Un petit hommage à ce chanteur dont je savourais autant les mélodies que la poésie, pour ce qui est de retenir un morceau, il y a le choix et bien sûr j’adore ce métèque…
Mais mon amour du répertoire brésilien me fait aussi penser à une chanson qui me tient à coeur: “Les Eaux de Mars” Superbe reprise du “Aguas de Marços” d’Antonio Carlos Jobim. Il fallait tout le talent d’un Georges Moustaki pour conserver à ce standard l’éclat de sa poésie… Et il fallait bien toutes les eaux de mars pour noyer cette larme qui me vient à la joue…
Le film “Soldier Blue” renvoie à une page peu glorieuse de l’armée américaine, connue sous le nom du massacre de Sand Creek(près des montagnes Rocheuses) perpétré en 1864. A cette époque règne le chaos de la guerre de Sécession et la pression continue depuis plusieurs années d’immigrants enfiévrés de ruée vers l’or. Les terres des réserves indiennes sont fortement convoitées… Malgré la parole donnée, en 1964 un imposant régiment de cavalerie, plutôt une milice, attaque le camp Sand Creek des indiens Cheyennes et Arapahos, délaissé par les guerriers partis chasser. Ce sont donc essentiellement des femmes, vieillards et enfants qui seront massacrés avec viols et mutilations. Le sauvage, le barbare n’est pas toujours celui qu’on croit…
Le film de Ralph Nelson, sorti en 1970, aux scènes très violentes, s’inspire de cet épisode et fait partie de ces œuvres dénonçant le génocide des indiens. L’œuvre du cinéaste raconte la rencontre du “soldat bleu” (Peter Strauss) et d’une jeune blanche enlevée par les Cheyennes (Candice Bergen). Cette dernière initie le soldat à la culture indienne et lui révèle la sauvagerie de son propre camp.
Sorti en pleine guerre du Vietnam, le film fait aussi écho aux exactions de l’armée américaine menées à l’époque sur des civils, notamment le massacre de My Lai en 1968.
Jazzman inexpérimenté en musique de film, c’est pour obtenir cette première BO que Budd le Bluffeur ira jusqu’à envoyer au cinéaste des morceaux extraits des répertoires de Morricone, Schifrin, Bernstein, Williams pour préfigurer l’esprit de son approche en omettant de citer les sources… (information véridique extraite du livret de la BO)
Il n’en avait pourtant pas besoin, en témoigne sa composition pour “Soldier Blue” et quelques autres par la suite. A cette occasion Roy Budd propose une partition plutôt légère au regard du contexte de l’histoire, une musique très empreinte d’esprit seventies et au romantisme de la rencontre du soldat bleu et de cette jeune indienne d’adoption…
C’est avec la version de “Soldier Blue” par Buffy Sainte-Marie que le morceau deviendra un des grands hits de la génération peace & love. Née dans une réserve indienne Cree, actrice et chanteuse canadienne d’origine amérindienne, dans la lignée d’un Bob Dylan ou d’une Joan Baez, Buffy Sainte-Marie devient une figure de cette folk contestataire. Rajoutant ses paroles à la musique de Roy Budd, elle fait d’une partition l’étendard d’une génération, même si le film n’a pas connu un tel succès du fait de la violence de certaines scènes.
Roy Budd « Soldier Blue » (1970/2011, Silva Screen Records)
“Soldier Blue”
“How Wonderful Life Is”
La version de “Soldier Blue” par Buffy Sainte-Marie sur des scènes du film, attention à quelques images assez violentes.
