LE BLOG

 

Sur le Chemin des Black Keys

27.01.12Country/Blues - Pop/Rock - Par Juanito 3 commentaires
TheBlackKeys

Les oreilles plus habituées à naviguer et dériver sous d’autres latitudes, je me suis laissé emporter par ce courant blues-rock venu d’outre-atlantique…

Il faut bien reconnaître que ce duo en a sous la pédale. Guitare et Batterie, Dan Auerbach et Pat Carney sont pied au plancher, l’haleine chargée de vieux blues, leur Lonely Boy a la saveur d’un bourbon millésimé.

The-Black-Keys-El-Camino

Septième album consacrant une décennie d’existence qui les a vu faire la première partie de Radiohead ou travailler avec Ike Turner, «El Camino» (le chemin) est une nouvelle rencontre avec le producteur Danger Mouse, un des deux de Gnarls Barkley et accessoirement producteur pour Gorillaz ou Beck…

Solides références, s’il était besoin, pour témoigner de l’intérêt des Black Keys, mais l’écoute suffit à s’en convaincre…

The Black Keys «El Camino» (2011, Nonesuch Recordings)

« Lonely Boy »

« Dead And Gone »


En bonus le clip de Lonely Boy qui doit beaucoup au jeu de jambe et l’énergie de son interprète…

 

Le kitsch peut-il contenir le monde ?

25.01.12Blitzscreen - Par Max Flash no comment
EAsy_PIctures EAsy PIctures.

Grande question à laquelle répond brillamment Nicolas Bourriaud, ex-directeur du Palais de Tokyo : “ Les formes artistiques et musicales de toutes les époques, et du monde entier, sont infiniment disponibles. Des nuées de produits culturels s’entrechoquent et prolifèrent dans le supermarché mondial. Les frontières entre underground et mainstream s’effacent.
La culture globale représente la part visible d’un chaos culturel mouvant qui crée des langues nouvelles, des patois, des parlers créoles, à partir de la grammaire standardisée de la consommation. Le danger ? Que cette profusion de styles et ce télescopage de cultures aboutissent à une sorte d’éclectisme kitsch. ” Bourriaud Nicolas, “Petit manifeste sémionaute”, Technikart n°47, novembre 2000, p. 34.

Donc éclectisme revendiqué en mode frénétique cette semaine entre promenade romantique au Jardin des Plantes, sous-vêtements tendance bizarre/cheap à Pigalle, boule disco chez monsieur toupourrien, trophées de chasse cireux, schtroumphs colorés envahissants, gorgonne surréaliste, paysage de science-fiction et luxe lisse. Sans oublier la boutique/photo mystérieuse de la Porte de Bagnolet, toujours fermée, mais avec de la lumière et son fameux slogan : “osez le noir et blanc !”


Photofloue.net, photoblog collectif

Sur http://photofloue.net/iphonographie/ vous pouvez voir plus d’images Iphone, y déposer les vôtres et profiter d’un excellent mode d’emploi des ap Hipstamatic ainsi que de quelques ressources intéressantes, discuter avec des confrères en iphonographie et rebondir sur des liens intéressant. Bon ap, comme on dit…

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Isobel Blank – Self Portrait

24.01.12No Comment - Par Øliv no comment
 

Le Scotchant Max Zorn

23.01.12Gloubiboulga - Par Juanito 6 commentaires

Max Zorn, à ne pas confondre avec son homonyme allemand mathématicien spécialiste de la théorie des ensembles, est un jeune artiste hollandais. Il a eu l’idée simple mais lumineuse de travailler avec un ruban de gros sctoch marron pour carton de déménagement.Et ça déménage!
S’il n’est pas le premier à utiliser cette technique, l’ukrainien Mark Khaisman s’est fait connaître pour des oeuvres au scotch, Max Zorn propose une vidéo permettant de suivre le processus de création, un travail au scalpel…

Merci à Thibaut pour la découverte

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Tom le Boutefeu

20.01.12Reggae/Dub/Ska - Par Juanito 1 commentaire
Tom-Fire

Tom Fire bricole de-ci de là, des sons d’ici ou là bas. De «si» et de «la» ses notes s’habillent parfois de syllabes et de syntaxe, synapses aux aguets, le son s’étoffe de sens, les sens s’enflamment de sons.

