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jeu
24
juil

Le Groove Toujours en Verve

 Verve remixed vol 4

Label Verve ? J’adore… Avec Blue Note il fait partie de ces labels qui ont gravé de leurs sillons les plus belles pages vinyl du jazz. Etats de services des plus honorables qui auront permis à ce mythique label de s’entourer d’une jeune garde électro fébrile à l’idée de remixer un tel catalogue…

Après quelques années de répis, le label sort le 4ème volume de la série « Verve Remixed ». Il convient d’avouer qu’à trop diluer l’encre de son groove, la verve s’amollit et l’écriture s ’estompe... Une figure de style à la quelle n’échappe pas ce 4° opus, bien que la verve ait encore du mordant avec quelques titres aux crocs acérés...

There was a Time de James Brown, California Soul de Marlena Shaw, quelque-uns des standars repris, une relecture comme un hommage aux anciens, la plume numérique trempée dans l’encrier soul du catalogue Verve.

Verve - "Verve remixed, vol 4 " (2008, Verve)

"There Was a Time" - James Brown - Kenny Dope remix


"California Soul" - Marlena Shaw - Diplo/Mad Decent remix
mer
23
juil

É proibido proibir

tropicalia

Même dans la grande et joviale tribu musicale brésilienne, il arrive qu’on ne se comprenne pas très bien, « Hein ? Quoi Gilberto ?! ». Mais un petit orage vous donne en général un miracle de plus dans l’épatant palmarès discographique venu de ce vaste pays, surtout si celui-ci est tropical.
Tropicália est né à au milieu des années 60 de la volonté de deux hommes : Caetano Veloso et Gilberto Gil, on ne vous les présente plus, de sortir l’horizon brésilien du folk traditionnel, de la bossa nova devenue un peu trop middle class, et d’accueillir les sons libres et déjantés venu d’Amérique et l’Angleterre. Le tout, sous fond de régime dictatorial, voilà de quoi redéfinir l’identité brésilienne par une véritable révolution musicale.

Quand les deux compères expliquèrent à leurs petits copains bossa noviens de Rio (Chico Buarque, Maria Bethânia) que l’avenir musical brésilien se devait de sortir de ses racines traditionnelles, transcender les genres musicaux, aller voir ce qui se fait du côté des ricains et des British pour écraser le nationalisme ambiant, l’enthousiasme ne fut pas franchement débordant. Pour tout dire, on eut un peu de mal à comprendre ce dont diable ils pouvaient bien parler.

Pourtant, rapidement l’école de Bahia fut de la partie et la révolution du son made in Brazil fut bien en route : Os Mutantes, Tom Zé, Jorge Ben, Gal Costa, autant de joyeux compères qui vinrent enrichir le mouvement. Le régime au pouvoir se durcissant à mesure de la ferveur des ‘Tropicaliens’, nombre d’entre subirent arrestations, emprisonnements et parfois même l’exil. Belle revanche que de penser que Gilberto himself est aujourd’hui en charge du Ministère de la Culture dans le gouvernement Lula.

Il y a quelques années de ça, le Barbican centre de Londres (à la fois salle de concert, galerie d’art et complexe d’appartements reconstruit des suites des bombardements en pleine City of London) dédiait une exposition rétrospective à l’histoire de ‘Tropicália’ et par la même occasion l’excellent label Soul Jazz Records nous en offrait la délicieuse bande son que voici.

Les présentations contextuelles étant faites, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans l’audace et le bricolage psychédélique des genres qui permirent à ce mouvement de poser les bases de la scène musicale brésilienne actuelle (Maria Monte, Seu Jorge, Bebel Gilberto). Un son qui gratte, hulule, fanfaronne, se casse parfois la gueule. Bref, un son qui tranche avec les sons plus lissés auxquels nos oreilles s’étaient habituées pour finalement ravir la fibre brésilienne originelle qui dort en nous.