Valérie June c’est un peu la rencontre entre la folk d’une Gorgone et la soul d’un Sisyphe… La Gorgone c’est elle et ses dreads serpentant dans d’improbables créations capillaires, Sisyphe c’est lui, cet album « Pushin’ Against A Stone » Que l’on se rassure, le mythe finit bien, c’est une pierre qui roule…
Là l’image à gauche ce n’est pas la chanteuse mais une antique représentation de la Gorgone Méduse et ses serpents…
S’il est question de mythe avec Valérie June, ce serait plutôt celui de l’Amérique, elle parcoure et revisite les traditions et partitions de sa culture. Une oreille musicale de plus, éduquée au gospel des églises, Piété & Ferveur sont bien les meilleurs producteurs de musique noire…
Mais la petite Julie n’est pas une dévote, le chant l’emporte sur la liturgie. S’ouvre alors la longue route des petits boulots et des albums autoproduits, si longue et désertique qu’elle puisse paraître, il arrive qu’elle croise le chemin du destin. Celui-ci a pris pour nom Dan Auerbach, guitariste et chanteur des Black Keys.
Avec Kevin Augunas producteur réputé, ils produisent ce premier album de Valérie June, sorti ce mois de mai. Forant dans le patrimoine et fusionnant les partitions, la chanteuse s’inscrit au répertoire de celles qui resteront…
Valérie June « Pushin’ Against A Stone » (2013, Sunday Best Recordings)
Remarqué avec son brillant court métrage Pixels, le réalisateur français Patrick Jean s’est depuis exilé aux Etats-Unis. Sa dernière création “Motorville” est tout aussi brillante, alliant le détournement d’image type Google Maps à une réflexion plus globale…
LRC { Compositeur de l'un de mes titres préféré, bien adapté au monde actuel : "Getting Nowhere In A Hurry" }
Juanito { Remarquable! Très belle allégorie et ingénieuses trouvailles, l'urbain et son shoot d'or noir... }
Juanito { Une carrière éclipsée par la révolution cubaine et une vie écourtée par le rhum cubain, Freddy n'a pu enregistrer qu'un... }
Juanito { Yes Jah est grand! Et The Congos a la playlist généreuse... }
BioHazardBoy { Voix impressionnante ! Androgyne et voluptueuse. Si l'album a été enregistré fin des années 50, cette sortie en 98 correspond... }
HaroldoRastaman { Un album superbe. Je crois qu'il n'y a pas un seul morceau que j'aime pas. "We are living on the... }
Juanito { Heureux que la découverte te plaise! En effet ce morceau est peut-être celui qui ressemble le plus aux ambiances musicales... }
BioHazardBoy { si "Uno che grida amore" me semble être assez représentatif de ses productions de l'époque, je découvre avec plaisir des... }
Juanito { J'avais oublié cette chronique... Excellent choix Paul. La chanteuse est exceptionnelle et l'album est à déguster, son unique enregistrement... }
Juanito { Très impressionné par le paysage sur un rouleau adhésif... Scotchant oserai-je dire. C'est marrant ce travail sur ruban adhésif, une... }
Juanito { Je ne sais plus trop comment je l'ai découvert à l'époque mais il suffit d'une seule écoute pour être impressionné... }
flecca { Je viens de voir le doc sur Rodriguez......quelle histoire, quel bonhomme et quelle leçon de Vie dans un milieu musical... }
BioHazardBoy { Asaf Avidan ouvrira les concerts de l'Armada 2013 à Rouen : http://www.hautenormandie.fr/Culture-Sport-Sante/Culture/Asaf-Avidan-le-1er-des-concerts-de-l-Armada A noter également la présence cette année de... }
francestine { musique imperissable et qui donnera toujours des frissons }
Nous sommes ouvert à toutes les suggestions, idées ou autres propositions graveleuses. Si vous êtes intéressés, merci de nous joindre à l'adresse email
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A PROPOS D'UM
Un seul objectif: celui de faire partager nos coups de coeurs et passions musicales au maximum d'internautes ainsi qu'à leurs belle-mères.
A part Michel Sardou, nous n'avons pas de ligne imposée en matière de genre musical. Nous considérons qu'il n'y a pas de style de musique inférieur à d'autres, seulement des musiciens que nous apprécions plus que d'autres.