Tom Fire - Revenge

The Revenge: premier album de celui qui fut d’abord dans l’ombre d’autres, ingénieur du son et arrangeur. On lui connaît des participations avec Java, Winston McAnuff, No One Is Innocent, Yael Naim, Mc Solaar… Ce dernier signe sur l’album un excellent titre «Marche ou Rêve», dans la lignée de ses meilleures productions avec Guru ou Urban Species

Prenant la barre, Tom Fire louvoie sur les vagues et les styles, se cherchant et se perdant dans le reggae, la pop, l’électro… La boussole s’enflamme mais toutes les mèches menant à la dynamite, la masse critique de talent explose.

Tom Fire « The Revenge » (2011, Chapter Two – Wagram)

« Stories »

« Brainwash » (Featuring Matthew McAnuff)

« The Revenge »

« Marche Ou Rêve » (Featuring MC Solaar)


En bonus le très beau clip de Brainwash, qui reprend l’idée du tee-shirt sur la pochette, une idée déjà vu dans un clip de Justice

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ICebergs

19.01.12Blitzscreen - Par Max Flash 1 commentaire
Cette semaine le diable de « Legend » traînait sur l’esplanade de la Défense et les anges bleus en ont profité pour envahir le monde pendant que les sorcières et le voodo s’installaient définitivement chez les touristes. Le soleil et les manèges ont continué de tourner mais Boudha n’a pas été convaincu par cette débauche d’activité. Quelques vieux moteurs de fusée Arianne ont resplendi dans la nuit glacée, le bondage s’est répandu jusque dans les rues, et heureusement la vie a continué à nous offrir de fastueux bijoux, plaisir des yeux, plaisir d’amour, qui s’empilent et s’accumulent comme un immense glacier sur nos écrans, quelques blocs et icebergs qui se sont détachés du lot… Pour les fans d’iphonographie, une première exposition à découvrir dans une ambiance très pictorialiste. « LA MATIÈRE DU PIXEL » / SERGE BARÈS Photo club de Bagneux ( 92220 )
Passage Woodey à 5 mn à pied de la station RER Bagneux Ligne B
(perpendiculaire à l’avenue Albert Petit) DU 17 FÉVRIER AU 25 FÉVRIER 2012
vernissage le 17 février 2012 à partir de 17h
sur deux WE et sur RDV au 06 85 07 42 62 Pour en savoir plus sur le travail présenté visitez http://www.photosbares92.fr/
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COMMENTAIRES

  • GroovyLady { On est tous en période Black Keys alors... ? Bonnes pépites aussi sur les albums précédents "Brothers" et "Attack and... }
  • Rick { J'aime bien "Sister" également de leur album, définitivement le groupe glam rock du moment! Good choice. }
  • Øliv { J'étais à deux doigts de sélectionner le clip dernièrement et puis j'ai trouvé mieux! Bravo Mister Juan! }
  • Øliv { 8B55 }
  • Øliv { génial! }
  • Juanito { En même temps t'es le roi du teasing! Non vraiment c'est trop, on peut pas montrer, surtout vous ne devez... }
  • Juanito { @ LRC bravo! @ Biohazard oui c'est pourquoi j'ai fait un lien avec le nom sur le site des 2... }
  • Serge { Pour les parisiens que cela intéresse ils sont en concert au point Epémère le 23 avril }
  • LRC { Il s'agit de "Art of Rap" par Masta Ace et Copperpot. J'ai reconnu le premier car j'ai utilisé sa voix... }
  • LRC { Le coté dérangeant n'est pas un problème au contraire, celle de Spoek par exemple publiée il y a quelques jours... }
  • BioHazardBoy { Merci pour les encouragements ! C'est vrai qu'a posteriori, le thème de Hulk aurait gagné à apparaître sur un fond... }
  • BioHazardBoy { Je ne saurais trop vous conseiller d'aller sur son blog. Ses œuvres sepia sont particulièrement sensibles. J'adore ! Et tout... }
  • Juanito { C'est vrai qu'il est fort, quelque part entre les pochoirs des "grapheurs" et des vitraux d'église... Seul bémol je n'ai... }
  • GroovyLady { Excellent. Je suis ... scotchée !! }
  • LRC { trop fort... }
  • IPF { Super video, avec une musique aussi hypnotique que les images. Belle trouvaille ! }
  • Rick { Très bon mélange des genres! }
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    Duel #10 – Diana Ross vs Ella Fitzgerald

    17.06.11 Par LRC 6 commentaires
    Ella Fitzgerald vs Diana Ross

    Du haut niveau aujourd’hui car c’est à un duel de divas, un affrontement d’étoiles auquel nous vous invitons.

    D’un côté, « The First Lady of Swing », la reine du scat, la divine Ella Fitzgerald.

