant que sa musique, jeune résistant sous les nazis il n’aura eu de cesse de combattre jusqu’à la dictature des colonels grecs. Un engagement qu’il paiera au prix fort de l’exil et de la prison, avant de finir député au terme de son chemin de croix.

Ses différents exils forcés ou volontaires le mèneront plusieurs fois à Paris, il y fera le conservatoire dans les années 50, développant sa fibre classique. Il y reviendra dans les 70’s en symbole de la résistance, exilé par des militaires contraints à le libérer sous la pression internationale. Pour rester dans la force du symbole, lors de ces concerts en France, il avait souvent pour chauffeur un certain François Mitterrand…

S’il est donc connu du grand public pour cette musique de film et ses thèmes traditionnels grecs, son œuvre classique reste méconnue bien que reconnue des plus fins mélomanes. L’Orchestre Symphonique de Montréal sous la baguette de Charles Dutoit s’attaque, ici, au thème de Zorba réécrit par Mikis pour ce genre d’orchestration. Il y a aussi ce thème « Danse d’amour » quelque chose entre « Pierre et le Loup » et le « Seigneurs des Anneaux »…

La Grèce brûle peut-être son argent dans un feu de paille boursier, le foyer de sa culture continue d’irradier de quelques valeurs sûres…

Mikis Theodorakis « Zorbas Ballet » (2004, Decca Music)

"Zorba"

"Dance D'amour"

Duel #7 - Randy's All Stars vs Big Horns B
Randy's All Stars vs Big Horns B

Une des plus connues BO de série, un modèle du genre, Lalo Schifrin à la baguette… Tout est donc là pour que l’on assiste à un match de grands, on boxe chez les poids lourds même si les candidats sont moins connus que l’illustre compositeur de Mission Impossible. Leurs versions ont le mérite de changer des reprises big-band assez classiques

A ma droite, pesant lourd de dreads, il fallait bien tout un collectif de musiciens jamaïcains du Randy’s Studio à Kingston pour relever cette mission impossible.

A ma gauche, Big Horns B, challenger peu connu et découvert sur une compilation du label Mr Bongo, une référence à vous faire monter sur le ring pour un remix jazz & groove.

Entre le jeu de jambe jamaïcain et l’upercut londonien, à vous de choisir…

Randy’s All Stars « Mission Impossible » tiré de « Randy’s 17 North Parade » (1997, Pressure Sounds)

Big Horns B « Mission Impossible » tiré de « A Night At The Jazz Rooms » (2007, Mr Bongo Records)

Clint, Ennio & Lalo
Oddjob - Clint

Une pochette sobre au design de killer, un quintet de jazz suédois reprenant les BO des films de Clint Eastwood grande époque, il ne m’en fallait pas plus pour dégainer la carte bleue…

Clint, explique Oddjob, fait partie de ces gens qui n’ont pas besoin de nom, leur prénom suffit… « Clint » est un album hommage au grand acteur, réalisateur et compositeur, particulièrement les années 60 et 70, les plus riches du point de vu des BO avec les œuvres d’Ennio Morricone ou Lalo Schifrin pour citer les plus connus.

Ce jazz scandinave, aux airs de banquise que l’on verrait bien en BO d’un bon Ingmar Bergman, s’aventure bien au sud. Le viking vient chauffer un peu le cow-boy solitaire des westerns spaghetti et la faune urbaine de l’inspecteur Harry.

La poudre parle… De celle qui vous chante un requiem, avec ses bouffées d’angoisse musicale et ses partitions pour volcan scandinave. Mais aussi de celle qui vous transporte au royaume d’Asgard béat de psychédélisme et de mélodies.

Un album complexe, mélodieux et torturé, entre banquise aride du jazz et désert gorgé de groove. Un millésime qui se bonifie à chaque écoute, pour une fois Clint accepterait bien quelques glaçons suédois dans son whisky…

Oddjob « Clint » (2010, ACT Music)

"Musical Pocket Watch" (Morricone - For A Few Dollars More)

"Ecstasy Of Gold" (Morricone - The Good, The Bad & The Ugly)

"Magnum Force Theme" (Schifrin - Magnum Force)

UM Podcast #29 : Juanito - French Touch Connection
French Touch Connection Podcast

Rien à voir avec la nouvelle génération de dj en vogue, et pourtant, eux aussi ont contribué à l’aura musicale hexagonale…

Si cela a la saveur des années soixante et soixante-dix, le patchouli prend vite un goût de Tabasco… La sélection ressemble à une de ces partitions perforées pour orgue de barbarie, perforée à coup d’AK47… Voilà pour la musique, pour les paroles on retrouve la gouaille d’un Audiard, une ponctuation à coup de silencieux, l’accent tonique étant mis sur le Beretta…

Un florilège de BO françaises
Des noms connus, aux morceaux oubliés
Des films mythiques, aux navets mystiques
Cela fleure bon la poudre et l’alcool frelaté…

De la schnouf dans le groove!
Du rififi dans le mix!