DJS
Si vous êtes intéressé par l'un des DJs de ce site (possibilité de mixer nu chez vous avec supplément), vous pouvez aussi nous contacter avec l'adresse :
«Sunny» de Bobby Hebb fut de ces hits dont on peine à compter les reprises. Il faudrait un championnat avec ses groupes, ses quarts, ses demies et sa finale pour venir à bout des meilleurs versions du standard…
On se contentera d’un duel, forcément au sommet, entre deux pointures, James Brown et Georges Benson, dans deux approches assez différentes du standard.
D’un coté James Brown, poids lourd des sélections, dans une version soul jazz originale accompagnée de la chanteuse Add Marva Whitney. De l’autre Georges Benson dans une approche minimaliste et instrumentale qui s’épanouit dans une apothéose de groove.
Deux zénith dont il vous faudra bien pourtant trancher pour qui brille le soleil…
James Brown «Sunny» tiré de «Gettin’ Down to it» (1969, Verve)
Georges Benson «Sunny» tiré de «Giblet Gravy» (1968, Verve)
Du haut niveau aujourd’hui car c’est à un duel de divas, un affrontement d’étoiles auquel nous vous invitons.
D’un côté, “The First Lady of Swing”, la reine du scat, la divine Ella Fitzgerald.
De la même trempe aristocratique, Diana Ross, une reine qui régna sans partage sur les contrées de la Soul et du studio Motown.
Composé à l’origine par le maitre ès-country Lee Hazlewood, “These Boots are Made For Walking” fut offert a Nancy Sinatra en 1966, avec le succès que l’on connait.
Alors est-ce Diana ou comme le chantait merveilleusement France Gall est-ce Ella qui l’a ?
Diana Ross « These Boots are Made for Walking » (1967, Motown)
Ella Fitzgerald « These Boots are Made for Walking » (1966, AR)
C’est un duel au sommet que nous vous proposons de trancher, Ray Barretto et Stevie Wonder, sur « Pastime Paradise » composé par ce dernier.
D’un coté Stevie Wonder au zénith de son talent sur un petit bijoux extrait de son mythique album « Songs In The Key Of Life »
De l’autre, il fallait tout le talent d’une pointure, comme le percussionniste Ray Barretto pour oser s’attaquer à cette pièce maîtresse. Mais accompagné du grand Tito Puente et du pianiste Charlie Palmieri (frère d’Eddie) il réussit une superbe version tout en rythme latino, « Que Bailar ! »
Entre se consumer dans la fièvre soul de Stevie ou brûler dans le feu rythmique de Ray, à vous de vous enflammer !
Stevie Wonder « Pastime Paradise » tiré de « Songs In The Key Of Life » (1976, Motown)
Ray Barretto « Pastime Paradise » tiré de « La Cuna » (1984, CTI)
Deuxième EP du projet DS voici “Cobblestones” que j’ai composé entre Dublin et Paris avec le guitariste David Jordan de Cambridge. J’espère que ces deux titres au parfum groovy vous plairont… Vous pouvez écouter les 3 titres précédents sur la page du groupe www.ultramagnetique.com/ds-music/
This is DS second EP, I hope you’ll like it as much as my mum.
Nous avons accueilli il y a quelques mois dans nos immenses studios parisiens le duo de DJs Bart & Baker. Un couple de scène unis par les platines et dont la mission est de propager leur amour du swing et des fêtes ouvertes à tous. Nous ne pouvions que souscrire à une telle devise !
Alors que la plupart des sets de DJs ont lieu dans des endroits branchés dans lequel ne rentrent que les habitués, les Bart & Baker mettent un point d’honneur à jouer dans des soirées ou tout le monde est admis et vont jusqu’à visiter les lieux quelques jours auparavant afin de tester l’accueil !