    De la même trempe aristocratique, Diana Ross, une reine qui régna sans partage sur les contrées de la Soul et du studio Motown.

    Composé à l’origine par le maitre ès-country Lee Hazlewood, « These Boots are Made For Walking » fut offert a Nancy Sinatra en 1966, avec le succès que l’on connait.

    Alors est-ce Diana ou comme le chantait merveilleusement France Gall est-ce Ella qui l’a ?

    Diana Ross « These Boots are Made for Walking » (1967, Motown)

    Ella Fitzgerald « These Boots are Made for Walking » (1966, AR)

     

    Duel #9 – Ray Barretto vs Stevie Wonder

    15.04.11 Par Juanito 17 commentaires
    Ray Barretto vs Stevie Wonder

    C’est un duel au sommet que nous vous proposons de trancher, Ray Barretto et Stevie Wonder, sur « Pastime Paradise » composé par ce dernier.

    D’un coté Stevie Wonder au zénith de son talent sur un petit bijoux extrait de son mythique album « Songs In The Key Of Life »

    De l’autre, il fallait tout le talent d’une pointure, comme le percussionniste Ray Barretto pour oser s’attaquer à cette pièce maîtresse. Mais accompagné du grand Tito Puente et du pianiste Charlie Palmieri (frère d’Eddie) il réussit une superbe version tout en rythme latino, « Que Bailar ! »

    Entre se consumer dans la fièvre soul de Stevie ou brûler dans le feu rythmique de Ray, à vous de vous enflammer !

    Stevie Wonder « Pastime Paradise » tiré de « Songs In The Key Of Life » (1976, Motown)

    Ray Barretto « Pastime Paradise » tiré de « La Cuna » (1984, CTI)

     

    Duel #8 – Nancy Wilson vs Morrisey

    17.09.10 Par Juanito 8 commentaires
    Nancy Wilson vs Morrissey

    Enjeu : un classique de la BO devenu un standard des crooners, « Moon River ». Il fallait donc deux grandes voix pour cette composition Moon River d’Henry Mancini.

    Nancy Wilson chanteuse américaine de jazz, qui a notamment réalisé un album avec Canonball Aderley est aussi une actrice apparaissant dans quelques séries, Hawaii Police d’Etat, le Cosby Show… Dans un impeccable classicisme, Nancy nous offre une première face ensoleillée aux influences latines

    Dans une face plus sombre, un surprenant challenger, Morrissey chanteur des Smiths… Une version record de plus de 9 mn, dans un style quelque peu déconcertant et torturé, illustré de quelques pleurs d’Audrey Hepburn où la sublime voix de Morrissey se pose comme un voile pudique et soyeux…

    Entre Smith & Wilson, à vous de dégainer…

    Nancy Wilson « Moon River » tiré de « Hollywood My Way » (1963, Capitol)

    Morrissey « Moon River » tiré de « World Of Morrissey »

     
    UM PRODS

    Interview UM: Bart & Baker

    05.12.10UM Prod - Par LRC 5 commentaires
    Nous avons accueilli il y a quelques mois dans nos immenses studios parisiens le duo de DJs Bart & Baker. Un couple de scène unis par les platines et dont la mission est de propager leur amour du swing et des fêtes ouvertes à tous. Nous ne pouvions que souscrire à une telle devise ! Alors que la plupart des sets de DJs ont lieu dans des endroits branchés dans lequel ne rentrent que les habitués, les Bart & Baker mettent un point d’honneur à jouer dans des soirées ou tout le monde est admis et vont jusqu’à visiter les lieux quelques jours auparavant afin de tester l’accueil ! Leurs sets allient le jazz big-band, le soul-jazz ou encore le music hall : nous avons été séduit par ce sain éclectisme que l’on peut retrouver sur leur excellente première compilation « Swing Party », qui sera l’un des rares cadeaux de Noël que vous pourrez à la fois vous offrir à vous-même ainsi qu’à votre mère ( promis on ne touche pas de pourcentage ). Ce duo qui se définit avec auto-dérision comme ayant 100 ans à eux deux ( les cocktails ca préserve ) à également sorti son premier titre sur la compil ElectroSwing III et nous a offert un podcast que nous publierons en fin d’année. Tout comme le bon vin, il est bon de savoir que l’amour de la musique peut se bonifier avec le temps… Voici donc la première interview d’UM, qui a pris un peu de temps à se réaliser, le monteur ( moi ) étant en grève prolongée pour protester contre la prochaine tournée de Michel Sardou. J’espère que vous aurez autant de plaisir à la regarder que nous à la faire ( un grand merci à Tonio et Isma ).
     

