Una Lacrima Sul Viso

29.05.13
Par Max Flash

Sur la piazza del Popolo à Rome, il y a l’église Santa Maria del Popolo et dans l’église Santa Maria del Popolo, il y a un très curieux monument funéraire à la gloire de Giovanni Battista Gisleni, architecte et sculpteur baroque du dix-septième siécle qui se l’est fait réalisé sur mesure : un squelette de marbre jaune au sourire étrange et légèrement coincé, drapé d’un suaire blanc très simple, y repose enfermé derrière des barreaux de fer, emprisonné pour l’éternité. La mort elle-même y est prisonniére depuis que le pape de l’époque en a décidé ainsi très officiellement.

En ces temps rudes et reculés en effet la « Compagnie de la Bonne Mort », association caritative et militante, se chargeait de récupérer les dépouilles abandonnées et de les enterrer en terre consacrée, ce qui veut dire dans la première église en entrant dans la ville. Un soir, sous l’effet d’une pression inhabituelle et de l’absence de gardien, les frêres mirent sous une pierre tombale de l’église un cadavre ramassé en chemin sans prévenir personne et les non moins frêres Agnosticiens, chargés eux de la gestion de l’édifice en prirent ombrage et se plaignirent à l’autorité suprême. Le pontife décida que l’affront était important et qu’il convenait de punir sévèrement la coupable, la mort en personne, qui fut donc condamnée à la prison éternelle et enfermée dans cette belle église pleine de Caravage et autres préciosités marmoréennes.

Depuis ces temps anciens un culte discret du petit peuple de Rome s’est installé et tout le monde vient régulièrement contempler la grande camarde emprisonnée à l’air un peu benêt. Sens de l’humour noir et de la dérision, ironie fondamentale des peuples méditerranéens, ou vanité bien comprise : la Piazza del Popolo était également la place des éxécutions publiques et construite sur l’endroit où étaient enterrées les cendres de l’empereur Néron, déterrées et dispersées dans le Tibre un jour de grande liesse quelques siècles plus tard. Rien n’est simple dans la ville éternelle mais la devise relativiste des maudits toscans toujours s’y vérifie : se non e vero, e bene trovato…

 

2 commentaires

    1. LRC le :

      merci pour cette tranche de soleil max on en a besoin. J’aime beaucoup la photo 9 cette « Notre Dame du Socialisme »…

      • Max flash le :

        un vrai collector
        mais pourquoi en français au fond de la banlieue ?
        mystère

    2. LRC le :

      Peut-être un héritier de Garibaldi francophone…

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