Leurs sets allient le jazz big-band, le soul-jazz ou encore le music hall : nous avons été séduit par ce sain éclectisme que l’on peut retrouver sur leur excellente première compilation “Swing Party”, qui sera l’un des rares cadeaux de Noël que vous pourrez à la fois vous offrir à vous-même ainsi qu’à votre mère ( promis on ne touche pas de pourcentage ).
Ce duo qui se définit avec auto-dérision comme ayant 100 ans à eux deux ( les cocktails ca préserve ) à également sorti son premier titre sur la compil ElectroSwing III et nous a offert un podcast que nous publierons en fin d’année. Tout comme le bon vin, il est bon de savoir que l’amour de la musique peut se bonifier avec le temps…
Voici donc la première interview d’UM, qui a pris un peu de temps à se réaliser, le monteur ( moi ) étant en grève prolongée pour protester contre la prochaine tournée de Michel Sardou. J’espère que vous aurez autant de plaisir à la regarder que nous à la faire ( un grand merci à Tonio et Isma ).
Je suis heureux de vous présenter mon premier EP, sous le nom de DS.
Un trois titres enregistré entre Paris, Dublin et Cambridge avec le guitariste David Jordan et la chanteuse Rachel Lalor. Trois morceaux plutôt éclectiques, les deux premiers étant des compositions originales au parfum pop, le dernier plus orienté hip-hop, saupoudré de quelques samples que peut-être vous reconnaitrez…
J’espère que vous prendrez autant de plaisir à l’écouter que j’ai produit de sueur à l’enregistrer !
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Le film “Soldier Blue” renvoie à une page peu glorieuse de l’armée américaine, connue sous le nom du massacre de Sand Creek(près des montagnes Rocheuses) perpétré en 1864. A cette époque règne le chaos de la guerre de Sécession et la pression continue depuis plusieurs années d’immigrants enfiévrés de ruée vers l’or. Les terres des réserves indiennes sont fortement convoitées… Malgré la parole donnée, en 1964 un imposant régiment de cavalerie, plutôt une milice, attaque le camp Sand Creek des indiens Cheyennes et Arapahos, délaissé par les guerriers partis chasser. Ce sont donc essentiellement des femmes, vieillards et enfants qui seront massacrés avec viols et mutilations. Le sauvage, le barbare n’est pas toujours celui qu’on croit…
Le film de Ralph Nelson, sorti en 1970, aux scènes très violentes, s’inspire de cet épisode et fait partie de ces œuvres dénonçant le génocide des indiens. L’œuvre du cinéaste raconte la rencontre du “soldat bleu” (Peter Strauss) et d’une jeune blanche enlevée par les Cheyennes (Candice Bergen). Cette dernière initie le soldat à la culture indienne et lui révèle la sauvagerie de son propre camp.
Sorti en pleine guerre du Vietnam, le film fait aussi écho aux exactions de l’armée américaine menées à l’époque sur des civils, notamment le massacre de My Lai en 1968.
Jazzman inexpérimenté en musique de film, c’est pour obtenir cette première BO que Budd le Bluffeur ira jusqu’à envoyer au cinéaste des morceaux extraits des répertoires de Morricone, Schifrin, Bernstein, Williams pour préfigurer l’esprit de son approche en omettant de citer les sources… (information véridique extraite du livret de la BO)
Il n’en avait pourtant pas besoin, en témoigne sa composition pour “Soldier Blue” et quelques autres par la suite. A cette occasion Roy Budd propose une partition plutôt légère au regard du contexte de l’histoire, une musique très empreinte d’esprit seventies et au romantisme de la rencontre du soldat bleu et de cette jeune indienne d’adoption…
C’est avec la version de “Soldier Blue” par Buffy Sainte-Marie que le morceau deviendra un des grands hits de la génération peace & love. Née dans une réserve indienne Cree, actrice et chanteuse canadienne d’origine amérindienne, dans la lignée d’un Bob Dylan ou d’une Joan Baez, Buffy Sainte-Marie devient une figure de cette folk contestataire. Rajoutant ses paroles à la musique de Roy Budd, elle fait d’une partition l’étendard d’une génération, même si le film n’a pas connu un tel succès du fait de la violence de certaines scènes.