    DS

    23.03.09UM Prod - Par LRC 16 commentaires
    DS - First Exit

    Je suis heureux de vous présenter mon premier EP, sous le nom de DS.
    Un trois titres enregistré entre Paris, Dublin et Cambridge avec le guitariste David Jordan et la chanteuse Rachel Lalor. Trois morceaux plutôt éclectiques, les deux premiers étant des compositions originales au parfum pop, le dernier plus orienté hip-hop, saupoudré de quelques samples que peut-être vous reconnaitrez…

    J’espère que vous prendrez autant de plaisir à l’écouter que j’ai produit de sueur à l’enregistrer !

    N’hésitez surtout pas à télécharger gratuitement ces titres sur http://www.ultramagnetique.com/ds et à diffuser ces morceaux.

    DS – « First Exit » (2009)

    « Eye of the Hurricane » (feat. Rachel Lalor)

    « No Gravity »

    « Some Days » (feat. Masta Ace)

     
    Ultramagnetique Labels
    ON AIME LES
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    Fania Chess Records Crammed Discs Soundway Records Irma Records Soul Jazz Records BBE Studio One XL Recordings Jazzman Records Strut Matador Records Real World Records Brunswick Records Tru-Thoughts Warp Records Jazzman Records Wall Of Sound Rough Trade Go Beat Records Motown
    FILMS BOF

    New-York A L’envers

    02.12.11Electro/Tech/House - Film - Par LRC 1 commentaire

    Une superbe vidéo qui nous a été envoyée par un lecteur, Aurélien Heilbronn. Vingt ans, parisien, il a déjà produit ce clip non officiel du morceau « Wouh » de Nicolas Jaar.

    Filmé en 3 jours dans le quartier de Williamsburg de Brooklyn, une des nouvelles zones branchées de la grosse pomme, et avec seulement 300 dollars de budget, cette vidéo prouve qu’un réalisateur de talent allié avec les nouvelles caméras HD permet d’obtenir un résultat très pro.

    A défaut d’obtenir l’adresse de son vendeur d’herbe à NYC ( très beaux échantillons ) on espère surtout voir d’autres films d’Aurélien, un vidéaste prometteur et qui sait déjà choisir sa bande son…

    Aurélien Heilbronn – « Wouh » (clip non officiel de Nicolas Jaar)

     

    De la Difficulté de Fonder une Famille

    31.10.11Bande Originale Film - Par Juanito no comment
    Paul-McCartney - The-Family-Way « The Family Way » est un film de 1966 des frères Boulting, l’histoire d’un couple connaissant quelques déboires pour partir en voyage de noce et consommer leur union… N’ayant vu le film, je ferai de même abstinence de toute plaisanterie. Mais si le film n’est peut-être pas à marquer dans les annales, la musique est restée dans les mémoires. Non point qu’elle marqua l’histoire musicale du XX siècle mais avec un certain Paul McCartney aux compositions et musicien, la BO gagna une notoriété que n’aurait peut-être pas connue la seule partition. D’autant que George Martin, producteur attitré des Beatles fut de la partie. Sorti à un moment où chaque membre du groupe avait un projet personnel, John Lennon s’essayait lui aussi au 7° art (acteur dans « How I Won the War ») et George Harrison s’enivrait de sitar auprès de Ravi Shankar, l’album « The Family Way » est pour certains le premier album solo d’un Beatles. Un point contesté par d’autres, on laissera à la postérité et aux exégètes de la beatlesmania le soin de trancher. Avec les talents de McCartney et Martin aux compositions et arrangements, la musique s’évite les influences et références trop facile aux Beatles. Restent un beau thème et quelques orchestrations intéressantes, entre classique et sixties, surprise pour un album qui ne semblait pas destiné à être publié au départ, la plupart des morceaux n’ont pas de titre, si ce n’est un identifiant de piste…

    Paul McCartney « The Family Way » (1966/2011, Varèse Sarabande)

    « Love In The Open Air »

    « 2M5″

    « 7M1″

     

    Partition pour Nuit Noire

    26.10.11Bande Originale Film - Jazz - Par Juanito 2 commentaires

    Dans les années soixante, au sud des Etats Unis, le soleil ne brillait pas pour tous. Dans l’ombre des croix du KKK les noirs se désespéraient qu’enfin se lève le jour de leur reconnaissance. C’était l’époque de la lutte des droits civiques avec ses héros mythiques, depuis ceux portant l’étendard jusqu’à ceux levant le glaive, enfin plutôt le gun, depuis Martin Luther King jusqu’aux Blacks Panthers.