Various Artists - "Tropicália - A Brazilian Revolution In Sound" (2005, Soul Jazz Records)

Jorge Ben - "Take it Easy my Brother Charles"

Os Mutantes - "Quem Tem Medo De Brincar De Amor"

Gal Costa - "Sebastiana"

mar
22
juil

Communiqué de l'Office du Tourisme Islandais

sigur ros

Pour un pays d'un peu plus de 300,000 habitants, l'Islande a produit un nombre d'artistes surprenant. Comment expliquer ce ratio ? Certes ça caille sec et ont doit s'emmerder en hiver autant que lors d'une réunion paritaire mais il semble que l'odeur du hareng à -20C et les bars de Reykjavik doivent avoir leurs vertus créatrices.

Sigur Rós sont avec Bjork les fers de lance de la vibrante scène musicale Islandaise. Ils seront d'ailleurs signés à l'origine sur le label des Sugarcubes "Bad Taste". Le son du groupe se caractérise par des orchestrations luxuriantes, la voix adolescente du chanteur Jónsi Birgisson qui joue également de la guitare avec un archet de violoncelle et adore le poisson pané.
"Hoppípolla" est extrait de leur quatrième album, probablement le plus abouti, et ravira tout ceux qui, comme moi, sont fans d'envolées orchestrales.
Une pop donc sérieusement barrée mais toujours aérienne, à débusquer d'urgence au rayon congélateur de votre disquaire local, entre Bjork et Daniel Guichard.

Sigur Rós - "Hoppípolla" tiré de "Takk..." (2005, Geffen)

lun
21
juil

Macadam Groove

Midnight Cowboy

En 1969 John Schlesinger obtenait les oscars du meilleur film et réalisateur pour « Midnight Cowboy ». Film culte qui marque le déclin des westerns avec les destins croisés d’un clochard (Dustin Hoffman qui dû se déguiser en clochard pour surprendre les producteurs et obtenir le rôle) et d’un cowboy gigolo, Jon Voight (père d’Angelina Joly mais aussi acteur notamment auréolé d’un oscar et d’une palme à Cannes pour d'autres oeuvres).

On retrouve John Barry à la supervision musicale, avec ses propres compositions notamment le thème Midnight Cowboy. Mais on croise d’autres collaborations, dont le fameux Everybody’s Talkin’ de F.Neil, chanté par Nilsson. Une BO, qui au delà de ce magnifique standard, mérite d’être redécouverte.

Le film est sorti en France sous le nom de Macadam Cowboy, pas de quoi sortir le goudron et les plumes pour un John Barry inspiré qui taille sa route sur le bitume hollywoodien.

Midnight Cowboy - "Midnight Cowboy " (1985, EMI/Manhattan Records)

"Everybody's Talkin'"

"Jungle Gym at the Zoo"

"Midnight Cowboy"

ven
18
juil

Le Réveil a Sonné

 Jackson 5

Le Rex Club fêtait au mois de mai ses 20 ans de musiques électroniques. Devenu bien trop pantouflard pour aller traîner mes baskets du côté des Grands Boulevards parisiens, je n'y suis pas allé… Mais le programme des deux semaines de réjouissances m'a ramené quelques années en arrière, un sourire extatique aux lèvres.

Un temple, un grand prêtre, un hymne : toute une époque qui a fait franchir les portes du XXIe siècle à la musique française (et même mondiale). Et, à notre époque sarkoziste post-matrixienne, "Wake up" n'a jamais été un mot d'ordre aussi contemporain.

Laurent Garnier - "Wake Up!" (1993, Fnac Music)


rex club
rex club
jeu
17
juil

L’Héritier Cubain

 Cachaito

Issu d’une illustre lignée familiale de musiciens, qui s’enorgueillit de compter plus de trente contre-bassistes, le petit Cacahaito grandit à l’ombre d’un père et d’un oncle, le célèbre Cachao, qui à deux feront leur révolution cubaine en inventant le mambo et les descargas (jam session locale).

Si Cacahaito est de la vieille école, formé à l’ancienne comme un vieux rhum au parfum subtile, il n’en reste pas moins ouvert à diluer son rhum dans un cocktail musical. Et il faut reconnaître qu’il sait y faire le Cachaito, une dose de rap de ci, une dose de dub de là, sans rien gâcher du nectar cubain !