Roy Budd « Soldier Blue » (1970/2011, Silva Screen Records)
“Soldier Blue”
“How Wonderful Life Is”
La version de “Soldier Blue” par Buffy Sainte-Marie sur des scènes du film, attention à quelques images assez violentes.
“Metti, una serra a cena” (Disons, un soir à dîner) est une satire sociale de Guiseppe Patroni Griffi, le tout relevé d’un rien d’érotisme seventies avec notamment la superbe Florinda Bolkan (en photo ci-dessus) dont la plastique vaut son art, la belle tournant cette même année “Les Damnés” de Visconti. Bien que le film jouisse d’une distribution relevée avec les participations de Jean-Louis Trintignant et Annie Girardot, les deux comédiens mènent alors une double carrière en France et Italie, au final on retiendra plus la BO d’Ennio Morricone que le film…
Petit détail cocasse on trouve au scénario, un certain Dario Argento avant qu’il ne devienne le cinéaste que l’on connaît dans un registre bien différent…
Quand sort en 1969 le film, Ennio a déjà derrière lui ses premières collaborations avec Sergio Leone, il est au faîte de sa carrière, la sève est féconde. Baignant dans un son sixties la BO s’autorise le psychédélisme et les mélodies aux douceurs surannées.
Cette même année sortait “Le Clan des Siciliens” dont Morricone signe le sublime thème, l’éclat du succès plonge donc quelque peu dans l’ombre cet autre travail d’Ennio, qu’importe, le temps passant l’œuvre se bonifie et se fait connaître. “Metti, una serra a cena” le vinyle patiné, est devenu un oeuvre culte.
Ennio Morricone « Metti, una serra a cena » (1969, Cherry Red Records)
Une fois n’est pas coutume je vais chroniquer à nouveau une BO, celle du Pacha dont je n’avais que le titre phare «Requiem pour un con» extrait d’une compilation des œuvres cinématographiques de Serge Gainsbourg. C’est que depuis les masters complets de l’enregistrement des bandes sons ont été récemment redécouvert… La BO complète a donc pu être rééditée sur le petit label Emarcy et la collection “Ecoutez le Cinéma”, sous l’impulsion de Stéphane Lerouge, exégète et passionné des vielles BO françaises qui réalise un travail remarquable toujours bien documenté en information et photos.
Georges Lautner qui n’avait pas réussi à obtenir Jean Gabin pour les Tontons Flingueurs se contenta à l’époque d’un Lino Ventura, un choix au final plus qu’excellent… N’en restait pas moins cette insatisfaction de n’avoir pu faire tourner le pacha du cinéma français. Lui proposant son histoire de flic franchissant la ligne blanche pour venger son collègue et ami mort d’une indigestion de plomb, Gabin acceptera d’enfiler l’imper du commissaire divisionnaire Joss.
Avec Lautner à la pellicule, on attendait à la partition un de ses comparses, Michel Magne (les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes) ou Bernard Gérard (Ne Nous Fâchons Pas). Mais c’est Gabin lui même qui souffla au réalisateur le nom de Gainsbourg, un souffle bien inspiré… Lautner qui a commencé les montages les illustre dans un premier temps avec des morceaux de percussion d’un musicien brésilien en vogue à cette époque ; Luciano Perrone, pas un inconnu pour les lecteurs d’ultramagnétique… La partition était donc tracée pour Gainsboug et son complice Michel Colombier (pas un inconnu lui aussi)
La musique serait donc très rythmique, le musicien s’autorisant aussi à reprendre son propre répertoire. Que ce soit les musiques d’inspiration indiennes et psychédéliques, ses «Psychasténie», illustrant une scène dans une boite de nuit, qui revisitent en fait les «New Delires» du film Manon 70 ou bien encore «Harley Davidson» (avec Brigitte Bardot) sorti peu de temps auparavant qui est ici recyclé via la radio d’une voiture dans le film…
Le scénario prévoyant une scène dans un studio où le commissaire Joss vient interroger un musicien du genre à ponctuer sa partition au Beretta, Lautner aura la brillante idée de demander à Gainsbourg de jouer son propre rôle dans la séquence. Du coup Gainsbourg et Colombier compose pour la scène le mythique «Requiem pour un con» Un hommage au flic refroidi, ami de Joss mais con fini auquel il assène le tonitruant «Je pense que quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner!» l’indéfectible amitié n’empêchant pas une franche lucidité…
Ci-dessous un court extrait de la scène avec Gainsbourg et Gabin.