    Dans la série des films luttant pour les droits civiques des noirs, on retiendra « Dans la Chaleur de la Nuit » de Norman Jewison. Sorti en 1967, l’histoire raconte la mésaventure de Virgil Tibbs (Sidney Poitier) embarqué bien malgré lui dans une histoire de meurtre alors qu’il est de passage dans une petite ville du sud des Etats Unis. D’abord arrêté comme suspect, du seul fait de sa couleur de peau, il est relâché par le shérif local quand ce dernier découvre qu’il est un officier de police…

    Originaire du nord des States, sa venue fortuite est mal vue. Sa propre hiérarchie l’obligera à collaborer à l’enquête, contre son gré, dans un climat hostile. Cet excellent film, ayant obtenu l’Oscar en 1967, est resté dans les mémoires contrairement aux productions du genre. Le personnage de Mr Tibbs donnera d’ailleurs lieu à deux suites au cinéma ainsi qu’une série dans les années 80.

    Quincy Jones, jazzman au faîte de sa gloire, ayant déjà signé des compositions pour Sydney Lumet ou Sydney Pollack, en écrit la partition. Superbe BO, s’autorisant la participation de Ray Charles, et restituant l’ambiance de cette enquête entre chaleur de la nuit et implacable soleil sudiste fouettant autant les peaux que les aspirations à la liberté. Le soleil noir de Quincy irradie à en gorger de blues, jazz et soul les fruits d’une espérance balançant autrement mieux que les « strange fruits » d’une Billie Holliday. Mais c’est là une autre histoire, une autre chronique…

    Quincy Jones « In The Heat Of The Night » (1967, EMI)

    « In The Heat Of The Night » (feat Ray Charles)

    « It Sure Is Groovy » (feat Gil Bernal)

    « Mama Caleba’s Blues » (feat Ray Charles Piano)

    « Foul Owl » (feat Boomer and Travis)

     

    Les Valses Qui Rient

    07.10.11Bande Originale Film - Par Juanito no comment
    Les Valseuses

    « On est pas bien là ? Paisibles, à la fraîche, décontractés du gland, et on bandera quand on aura envie de bander… » Cette réplique culte de Depardieu résume assez bien l’esprit du film « Les Valseuses » Premier grand succès de Bertrand Blier, le film choqua à sa sortie en 1974 au point d’être interdit aux moins de 18 ans…

    Digne fils d’un père, Bernard nourri à coup d’Audiard, Bertrand hérita d’une écriture libertine et d’une verve féconde. L’échappée libre de Jean-Claude (Depardieu) et Pierrot (Dewaere), les valseuses flottant au vent, est une ode à la liberté sexuelle et morale dans une société enlacée dans le carcan d’un conservatisme bourgeois. Un road movie à la française, à coup de départementales le duo en fuite cherche la route d’un soleil se couchant sur le bitume des convenances et de la bienséance.

    Les Valseuses

    Une route louvoyant entre tragique et comique, notre paire croisant bien des aventures et des personnages dont certains allaient se faire un nom, Miou-Miou, Isabelle Hupert, Brigitte Fossey, Jeanne Moreau, Gerard Jugnot, Thierry Lermite…

    Contacté pour la BO Serge Gainsbourg déclina l’offre, le provocateur mais prude gainsbar fut choqué par le projet du film, il s’en mordra la partition ! Ce sera donc le violoniste et jazzman Stéphane Grappelli, un exercice auquel s’adonnait peu le maestro, il n’écrira d’autres partitions que « Milou en Mai » de Louis Malle.

    Une composition tout en légèreté et en swing, contraste exigé par Bertrand Blier pour illustrer l’histoire de ces deux voyous. Pour le cinéaste la musique devait raconter quelque chose d’autre, de plus que les images. Entouré des talents de Maurice Vander (piano, orgue, clavecin) Daniel Humair (batterie) ou Philippe Catherine (le guitariste pas le chanteur) Stéphane Grappelli a su apporter au film une touche printanière contrepoint des ardeurs estivales et dépressions automnales des personnages. Entre canicule des désirs et enfer des interdits, la musique souffle quelque chose de l’insoutenable légèreté de l’être.