Alors si ce vieux rhum est coupé, l’ivresse musicale n’en est que décuplée.

Orlando Cachaito Lopez - "Cachaito" (2001, World Circuit)

"Cachaito in Laboratory"

"Tumbanga"

mer
16
juil

Allons Enfants

 Jackson 5

Le 14 Juillet est sans doute le jour que je hais le plus de l'année: on s'extasie devant les militaires pendant que tous les débiles mentaux ont le droit de jouer avec des explosifs durant toute la nuit. Heureusement je l'ai passé à la campagne en excellente compagnie, le tout noyé sous un océan de Bourgueil.

Mais passons, pour commencer la semaine en retard une excellente reprise du standard des Jackson 5, du temps ou le cadet était toujours noir et beau.
Un vrai feu d'artifice.

Bobby Shad And The Bad Men - "I Want You Back"

ven
11
juil

Le Rossignol Malien

Oumou Sangare

Oumou Sangare, d’origine nigérienne, est née à Bamako au Mali. Elle y commencera sa carrière fort tôt en remportant la finale des école de maternelles… Il y a des signes comme ça qui vous trace une piste. La petite fera école aidée de quelques pointures notamment le grand Ali Farka Touré.

Si pour ce joli brin de fille au timbre de rossignol le ramage vaut le plumage, qu’on ne s’y trompe pas, la plume est acérée. Auteur-compositeur, ses belles mélodies africaines s’accompagnent de textes engagés, critique sociale et défense de la femme !

Tradition des Griots et revendications d’émancipation trouvent en la personne d’Oumou une parfaite conjugaison musicale.

Oumou Sangare - "Oumou" (2003, World Circuit)

"Sabu"

jeu
10
juil

Concert de Trois Quart

Tout commence avec un film. Paru il y a quelques années, le documentaire "Dig!" retraçait depuis leurs humbles débuts deux petits groupes qui allaient devenir grands en prenant néanmoins des directions opposées: le Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols. L'intérêt majeur du doc est d'avoir été tourné sur une longue période (presque 10 ans). A leur débuts les Dandy Warhols et le Brian Jonestown font presque tout ensemble. Issus de Portland (comme Elliott Smith) les deux groupes s'apprécient, font des concerts en commun, tandis que leurs deux leaders, respectivement Courtney Taylor et Anton Newcombe sont des frères musicaux.
Devenus chacun des espoirs du renouveau Rock US, la bifurcation se situe au moment ou les Dandy Warhols sont signés par une major alors que le Brian Jonestown Massacre, et surtout Anton, refusant tout compromis avec les forces diaboliques du show business, préfèrent saborder le concert où assistent plusieurs représentants de major venus éventuellement les signer (une des séquence forte du film).

Le documentaire connaitra un franc succès et permettra au Brian Jonestown de se faire connaitre alors que les Dandy Warhols connaissent déja la célébrité. Alors que Courtney est le narrateur du film, rapidement on se prend à préférer le Brian Jonestown Massacre (je vais les appeler BJM à partir de maintenant pour faire plus sobre). Auto-destruction, alcool, drogues, bagarres: rock'n roll quoi. Sans doute l'attrait du musicien maudit, incompris et possédé. Depuis le succès de Dig, les concerts du BJM se remplissent de fans qui sont là moitié pour la musique (quand même) et puis aussi un peu pour voir comment les choses vont tourner.

Il faut dire que musicalement les BJM et leur leader Anton Newcombe, aussi talentueux qu'a l'égo surdipensionné et au caractère insupportable, laissaient présager le meilleur. Ci-dessous deux extraits de l'excellente compile "Tepid Peppermint Wonderland" qui résument bien leur début: le trés psychédélique "Anemone" suivi d'un titre joliment classique "Oh Lord".