Le Pacha est de ses classiques du polard français réunissant tous les ingrédients du succès, autour du tandem Lautner-Gabin, on retrouve Michel Audiard coscénariste et au dialogue ainsi que quelques « gueules » du milieu (André Pousse, Robert Dalban…) Question musique le choix de Gainsbourg est plus que judicieux, une de ses meilleures BO à mon avis. En revoyant le film on se rend compte à quel point elle donne un rythme et du relief à l’œuvre du cinéaste.
Serge Gainsbour et Michel Colombier « Le Pacha » (1968 /2013, Sido Music)
“Batucada meurtrière”
“Cadavres en série”
“Un Noël 67″
“Psychasténie”
En bonus pour se plonger dans l’ambiance du Pacha, la bande annonce.
D’aucuns revendiquent d’étendre le mariage aux couples homosexuels, quand certains en avaient avant d’autres une vision plus élargie et bien plus libérale… Sorti en 1971, tourné en Suède, « Le Mariage Collectif » se veut une apologie de la liberté sexuelle au sein de communautés. Un film offrant une vision érotico kitsch de la Beat Generation, une œuvre qui n’a pas survécu à l’ombre de son souvenir…
Tout autre est le sort de la BO devenue autant culte qu’introuvable avec le temps. Etrange, aussi est le destin de cet enregistrement disparu et récupéré dans une décharge… Il faut dire que le film, un navet dixit le livret de la BO, n’aide pas. Le musicien ne trouvera jamais de maison pour éditer sa musique, seul sortira un 45T. Pour la BO complète, des très rares acétates, premiers pressages réalisés avant les sorties vinyles, furent envoyés aux maisons d’édition. C’est l’un d’eux qui fut retrouvé en 2010 dans une décharge… Une BO d’Arts et Déchets dira même Libération…
Jean-Pierre Mirouze en signe la partition, un musicien doué au point d’être premier prix de piano du conservatoire à 15 ans et de devenir collaborateur de Pierre Schaeffer ou Pierre Henry. On lui connaît d’autres passions, il fut réalisateur de films ethnographiques et directeur artistique de la célèbre émission Dim Dam Dom…
De cette BO il ne restait dans les mémoires qu’une face B de ce 45T : Sexopolis, morceau devenu culte pour toute une génération de Dj. De la noirceur des rebus on entend désormais craquer tout le génie d’un Jean-Pierre Mirouze.
Jean-Pierre Mirouze « Le Mariage Collectif » (1971, Born Bad Records)
La Linéa est une série d’animation italienne diffusée fin 70′s en France, pour beaucoup de gens de ma génération cette série est restée dans les mémoires, un trait d’enfance, une madeleine du graphisme. L’idée de génie, la ligne épurée au service d’une teigne ronchonnant de borborygmes… Et le tout servi par l’excellente partition de Franco Godi, pour en savoir plus consultez Vous prendrez bien une ligne.
Epoque bénie où les portes des studios s’ouvraient aux créatifs d’une génération trempée de rêves et imbibée de psychotropes…
Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est un épisode que je n’avais jamais vu, une ligne plus sexy, osant les courbes, esquissant l’indécence. Faut reconnaître que coté programmation, la tranche d’âge se situerait plus sur “l’Ile de la Tentation” que “l’Ile aux Enfants”… Une ligne en verve, l’humour épousant les courbes de l’amour.