    Stéphane Grappelli « Les Valseuses » (1974, Emarcy/Universal)

    « Ballade »

    « Jeanne »

    « Rolls »

     
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    Le Scotchant Max Zorn

    23.01.12Gloubiboulga - Par Juanito 6 commentaires

    Max Zorn, à ne pas confondre avec son homonyme allemand mathématicien spécialiste de la théorie des ensembles, est un jeune artiste hollandais. Il a eu l’idée simple mais lumineuse de travailler avec un ruban de gros sctoch marron pour carton de déménagement.Et ça déménage!
    S’il n’est pas le premier à utiliser cette technique, l’ukrainien Mark Khaisman s’est fait connaître pour des oeuvres au scotch, Max Zorn propose une vidéo permettant de suivre le processus de création, un travail au scalpel…

    Merci à Thibaut pour la découverte

     

    Welcome to the Freaky Flying Circus

    18.01.12Gloubiboulga - Par Biohazardboy 5 commentaires

    Hissé sur mon rehausseur, attablé en compagnie de Juanito et d’autres collègues dans notre cantine préférée, jusque là rien d’inhabituel. Si ce n’est le verre de rhum faisant face à Juanito et la musique sortant de ses poches, mais passons. Soudain, voilà que l’on me fait comprendre que mon génome pourrait être entaché de certaines défaillances, m’attribuant quelques malformations congénitales liées à ma taille.  » Nain hydrocéphale ». Les mots étaient lâchés. On est là, en temps de paix, et paf, un bourre piffe !

    Mais qu’à cela ne tienne, voilà bien une source d’inspiration pour une chronique malgré tout ! Ne nous laissons pas blesser par quelques paroles, certainement influencées par l’alcool, et qui ont d’ailleurs dépassé involontairement la volonté de notre chroniqueur ! Et à son âge, on ne maîtrise plus tout ce que l’on dit…
    Donc bon, passons. « Source d’inspiration » disais-je… Oui, le différent, le caché, le difforme, le marginalisé, mais qui au fond héberge un cœur d’or, qui tout dedans est tapissé de champs fleuris bercés par des bacchantes rieuses jouant du violoncelle, à l’ombre de pommiers fleuris séculaires. Oui, je suis normand, ça se sent dans mes fantasmes…

    Ces marginalisés honnis de la plèbe, aveugle et plus difforme au dedans qu’au dehors, n’ont eu de cesse de montrer, au travers de la sensibilité artistique de gens éclairés, que la Bête était parfois digne d’être aimée de la Belle.
    Voilà donc un carnaval musical, parfois dérangeant, où musiciens et cinéastes ont mis en scène des individus physiquement différents, mais qui n’en demeurent pas moins des gens sensibles, parfois doux, parfois cruels : simplement humains.

    Cette différence a parfois transfiguré le talent latent de ces personnes, comme Toulouse-Lautrec en peinture, Petrucciani au piano, Peter Dinklage en interprétation (quel formidable Tyrion Lannister !). Oserais-je Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa en politique ? Si humain disais-je… Pour les plus courageux, je vous laisse découvrir par vous même Aphex Twin, déguisé en nain hydrocéphale dans son clip très dérangeant de 6 minutes « Rubber Johnny » (mais quel clip d’Aphex Twin n’est pas dérangeant me direz vous ?). Du Francis Bacon en musique électro, qui a nécessité près de 4 ans de travail au réalisateur Chris Cunningham.

    La demoiselle du radiateur de David Lynch dans Eraserhead (métaphore de la mère et de la contraception)



    Fabuleux thème d’Elephant Man par John Morris, du film de David Lynch, hommage de 1980 dédié à Joseph Merrick.



    Gooble Gobble (et glou et glou… elle est des nôÔôtres) sauf que l’héroïne de Freaks ne joue pas le jeu ! Freaks, la monstrueuse parade, 1932 de Tod Browning. Sa trahison lui vaudra un bien sinistre destin.



    Générique final de la série TV Hulk « the lonely man » par Joe Harnell, très sensible.

     

    Je préfère un bon 95D à un mauvais triple A

    09.12.11Gloubiboulga - Par Docteur Pop 2 commentaires

    L’Europe est au bord du gouffre. Chaque jour, la menace pèse : perte de l’euro, explosion sociale, délocalisations, invasions étrangères… Au-dessus de nos frêles cous de poulet luit l’éclat de la lame du bourreau.

    Mais l’espoir est là : l’Europe est une vieille idée. Certes, elle aura mis du temps à se mettre en place. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les réjouissances étaient plutôt synonymes de guerres, massacres et génocides en tout genre, et il a fallu bien plus grave que nos crises financières pour se rendre compte de la chance de pouvoir vivre ensemble.