Juanito - "French Touch Connection"
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Tracklisting:

01 - Dernier domicile connu - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)
02 - Je n’avais qu’un seul mot à lui dire - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Anna, 1966)
03 - Route de nuit - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
04 - Adieu l’ami - François De Roubaix (Adieu l’Ami, 1969)
05 - Ne nous fâchons pas - Bernard Gérard (Ne Nous Fâchons Pas, 1965)
06 - Joe - Michel Magne (De La Part Des Copains, 1970)
07 - Le crocodile porte-clé - Bernard Gérard (Des Vacances En Or, 1970)
08 - Olivier - Francis Lai (La Leçon Particulière, 1968)
09 - Cadavres en série - Serge Gainsbourg (Le Pacha, 1968)
10 - Les cadences infernales - Vladimir Cosma (La Zizanie, 1978)
11 - Yacht - François De Roubaix (L’homme Orchestre, 1970)
12 - Tamouré - Michel Magne (Les Tontons Flingueurs, 1963)
13 - Chewing-gum attack - Vladimir Cosma (Rabbi Jacob, 1973)
14 - Youkoun-Koun - Georges Delerue (Le Corniaud, 1965)
15 - La scoumoune - François De Roubaix (La Scoumoune, 1972)
16 - Play Dirty - Michel Legrand (Enfants de Salauds, 1968)
17 - Flirt à Cocody - Michel Magne (Le Gentleman De Cocody, 1963)
18 - Générique - Michel Magne (Mélodie En Sous-sols, 1963)
19 - La dame dans l’auto - Michel Legrand (The Lady in a Car with Glasses and a Gun, 1970)
20 - Cine Qua Pop - Michel Magne (Tout Le Monde Il Est Beau, Tout Le Monde Il Est Gentil, 1970)
21 - Nues dans l’eau - Georges Garvarentz (Sapho, 1970)
22 - Pop Mod - Claude Bolling (Le Magnifique, 1973)
23 - Soirée Jerk chez les Dumonceau - Michel Legrand (Tendre Voyou, 1966)
24 - Haschisch Party - Georges Garvarentz (Un Beau Monstre, 1970)
25 - Danger - Serge Gainsbourg et Jea-Claude Vannier (Cannabis, 1970)
26 - New Délires Again - Serge Gainsbourg et Michel Colombier (Manon 70, 1968)
27 - Largo - Bach, Michel Magne et les Swingles Singers (Galia, 1965)
28 - Dernier domicile connu (autre version) - François De Roubaix (Dernier Domicile Connu, 1969)

La Femme, le Serpent et l’Apartheid
Glenda - Snake Dancer

Voilà une bizarrerie fruit du hasard et de la curiosité de mes recherches. Une BO aux sons afro soul extraite d’un film underground dans l’Afrique du Sud des années 70. Une histoire, basée sur des faits réels, mettant en scène une enseignante devenue danseuse érotique se produisant avec un serpent… Le décalage avec le régime de l’Apartheid ne pouvait qu’attiser ma curiosité. La jeune femme blanche subira, évidemment, les foudres du pouvoir et l’ombre de la censure.

La musique du film n’est pas en reste, parcourant sons africains, influence des BO européennes et soul-funk américaine, la partition est une subversion raciale métissant les genres. La BO, signée Zane Cronje et Charles Segal, a pourtant bien failli être perdue, jusqu’à sa redécouverte au fin fond d’un catalogue allemand… Il eut été dommage de perdre pareil trésor, je ne sais ce que vaut le film, mais la BO vaut le détour.

Il y a plus que le symbole phallique dans ce serpent et cette danseuse, il y a cette femme qui croque la pomme au goût de liberté. Saveur d’espérance, espoir de chasser le reptilien Apartheid de l’Eden Sud-africain… Un de ces pépins plantés dans la terre aride des afrikaners qui finiront par récolter la liberté d’un certain Nelson...

Glenda Snake Dancer (1976, CBS Records)

"The Hustler"

"Get It On With Music"

Duel #1 - GaltMcDermot vs Brian Auger
Ultramagnetique Duel 1

A ma gauche Galt McDermot, compositeur de la célèbre comédie musicale "Hair" immortalisée sur pellicule par Milos Forman en 1979. Une œuvre ayant fait scandale à l'époque, tirant à boulet rouge sur la guerre du Vietnam et dont les acteurs finissaient nus sur scène. La première représentation française révélera d'ailleurs Julien Clerc, qui rencontrera sur scène une jeune France Gall pas encore épilée.

