De la Genèse Jamaïcaine
Burning Spear - Studio One

Premier d’entre les premiers, en référence au titre d’un de ces albums remettant l’homme noir dans sa juste place au sein de l’histoire, il est aussi le dernier d’entre les derniers, brontosaure jamaïcain qui a toujours su rester sur le devant de la scène.

Winston Rodney, aka Burning Spear, s’il fut de la genèse du reggae, est aussi un des grands apôtres du rastafarisme. Son combat pour promouvoir l’homme noir et les valeurs rastas fut de tout temps, il est celui qui a réhabilité la mémoire de Marcus Garvey, célèbre syndicaliste américain né en Jamaïque.

C’est sur les conseils même de Bob Marley que Winston alla enregistrer ses premiers albums à Studio One à l’aube des années 70. Le prêcheur avait trouvé sa paroisse… Avec Coxone Dodd, producteur et fondateur du label, il écrirait les premières pages de son évangile musical. Une oeuvre compilée par Soul Jazz Records dans son travail d'exégèse des enregistrements de Studio One.

Un mysticisme qui s’écoute autant qu’il s’inhale avant de rejoindre la terre promise de Kingston…

Burning Spear « Sounds From The Burning Spear » (2004, Soul Jazz Records)

"Rocking Time"

"Joe Frazier"

Ernest and Friends
Ernest Ranglin - Below The Bassline

Cette chronique aurait pu également appartenir a la catégorie reggae vu la longueur du CV du guitariste jamaïcain Ernest Ranglin dans ce domaine.

Guitariste virtuose, il fut un des pionniers du Ska, époquedorée ou il fit ses gammes avec le pianiste Monty Alexander. Pendant les années 60 le petit Ernest devint l'un des piliers de l'équipe de musiciens jouant pour le label Studio One, et collabora également avec Lee Scratch Perry ou encore Prince Buster. Pour la petite histoire, Ranglin composa également la plupart des "morceaux locaux" de la bande originale du premier James Bond, Dr No, bien que seuls les interprètes furent crédités (Byron Lee & The Dragonnaires).

Monument de la musique jamaïcaine Ernest Ranglin était cependant, et avant tout, un amoureux du Jazz. Il développera son art à Londres et enregistra de nombreux albums du genre tout au long de sa carrière.

"Below The Bassline" voit ici les influences de son île natale revenir au galop. Avec le batteur Idris Muhammad et surtout l'excellent bassiste Ira Coleman, cet album voit la fusion de deux genres majeurs de la musique se faire dans une douceur toute tropicale.

Ernest Ranglin - "Below The Bassline" (1996, Island)

"Bourbon Street Skank" (1996, Island)

"Surfin'"

Goodbye 2009
Keith Moon Party

Et bonjour 2010 !

Nous vous souhaitons à tous une excellente nouvelle année. Merci à tous ceux qui ont participé à ce blog cette année et l'ont rendu plus vivant: maria, TOFM, spellchecker, Divine Orchestra, Biohazard Boy, miss Velvet, DJ Kalice, Drago, Flecca, Groovy Lady, El Freeman, Ahmad Kawas, Fringe Player, Harold, Ramatussi... et tous les autres !

Bonne fiesta et a très bientôt !!!

Juanito & LRC

Michigan and Smiley - "Rub a Dub Style" (1968, Studio One)

Shaft in Kingston
Cedric Brooks

Un des piliers du label Studio One, Cedric "Im" Brooks posera son sax sur un nombre innombrable de titres de ska au cours des années soixante et soixante-dix. Ici en écoute, une reprise du célèbre théme de Shaft d'Isaac Hayes avec cette inimitable touche Jamaicaine qui ravira sans doute à la fois les afficionados de funk et de culture hydroponique.

Cedric "Im" Brooks - "Shaft" tiré de "Studio One Funk" (2004, Soul Jazz)

Mad Lads
Studio One Groups

Un titre tout en harmonies vocales et d'une simplicité rare. Le groupe, à ne pas confondre avec le combo Soul du même nom, n'enregistra que 3 titres avec l'écurie Studio One mais ce "You will never know" mérite bien le détour.

The Mad Lads "You Will Never Know" (1969, Studio One/Soul Jazz Records)

Easy Ska
Ska Dancers

Un vieux Ska des familles, de la famille Studio One pour être plus précis. L'un de ces rares morceau de Ska ou le rythme soutenu est contrebalancé par une mélodie plutôt triste, d'une beauté trés pop.

Andy and Joey - "You're Wondering Now" (1964, Studio One)

Namibia
Studio One Scorcher
Un gros Dub gras comme de la skunk, mais d'un ton presque léger avec ses cuivres. Une pure production Studio One.

Liberation Group - "Namibia" tiré de "Studio One Scorcher" (2002, Soul Jazz)

Alcapone et le Syndicat du Reggae
Denis Alcapone Forever Version
Il est des noms plus lourds à porter que d’autres, Alcapone dans le genre on a connu plus discret…
A Juliette Gréco à qui l’on demandait si c’était son vrai nom, celle ci répondait qu’elle ne se serait jamais permise d’abuser d’un si célèbre patronyme et qu’elle n’était pas Chantal Goya...
Le tacle se pratique aussi en dehors des pelouses.

Mais revenons à nos moutons jamaïcains. Denis Alcapone n’a que faire de tels états d ‘âme, il faut dire qu’il fut longtemps une sacré gâchette au service du mythique label Studio One. L’homme fait mouche avec ses bastos jamaïcaines calibrées rub-a-dud dans la lignée d’autres fines gâchettes comme Dilinger ou U Roy.
Quand Mr Denis dégaine, ça saigne sur le dance-floor.

Allez en prime une petite bizarrerie, une reprise du thème du film "Midnight Cowboy ", un reggae moins saignant mais à point…

Denis Alcapone - "Run, Run" tiré de "Forever Version" (2007, Studio One)

Denis Alcapone - "Midnight Version" tiré de "Forever Version" (2007, Studio One)