    Le meilleur exemple ? Oh, pas l’espace Schengen ou la monnaie unique, non, mais Sabrina. Oui, oui, cette Italienne qui, dès 1987, nous matraquait en anglais dans une piscine espagnole qu’elle aimait les garçons. Voilà un beau symbole de mixité européenne. Et un bel espoir d’imaginer que, malgré la molesse de nos politiques, le peuple européen est convaincu que son unité est sa plus grande force. Alors, pour faire grimper au rideau la note de l’Europe dans les bureaux des agences de notation, indignons-nous avec Stéphane Hessel, mais chaussons aussi le maillot en lycra et rejoignons Sabrina et ses arguments imparables !

    Sabrina – « Boys »

     

    Salauds de Pauvres !

    22.11.11Gloubiboulga - Par Juanito 2 commentaires

    « Salauds de pauvres » s’écriait Gabin dans la Traversée de Paris, film tiré d’une nouvelle de Marcel Aymé. Il était temps. Le gouvernement s’est enfin décidé à lutter contre le fléau de la fraude sociale. Le pauvre c’est un peu le ténia du riche, ça lui bouffe le caviar de l’intérieur. Médecin de famille bienveillant de son corps électoral, le gouvernement maintient les niches fiscales pour faciliter le transit financier et administre un bon vermifuge pour éradiquer le parasite social…

    Le pouvoir s’est donc courageusement attaqué à la fraude fiscale, pardon, sociale. Il faut reconnaître que c’est plus facile le pauvre, c’est moins mobile que les capitaux et il ne dispose pas d’avocats fiscalistes à l’honorabilité inversement proportionnelle aux honoraires.

    On annonce le montant, ou plutôt le gouffre abyssal, de 20 milliards de fraudes sociales. Tout est dans le symbole et l’effet d’annonce, le discours prononcé par le président dans une CAF désigne implicitement le fautif : l’allocataire, le pauvre.

    Quelques constats sur ce gouffre, qui n’est qu’une estimation, s’imposent :
    - Oui la fraude individuelle existe, elle est condamnable et doit être combattue, mais elle concerne très peu d’individu. On ne sait pas mesurer ce phénomène, mais une étude de l’Urssaf en 2009 avait chiffré à 2,5% le nombre de fraudeurs
    - Bien plus importante est la part des entreprises, le travail au noir est le principal responsable (les pertes de charges sociales) Ce qui concernerait 10 à 12% des entreprises
    - Sans compter les arnaques de type mafieuses, profitant notamment de la dématérialisation des procédures et des failles d’internet
    On rappellera aussi que les fraudes fiscales restent bien plus importantes en volume que les fraudes sociales.

    L’illusionniste présidentiel pointa donc ce doigt accusateur, détournant du regard ce qu’il fallait voir, le carré d’as des fraudes entrepreneuriales se nichant dans les manches. Le vrai courage eu été de tenir ce discours dans l’enceinte du MEDEF…
    Quitte à être caricatural je préfère encore Les Escrocs et leur subversive bossa Assedic…

    Photo de Hamed Parham

    Les escrocs » (1994) « Assedic »

     
    LECTURES
    AVEC DES IMAGES

    Le Trône de Mohammed l’Américain

    22.07.11 Par LRC 3 commentaires

    Pour tous les plagistes en chef voici une petite sélection qui j’espère égaiera joyeusement les seances de biafine dues au port prolongé du string (on est plutôt mal parti). Un peu de lecture donc…

    Trone de Fer

    Si cet ouvrage pouvait se lire aux toilettes,  il s’appellerait simplement « Le trône ». Mais il s’agit d’une oeuvre plus longue et plus sombre (enfin cela dépend de ce que l’on a mangé la veille) donc ce sera « Le Trône de Fer ».

    Les fans de Tolkien n’ont pas besoin d’aller plus loin. Ici nulle description de l’homosexualité latente de Sam pour Frodon. Georges R. Martin non seulement nous décrit un monde fascinant mais l’épaisseur psychologique de ses personnages, la violence des rapports de force en font une oeuvre évidemment moderne qui restera un classique de la Fantasy. Le succès a d’ailleurs été au rendez-vous de l’autre côté de l’atlantique, avec pour point culminant la création de la série la plus chère jamais produite par HBO et qui vient de se terminer chez nos amis ricains. On peut donc s’attendre au déferlement « Trône de Fer » sur nos écrans français en fin d’année.

    Chaudement recommandé pour les amateurs d’expériences viriles en cotte de maille et d’intrigues réglées au millimètre.