The Brian Jonestown Massacre - "Anemone"

The Brian Jonestown Massacre - "Oh Lord"


Brian Jonestown Massacre Je suis donc allé voir le groupe en concert l'année dernière a l'Elysée-Montmartre ou pour seul scandale ce cher Anton nous a déblatéré que Paris avait une circulation à chier pour finir le show tout seul assis à jouer avec ses pédales d'effets. Moyen mais on est prêt à pardonner.

Rebelote la semaine dernière: le BJM passait au Bataclan. J'y suis donc allé afin de rejoindre un ami, animateur de la section pop de SFR, en espérant une séance de rattrapage.

Première surprise, retour de Joel Gion (au premier plan sur la photo), bien connu de ceux qui ont vu le film, sorte d'équivalent de Bez des Happy Mondays.
Et puis c'est le début du "concert de trois-quart": Anton décide de jouer sur le côté plutôt que de prendre la place de leader au centre, en tournant à moitié le dos à la salle. En suit une prestation trés moyenne du groupe. Le plus irritant étant sans doute les interminables pauses entre chaque chanson. Sans doute les musiciens du groupes sont syndiqués et ont droit à une pause règlementaire...

En sortant du concert j'ai rencontré par hasard (et pas rasé comme dirais Gainsbourg) deux membres du groupe local (par rapport à mon immeuble) de la Yox Machine, accompagné d'une amie qui en était à son troisième (et dernier ?) concert du BJM. La déception était relativement présente pour tous les fans du groupe... Personellement je n'y retournerai pas. Dommage.
Le Brian Jonestown Massacre avait le potentiel pour être un grand groupe de rock. On était prêt à pardonner toutes les frasques de leur leader. A condition de respecter le public venu assister à leurs concerts.

Peut-être que Dig aura finalement occulté le fait que malgré leur aspect légèrement plus sage, les Dandy Warhols est un groupe musicalement plus intéressant. Le chaos est-il nécessaire à l'énergie créarice ou est-ce la maitrise de ce même chaos qui fait ressortir le meilleur de nous même ? Vous avez quatre heures, à vos stylos.
Pour nous faire mentir, on finira sur un titre issu du dernier album du BJM paru il y a deux mois: un groupe définitivement à écouter si vous ne les connaissez pas.
Et définitivement à éviter en concert.

The Brian Jonestown Massacre - "Who Fucking Pissed On My Well?" tiré de "My Bloody Underground" (2008, Cargo Records)

lun
07
juil

MGMT

 MGMT

Avec leur nom de fuseau horaire ou de consortium industriel, on reste dubitatif… Leur look de hippies en migration aller simple sur une île du pacifique n’est pas sans susciter curiosité et intérêt…

Derrière ce sigle se cachent deux new-yorkais, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden. Ils se sont rencontrés étudiants en musicologie, à trop se pencher sur leur sujet d’étude , ils auront fini par tomber dedans. Un gros plouf dont l’onde de son est venu ce printemps déferler sur nos plages musicales.

Déjà beaucoup de buzz et de marketing derrière cette sortie mais on trouve dans cet album aux influences rock-pop, quelques morceaux à se mettre sous la dent qui vous réjouiront les papilles acoustiques.

MGMT - "Oracular Spectacular" (2008, Sony/BMG)

"The Handshake"

jeu
03
juil

No Joy

edwin

Les fans de Drum and Bass connaissent bien Squarepusher, producteur et bassiste Anglais qui s'est distingué sur une scène déja bien encombrée. Son style se caractérise par un son abstrait, entre le minimalisme des textures et les "improvisations" rythmiques presque jazzy style Aphex Twin.
En extrait de son album de 2001, une version intéressante de l'éternel "Love Will Tear us Apart" de Joy Division. Les reprises de classiques sont souvent casse gueule, Squarepusher s'en tire pourtant avec les félicitations du jury.
La voix en retrait, presque hantée, et une atmosphère aussi sombre que l'original mais qui réussit à être personnelle: la recette d'une reconstruction réussie.

Squarepusher - "Love Will Tear Us Apart" tiré de "Do You Know Squarepusher ?" (2001, Warp Records)