A ma droite la reprise de Brian Auger, spécialiste du Hammond et grand vulgarisateur du jazz, au sens noble du terme, pendant les années 60. Une carrière riche, qui a atteint son sommet lors de ses collaborations avec la grande chanteuse Julie Driscoll (qui officie sur ce morceau).

Le tout constitue notre premier duel de versions.
Amis ultramagnétiqueurs, faites votre choix !

Galt McDermot - "Flesh Failures (Let the Sunshine In)" tiré de "Hair" (1979, RCA)

Brian Auger & Julie Driscoll "Flesh Failures (Let the Sunshine In)" tiré de "Get Auger-nized!: The Anthology" (2004, Castle Music)

Jazz Sous Injections
Elmer Bernstein - The Man With The Golden Arm

Elmer Bernstein, à ne pas confondre avec Leonard Bernstein (West Side Story), fut un compositeur autant doué que généreux, il laisse derrière lui plus de 250 compositions… On retiendra quelques standards, Les Dix Commandements, Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion, Les Blues Brothers… Il y aura eu aussi Y a-t-il Un Pilote Dans l’Avion ou SOS Fantomes, être prolixe vous mène parfois loin, trop loin…

Mais il y a The Man With The Golden Arm… Petit bijoux de BO jazz. Le grand Otto Preminger y filme Frankie Machine (Frank Sinatra) en « bad boy », un rôle de composition évidemment… Destin brisé d’un homme héroïnomane qui tente, après une cure de désintoxication, une carrière de batteur. Ses mauvaises fréquentations et ses vieux démons seront autant de couacs dans sa partition. Un film au thème sulfureux pour l’Amérique puritaine des années 50, mais qui vaudra à Frank Sinatra d’être nominé aux Oscars.

Elmer Bernstein compose un thème puissant, une des premières BO jazz du cinéma. Un succès qui ne doit rien au hasard, le talent est là, les collaborations aussi, Le jazzman Shorty Rogers aux arrangements, et d’autres, Bud Shank, Pete Candoli…

A mesure que Frankie Machine s’injecte son poison
Elmer sent couler en lui le fluide du jazz
Et l’oreille se prend son « fix » de notes…
On en redemande…

Elmer Bernstein « The Man With The Goden Arm » (1955/2006, Fresh Sound Records)

"Frankie Machine"

"The Fix"

"Return Of The Man"

Réplicants
Vangelis - Blade Runner

Un auteur que j'ai oublié avait défini la science-fiction comme de la "philosophie populaire". Déclaration sans doute un peu pompeuse mais finalement assez vraie. A partir d'un concept scientifique, la (bonne) SF revient toujours vers l'humain, son identité et sa relation avec son environnement.

Blade Runner est un classique qui répond à cette définition. Le récit est finalement assez simple pour l'adolescent moyen américain: le héros est chargé d'éliminer de méchants androïdes à tout point ressemblant aux humains. Une trame assez éloignée du roman originel "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" écrit en 1968 par le génial Philip K. Dick.

Cependant l'ambivalence que fait planer le réalisateur Ridley Scott sur la nature même du personnage de Deckard (humain ou robot lui-même) laisse suffisamment d'interprétations ouvertes pour que chacun se fasse son opinion et s'écarter du banal film d'effets spéciaux.
Il en faut cependant plus pour faire un film culte. Panneaux publicitaires géants, pluie incessante et néons intermittents: l'esthétique du film donne une dimension supplémentaire et désespérée au récit, bien loin des visions naïves qui peuplent la plupart des films du genre.

Bien entendu, la musique est toujours l'alter-ego indispensable de l'image. "Blade Runner" restera sans doute l'œuvre majeure de Vangelis. Ce compositeur grec aura vécu les prémices de la gloire dans les années soixante avec son groupe Aphrodite's Child, formé avec un autre hellène à la pilosité intense, sorte de Barry White athénien: j'ai nommé Demis Roussos.

Vangelis connaîtra par la suite une belle carrière à Hollywood. "Blade Runner" sera son deuxième film outre-Atlantique après "Les chariots de Feu" en 81 qui lui fera gagner un Oscar.
La musique de "Blade Runner" est sombre, synthétique mais finalement peu chargée. Une puissance émotionnelle intacte et un son finalement assez en avance sur son époque ou se mêlent nappes de synthés analogiques et mélodies de piano ou de saxophone.