    Jérôme Ruiller – « Les Mohammed » (2011/Sarbacane

    Les Mohammed

    L’immigration… Vaste sujet qui monopolise souvent à tort notre vie politique.

    Il faut bien faire peur à l’électeur pour récolter les voix…
    Pour certains les immigrés sont à l’origine de tous les maux du pays, des bouffeurs d’allocations familiales, barbus voleurs de voiture. Pour d’autres, mus par une culpabilité post-coloniale, ce sont d’éternelles victimes, des êtres sans responsabilité envers leurs propres actes.
    A l’opposé de tous ces poncifs réducteurs, les témoignages recueillis dans « Mémoires d’Immigrés » (le film a été chroniqué ici ) sont d’une humanité touchante. On est pas dans le jugement, mais dans le témoignage.

    « Les Mohammed » est une superbe adaptation en bande dessinée du film de Yamina Benguigui. Jérôme Ruiller s’est ré-approprié le long métrage avec un dessin d’une simplicité vitale, esquissant les personnages avec un trait qui rappelle l’immense « Maus » de Art Spiegelman. On y retrouve donc les témoignages simples et touchants de vieux immigrés maghrebins, racontant leur déportation économique pour aller rejoindre les usines françaises qui tournaient à plein régime après la guerre. Souvent rejetés par la France lorsqu’elle n’a plus eu besoin d’eux, ils sont su garder une dignité qui pourrait inspirer certains amateurs de clichés.

    Sans concession ni militantisme politique, cet ouvrage est précieux comme tout ce qui donne la parole à ceux qui se sont trop longtemps tus.

    James Ellroy – trilogie « Underworld USA » (1998-2009/Rivages)

    Maitre incontesté du « roman noir » (White Jazz, Le Dahlia Noir, L.A Confidential), l’américain James Ellroy a sans doute produit sa chapelle sixtine avec la trilogie Underground USA.

    Le premier tome, « American Tabloid » se termine avec la mort de JFK, le deuxième, « American Death Trip » couvre la période de la guerre du Vietnam tandis que le dernier roman eponyme éclaire la fin de la guerre, la présidence Nixon et le début de la carrière de Michel Sardou.

    Mélant fiction et faits réels, la trilogie allie le cynisme le plus absolu des principaux personnages (Hoover, Howard Hugues, Nixon) à une puissance d’écriture qui frappe comme un poing. Les américains savent écrire simple, un art qu’ont oublié beaucoup d’auteurs européens et plus particulièrement les français.

    Un concentré hallucinant d’histoire et d’histoires qui vous fera passer quelques merveilleuses nuits blanches…

     

    Le Cycle d’Ostruce

    31.01.11 Par Juanito no comment
    Le cycle d'ostruce

    Nicolas Pona, Christophe Dubois
    Le Cycle d’Ostruce
    (2007/2010, Le Lombard)

    On l’appelle Pona et exerce un bien étrange métier, une passion devrait-on dire plus justement ; il est narrologue elliptologiste… A ne pas confondre avec narcologue egyptologiste, ce dernier étant plutôt du genre à fumer les « Cigares du Pharaon » inhalant ses ellipses hergéenne en forme de bulle…

    Quoique… On est pas très loin des bulles. A lire son blog, le Narroblog, on comprend que le narrologue elliptologiste n’est que le nom savant du scénariste de bande dessinée… Opaque métier aux créations enfumées d’un imaginaire épicé et opiacé.

    Il en est qui ont ce courage et cette audace de se donner pour but dans la vie de coincer la bulle.

    Je vous propose de le découvrir à travers une série de 4 albums « Le Cycle de l’Ostruce », le dernier volume étant sorti cet été et une intégrale est prévue. Un univers mélangeant les mondes de l’héroic fantaisie et celui d’un univers rappelant une Russie révolutionnaire balbutiante et chaotique. L’empire séculaire des dragons prend fin dans un bain de sang avec l’assassinat du Grand Dragon et sa descendance, tous les œufs ayant été détruits (oui le dragon est ovipare pour ceux qui auraient oublié leurs cours de biologie)

    Tous ? Sauf un… Qu’est donc devenu cet héritier potentiel et plénipotentiaire ? Cela ami lecteur, il te faudra le découvrir en te plongeant dans ce cycle !

    Et plus qu’un narrologue elliptologiste, il est aussi une personne dont j’apprécie la créativité empreinte de délires et de poésie. Un univers à découvrir au travers des billets de son Narroblog. Sa prose ressemble à d’étranges recettes de cuisine qui n’en sont pas, nourriture spirituelle dont je me délecte…

     
    Tu nous désole Marine