N’en déplaise à nos amis esthètes de la langue et aux défenseurs de l’industrie métallurgique, il n’y a pas de faute d’orthographe, il n’est nul question de la carte des gisements de métaux.
Il s’agit de Métal ici, celui des cordes et cymbales rentrant en fusion sous les doigts experts de musiciens forgerons, le genre à vous faire couiner en fa dièse une enclume à coup de masse…
Originale et intéressante carte, on y observera que le descendant du viking aime le métal, que le phénomène concerne surtout le monde occidental et peu l’Afrique ou l’Asie.
NB: la carte représente le nombre de groupe de métal pour 100.000 habitants, pour mieux voir la carte et mention des sources c’est ici.
Fruit de la colllaboration entre le danseur hip-hop Mike Song et le beatboxer canadien Terry “KRNFX” Im, cette video connait un succès viral qui ne se dément pas.
Une performance entre danse, mime et musique avec un décor minimaliste qui met la performance en valeur.
Les Temples de Consommation point tu ne souhaites t’y perdre ? L’inspiration défaut te fait ? Noël venu, d’Ultramagnétique les conseils tu écouteras.
Encore une autre sortie de BD extraite d’un blog, le savoureux Yodablog du dessinateur Thierry Vivien. Le nom laisse deviner l’univers Starwars, ici copieusement détourné, brocardé, bafoué, ridiculisé pour notre plus grand bonheur.
Si le sujet fait penser aux excellents Naguère Les Etoiles, l’approche est différente, plus trash, plus courte et plus incisive, des dessins d’une ou deux cases. On se régale des situations burlesques, on déguste les multiples clins d’œil (l’auteur aime bien recourir à des personnages d’autres univers)
Si le dessin est simpliste, le trait est saillant et la plume cinglante. Yoda utilise la force pour soulever la jupe de Marilyn tandis que Obi Wan Kenobi se tape D2R2… Mais il n’y pas que du graveleux dans l’humour de ce dessinateur il y a aussi beaucoup d’à propos. De ces gags bien sentis irrésistiblement tu souriras…
Thierry Vivien « La Guerre du Retour Contre Attaque » (2012, Jungle)
Galère les galeries des temples de la consommation à la recherche de l’introuvable cadeau ? Le tilt de l’inspiration inversement proportionnel aux luxuriantes illuminations de Noël ? Ultramagnétique est là, au-delà de nos sélections musicales voici quelques bulles pour se détendre.
Tu mourras moins bête… Mais tu mourras quand même ! Telle est la maxime de la Prof Moustache, tel est le nom de son blog qui s’échine à la grande œuvre de diffusion du savoir. Le principe est toujours le même : la Prof Moustache répond à une question farfelue en apportant des réponses tout autant décalées… Mais en toute rigueur scientifique, références bibliographiques à l’appui !
Exemples de questions éclairant la grande destinée de l’humanité autant que les mystères de la nature.
Si un astéroïde fonce sur la Terre, Bruce Willis pourra-t-il nous sauver ?
Est-ce qu’on pourra un jour avoir un sabre laser ?
Mon fils de 4 ans veut devenir entomologiste forensique, est-ce grave ?
Pourra-t-on comme dans Jurassik Park ressusciter des dinosaures ?
On l’aura compris, Marion Montaigne (aka Prof Moustache) qui publie désormais les planches de son blog en BD, est une infusée de sciences qui vous déchire le bulbe à coup de décoction d’humour. On mourra certes mais de rire…
On ne saurait trop vous recommander son blog et bien sûr sa BD.
Marion Montaigne
« Tu Mourras Moins Bête : La Science c’est pas du cinéma » (2011, Ankama Editions)
« Tu Mourras Moins Bête : Quoi de neuf docteur Moustache ? » (2012, Ankama Editions)