Pour conclure, je vous laisse en compagnie de la scène mythique ou Rutger Hauer, un être artificiel et humain, acceptera finalement de mourir... en regrettant seulement que ses souvenirs soient perdus à tout jamais, comme des larmes dans la pluie...

Vangelis - "Blade Runner" (1982, Warner)

"Main Title"

"Memories of Green"

"Tears in Rain"

Le Groove de la Jungle
Jungle Book

Le Livre de la Jungle, un des meilleurs dessins animés, est aussi, et surtout, la plus groovy des BO de Disney. Shere Kan, le tigre, le mangeur d'homme, étant de retour, l'enfant Mowgli est emmené par la panthère Bagheera. A la recherche du village des hommes, ce parcours dans la jungle est une leçon de vie autant qu'une initiation musicale.

Il y a d'abord le poids lourd de la sélection, le colonel Hathi, avec sa marche militaire d'éléphant. Facétieux pachydermes au groove autant martial que cartoon. Vient la rencontre avec King Louie, le roi singe à la recherche du secret du feu, un swing incendiaire porté par la voix du chanteur Louie Prima. Puis vint Kaa et son sifflement, hypnotique et inquiétante berceuse d'un serpent à la langue fourchue.

C'est à mon avis, de loin, la meilleure BO de Disney. Une des rares que l'on puisse écouter sans regarder le dessin animé. Succès confirmé de génération en génération, des trois pommes aux fruits plus murs, on croque…

On frémit encore du feulement racé de cette BO, la quarantaine passée, Bagheera a conservé tout son groove.

The Jungle Book (1967, Walt Disney Records)

"Colonel Hathi's March"

"I Wan'na Be Like You"

" Trust In Me"

Budd Le Bluffeur
Roy Budd - Vigilante

Jazzman anglais devenu compositeur de musique de film, Roy Budd reste cependant d’une notoriété plutôt confidentielle. L’artiste s’est pourtant illustré avec quelques BO de film B cultes. Nous ferons donc œuvre de réhabilitation musicale.

L’homme ne manque pas de culot, pour être pris pour sa première BO, il n’a pas hésité à envoyer une cassette avec certains morceaux moins connus d’artistes reconnus… Reçu par le réalisateur, à la question de savoir quelle musique il comptait composer pour la scène finale, Roy eu cette réponse : «Il n’y a rien qui impressionne plus que du silence». «C’est merveilleux ; allez-y!» s’entendit-il répondre, j’adore…

Un bluff qui lui permettra d’emporter la mise et de rentrer à la table de jeu des grands. Il abattra par la suite quelques mains gagnantes comme ses compositions pour "Get Garter" ou "Black Windmill", sur laquelle on retrouve son influence jazzy.

Roy Budd - "Vigilante!" (2004, Sanctuary Records)

"Get Carter"

"Diamonds"

Rouge
Mogwai - Zidane - Un Portrait du 21ème Siècle

Je me suis enfin décidé à regarder en DVD "Zidane - Un portrait du XXIème siècle" hier soir. Il faut dire que le titre ronflant me faisait un peu peur malgré l'attirance pour le concept. Le film dure le temps d'un match et 17 caméras ne quittent jamais notre demi-dieu donneur-de-coup-de-boule national.

L'expérience visuelle est assez fascinante et plaira probablement autant, sinon plus, à ceux qui n'apprécient guère le foot qu'aux aficionados du ballon rond.
Le son tout d'abord est extraordinaire: on entend véritablement le match plus qu'on ne le voit. Tacles, respirations, broncha du public madrilène. On se détache assez vite d'un quelconque intérêt pour le match vu qu'il n'y a quasiment aucun plan large montrant une action de jeu. On s'immerge dans une sorte de transe que certains définiront comme un ennui profond et d'autres, comme moi, comme une plongée dans des jeux du cirque sous acide.

La musique de Mogwai, groupe écossais qui a toujours eu une propension aux envolées de larsen, est un élément primordial du film. Un bande son tout en apesanteur et qui ne vient jamais prendre le pas sur les images.

Zidane est le plus souvent seul, sans ballon, suivant le déroulement du jeu du regard. Ses yeux hésitent toujours entre la détermination du combattant et la lueur triste d'un homme rendu seul par le regard de tout un stade.

Sang, sueur, synthés, solitude et carton rouge à la 80ème minute: les envolées de Mogwai sont les parfaites représentations du plus individualiste des sports collectifs.
Finalement le titre n'était pas si prétentieux.

Mogwai - "Zidane - Un Portrait du 21ème Siècle" (2006, Wall of sound)

"It Would Have Happened Anyway"

"Wake Up and Go Berserk"